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Full text of "Connaissances nécessaires à un bibliophile"

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6  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

ne  présente  pas  de  véritable  inconvénient,  maie 
les  indications  bibliographiques  à  mettre  s 
catalogues,  il  est  utile  de  savoir  déterminer  < 
ment  le  format  d'un  volume  ;  depuis  qi 
années,  les  papiers  employés  pour  l'impressic 
de  dimensions  si  différentes,  que  les  erreurs  devi 
de  plus  en  plus  nombreuses. 

On  pourra,  niais  seulement  dans  le  cas  de  l'imr 
d'une  feuille  en  un  seul  cahier,  se  rendre  comp 
format  au  moyen  du  tableau  reproduit  page  9;  il 
d'ouvrir  un  volume  d'abord  à  la  première  page, 
la  signature  I,  et  de  rechercher  ensuite  la  sigm 
Le  chiffre  d<>  la  page  précédant  cette  signature 
plus  besoin  alors  (pie  d'être  divisé  par  Ll  pour 
1<-  format.  Si  donc  par  exemple,  la   page   1 
la  signature    l,    on    trouve  la  signature  CJ  à  la  p 
on  divisera  16  par  _.  ce  qui  indiquera  un  in-oct; 

La    circulaire    du     I    mai    1878,    de    M.   Bi 
Ministre  de  l'instruction  publique,  à  propos  de 
struction  générale  au  service  des  bibliothèques 
Bitaires  ».  précise  les  moyens   de    déterminer 
formai  :  en  voici   l'extrait  qui  est  spécialement 
à  leur  reconnaissance  : 

«  A  l'époque  où  le  papier  était  fabriqué  se 
règles  de  dimension  qui  variaient  peu,  on  recon: 
le  formai  en  comptant  les  pages  de  la  feuille  d'; 
sinn.  Les  désignations  d'in-folio,  in-quarto,  in 
représentaient  alors  une  hauteur  fixe.  Il  n'en  < 
de  même  aujourd'hui  que  les  feuilles  d'impressi 
de  dimensions  très  différentes,  <•!  que  certains  in 
deviennent  plus  grands  qu'un  in-folio  du  \\t 


X  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIÈME.         7 

tion  actuelle  a  donc  perdu  son  ancienne  signi- 
car  elle  ne  répond  pas  toujours  à  l'indication 
iteur  du  livre  ;  elle  doit  être  abandonnée  pour 
nations  suivantes,  répondant  mieux  aux  dimen- 
îlles  :  1°  Grand  format  (comprenant  tous  les 

dépassant  55  centimètres);  2°  Moyen  format 
fiant  les  volumes  hauts  de  25  à  55  centimètres)  ; 
format  (comprenant  les  volumes  au-dessous 
itimètres). 

fiais  inégaux.  —  Il  peut  arriver  qu'un  ouvrage 
ou  de  moyen  format  soit  accompagné  d'un 
md  format.  En  ce  cas,  l'inscription  de  l'atlas 
ttaire  sera  jointe  à  celle  de  l'ouvrage,  sans 
se  préoccupe  de  la  différence  des  formats, 
l'atlas  ne  peut  être  rangé  sur  le  même  rayon, 
remplacera  par  une  planchette  indicatrice 
au  dos    le   numéro    attribué   à  l'ouvrage  et, 

des  faces,  la  désignation  du  lieu  où  cet 
a  déposé.  » 

rmats  sont  si  nombreux,  que  leur  ^diversité 
îlquefois  à  une  hésitation  facile  à  comprendre, 
qu'on  se  trouve  souvent  en  présence  de  livres 
,sions  semblables,  mais  en  réalité  de  formats 
;,  et  cela  surtout  depuis  l'usage  du  papier 
je.  Que  le  livre  soit  imprimé  à  grandes  marges 
rges  étroites,  qu'il  soit  rogné,  que  son  impo- 
it  déterminée  par  la  dimension  des  papiers  en 

l'hésitation  commence.  On  peut  prendre  un 
our  un  in  quarto,  un  in-douze  pour  un  in-octavo, 
ix-huit  pour  un  in-douze  et  réciproquement. 
vo  en  petit  papier  peu!  très  bien  se  confondre 


H 


CONNAISSANCES  NECESSAIRES 


ne  présente  pas  de  véritable  inconvénient,  mais 
les  indications  bibliographiques  à  mettre  si 
catalogues,  il  est  utile  de  savoir  déterminer  e 
ment  le  format  d'un  volume  ;  depuis  qu 
années,  les  papiers  employés  pour  l'impressio 
de  dimensions  si  différentes,  que  les  erreurs  devi 
de  plus  en  plus  nombreuses. 

On  pourra,  mais  seulement  dans  le  cas  de  l'imp 
d'une  feuille  en  un  seul  cahier,  se  rendre  compl 
formatau  moyen  du  tableau  reproduit  page  9;  il 
d'ouvrir  un  volume  d'abord  à  la  première  page,  \ 
la  signature  1,  et  de  rechercher  ensuite  la  signa 
Le  chiffre  de  la  page  précédant  cette  signature 
plus  besoin  alors  que  d'être  divisé  par  2  pour  t 
le  format.  Si  donc,  par  exemple,  la  page  1  i 
la  signature  1,  on  trouve  la  signature  2  à  la  p; 
on  divisera  16  par  2,  ce  qui  indiquera  un  in-octa 

La  circulaire  du  4  mai  1878,  de  M.  Ba 
Minisire  de  l'instruction  publique,  à  propos  de 
struction  générale  au  service  des  bibliothèques  î 
sil. tires  »,  précise  les  moyens  de  déterminer  < 
format;  en  voici  l'extrait  qui  est  spécialement 
à  leur  reconnaissance   : 

«  A  l'époque  où  le  papier  était  fabriqué  sel 
règles  de  dimension  qui  varia  ion  t  peu,  on  reconr 
le  format  en  comptant  les  pages  de  la  feuille  d'i 
sion.  Les  désignalions  d'in-folio,  in-quarto,  in- 
représentaient  alors  une  hauteur  fixe.  Il  n'en  e 
de  même  aujourd'hui  que  les  feuilles  d'impressh 
de  dimensions  très  différentes,  et  que  certains  in- 
deviennent plus  grands   qu'un   in-folio  du  xvi° 


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ï  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIÈME.         7 

ion  actuelle  a  donc  perdu  son  ancienne  signi- 
car  elle  ne  répond  pas  toujours  à  l'indication 
teur  du  livre  ;  elle  doit  être  abandonnée  pour 
lations  suivantes,  répondant  mieux  aux  dimen- 
lles  :  \°  Grand  format  (comprenant  tous  les 
dépassant  55  centimètres);  2°  Moyen  format 
iant  les  volumes  hauts  de  25  à  55  centimètres)  ; 
format  (comprenant  les  volumes  au-dessous 
itimètres). 

\ats  inégaux.  —  Il  peut  arriver  qu'un  ouvrage 
)u  de  moyen  format  soit  accompagné  d'un 
nd  format.  En  ce  cas,  l'inscription  de  l'atlas 
taire  sera  jointe  à  celle  de  l'ouvrage,  sans 
se  préoccupe  de  la  différence  des  formats, 
'atlas  ne  peut  être  rangé  sur  le  même  rayon, 
remplacera  par  une  planchette  indicatrice 
m  dos  le  numéro  attribué  à  l'ouvrage  et, 
des  faces,  la  désignation  du  lieu  où  cet 
i  déposé.  » 

-mats  sont  si  nombreux,  que  leur  [diversité 
lquefois  à  une  hésitation  facile  à  comprendre, 
.ju'on  se  trouve  souvent  en  présence  de  livres 
îions  semblables,  mais  en  réalité  de  formats 
,  et  cela  surtout  depuis  l'usage  du  papier 
e.  Que  le  livre  soil  imprimé  à  grandes  marges 
ges  étroites,  qu'il  soit  rogné,  que  son  impo- 
t  déterminée  par  la  dimension  des  papiers  en 
L'hésitation  commence.  On   peut  prendre  un  \ 

>ur  un  in  quarto,  un  in-douze  pour  un  in-octavo, 
v-huit  pour  un  in-douze  ei  réciproquement, 
o  en  petit  papier  peu!  très  bien  se  confondre 


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Connaissances  Nécessaires 


a  un 


Bibliophile 

ACCOMPAGNÉES    DE 

Notes  critiques  et  de  Documents  bibliographiques 

RECUEILLIS     ET    PUBLIÉS 
par 

EDOUARD    ROUVEYRE 

LIBRAIRE   ET   EDITEUR,   OFFICIER   DE    L'INSTRUCTION   PUBLIQUE 


CINQUIEME      EDITION 
ILLUSTRÉE    DE    NOMBREUSES    FIGURES 


TOME  DEUXIÈME 


i 


PARIS 
Edouard  Rouveyre,  Éditeur 

A  76,     RUE     DE     SEINE,     76 


8  Ce  volume  contient  :  O 

DU   FORMAT  DES  LIVRES         DU   COLLATIONNEMENT  DES  LIVRES 
ABRÉVIATIONS     USITÉES     EN     BIBLIOGRAPHIE    —    SIGNES    DISTINCTIFS 
ôDES  ANCIENNES  ÉDITIONS         DES  SOUSCRIPTIONS  ET   DE   LA   DATE© 


Connaissances  Nécessaires 

à 

Un  Bibliophile 
** 


EXEMPLAIRE    IMPRIME  SUR  PAPIER  VÉLIN  TEINTÉ 


Tous  droits  de  reproduction  et  d*  traduction  réservés  pour  tous  pays, 
mpris  la  Suéde  et  la  Norvège. 


fl  pântipio  ntairir  mis  nui  i 
trrrara-  ïïctra  ânr  trat  inants 
et  uatuarct  rentrât  ctât  ûip  fa 
ôcm  arriûuet  Cpitu0  Crfh  frrtte 
tur  ûip  aqas-Eiïitq}  ttus-  ifi 
ai  uim&  fada  cft  Uimô  uîîiît 
crus  Uirt  q>  tflxr  bana  :  et  irâri 
ùi  Inttm  a  traçons -aœellaint 
q;  lutrm  tut  et  rmcbîas  natte- 
tfartûq?  cft  utfpt  i  manc  ùies 
unus«2>mi  quuq?  rcus-Lrïaî 
fitmammiû  in  raetrio  aquaç: 
i-otmoat  aquas  ab  aqinV  i£t 
fmr  ïtub  nrmamctû  :  ûmiï*tttn 
arp  que  rcâr  ffi  ntmameto  ab 
&rs  qur  crât  ùip  flnnamtmû: 
n  famî  tft  ua-Datauitqi  ttus 
firmamtrû  crtôrct  fartû  cft  urf 
pt  tt  niant  &rcs  feus-  2>mt  ut 
m  ttus-  irôrjttgmt  aque  q  ffi 
trio  faut  m  loru  unû  i  ajpart 
ai  aitba«i£t  fartû  tft  ita-ô  uo 
QHni  ttus  anùâ  ffamiorjrttra 
ôjntfqî  arjuau  aratUaun  ma 
na»i£t  uttrir  ttus  q)  effet  bnû- 
i  ait-<5ettranct  tra  berbam  ut 
tmrt  a  fanenit  fcmtn:  \  Itrjnû 
punnfec  fatirâfrurtû  uma  gt 
nns  uni  :  tuf  font  in  remmp. 
fa  m  fap  trara-iEt  fartû  tft  ua- 
i&  .pruln  tttta  brebâ  uircttm  * 
fanetttn  Ctmni  nirta  rjrnus  fa 
ran:lirjtiutp  fants  fruttû  \  qa 
tras  unûtr&n  Ctnmf  utim  \$v 
annula- i&  uitra  tais  q>  effet 
tnrmrtt  fadû  i  urCpt  i  raam 


Kits  ttmu9«2>mtq?  antt  îtus« 
tfïant  uranaria  in  fitmamtto 
crlî-i  tombant  ïrïttn  ai  notre: 
et  Tint  in  firjna  et  tramai  Dît** 
i  annoamt  luttât  in  fitmarac 
tottii  et  illumîcnt  ttara-tSt  far 
tum  cft  îta-tferitq?  ttus  Duo  lu 
mrâaria  marjnarunmart  ma 
ius  m  peffet  Diri  et  lumiare  rat 
nus  ut  peffet  nom:*  fttUas** 
pjfait  cas  in  firmaracto  rriï  ut 
lutertnt  fap  tram:  et  pcffmt  di 
ei  at  notfci  touiîcrct  lutrm  ai 
teratuas-  iô  uitot  ttus  q>  effet 
bunû  :  et  fartû  cft  utfpt  et  ma 
nt  tries  qrtus*  îDînt  enâtras- 
paiDurant  aqut  trptilt  ait  ui 
utufis  et  uolanlt  fap  team:  fii 
ftrmamtmo  crti-  iTctauuq?  lr^ 
eett  gtantoa-  et  omem  anima 
uûûtrm  attp  motabilê  quâ  41 
tomtant  aqut  î  fperics  ûias: 
a  aine  uolanlt  ûtïra  gmus  ut 
nra-i£t  uîïïû  ttf  q>  effet  bonû: 
traeûmtqî  et  Dires  •  iL refait  et 
raûurtiranrini-i  ttpletf  aqua1* 
maris  :  autCq?  mrtûjumut  ût 
p  tcâ'û  fartu  ê  utîpe  et  mant 
mes  qntu8-2>mi  quoq?  ttus- 
pajûurat  terra  aîam  uiuctcm 
m  gniert  ùio:iumcta  et  trpnli 
et-  tt  btftias  tetre  trtim  Ipts  ûi> 
as-tfaiû  ê  tta«û  fetit  ttus  trf' 
nas  trt  uma  tpes  tuas:  iurat> 
ta  et  orant  ttpiilt  ttrrr  in  ntne- 
et  Cuo»iô  uiùu  ttus  q)  effet  bo 


r>C)  lignes) 


mile  (réduit]  de  ta  Bible  de  Mayence,  (Édit.  d« 
lani  data  et  iana  nom  d'imprimeur 
mprimée  par  Gutenberg  atec  lea  caractèrea  fravés,  frappés  el 
fondus  par  lui,quiseu*ouventà  l'état  d'imperfeetion  dans  le  Donat. 

ru-  l'ougrii   di  i.'imi'I'.imi .en  .  \  l'exemple  des  icanuscrits, 

LES   MARGES    DES    PAGES    ET  AI  EN!    DÉCORÉES    v    LA    MMN 


Connaissances  Nécessaires 


a  un 


Bibliophile 

ACCOMPAGNÉES    DE 

Notes  critiques  et  de  Documents  bibliographiques 

RECUEILLIS    ET     PUBLIÉS 
par 

EDOUARD  ROUVEYRE 

LIBRAIRE  ET  ÉDITEUR.  OFFICIER  DE  L INSTRUCTION  PUBLIQUE 


CINQUIEME     EDITION 
ILLUSTRÉE    DE    NOMBREUSES     FIGURES 


TOME  DEUXIEME 


PARIS 
Edouard  Rouveyre,  Éditeur 

79,     RUE     DE     SEINE,     76 


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Connaissances  Nécessaires 

à  un 

Bibliophile 

ACCOMPAGNÉES    DE 

Notes  critiques  et  de  Documents  bibliographiques 

RECUEILLIS    ET     PUBLIÉS 

par 

EDOUARD   ROUVEYRE 

LIBRAIRE    ET    ÉDITEUR,    OFFICIER    DE    L'INSTRUCTION    PUBLIQUE 


CINQUIEME     EDITION 
ILLUSTRÉE    DE    NOMBREUSES    FIGURES 


DU    FORMAT    DES    LIVRES 

DU    COLLATIONNEMENT    DES   LIVRES 

ABRÉVIATIONS 

USITÉES   EN    BIBLIOGRAPHIE 

AINSI    QUE    DANS 

LES   MANUSCRITS  ET   LES  IMPRIMÉS 

SIGNES    DISTINCTIFS 
DES   ANCIENNES    ÉDITIONS 

DES   SOUSCRIPTIONS    ET    DE    LA    DATE 


PARIS 
Edouard  Rouveyre,  Éditeur 

70,     RUE     DE     SEINE,     76 


Eig.   1   à   3.   —   Exemples   de   marques    de   papier    (xve    siècle) 
pouvant  servir  à  déterminer  le  format  des  livres  anciens. 


DU   FORMAT  DES  LIVRES  ANCIENS  ET  MODERNES 

LES  LIVRES  LES  PLUS  PETITS  —  LES    LIVRES  LES  PLUS  GRANDS 

LES  LIVRES  IMPRIMÉS  OU  CALLIGRAPHIÉS 

EN  CARACTÈRES  MICROSCOPIQUES 


Définir  et  reconnaître  le  format  d'un  livre  est  sou- 
vent difficile,  il  faut  examiner  les  lettres  ou  les  chiffres 
placés  dans  la  marge  au  bas  de  certaines  pages,  lettres 
et  chiffres  qui  sont  les  jalons  primordiaux  de  la 
définition  du  format;  des  experts  dans  la  science  du 
livre  b'v  sonl  trompés,  au  point  de  créer  des  confusions 
bibliographiques*.    A    l'origine    du    livre,    le    format 

David  Clément  déclare  n'avoir  jamais  pu  trouver,  quelque 
soin  qu'il  ait  pria  de  la  chercher  dans  l<-s  plus  grandes  biblio- 
thèques <-i  même  dans  celles  des  pays  étrangers,  l'édition  in  12, 
1  an  lelaio,  I  iomedia  del  Bruno  Nolano  achade* 

■  'ii  Mull.i  achademia,  dette  il  fastidito  :  In  i  H  titia  Hit  tri  . 


ii 


2  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

bibliographique  n'existait  pas  ;  ce  mot  ne  pouvait 
s'appliquer  qu'à  la  dimension  môme  de  la  matière 
sur  laquelle  le  scribe  écrivait  'papyrus  ou  parchemin. 
Le  papyrus  ou  le  parchemin  ne  comprenait  en  effet 
qu'un  seul  feuillet  qu'on  remplissait  au  recto  et  au 
verso  lorsqu'il  s'agissait  d'un  codex,  au  recto  seulement 
lorsqu'il  s'agissait  d'un  volumen.  Les  feuilles  du  codex 
étaient  ensuite  réunies  les  unes  aux  autres  et  cousues, 
soit  par  un  surjet,  ce  qui  était  le  cas  le  plus  habituel, 
soit  sur  une  cordelette  formant  nerf*.  Le  volumen, 
au  contraire,  ainsi   que  nous  l'avons  mentionné  dans 

in  Hilarilate  tristis.  Il  conjecture,  d'après  le  catalogue  de 
Brochard,  où  elle  est  marquée  in-s.  et  les  Mémoires  de  Niceron, 
qui  L'annoncent  in-12,  qu'elle  doit  être  grand  in-12,  et  que  c'est 
le  rapport  de  ce  format  avec  l'in-N.  qui  aura  occasionné  cette 
confusion.  Elle  csl  réellement  petit  in-12,  et  si  le  rédacteur  du 
catalogue  de  Brochard  s'y  est  trompé,  c'est  qu'il  s'est  borné  à 
compter  les  signatures  de  la  feuille  a,  qui  n'a  effectivement  que 
huit  feuillets,  sans  remarquer  que  la  feuille  />  n'en  a  que  quatre, 
et  qu'il  en  esl  ainsi  jusqu'à  la  lin. 

*  Un  avantage  de  la  forme  des  éditions  dans  l'antiquité,  dit 
Géraud,  dans  son  Essai  sur  le*  livre*  dams  l'Antiquité,  c'est  qu'en 
tout  état  de  choses  l'auteur  pouvait  faire  des  corrections  à  son 
li\  re,  et  que  ces  corrections  étaient  à  l'instant  reportées  sur  tous 
les  exemplaires  <le  l'ouvrage  qui  étaient  encore  en  magasin. 
Cicéron,  dans  une  de  ses  lettres,  prie  Atticus  d'employer  trois 
de  Bes  copistes  à  effacer  un  mol  dans  le  plaidoyer  pour  Ligarius. 
Voici  un  autre  passage  non  moins  remarquable  du  même  écri- 
vain :  «  Vous  lisez  mon  traité,  et  je  vous  en  suis  bien  reconnais- 
sant; je  le  serai  encore  davantage  si,  non  seulement  dans  vos 
exemplaires,  mais  dans  ceux  des  autres  vous  voulez  remplacer 
le  nom  d'Eupolis  par  celui  «l'Aristophane....  »  On  conçoit  que 
de  simples  «once lions  ne  devaient  offrir  aucune  difficulté,  puis- 
qu'on avait,  le  moyen  d'effacer  la  première  écriture  sur  une 
feuille  <ntière,  et  d'employer  une  seconde  fois  celte  même  feuille 
comme  Bi  elle  n'eût  jamais  sen  i. 

s'il  était  toujours  facile  de  corriger,  au  gré  de  l'auteur,  tous 
les  exemplaires  de  son  livre  qui  restaient  en  magasin,  il  était 
bien  difficile  de  faire  participer  à  ces  améliorations  successives 
lee  copies  déjà  vendues,  surtout  celles  qui  avaient  été  expédiées 


A  UX  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIEME.         3 

le  chapitre  précédent,  était  souvent  très  long  :  formé 
de  plusieurs  bandes  de  papyrus  collées  les  unes  à  la 
suite  des  [autres,  il  était  fixé  par  les  deux  bouts  sur 
des  baguettes,  umbilici,  et  roulé;  au  moyen  âge,  les 
bandes  de  parchemin  étaient  assemblées  et  cousues  *. 

Les  pancartes  que  tiennent  beaucoup  de  figures 
placées  aux  porches  des  églises  gothiques  et  sur  les- 
quelles sont  inscrits  des  textes  de  l'Écriture  sainte  ou 
les  noms  des  personnages,  sont  nommées  rotulum.  Un 
des  plus  curieux,  cité  par  L.-J.  Guenebault,  est  celui 
qui  est  gravé  dans  le  Chronicon  Godwicence,  in-folio**. 

L'emploi  du  papier  amena  la  création  du  format  ; 
et.  par  le  fait  qu'une  feuille  de  papier  étant  pliée  dans 
son  milieu  et  assemblée  aux  autres,  le  format  bibliogra- 

au  loin.  Il  y  avait  donc  une  certaine  diversité  entre  les  différents 
exemplaires  d'une  même  édition,  et  c'est  dans  cette  diversité 
qu'ont  pris  naissance  les  variantes  recueillies,  par  les  érudits 
des  temps  modernes,  dans  les  anciens  manuscrits  qui  nous 
restent  d'un  même  ouvrage. 

*  Le  Pentnteurhv.s  hebraicè  sine  pwintis,  litteris  quadratis  longé 
elegantisrimië  exaratu.s  in  corio  oriental!,  qui  faisait  partie  de  la 
collection  la  Serna  de  Bruxelles,  était  écrit  sur  cinquante-sept 
peaux  cousues  ensemble  avec  des  filets  de  la  même  matière, 
formant  une  totalité  de  trente-sept  mètres. 

Le  mortuaire   de  Saint- Bénigne   de  Dijon,  manuscrit 

in-plano  anopisthographe,  esl  composé  do  wj<)  feuilles  de  par- 
chemin  ajoutées  les  unes  aux  autres,  formant  un  ensemble  de 
x  m.  1<)  de  longueur   Bibliothèque  de  la  ville  de  Troyes). 

Ce  magnifique  rouleau  mortuaire  .1  été  étudié  par  M.d'Arbois 

■  ]'•   Jubainville,    archiviste   de  l'Aube,  dans  la  Bibliothèque  de 

■■  de*  i  harte$}  quatrième  série,  t.  m.  et  dans  le  Portefeuille 

archéologique  de  la   Champagne,  chap.  III.   Il  a  été  analysé  el 

publié  «-n  partie  par  M.  Delisle  [Rouleaux  de»  morts,  1866). 

"  Durand,  dans  son  livre  Rationale  Divinor  officiorum,  dit  ;'i  ce 
sujet  que  ce  qui  distingue  les  Qgures  de  patriarches  et  de  pro- 
phète Iles  des  apôtres  sur  les  monuments  chrétiens,  c'esl 
que  i<-~  premiers  tiennent  'le-  livres  fermés  \volumina,quia  anU 
1  ,!>>,,,  doctrina  illiui  sit  obêcura),  tandis  que  les 
nds  tiennent  des  livres  ouverts,  rotula  <<j"in  tune  explicata 


k  CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

phique  élaif  frouvé.  Le  bipatens  pugillar*  et  le  polyp- 
tyque, dont  on  se  servait  anciennement,  désignaient  des 
formais  de  recueils  spéciaux. 

La  définition  du  mot  format  n'a  pas  été  donnée  jus- 
qu'ici d'une  manière  satisfaisante,  ce  mot  ne  s'explique 
pas  par  lui-même  :  format,  de  formatus  (qui  est  formé 
o  Littré  »).  C'est  par  une  périphrase  seulement  que 
sa  définition,  si  toutefois  elle  est  possible,  peut  se 
donner:  bien  des  bibliographes  l'ont  tenté,  mais  ou 
l'explication  de  ce  terme  n'est  pas  suffisante,  n'est 
qu'approximative,  ou  elle  est  confuse  et  manque  de 
netteté.  En  résumé ,  le  format  bibliographique, 
condition  première  d'un  livre,  comprend  la  dimension 
de  la  feuille  de  papier  imprimée,   après  qu'elle  a  été 

et  païens  doctnna).  Paciaudi  qui  cite  ee  passage,  trouve  que 
Durand  se  trompe  el  rapporte  on  preuve  des  monuments  qui 
confirment  ce  qu'il  aVance,  Antiquitates  ehristianss  sive  de  cultu 
Joannis  Baptistse,  p.  250.  Ers  ligures  qui  tiennent  le  volumen 
déroule,  disent  quelques  ailleurs,  représentent  des  fondateurs. 
Sur  la  distinction  à  établir  entre  le  volumen  et  le  rotulum, 
voir   Pabricius,  Biblîotheca  antiquaria,  verbo   Volume.)}. 

*  Suivant  les  Lexicographes,  ]e  livre  à  deux  feuillets  est 
appelé  bipatens  pugillar.  Voir  le  Dictionnaire  étymologique  de 
Calepinus  qui  cite  un  vers  d'Ausone,  où  sont  les  mots  Bipatens 
pugillar. 

Dans  l'origine,  suivant  l'explication  qui  en  a  été  donnée  par 
A.  Tardieu  [Atherueum  français,  1853),  un  polyptyque  était  une 
feuille  pliée  plusieurs  fois  sur  elle-même;  un  peu  plus  tard,  ce 
nom  fut  donné  à  des  livres  carrés  composés  d'un  nombre  indé- 
fini de  feuille-  Les  livres  du  cadastre,  les  registres  du  fisc, 
bous  les  empereurs  romains,  étaient  des  polyptyques.  Ils  devin- 
rent bientôt  pour  les  contribuables  le  livre,  le  polyptyque  par 
excellence,  el  ce  nom  leur  fût  réservé  exclusivement.  La  partie 
i  Bsentielle  du  polyptyque,  c'était  la  description,  l'état  des  biens 
imposables;  dé  là.  par  une  transition  naturelle,  le  sens  que  le 
moyen  Age  donnait  à  ce  mot  et  que  l'érudition  moderne  lui 
conserve,  esl  celui  d'inventaire  des  biens  possédés  par  une 
église  ou  une  abbaye. 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIEME.         5 

pliée  selon  le  nombre  de  pages  qu'elle  renferme;  c'est 
la  résultante  du  nombre  de  feuillets  que  forme  chaque 
feuille  imprimée  et  pliée,  quelle  que  soit  d'ailleurs  la 
dimension  du  papier*;  le  format  tire  donc  son  nom 
du  nombre  de  feuillets,  c'est-à-dire  de  la  moitié  du 
nombre  de  pages  que  la  feuille  renferme. 

Il  suffit  donc,  pour  reconnaître  le  format  d'un  livre, 
dont  les  feuilles  ont  été  imposées  en  un  seul  cahier, 
de  prendre  le  nombre  de  pages  que  contient  chaque 
feuille  et  de  diviser  ce  nombre  par  2,  la  dénomination 
du  format  ne  dépendant  en  aucune  façon  de  la  grandeur 
dû  papier  employé.  (Voir  les  tableaux  pages  56  et  57**.) 

Nous  donnons,  page  9,  un  tableau  indiquant  la 
pagination,  par  feuille,  des  formats  les  plus  usités***. 

Au  point  de  vue  de  l'arrangement  des  volumes  sur 
es  rayons  d'une  bibliothèque,  la  confusion  des  formats 

*  Le  format  commercial  se  rapporte  à  la  dimension  de  la 
feuille  de  papier  non  pliée,  telle  qu'elle  sort  de  la  forme.  De 
nos  jours,  ce  format  est  absolument  factice,  bien  que  dans  le 
commerce  de  papeterie  les  principaux  noms  lui  soient  restés. 
Ainsi  l'on  dit  :  urand-monde  et  grand-aigle,  pour  les  grandes 
feuilles:  raisin,  jésus  et  colombier,  pour  les  feuilles  moyennes; 
écu,  carré,  etc.,  pour  les  feuilles  de  dimension  moindre. 

**  L'étude  de  ces  tableaux  est  d'une  utilité  indiscutable.  En 
prenant  connue  exemple  le  présent  volume,  dont  chaque  feuille 
a  été  divisée  en  deux  cahiers  el  dont  les  signatures  ne  sont 
mises  que  comme  indication  pour  le  collationnement,  on  serait 
très  embarrassé  pour  en  désigner  exactement  le  format.  En  le 
mesurant,  on  trouvera  qu'il  porte  14x22,5,  et  en  s'en  référant 
.-lux  tableaux  des  pages  56  et  57,  on  trouvera  que  cette  mesure 
indique  un  in-*'  carré. 

***  Cf.  Jules  Coi  siw.  De  Inorganisation  et  de  l'administration 

•  ibtiothèques  publiques  et  privées.  Manuel  théorique  et  pratique 

du  bibliothécaire.  Paris,  1882,  in-8.  —  Bibliographie  et  Bibliothéco- 

notnie     De  >■  îcation  des  bibliothèques    Paris,  1884,  in-8.  — 

tetion  et  de  l'installation  des  bibliothèques  universi 

.  Paris,  1880   in-8. 


6  CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

ne  présente  pas  de  véritable  inconvénient,  mais,  pour 
les  indications  bibliographiques  à  mettre  sur  les 
catalogues,  il  est  utile  de  savoir  déterminer  exacte- 
ment le  format  d'un  volume  ;  depuis  quelques 
années,  les  papiers  employés  pour  l'impression  sont 
de  dimensions  si  différentes,  que  les  erreurs  deviennent 
de  plus  en  plus  nombreuses. 

On  pourra,  mais  seulement  dans  le  cas  de  l'imposition 
d'une  feuille  en  un  seul  cahier,  se  rendre  compte  d'un 
format  au  moyen  du  tableau  reproduit  page  9;  il  suffira 
d'ouvrir  un  volume  d'abord  à  la  première  page,  portant 
la  signature  1,  et  de  rechercher  ensuite  la  signature  2. 
Le  chiffre  de  la  page  précédant  cette  signature  n'aura 
plus  besoin  alors  que  d'être  divisé  par  2  pour  trouver 
le  format.  Si  donc,  par  exemple,  la  page  1  portant 
la  signature  1,  on  trouve  la  signature  2  à  la  page  17, 
on  divisera  16  par  2,  ce  qui  indiquera  un  in-octavo. 

La  circulaire  du  i  mai  1878,  de  M.  Bardoux, 
Ministre  de  l'instruction  publique,  à  propos  de  1'  «  In- 
struction générale  au  service  des  bibliothèques  univer- 
sitaires »,  précise  les  moyens  de  déterminer  chaque 
format;  en  voici  l'extrait  qui  est  spécialement  relatif 
i\  leur  reconnaissance  : 

«  A  1  époque  où  le  papier  était  fabriqué  selon  des 
règles  de  dimension  qui  variaient  peu,  on  reconnaissait 
le  format  en  comptant  les  pages  de  la  feuille  d'impres- 
sion. Les  désignations  d'in-folio,  in-quarto,  in-octavo 
représentaient  alors  une  hauteur  fixe.  Il  n'en  est  plus 
de  même  aujourd'hui  que  les  feuilles  d'impression  sont 
de  dimensions  très  différentes,  et  que  certains  in-octavo 
deviennent  plus  grands   qu'un   in-folio  du  xvie  siècle. 


A  UX  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIÈME.         7 

L'indication  actuelle  a  donc  perdu  son  ancienne  signi- 
fication, car  elle  ne  répond  pas  toujours  à  l'indication 
de  la  hauteur  du  livre  ;  elle  doit  être  abandonnée  pour 
les  désignations  suivantes,  répondant  mieux  aux  dimen- 
sions réelles  :  1°  Grand  format  (comprenant  tous  les 
volumes  dépassant  55  centimètres);  2°  Moyen  format 
(comprenant  les  volumes  hauts  de  25  à  55  centimètres)  ; 
5°  Petit  format  (comprenant  les  volumes  au-dessous 
de  25  centimètres). 

«  Formais  inégaux.  —  Il  peut  arriver  qu'un  ouvrage 
de  petit  ou  de  moyen  format  soit  accompagné  d'un 
atlas  grand  format.  En  ce  cas,  l'inscription  de  l'atlas 
à  l'inventaire  sera  jointe  à  celle  de  l'ouvrage,  sans 
que  l'on  se  préoccupe  de  la  différence  des  formats. 
Mais  si  l'atlas  ne  peut  être  rangé  sur  le  même  rayon, 
on  l'y  remplacera  par  une  planchette  indicatrice 
portant  au  dos  le  numéro  attribué  à  l'ouvrage  et, 
sur  une  des  faces,  la  désignation  du  lieu  où  cet 
atlas  sera  déposé.  » 

Les  formats  sont  si  nombreux,  que  leur  [diversité 
prête  quelquefois  à  une  hésitation  facile  à  comprendre, 
d'autant  qu'on  se  trouve  souvent  en  présence  de  livres 
de  d  ons  semblables,  mais  en  réalité  de  formats 

différents,  et  cela  surtout  depuis  l'usage  du  papier 
mécanique.  Que  le  livre  soit  Imprimé  à  grandes  marges 
ou  <i  marges  étroites,  qu'il  soit  rogné,  que  son  impo- 
sition  Boil  déterminée  par  la  dimension  des  papiers  en 
i  l'hésitation  commence.  On  peut  prendre  un 
m-folio  pour  un  in  quarto,  un  in-douzê pour  un  in-octavo, 
un  in-dix-huit  pour  un  in-douze  ei  réciproquement. 
L'in-octavo  en  petil  papier  peul  in-  l.i.n  -.•  confondra 


8  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

avec  l'in-douze  lorsqu'ils  sont  posés  l'un  à  côté  de 
l'autre,  et  ainsi  de  suite.  Naturellement,  ces  confusions 
ne  gênent  en  rien  pour  la  disposition  des  livres  sur 
les  tablettes  ;  mais,  nous  le  répétons,  il  résulterait  des 
erreurs  bibliographiques  si,  sur  un  catalogue,  on  dési- 
gnait un  in-folio  pour  un  in-quarto,  un  petit  in-octavo 
pour  un  in-douze  :  on  créerait  ainsi  des  éditions  qui 
n'ont  jamais  existé. 

En  ce  qui  concerne  les  formats  des  livres  à  l'étran- 
ger, voici  les  renseignements  qui  nous  sont  fournis 
par  M.  Arnim  Graesel  dans  son  Manuel  de  BibliotJiéco- 
nomie  que  nous  avons  cité  dans  le  chapitre  premier. 

«  Toutefois,  les  différents  pays  n'ont  pu  encore  arriver 
à  s'entendre,  ce  qui  serait  pourtant  très  désirable,  sur 
les  mesures  conventionnelles  à  adopter.  En  Angleterre 
et  en  Amérique,  le  soin  de  discuter  cette  question  a  été 
laissé  à  l'association  des  bibliothécaires,  qui  a  été,  en 
outre,  chargée  de  dresser  la  marche  à  suivre  pour  la 
confection  des  catalogues.  En  Allemagne,  le  problème 
n'est  pas  encore  résolu  partout.  Certaines  bibliothèques 
ont  adopté,  comme  hauteurs  maxima,  25  centimètres 
pour  les  in-8n  et  35  centimètres  pour  les  in-i°.  Pour  les 
ouvrages  reliés,  on  a,  dans  tous  les  pays,  pris  l'habi- 
tude de  mesurer  la  hauteur  de  la  reliure  en  partant  de 
cette  idée  que  la  perle  de  hauteur  subie  par  le  livre,  du 
fait  de  la  rognure,  se  trouvait  ainsi  compensée. 

«  La  question  du  format  n'est  pas  encore  résolue  en  ce 
qui  concerne  les   bibliothèques  prussiennes. 

«  Voici,  en  effet,  ce  que  dit  le  paragraphe  1)  de  V Instruc- 
tion fwr  'lie  Herstellung  der  Zetlel  des  alphabetischen 
Kataloges  :  «   Le  format  sera  déterminé  par  la  hauteur 


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ii 


A  UX  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE   DEUXIÈME.       lï 


de  la  reliure  et  sur  les  bases  suivantes  :  jusqu'à  25  cen 
timètres,  in-8°;  de  25  à  55,  in-4°,  de  55  à  45,  in-f°;  au 
dessus  de  45,  gr.  in-f°.  S'il  arrive  que  la  hauteur  soit  de 
dimensions  inférieures  à  la  largeur,  on  se  servira  alors 
de  cette  dernière  pour  déterminer  le  format,  en  em- 
ployant la  notation  suivante  :  in-8°  transversal,  in-4° 
transversal,  etc..  etc.  —  Pour  les  formats  de  dimen- 
sions exceptionnelles,  on  indiquera  d'une  façon  exacte 
la  hauteur  et  la  largeur  du  volume  *. 

«  La  «  Library  Association  of  the  United  Kingdom  » 
a  adopté,  pour  les  formats,  les  mesures  ci-dessous**. 
Grand  in-f°       au-dessus    de  18  pouces  anglais  =  46  cm. 
In-f° 

Petit  in-f° 
Grand  in-4° 
In-4° 

Petit  in-4° 
Grand  in- 8° 
In-8° 

Petit  in-8° 
In-lJ 
In-18 
Formats  nai 

«  Le  Bollettino  délia    Biblioteca  Nazionale  Central'' 
di  Fin  rue  a  adopté  les  mesures  suivantes  : 
In-f        hauteur       supérieure  à  38  cm. 


au-dessous  de  18      > 

» 

=  46 

» 

15      > 

» 

=  55 

» 

15      . 

»             » 

=  58 

» 

Jl      > 

>             » 

=  28 

» 

8 

»             » 

=  20 

> 

11 

>             » 

=  28 

» 

9      > 

»             » 

=  25 

» 

8      . 

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=  20 

» 

8      « 

» 

=  20 

rrespondant  à 

0     . 

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=  15 

au-dessous  de 

G      ) 

>              » 

=  15 

In- 


: 


de 


28  a  38 


.  Ai:\i\!  Ghaebel.  Manuel  de  Bibliothéconomie.  Traduction 
de  Jules  Laude,  bibliothécaire  universitaire.  Paris,  il.  Welter, 
lire-éditeur,  1897,  in-8°. 

■    i  n    1717.  Cf.     Size-notation  al  the  Bodleian  ■ 

l  (  hronû  le,  vol.  I,  1884,  |».  191-103. 


12  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

In-8°      hauteur      de  20  à  28  cm. 

In-16  r,  »  16  à  20     » 

In-24  »>  »  10  à  15    » 

In-32  »  au-dessous  de       10    » 

«  En  Amérique,  différents  bibliographes,  et  entre 
autres  Jewett,  avaient,  il  y  a  longtemps  déjà,  proposé 
de  mesurer  les  livres.  Sur  un  rapport  d'Evans,  «  The 
sizes  of  printed  books  *  »,  qui  recommandait  ce  sys- 
tème, le  congrès  des  bibliothécaires  américains,  réuni 
à  Philadelphie,  émit  un  avis  favorable  et  nomma  une 
commission  chargée  spécialement  d'examiner  la  ques- 
tion**. Voici  quelles  furent  les  mesures  adoptées  sur  la 
proposition  de  cette  commission  : 

In-f"  en  abrégé         F.       au-dessus     de  50  cm. 

In-'r  »  Q.       au-dessous  de  50     » 

In-K"  »  O.  »  25     » 

In-12  »  D.  »  20     » 

In-16  »  S.  »       de  17  1/2  cm. 

(  Twenty-fourmo) 

In-24  »  T.  »  15        » 

(Thniij-tinomo) 

In-32  »  Tt.  »  12  1/2  » 

{inrty-cigtlimo) 

In-48  »  Fe.  »  10 

Étroit  (narrow)  »    nar.  Lorg.  infér.  aux  5/5  de  la  haut. 

Carré  (square)  »   sq.  Larg.  infér.  aux  5/1  de  la  haut. 

Oblong  »  obi.  Larg.  infér.  sup.  à  la  hauteur. 

«  A  propos  du  rapport  d'Evans  que  nous  avons  cité, 
Poole  appelle    l'attention   des    bibliographes    sur    les 

*  Library  Journal, vol.  I.  1877,  p.  58-61. 

cf.  Library  Journal,  vol.  I.  1877,  p.  106-109,  L39,  174,178-181, 
1S"».  J2-2.  267,  365,  "77:  \ol.  II.  p.  57;   III,  p.  19.   Consulter  aussi 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  DEUXIÈME.       13 

multiples  difficultés  qui  peuvent  se  présenter  au  sujet  du 
mesurage  des  livres  :  «  If  we  adopt  the  measurcment, 
shall  we  measure  the  text,  the  paper,  or  the  binding? 
The  measure  of  the  text  would  best  meet  the  require- 
ments  of  bibliography  :  the  measure  of  the  paper 
would  give  the  best  description  of  the  individual  copy 
catalogued,  and  the  measure  of  the  covers  would  be 
the  most  expéditions  and  summary  mode  of  treating 
the  subject.  The  measure  of  the  paper,  howewer,  and 
of  the  cover,  is  often  determined  by  the  stupidity  of  a 
misérable  bookbinder,  whose  chief  ambition  seems  to 
be  to  fill  his  bin  with  shavings.  My  instructions  to 
binders  are  not  to  eut  books  at  ail,  unless  they  hâve 
spécial  directions;  and  in  re-binding  never.  The  whole 
subject  of  adopting  a  new  mode  of  designating  size  is 
not  without  its  difficulties.  »  Le  meilleur  moyen  est  de 
mesurer  la  reliure,  à  condition  naturellement  que 
celle-ci  soit  bien  faite,  condition  facile  à  obtenir  si  le 
relieur  suit  strictement  les  instructions  qui  lui  sont 
données  et  évite  de  rogner  par  trop  le  livre,  en  veillant, 
au  contraire,  à  ce  qu'une  fois  relié  le  volume  ait  les 
mômes  dimensions  que  broché. 

«  La  Conférence  du  livre,  tenue  à  Anvers  en  août  1890, 
a  émis  le  vœu  que  l'on  adoptât,  dans  tous  les  pays,  un 
système  unique  pour  la  désignation  des  formats*. 

L'article  publié  par  Arthur  W.  Ilutton,  dans  The 
Library,  vol.  II,  1890,  p.  IXtMX?,  sous  le  titre  de  «   A 

.1. 1;.  Ili  ling    «  The  Bizes  of  printed  books  ■  Library  Journal^  vol.  I, 
160,  .- 1 ■  r i  —  î  que  <;<•<» rge   Wasson  Cole,  «  A  quicker 
method  <>r  measuring  books  «  Jbid.^  \<>l.  XII,  p.  345-349. 

■  \'.m  le  rapport  qui  ;i  paru  dans  la  Revue  det  Bibliothèque* 
aoné<   i    1891. 


14  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

new  size  notation  for  modem  books  »,  mérite  d'être 
rappelé.  Partant  de  ce  point  de  vue  que  tout  lecteur 
d'une  Free  Public  Library  peut  avoir  besoin  de  con- 
naître approximativement  le  format  d'un  ouvrage, 
Hutton  propose  de  diviser  tous  les  livres  en  quatre 
formats,  représentés  par  les  quatre  lettres  majuscules 
A.  B.  C.  D.  «  H  is  worth  the  readers'  while,  dit-il, 
to  know  if  the  book  is  quite  a  small  one,  such  as  can 
easily  be  slipped  inlo  the  pocket,  a  book  that  some 
American  librarians  would  class  as  minimo.  And  at  the 
other  end  of  the  scale  it  is  worth  his  while  to  know 
that  the  book  is  too  big  to  hold  in  the  hand  —  that  a 
desk  or  table  will  be  needed  when  he  reads  it.  Between 
thèse  two  extrêmes  the  great  majority  of  modem  books 
will  be  found  to  lie;  and  it  is  important  again  to  dis- 
tinguish  thèse  inlo  two  classes,  which  I  may  designate 
the  handy  volume  and  llic  standard  library  volume 
respectively.  We  bave  now  the  four  classes  which  I 
propose  to  mark  A.  B.  C.  and  D,  and  which  a  simple 
and  easily  remembered  inch  scale,  will  readily  distin- 
guish.  »  Comparé  aux  systèmes  de  mesures  extrême- 
ment compliqués  que  nous  avons  indiqués  plus  haut, 
celui-ci  a  du  moins  l'avantage  de  la  simplicité*. 

L'obligation  où  se  trouve  souvent  l'éditeur  de  faire 
imposer  et  tirer  par  demi  ou  tiers  de  feuille,  amène 
une  nouvelle  confusion;  les  signatures  ne  tombent  plus 

*  Cf.  ••  Report  on  size  notation  »  The  Library,  vol.  [V.  1802, 
p.  147-151.  —  Y.  Moi:  m  i.  Le  ]>;i]>ior  ».  Revue  des  Bibliothèques, 
I,  1891,  p.  195  i*<»7 .  —  Ch.  el  V.  Mortet,  -  Le  formai  des  livres  », 
ibid.,  III,  1895,  ]».  -~o;>-~'jr>,  et  Edouard  Rouveyre,  dans  son 
ouvrage  déjà  cité,  Connaissances  nécessaires  à  un  bibliophile, 
•if  éd..  1883,  p.  37-54     Vote  de  M.  Aman  Gracscl). 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIÈME.       15 

régulièrement  aux  pages  voulues*.  On  trouve  une 
signature  à  chaque  demi-feuille;  ainsi  l'in-octavo  **  sera 
signé  2  à  la  page  9  au  lieu  de  la  page  17;  l'in-douze, 
2  à  la  page  15  au  lieu  de  la  page  25  et  ainsi  de  suite. 
Pour  les  tiers  de  feuilles  au  contraire,  le  gros  cahier 
sera  signé  et  le  petit  cahier  portera  la  même  signature, 
mais  ponctuée;  dans  l'in-douze,  par  exemple,  la  signa- 
ture 2  se  trouvera  à  la  feuille  25,  mais  à  la  page  29  on 
retrouvera  le  chiffre  2  ponctué. 

Les  petits  formats  offrent  bien  souvent  des  doutes, 
surtout  en  ce  qui  concerne  les  livres  modernes  imprimés 
sur  papier  mécanique ,  vélin  ou  vergé  artificiel  ;  on 
doit  s'en  référer  aux  divers  cahiers  qui  composent  le 
livre.  S'ils  sont  d'épaisseur  uniforme,  d'un  nombre  de 

*  Le  «  Joannis  Mauri  Constantiani  in  Chiliades  Adagiorum. 
D.  Erasmi  Rot.  familiaris  et  mire  compendiosa  Exposilio,  cum 
indicatione  figurarum  Prouerbialium  in  unumquemque  Adagio- 
rem  (sic).  Hoc  opus  Prouerbiorum  in  Epitomen  sine  compen- 
dium  (ut  vides)  redactum,  multis  Adagiorum  centurijs  editioni 
Anni  m.d.xxvj.  ab  Erasmo  additis  auctum  Lector  inter  legendum 
deprehendet.  Vénale  prnstat  floridum  hoc  Adagiorum  Enchi- 
ridion  Bionsalbani,  in  xdibiu  M.  Gilberti  Grosseti,  et  Tolosse  in 
I  itonij  Maurin  (sic)  cum  privilegio  »,  s.  d.  (1526),  in-8,goth., 
imprimé  par  demi-feuilles,  et  chaque  cahier  est  de  iv  iî. 

**  Lui-*  a,  comme  la  plupart  des  autres  formats,  diverses 
dénominations  qui  proviennent  de  la  grandeur  du  papier  cm- 
ployé  par  l'imprimeur,  llenesl  de  même  pour  le  format  oblong, 
qui  désigne  le  volume  dont  la  largeur  est  moindre  que  la 
hauteur.  L'indication  du  Format,  si  Fou  n'y  ajoute  p;is  le  nom 
du  papier,  esl  presque  toujours  insuffisante;  car  il  est  évident 
qu'il  doit  y  avoir  dea  différences  sensibles,  par  exemple  entre 
l'in-N*  carré,  Pin-8*  raisin  et  Tin-s-  jésus;  d'autant  plus  que  des 
formats  de  noms  divers  8e  ressemblent,  selon  les  papiers  qui 
ont  été  employés  '■  ainsi  l'in-12  carré  ;i  beaucoup  d'analogie 
rin- 18  jésus;  l'in-18  carré  diffère  peu  le  L'in-32  jésus.  L'im- 
primeur a  conservé  l'usage  de  désigner  les  papiers  par  des 
nom-  conventionnels  qui  -<•  multiplient.  Nous  donnerons,  par  la 
suite,  la  nomenclature  des  plus  usités 


16  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

feuillets  égal,  il  n'y  a  aucune  présomption  à  prendre. 
Comme  point  de  départ,  le  chiffre  L2  s'il  n'est  pas  ponctué, 
si  les  cahiers  sont  d'inégale  épaisseur,  se  trouvera  au 
bas  du  3  ou  Ie  cahier,  parce  que  l'impression  aura  été 
faite  par  demi  ou  tiers  de  feuille. 

Les  premiers  livres,  ont  écrit  MM.  E.  Midoux  et 
A.  Matlon  dans  leur  excellent  travail*,  furent  imprimés 
sur  des  papiers  collés;  ce  qui  permit  aux  miniaturistes 
et  aux  calligraphies  d'y  travailler  et  de  les  faire  ressem- 
bler à  des  manuscrits.  Ce  moyen  de  transition,  trouvé 
pour  occuper  des  talents  que  la  gravure  et  l'imprimerie 
unies  allaient  mettre  sans  emploi,  donnait  aux  premiers 
produits  de  cet  art  l'aspect  d'oeuvres  délicates  et 
originales,  auxquelles  les  yeux  étaient  accoutumés.  Au 
moyen  âge,  tout  ce  qu'on  fait  va  au  delà  de  l'utile  : 
chaque  corporation  a  ses  chefs-d'œuvre  :  l'art  est  par- 
tout; les  papes  et  les  rois  s'en  servent  pour  instruire  et 
gouverner  les  peuples. 

Pour  reconnaître  le  format  des  livres  anciens  imprimés 
sur  papier  vergé,  on  devra  recourir  à  la  disposition 
verticale  ou  horizontale  des  pontuseaux  et  des  ver- 
geures;  quant  aux  éditions  tirées  sur  papier  vélin,  les 

*  Cf.  E.  Midoux  h  A.  Matton.  —  Étude  sur  les  filigranes  de 
papiers.  Paris,  Dumoulin  et  Claudin,  l^is,  in-8.  —  Les  calli- 
graphes  ne  trouvanl  pas  dans  !<■  papier  La  douceur  du  vélin, 
pour  y  développer  avec  netteté  les  finesses  de  leurs  traits  de 
plume.  B'imaginèrent  de  poncer  et  de  polir  ;i  la  sandaraque, 
ir-  parties  à  écrire,  en  laissant  aux  marges  leur  intégrité. 
Quelques  manuscrits  de  nos  bibliothèques  en  offrent  la  preuve  ; 
-  sonl  d'une  conservation  parfaite.  La  résine  les  a  préservés 
de  la  piqûre  des  insectes. 

<mi  remarque,  ;'i  la  bibliothèque  de  Soissons,  sept  manuscrits 
en  papier  du  w  Biècle,  traitant  du. droit  civil  et  canonique,  des 
sciences  naturelles,  de  philosophie  et  de  théologie. 


«>»p  in   ii,   —  *- -r«rt 


"  -   -   -  amMl^ii 


CSE2 


!!^S^«i. 


-*  <&*  i£*S  ***  ;■•"■!■  TiflTTr   H.1||ll>millMJMlii 
'OHM 


■~*-W* »-*Hf  ■  * 


i        »    —  Papier  du  nv  ilècle  (1399)  vu  par  transparence. 
Ifarqui  :  Saint    fa<  e  au  uimbe  crucifi 
1 1  u  château  de  Rouo\ 

ii  5 


[Çh-^> 


j.j,,   ;,.  _  Attache  de  la  marque  aux  ponluscaux  (voir  fig.  4). 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIÈME.       19 

registres,  les  réclames  ainsi  que  les  signatures  devront 
être  examinés  et  confrontés  très  soigneusement,  le 
doute  cessera  après  un  examen  attentif. 

Les  pontuseaux  sont  des  raies  transparentes  qui  tra- 
versent entièrement  le  papier  dans  la  distance  de  12  à 
15  lignes,  ou  de  20  à  25  traits  selon  la  grandeur  de  la 
feuille;  elles  coupent,  à  angle  droit,  d'autres  raies 
extrêmement  rapprochées  et  moins  sensibles  que  l'on 


Fig.  •).  —  Châssis  filigrane,  montrant  les  pontuseaux 
et  les  vergeures. 

nomme  vergeures.  Ces  raies  sont  produites  par  le 
contact  de  la  pâte  à  papier  sur  les  baguettes  ou  fils  qui 
Ira  versent  ou  coupent  le  châssis  filigrane,  de  façon  à 
retenir  la  pâte  nécessaire  à  la  formation  de  la  feuille, 
en  ne  laissant  échapper  que  l'eau  superflue  ou  la  pâte 
qui  ii'n  pas  la  consistance  voulue. 

Il  y  a  <jii<-1<jiics  ('dilions  du  XV*  siècle  dans  lesquelles 
on  D'aperçoit  aucune  trace  de  pontuseaux*,  le  papier 


'  Au  nombre  des  livres  du  \\    Biècle  ayant  du  papier  sans  pon- 

iux  nous  citerons  ;  Pompeitu  Festut  de  verbovum  signifteatione, 

Milan,  Ant.  Zarot,   1471,  m-'»;    l<-  Juvenat   el    Perse,  de   Milan, 


20  CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

ressemble  presque  à  du  papier  vélin,  dans  d'autres 
on  y  découvre  des  vergeures  qui  peuvent  servir  à 
faire  reconnaître  le  format. 

Le  meilleur  moyen  pour  reconnaître  le  format  avec 
ce  papier  consiste  à  chercher  la  marque  de  fabrique 
ou  marque  d'eau*  qui  est  toujours  debout  dans  le 
sens  des  pontuseaux  :  si  cette  marque,  qui  apparaît 
distincte  et  claire  en  regardant  la  feuille  de  papier 
par  transparence,  se  trouve  au  milieu  du  feuillet, 
le  volume  est  in-folio,  si  elle  est  au  fond  du  feuillet,  le 
volume  est  in-quarto,  si  elle  est  en  haut  du  feuillet, 
le  volume  est  in-octavo. 

Nous  allons  exposer  une  table  des  dénominations  de 
formats  pour  faire  connaître  comment  la  feuille  est  pliée 
dans  chaque  format,  combien  elle  contient  de  pages, 
comment  sont  disposés  les  pontuseaux  des  différents 
formats,  depuis  l'in-folio  jusqu'à  l'in-cent-vingt-huit, 
la   manière  de  les  faire  connaître,  surtout  en  ce  qui 

Antoine  Zarot,  1479,  in-4;  la  Vita  del  Padre  san  Francesco,  per 
Bonaventura  Cardinale,  Milan,  Zarot,  1477,  in4,  et  le  Quint'- 
Curce,  Milan,  Zarot,  de  1481,  in-4.  On  regarde  tous  ces  ouvrages 
comme  in-i.  et  non  comme  in-folio,  parce  que  les  vergeures  en 
Bena  contraire  aux  pontuseaux  invisibles  dans  le  papier,  y  sont 
perpendiculaires.  La  Cosmographie  de  Pomponius  Mêla,  Milan, 
Zarot,  est  in-8  et  non  in-4,  parce  que  les  vergeures  se  présen- 
tent horizontalement 

*  Ces  marques  d'eau,  dont  nous  parlerons  plus  longuement 
au  Chapitre  nem  ièine  :  Dus  Pai'Ikks,  et  dont  nous  donnerons  de 
plus  DOmbreuses  reproductions  que  celles  figurées  sur  la  planche 
ci-contre,  --ont  quelquefois  indispensables  pour  distinguer  deux 
éditions  d'un  même  ouvrage.  La  Bibliothèque  nationale  possède 
deux  exemplaires  du  précieux  monument  xylographique  :  Exerci- 
lium  super  Pater  Notter,  in-fol.  Ces  deux  exemplaires,  qui  ne  sont 
pas  de  la  même  édition,  se  distinguent,  entre  autres  remarques, 
à  la  wiarque  d'au  :  celle  du  papier  de  la  première  édition  est 
l'arbalète  dans  un  cercle  et  celle  de  la  seconde  est  une  ancre. 


c. 


3 


O 

CD. 


k 


jvi 


Ç^A 


<*9S 


Fig.  7  ,i  32. 
M     [uei  de  papier,  xiv  siècle   (1303  à  I  W9 


TABLEAU  RÉSUMANT  LES  INDICATIONS  CONNËES  POUR  LA  RECONNAISSANCE  DU 
FORMAT  DES  LIVRES  ANCIENS. 


COMBIEN 

COMMENT 

la 

PAGES 

PAGE 

DIRECTION 

POSITION 

FORMAT. 

la 
Feuille 

feuille 
ou 

où    sont 
les 

où    est 

ii 

des 

de  la 

ou 

l  feuille 

la 

marque 

^  feuille 

contient 

réclames. 

v2'  signature. 

pontuseaux. 

d'eau. 

esl   pliée. 

de  pages. 

(<•> 

[d) 

In-folio.  . 

en    2 

4 

4  et  multiples. 

5 

1 

Au  milieu 
du  feuillet. 

In-i°.  .   . 

en    4 

8 

s       _ 

0 

— 

Au  fond 
du  vol. 

In-8-(if.). 

en    4 

8 

8        — 

9 

i 

)  En  haut 
du 

In-8°.    .   . 

en    8 

16 

1G        — 

17 

i     ' 

*  feuillet. 

In-12(£f.) 

en    6 

12 

l'i        — 

13 

En  haut 

du 

fond. 

ln-42.  .  . 

en  12 

24 

24        — 

25 

Vers 

In-IG.  .    . 

en  16 

32 

16,  32,  48 

17    b 

— 

la  tranche 
extérieure. 

In-18.  .   . 

en  18 

3G 

12,24.  56 (a) 

13  [a) 

1 

[n-24.  .   . 

en  24 

48 

24,  '.s.  72 

25 

1 
(q.q.f.-) 

[n-32.  .  . 

en  32 

64 

1G,  32.   18 

17  (M 

1 

En  haut 
du 

Etc. 

fond. 

(a)  La 

feuille  est  coupée  en  trois:  il  y  a  donc  3  réclames  et  3  signa- 

turea  paj 

feuille. 

{h)  Les 

signatures  comme  pour  rin-8°. 

(c)  San 

pour  les  petits  formats,  où  la  feuille  est  souvent  partagée  en 

cahiers, 

on  voit  que  la   1'    réclame  se  trouve  à  la  page  dont  le  numéro 

représen 

e  le  nombre  do  pages  que  contient  la  feuille;  les  autres  réclames 

se  trouve 

Mit  ;iu\  pages  dont  les  numéros  -mil  les  multiples  de  la  lr*. 

La 

I     signature  esl  toujours  à  la  page  l;  les  autres  signatures  une 

page  plu 

9  loin  que  les  réclames  :    -  i!  résulte  de  cette  remarque  une  règle 

très  simj 

>le  pour  la  détermination  des  formats. 

A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIÈME.       23 

concerne  les  volumes  publiés  depuis  l'origine  de 
l'imprimerie  jusqu'à  la  fin  du  xvme  siècle. 

L'in-folio  a  la  feuille  pliée  en  2,  contient  4  pages,  et 
ses  pontuseaux  sont  perpendiculaires  |  . 

L'in-4°  a  la  feuille  pliée  en  4,  contient  8  pages,  et  ses 
pontuseaux  sont  horizontaux  — . 

L'in-8°  a  la  feuille  pliée  en  8,  contient  16  pages,  et  ses 
pontuseaux  sont  perpendiculaires*  |  . 

L'in-12  a  la  feuille  pliée  en  12,  contient  24  pages,  et 
ses  pontuseaux  sont  horizontaux  — . 

'L"in-16  a  la  feuille  pliée  en  16,  contient  32  pages,  et 
ses  pontuseaux  sont  horizontaux  — . 

L'in-18  a  la  feuille  pliée  en  18,  contient  56  pages,  et 
ses  pontuseaux  sont  perpendiculaires  |  . 

L'in-24  a  la  feuille  pliée  en  24,  contient  48  pages,  et  ses 

*  Dans  la  première  période  de  l'imprimerie,  les  livres  étaient 
de  format  in-folio  afin  de  mieux  imiter  les  dimensions  des 
manuscrits  qu'on  reproduisait  par  l'impression;  puis,  vers  la 
fin  du  w  Biëcle,  «>n  imprimait  en  in-4°  et  en  in-8°.  Mais  c'est  Aide 
Manace  l'Ancien  qui  répandit  complètement  l'in-80.  La  plupart 
des  ou  n  1 1-  de  ses  presses  sont  de  ce  format.  Les  Elze- 

vier  publièrent,  dans  le  courant  du  xvn  siècle  leurs  charmantes 
ectiona  qui  mirent  en  vo^ue  les  formats  in-seize  et  in-vingt- 
\u  wiii  Biècle,  1  in-douxe  était  fort  commun.  Les  formats 
employés  1<"  plus  couramment  de  nos  jours  sont  au  nombre 
de  huit.  L'in-plano  pour  les  cartes  et  |>lans  (il  ne  renferme  bien 
entendu  qu'une  seule  feuille  qui  peut  être  imprimée  au  recto  et 
au  rerso  .  l'in-folio,  lin-»,  l'in-8»,  l'in-12,  l'in-H>,  l'in-18,  L'in-32.  Tout 

emment,  un  éditeur  a  tenté  uv,  remettre  a  la  mode  les  livres 
de  formai  microscopique,  qui  sont  en  în-64  on  en  in-128.  L'in- 
folio  <--\  à  i>''n  près  abondonné,  Bi  ce  n'est  pour  le-  atlas  et 
quelques  publications  officielles.  On  n'imprime  guère  en  in  *  que 

-  dictionnaires,  des  recueils  scientifiques  el  autres  ouvraj 
<pn  ne  -ont  consultés  que  dans  des  bibliothèques. 

Quelques  éditeurs  onl  imaginé  de  faire  tirer  le  même 
ou'.  ir  deux  formats,  m  8»  et  in-18;  dans  ce   cas,  l'in-18 

a   peu  de  marges.  Le  format  qui  convient  le  mieui  pour  les 
romani  i  i  sus. 


24  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

pontuscaux  sont  perpendiculaires  ou  horizontaux  *   |  — . 

L'in-32  a  la  feuille  pliée  en  32,  contient  G4  pages,  et 
ses  pontuseaux  sont  perpendiculaires  |  . 

L'in-56  a  la  feuille  pliée  en  56,  contient  7C2  pages,  et 
ses  pontuseaux  sont  horizontaux  — . 

L'in-48  a  la  feuille  pliée  en  48,  contient  90  pages,  et 
ses  pontuseaux  sont  horizontaux  — . 

L'in-64  a  la  feuille  pliée  en  G4,  contient  128  pages,  et 
ses  pontuseaux  sont  horizontaux  — . 

L'in-72  a  la  feuille  pliée  en  72,  contient  144  pages,  et 
ses  pontuseaux  sont  perpendiculaires  |  . 

L'in-96  a  la  feuille  pliée  en  96,  contient  192  pages,  et 
ses  pontuseaux  sont  perpendiculaires  |  . 

L'in-128  a  la  feuille  pliée  en  128,  contient  25G  pages, 
et  ses  pontuseaux  sont  perpendiculaires**  |  . 

On  voit  par  ce  qui  précède  quelles  sont  les  diffé- 
rentes sortes  de  formats  :  huit  ont  les  pontuseaux 
perpendiculaires  et  sept  les  ont  horizontaux;  on  voit 
aussi  le  nombre  de  pages  contenues  à  la  feuille  dans 
chaque  format;  alors,  à  l'inspection  des  signatures,  il 
sera  facile  de  reconnaître  toute  espèce  de  format. 

«  Les  chiffres,   dit  H.  Fournier  dans  son  Traité  de 

*  Comme  l'in-2 î-  est  quelquefois  incertain,  il  faut,  pour  con- 
naître au  juste  sa  dénomination,  ouvrir  le  livre  entre  les  pages 
18  el  4i>:  si  la  réclame  Be  trouve  au  bas  de  la  page  48,  et  la 
signature  au  bas  de  la  page  W,  alors  le  format  est  in-2i;  mais 
si  la  réclame  est  au  bas  de  la  page  64,  et  la  signature  au  bas 
de  la  page  65,  le  tonnai  est  \n-~rl. 

**  Le  format  in-l'2.s  étail  appelé  pouce,  on  l'employait  jadis 
pour  de  très  petites  Heures  ou  de  très  petits  almanachs.  Le 
volume  :  Exercice  du  Chrétien,  Paris,  Carouge,  17.17,  format 
in-128,  étail  dénommé  :  Heures  dites  d'un  pouce,  parce  que  le 
volume  n'a,  en  effet,  qu'un  pouce  de  hauteur  et  6  lignes  de  lar- 
geur. C'esl  de  ce  volume  que  Renouard  «lisait,  «  qu'il  ne  serait 
pas  aussi  facile  de  remplacer  ce  rien  que  de  le  perdre  ». 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIEME.       25 

typographie,  sont  les  signes  représentatifs  des  nombres. 
Il  est  certains  nombres  qui,  suivant  une  convention 
typographique,  sont  parties  intégrantes  de  différentes 
séries  d'objets  qu'il  devient  inutile  d'exprimer  parce  que 
la  position  constamment  uniforme  des  chiffres  les  fait 
suffisamment  connaître.  Ainsi,  lorsqu'en  ouvrant  un 
livre  on  aperçoit  à  la  tète  de  ligne  un  nombre  placé, 
soit  au  milieu  de  cette  ligne  s'il  n'y  a  pas  de  titre 
courant,  soit  dans  le  cas  contraire  à  l'extrémité  de  la 
ligne,  près  de  la  marge  extérieure,  on  sait  que  ce 
nombre  appartient  à  la  série  des  folios,  bien  qu'il  ne 
soit  accompagné  d'aucune  indication.  On  sait  pareille- 
ment que  le  nombre  placé  au  commencement  de  la 
ligne  de  pied  est  le  signe  de  la  tomaison,  et  que  celui 
qui  est  rejeté  à  l'autre  bout  désigne  la  feuille  ou  partie 
de  feuille,  suivant  la  règle  fixée  à  cet  égard  pour 
chaque  format. 

«  Il  y  a  deux  espèces  de  chiffres  :  arabes  et  romains. 
Ouoique  dans  certains  cas  on  se  serve  indifféremment 

a  uns  ou  des  autres,  néanmoins  leur  emploi  est  assez 
ordinairement  spécial  pour,  qu'on  puisse  en  établir  la 
distinction.  Les  chiffres  arabes  sont  d'un  usage  plus 
fréquent  :  d'abord  parce  que  leurs  formes,  différentes  de 
celles  des  lettres,  préviennent  toute  confusion  entre  des 
mots  el  des  nombres;  ensuite  parce  que  leur  plus  grande 
simplicité  facilite  l'étude  du  lecteur,  comme  elle  abrège 
le  travail  du  typographe.  On  oe  se  sert  de  chiffres 
romains  pour  auméroter  Les  pages  que  lorsqu'il  y  .•• 
deui  séries  différentes  de  pagination  dans  un  volume.  » 

Les  signatures  alphabétiques  ou  les  signatures  en 
chiffres  c  >rrespondan!  au  nombre  de  pages  que  donne 

ii  4 


26 


CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 


tel  ou  tel  nombre  de  feuilles  suivant  le  format,   nous 

allons  donner  un  tableau  de  leur  correspondance  dans 

les  formats  les  plus  usités. 

Quand  un  ouvrage  contient  plusieurs  tomes,  le  tome 

est  répété  à  toutes  les  signatures. 

(    Tome    I 

Tome    I 


I  A'IMPLES 


Tome  II. 
Tome  II. 


et  ainsi  de  suite  jusqu'à  la  fin  de  chaque  volume. 

Ordre  des  signatures  et  des  premiers  chiffres  de  pagi- 
nation de  chaque  feuille,  pour  les  formats  primitifs  et 
pour  un  volume  d'environ  200  pages. 

Signatures  :  In-folio,  par  feuille. 


Signatures. 

Pages. 

Signatures 

Pages. 

A     ou 

1 

commence 

1 

A  a 

ou 

20 

commence   101 

B     — 

g 

— 

5 

11  h 

— 

27 

— 

105 

C     — 

3 

— 

0 

C  c 

— 

28 

— 

100 

D     — 

i 

— 

r. 

D  d 

— 

29 

— 

113 

E      — 

3 

— 

17 

E  e 

— 

30 

— 

117 

F      - 

0 

— 

21 

F  f 

— 

71 

— 

121 

C,     — 

7 

— 

2:. 

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— 

32 

— 

125 

II     — 

S 

— 

20 

II  h 

— 

73 

— 

120 

I       — 

0 

— 

"> 

I    i 

— 

34 

— 

133 

J       — 

10 

— 

37 

J  j 

— 

35 

— 

137 

K     — 

11 

— 

il 

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— 

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— 

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L     — 

12 

— 

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L  1 

— 

37 

— 

145 

M     — 

13 

— 

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M  m 

— 

38 

— 

1 19 

N     — 

14 

— 

53 

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— 

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1 53 

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157 

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10 

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101 

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17 

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12 

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R     — 

18 

— 

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S      — 

10 

— 

77 

S  s 

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ii 

— 

173 

T     — 

20 

— 

77 

T  t 

— 

45 

— 

177 

U     — 

21 

■   — 

SI 

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— 

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— 

181 

V     — 

22 

— 

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V  v 

— 

17 

— 

185 

X     — 

23 

— 

so 

Xx 

— 

'.s 

— 

180 

Y 

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— 

93 

V  v 

— 

19 

— 

103 

Z      — 

25 

— 

1»7 

Z  /. 

— 

30 

— 

107 

A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  DEUXIÈME.      27 


Signatures  :  In-quarto,  par  feuille. 


Signatures. 

Pages. 

Signatures. 

Pages. 

A     ou 

1 

commence 

1 

N 

ou 

14 

commence    105 

B      — 

9 

— 

9 

0 

— 

15 

—            115 

C      — 

5 

— 

17 

P 

— 

16 

—            121 

D      - 

4 

— 

25 

O 

— 

17 

—            129 

E      — 

5 

— 

55 

R 

— 

18 

—            157 

F      — 

8 

— 

41 

S 

— 

19 

—            145 

G     — 

7 

— 

49 

T 

— 

20 

—            155 

H     — 

8 

— 

57 

U 

— 

21 

—           .161 

I       — 

9 

— 

65 

V 

— 

22 

—            169 

J       — 

10 

— 

75 

X 

— 

25 

—            177 

K     — 

11 

— 

81 

Y 

— 

24 

—             185 

L     — 

13 

— 

89 

Z 

— 

25 

—            195 

M     — 

13 

— 

97 

signatures  :  In-octavo,  par  demi-feuille. 


Signatures. 

Pages. 

Sigr 

latures. 

Pages. 

A     ou 

1 

commence 

1 

N 

ou 

14 

commence    105 

B      — 

g 

— 

9 

0 

— 

15 

—            113 

C     - 

5 

— 

17 

P 

— 

16 

—            121 

D     — 

4 

— 

25 

Q 

— 

17 

—            129 

E     — 

5 

— 

53 

R 

— 

18 

—             137 

F      — 

6 

— 

41 

S 

— 

19 

—            145 

G      — 

7 

— 

49 

T 

— 

20 

—            155 

H     — 

B 

— 

37 

U 

— 

21 

—             161 

I       — 

— 

65 

V 

— 

22 

—             169 

J       — 

H) 

— 

75 

X 

— 

23 

—             177 

K      — 

11 

— 

81 

Y 

— 

24 

—             185 

L      — 

12 

— 

89 

Z 

— 

25 

—             193 

M     — 

13 

— 

97 

Signatures  :  In-octavo,  par  feuille. 


Signatures. 

Pages. 

\      on 

l 

commence 

l 

II 

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8 

commence    113 

B      — 

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17 

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—            129 

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— 

11 

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— 

12 

—              171 

F     - 

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xi 

M 

— 

13 

193 

G 

7 

— 

97 

28 


CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 


Signatures  :  In-douze,  par  demi- feuille. 


Signatures. 

Pages. 

Sig 

îatures. 

Pages. 

A     ou 

1 

commence 

1 

J 

ou 

10 

commence    109 

B      — 

2 

— 

13 

K 

— 

11 

—            121 

C      — 

5 

— 

25 

L 

— 

12 

—            133 

D      — 

4 

— 

37 

M 

— 

13 

—            145 

E      — 

5 

— 

49 

N 

— 

14 

—            157 

F      — 

6 

— 

61 

0 

— 

15 

—            169 

G     — 

7 

— 

75 

P 

— 

16 

—            181 

Il      — 

8 

— 

s;, 

Q 

— 

17 

—             193 

I       — 

9 

— 

97 

Signatures  :  In-douze,  pa/r  feuille. 


Signal  ures. 

Pages. 

Sig 

natures. 

Pages. 

A     ou 

1 

commence 

1 

F 

ou 

(> 

commence     121 

B      - 

2 

— 

25 

G 

— 

7 

—            145 

C      — 

3 

— 

49 

II 

— 

8 

—            169 

D     - 

I 

— 

73 

I 

— 

9 

—             193 

E      — 

5 

— 

97 

Signatures  :  In- dix-huit,  par  feuille  (trois  cartons). 


Signatu 

res. 

litres. 

Signatures. 

Pages. 

A      ou 

1 

commence 

1 

J 

ou 

10 

commence     109 

B     — 

2 

— 

13 

K 

— 

11 

—            121 

C      — 

3 

— 

23 

L 

— 

12 

—             133 

D      — 

1 

— 

37 

M 

— 

15 

—            145 

E      - 

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— 

19 

N 

— 

14 

—             157 

F      — 

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— 

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0 

— 

13 

—            169 

G       — 

7 

— 

75 

V 

— 

16 

—             181 

H      — 

8 

— 

85 

Q 

— 

17 

—             193 

I       - 

!» 

— 

97 

Les  formats  composés  cl  multiples  sont  : 

I /in-seize,  formé  de  deux  in-octavo. 
Lin-vingt-quatre,  formé  de  deux  in-douze. 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  DEUXIÈME.       29 

L'in-trente-deux,  formé  de  quatre  in-octavo. 

L'in-trente-six,  formé  de  trois  in-douze. 

Par  l'usage  de  ces  tableaux  on  voit  que  : 

Dans  lin-folio,  un  volume  composé  de  84  pages  a 

21  feuilles; 

Dans   Tin-40,    par   feuille,   un  volume   composé   de 
136  pages  a  17  feuilles; 
Dans  l'in-8°,   un  volume  composé  de   176   pages  a 

22  demi-feuilles  ou  11  feuilles. 

Lorsqu'il  s'agit  d'un  format  simple,  comme  l'in-8°,  ce 
moyen  de  contrôle  est  assez  facile  ;  mais  quand  on 
arrive  aux  formats  composés,  où  l'on  coupe  la  feuille 
de  papier  pour  la  plier,  il  est  plus  difficile  de  se 
renseigner  exactement,  parce  que  les  imprimeurs  ne 
suivent  pas  une  méthode  uniforme  dans  le  numérotage 
des  signatures.  La  plupart  numérotent  à  la  suite  les 
cartons  des  feuilles,  et  ne  mettent  de  points  qu'aux 
cartons  qui  s'encartent  dans  d'autres. 

Ce  qui  précède  sera  de  quelque  utilité  pour  le  colla- 
tionnement  des  livres  anciens,  collationnement  dont 
nous  parlerons  dans  le  prochain  chapitre. 


Le  moyen  dont  les  imprimeurs  se  servirent  d'abord 

pour  régler  et  faciliter  l'assemblage  et  la  reliure  des 

Livrée  était  une  petite  table,  registre  (Registrum  char- 

m    rappelanl  le  premier  mot  des  feuillets  qui  com- 

poaeni  la  première  moitié  de  chaque  rainer,   ou  les 

de  chaque  cahier.    Dans  les  éditions    du 

siècle,    on   appelait   quelquefois   registre    la  table 


30  CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

alphabétique  du  premier  mot  des  chapitres,  ou  plutôt 
cette  table  tenait  lieu  de  registre  ou  de  série  de  signa- 
tures. C'est  vers  1469  que  Ton  a  commencé  à  se  servir 
du  registre;  il  paraît  que  les  plus  anciens  ouvrages  où 
on  en  trouve  l'emploi  sont  les  Philippiqiies  de  Cicéron, 
et  le  Tite-Live,  imprimés  par  Ulric  Hahn  en  1469  ou 
1 170  au  plus  tard.  Cet  usage  s'est  conservé,  principale- 
ment en  Italie,  jusqu'à  la  fin  du  siècle  suivant. 

Le  registre  se  trouve  quelquefois  au  commencement 
du  volume,  mais  plus  souvent  à  la  fin*;  on  assemblait 
les  feuilles  imprimées  tantôt  par  cinq,  tantôt  par  quatre, 

*  Cf.  Index  hbrorum  ab  inventa  typographia  ad  annum  4500; 
Chronologies  dispositus  ciiin  notis  historiam  typographico- 
litterariam  illustrantibus.  Hune  disposuit  F.  X.  Laire,  Scquano- 
Dolanus,  variarum  per  Europam  Academiarum  socius.  Senonis, 
Tarbé,  1791,  2  vol.  in-8  et  Paris,  Mangé,  17'.)7,  in-8,  à  la  table 
<l<>-  matières,  tome  II,  page  123,  au  mot  Registrum  :  Codicum 
seu  quinternionum,  l<mi<>  I.  page  37. Quandôque  index  appellatur 
registruin,  tome  I,  page  40.  Non  semper  ejus  séries  servabatur 
in  dispositions  codicum,  tome  I,  pages  46,  150,  225.  IIujus 
nominis  significatio  jam  nota,  arte  nascente  apud  Germanos,  210. 
Romœ  et  Venetiis  in  indice  capitum  habebatur  primum  verbum 
cujusvis  capitis,  v.  g.  in  Augustino  de  civitate  dei,  anni  1470,  sic 
index  gerebat  vices  registri,  tome  I,  217.  Singulare  habetur 
in  sancti  Thomas  gnodlibetis,  anni  1471,  253  et  272.  Singulare 
habuit  tesoro  di  Brunetto  Latini,  tome  I,  529.  Habetur  in  Lactanlio, 
Ftom.ï.  1474,  541;  Bononise,  1475,  557;  Burgdorff',  1475,  558; 
Patavii,  1575.  571;  Neapoli,  1475,  575;  Joann.  de  Coloniâ,  1476, 
cum  hoc  titulo  :  tabula  cariai  wtn  sccnniliimordincinponendarum.^ 
582.  Vcron.r  Manier  utcbalur  registro  signaturarum  et  quinter- 
nionum, 80,  16,  et  Florentise,  82,  23;  Valencix  in Hispaniâ,  84,  11. 
Registrum  duernionum,  D.  37.  Adhuc  anno  1481,  Rorme  aliquot 
Typographi  non  Bignat.  utebantur,  Bed  registro  codicum,  81,  24; 
quinternionum,  81,  24,  el  quaternionum,  81,  26.  Kggestein  usus 
est  registro:  prœ  manibus  est  unum  unius  operis  adhuc  ignoti 
ei  ejus  tamen  prœlis  produentis. 

On  doit  consulter  aussi  l'ouvrage  de  Marolles  ayant  pour 
Litre:  Recherches  sur  V origine  et  le  premier  usage  des  registres, 
det  signature*,  <!<•*  réclamée  >■/  des  cbi/J'res  de  pages  dans  les  'pre- 
miers livres  imprimes    Paris,  1785,  in-8. 


REGISTRO. 
ffABCDEFGHIkLMNOPQ.R 

S  T  V  X. 

Tard  fono  duernij eccetto  A,  H} e  X,  chefou  fogli 

feaîplici. 

i       33  —  Rej  »tre  indfqnanl  les  signatures  des  fouilles  doubles 
et  celles  dei  feuilles  simples. 


R  E  G  I  S  T  R  V  M. 

AaBCDEFGHlKLMNOP  Q^R  S  T  V 
X  Y  Z     Aa  Bb  Ce  Dd  Ee  Ff  Gg  Hh  li  Kk  il 

Mm  NnOoPpQ^qRr  Sf. 


Fig.  31.  —  Exemple  d'un  registre  de  signatures,  pour  un  volume 
publié  par  Aide  Manuce. 


A  ON  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  DEUXIEME.       33 

quelquefois  par  cinq  et  par  quatre  dans  la  même  édition, 
et  le  nombre  en  était  désigné  à  la  fin  *. 

Par  la  suite,  l'ordre  des  pages  et  celui  des  feuillets 
fut  établi  par  la  Réclame  (Litterse  reclamantes  ou 
custodes)  qui  se  trouvait  placée  à  droite  sous  la  dernière 
ligne  d'une  page  verso**.  Cette  réclame  est  la  môme 
que  celle  commençant  la  page  suivante;  elle  n'était 
imprimée  qu'à  la  fin  de  chaque  cahier,  quand  la  feuille 
était  partagée  en  plusieurs  cahiers;  mais  toujours  au 
bas  de  la  dernière  page  de  la  feuille.  La  réclame  faci- 
litait le  travail  du  relieur,  et  servait  à  rectifier  les  erreurs 
qui  auraient  pu  se   trouver  dans  les  signatures. 

Cet  usage,  qui  est  devenu  inutile  depuis  qu'on  a 
adopté  celui  des  folios,  n'en  a  pas  moins  persisté  fort 
longtemps  dans  la  typographie.  On  en  a  fait  même 
un  grand  abus;  nous  en  donnons  un  exemple,  par  la 
reproduction  d'une  page  (fig.  o5)  provenant  de  l'ou- 
vrage du  baron  de  Heineken,  intitulé  «  Idée  générale 
d'une  collection  complette  (sic)  d'estampes,  etc.  », 
publié  à  Leipsig   et  à  Vienne   en  1771***,    qui   porte 

La  plupart  des  registres  n'ont  pas  été  conservés  par  les 
relieurs.  Noua  pouvons  citer  connue  exemple  la  Biblia  latina, 
<>t>t'j*a  et  imjtensn  Nie.  /enson,  M7(>,  in-fol.  gothique.  On 
umalt  de  cette  belle  édition,  imprimée  avec  des  signatures, 
que  quatre  exemplaires  sur  vélin;  et  tous  les  quatre  sont 
dépourvue  du  registre  des  cahiers  qui  est  imprimé  sur  une 
seule  page,  à  la  Buite  d'une  table  des  noms  hébreux. 

**  On  sous  entend  folio  :  1<- i  •■<  ■■  est  la  page  qui  est  à  la  gauche 
du   lecteur]  c'est-à-dire  le  second  coté  d'un  folio  et  le  recto  la 
qui  esl   à   droite,  c'est-à-dire  celle  sur  laquelle  un  folio 
commence  :  c'esl  littéralement  feuillet  droit  el  feuillet  tourné. 

*  Idée  générale  Sune  collection  complette  cP  estampes.  Avec  une 
h  ur  r 'origine  de  la  Gravure  et  sur  les  premiers  Livres 

•il'"  ige  .  \  Leipsig  el  \  ienne,  chez  Jean  Paul  Kraus.  1771,  in-s. 
Heineken,  dans  son  /'/'■'-  d^une  collection  dfeslampest  s'étend  sur 


34  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

des  réclames  au  bas  de  toutes  les  pages.  La  réclame 
a  été  en  usage  en  Italie  dès  1468,  ainsi  qu'on  le  voit 
dans  le  Tarde  de  Jean  de  Spire,  à  Venise;  mais  cette 
opinion,  adoptée  par  tous  les  bibliographes,  est  vive- 
ment combattue  par  l'abbé  Rive  dans  sa  Chasse  aux 
bibliographes.  Il  prétend  que  les  réclames  ne  se  trouvent 
pour  la  première  fois  qu'en  1472,  dans  le  Confexsionale 
de  saint  Anlonin,  exécuté  à  Bologne,  in-4,  sans  indi- 
cation d'imprimeur,  et  où  les  réclames  ne  sont  qu'à 
la  fin  des  cahiers  :  au  lieu  qu'elles  sont  au  bas  de 
chaque  feuillet  verso  dans  le  Tacite,  ce  qui  donne- 
rait à  entendre  qu'il  est  postérieur  au  Confessionale. 
On  voit  par  là  que  Rive  attaque  la  date  de  I  i68  et 
I  i69  donnée  au  Tari/,-.  «  Comment  peut-il  être,  dit-il, 
«pie  celte  édition  de  Tacite,  qui  a  des  réclames,  soit  de 
cette  année,  puisqu'on  n'en  voit  aucune  dans  les 
autres  livres  sortis  de  la  presse  de  cet  artiste,  depuis 
1469  jusques  en  1470,  et  que  son  frère  Vindelin,  qui 
acheva  son  édition  de  la  Cité  de  Dieu  en  cette  année, 
n'y  en  glissa  aucun  vestige...?  Comment,  ajoute-t-il,  ce 
Tacite  pourrait-il  être  de  1408  ou  1469,  puisque  Jean  de 

les  premiers  livres;  il  parle  d'abord  des  Cartes  à  jouer,  du  Donat 
gravé  en  bois,  «lu  Catholicon,  de  la  Bible  et  du  Psautier  de 
Mayence,  «lu  Livre  des  fables  ou  Lihcr  similitudinis,  qu'il  re- 
garde comme  imprimé  en  lettres  de  fonte,  et  dos  Légendes. 
Ensuite  passanl  aux  ouvrages  gravés  entièrement  on  bois,  il 
commence  par  ceux  sans  texte,  h  cite  la  Bible  des  pauvres, 
['Histoire  <l>'  saint  •/'■""  el  de  ['Apocalypse,  les  Images  des  canti- 
ques, VHistoire  de  In  Vierge,  tirée  des  évangélistes  ei  de-  saints 
pères,  démontrée  par  images.  Quant  aux  livres  d'images  avec 
texte,  il  donne  la  description  des  suivants  :  le  Livre  de  l'An- 
thechrist,  [Art  d'apprendre  par  cœur  les  quatre  Évangélistes,  Y  Art 
de  mourir,  des  Sujeêe  tiers  de  XÈcriture  Sainte,  le  Spéculum 
humante  Salvationis  el  La  Chiromancie  du  Docteur  Hartlicb.  11 
en  donne  des  notices  et  des  reproductions  très  curieuses  et 
1res  intéressantes. 


&  des  premiers  livres,  289 

quées  de  Ton  chiffre.  Cependant  il  n'  efl 
nullement  décidé,  fi  Albert  a  grave  lui  mê- 
me ces  eftampes;  au  moins  eu1- il  certain, 
que  toutes  ne  font  pas  de  (à  main,  quoiqu'il 
les  ait  deffinées,  ou  fur  le  bois  même,  ou, 
qu1  il  en  ait  fourni  le  deffin  aux  ouvriers, 
qif  il  nourriffoit  chez  lui,  &  qu'il  étoit  obli- 
gé d'  occuper.  C1  eft  une  tradition  généra- 
le à  Nuremberg .  auffi  peut -"on  s'  apperce- 
voir,  en  examinant  ces  pièces  avec  attention, 
qu'  elles  ne  font  pas  P  ouvrage  d'  un  feul  ar- 
tifte,&  ^77/îznàdejà  fait  la  mémeobfèrvation. 
»  Il  faut  ajouter  encore  un  mot  de  la  ma- 
nière qu'on  nomme  Clair -obfcur,  qui  eft 
analogue  à  la  gravure  en  bois  &  qui  a  été 
exercée  Jurement  long  tems  en  Alemagne 
avant  Hugo  da  Carpi.  Un  des  nos  anciens 
artiftes,  qui  s'  eft  marqué 


&  qui  eft  appelle  par  nos  curieux  ^fuhan  Ut- 
rit  Q),  fçût  fi  bien  graver  &  imprimer  lès 

eilam- 

(j  )  Les  Franco:'.  I' 'appellent,  fuivant  I'  AbbC  <le  Marottes, 
le   MaitN  aux   bouillon;,    CTvitét,       Le  Profeiîeur   Chriji 

1  i         pic  de  l'abui  <lrs  réclamea. 

Au  1  rouve  la  reproduction  du   premier  mot 

ou  m   première  lyllabe]  «!<•  la  \<:\<a*-  vt\ 


H£ïmn-DoiTSvm 


jj  l^ewectuc, 
I  aîapweu. 


Vin 


3rf 


Wi 


Ç)eiuc6  a  fufatgc  De  ïRcme  fane  tëiene  reqtit. 
Jjmpttmece  a  pane  fc  pS  iout  5octo(5;e£Ç)iC  epl; 
2'  tte  cène  quarte  Sint5  &ip0mf< 


—  Exemple  de  signature  (xv"  siècle;  tiré  <Ui  volume 
Demre»  a  hmifjr  de  /iome,  imprimées  à  Paris  en  146t. 


A   UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIÈME.       37 

Spire  nous  assure  lui-même  que  les  Épîtres  familières 
de  Cicéron,  qu'il  a  imprimées  en  1469,  sont  le  premier 
ouvrage  qu'il  a  mis  au  jour*,  et  que  Yindelin  son  frère, 
en  nous  indiquant,  après  sa  mort,  arrivée  en  1469  ou 
1470,  le  nombre  des  imprimés  qu'il  avait  laissés  jus- 
qu'alors, ne  mentionne  aucunement  ce  Tacite**\  Ainsi 
il  est  admissible  que  Tacite  ne  pouvant  être  que  de 
la  fin  de  1472,  ou  tout  au  plus  de  1475,  Jean  de  Spire 
ne  peut,  comme  le  dit  de  Marolles***,  avoir  inventé  les 
réclames.  En  France,  on  ne  s'en  est  servi  qu'au  com- 
mencement du  xvie  siècle  ;  par  la  suite,  non  seulement 
on  les  a  beaucoup  multipliées,  mais  on  en  a  abusé,  ainsi 
que  nous  l'avons  démontré;  aujourd'hui,  elles  sont  à 
peu  près  hors  d'usage. 

Les  signatures  (lettres  de  l'alphabet,  chiffres  ou  signes 
particuliers),  se  mettent  au  bas  de  la  première  page  de 
chaque  cahier,  au  dessous  de  la  dernière  ligne,  et  servent 
à  distinguer  les  différentes  feuilles  dont  se  compose 
un    volume.    On    en    rencontre   déjà    dans   les    livres 

*  Voyez  la  souscription  de  ces Êpîtreê  in-folio  sous  le  numéro 
de  la  bibliographie  instructive  ou  Traité  de  la  connaissance 
deê  livres  rares  et  singuliers,  disposé  par  ordre  de  matières,  par 
G.-F.  De  Bure  le  jeune.  7  vol.  in-K.  Paris.  1763-1768.  —  Supplé- 
ment ou  Catalogue  des  Livres  du  cabinet  de  feu  M.  L.-J.  Gaignat, 
G.-F.  De  Bure.  2  vol.  in-s.  Ibid.  1769  ou  Xe  et  (.t  vol. 
de  la  Bibliographie  instructive).  —  Table  destinée  à  faciliter  la 
recherche  dea  livres  anonymes  cités  dans  les  9  volumes  de  la 
Bibliographie  inttructive  de  G.-F.  De  Brin:,  par  J.-F.  Née-de  la 
r."i  belle.  In-s.    ihid.    1782   (ou  10e  vol.  de  ladite  Bibliographie 

**  Voyez  le  ii   326  de  la  Bibliographie  insti  .  où  se  trouve 

tuscription  de  son  édition  de  la  Cité  de  Dieu,  qui  contient 
l.i  liste  des  imprimés  de  ^<>n  fi 

"-.s   d<-   la   première  édition  «1<>  ses         herehe»   sur 
et   le  premier  *         I  <rcs.   îles 

.  e te .  Paris ,  1 783 , 


38  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

d'images  avant  l'invention  de  l'imprimerie*.  Le  mode  et 
l'usage  <l<i  ces  signatures  varie;  elles  étaient  indiquées 
soit  en  chiffres  romains  ou  arabes,  soit  en  lettres,  soit 
encore    avec   des  astérisques  ou  des    virgules**.    Ces 

*  Quelques  éditions  anciennes,  reliées  et  fortement  rognées, 
ont,  la  plupart,  perdu  leurs  signatures;on  peut  citer  entre  autres, 
la  première  et  rare  édition  du  ••  Hieroclis  philosophi  stoici  et 
sanctissimi  in  aureos  Versus  Pythagorae  Opusculum  prœstan- 
tissimum  et  religioni  christianae  consentaneum  »  latine;  Palavii, 
Bartholomaeus  de  Val.  de  Zoccho,  1 47 i,  in-i.  Cette  édition  ne 
conserve  ses  signatures,  placées  tout  au  bas  des  feuillets  que 
lorsque  les  exemplaires  ne  sont  pas  rognés. 

A  défaut  de  signature  ou  de  pagination  imprimée  et  afin 
d'éviter  des  transpositions  de  feuilles,  les  possesseurs  d'un 
livre,  ou  les  relieurs  mêmes,  en  numérotaient  d'abord  les  pages 
à  l'une  des  extrémités  de  la  marge,  soit  au  haut,  soit  au  bas 
des  feuilles,  quelquefois  même  tout  à  fait  dans  un  coin,  avec 
l'intention  que  ces  chiffres  fussent  enlevés.  On  rencontre  des 
exemplaires  dont  les  signatures  étaient  poussées  après  l'impres- 
sion sur  le  bord  de  la  marge,  et  non  près  du  texte,  pour  servir 
seulement  à  eollationner  le  volume.  Dès  que  ces  livres  passaient 
à  la  reliure,  ces  numéros  ou  signatures  étaient  nécessairement 
attaqués  et  plus  ou  moins  enlevés  par  le  couteau  du  relieur. 
Cependant,  lorsqu'il  y  a  plusieurs  feuillets  à  témoin  dans  un 
volume,  c'est-à-dire  que  l'on  a  rogné  si  peu,  que  plusieurs  feuilles 
n'ont  pas  été  atteintes  et  ont  conservé  leurs  barbures,  on  peut 
en  préjuger  que   ce  volume  a    peu  perdu  de  ses  marges. 

Il  n'y  a  pas  que  les  signatures  qui  soient,  trop  souvent,  atta- 
quées par  le  couteau  du  relieur.  In  livre  rare,  V Eunuque, 
(comédie  en  vers,  par  Jean  <l<>  La  Fontaine),  Paris,  Aug.  Courbé, 
1654.  Pet.  in-i°  de  4  ff.  prélimin.  non  chiffrés,  149  pages  chiffrées 
et  ")  pages  non  chiffrées  pour  le  privilège,  premier  ouvrage  de 
la  jeunesse  de  La  fontaine,  qui  le  lit  paraître  quelque  temps 
après  son  mariage  et  dont  il  est  extrêmement  difficile  de  trouver 
de  beaux  exemplaires  avec  marges,  a  son  titre  presque  toujours 
en  mauvais  état,  la  dernière  lettre  du  mot  Eunuque  dépassant 
debeaucoup  la  justification  et  étanl  la  plupart  du  temps  rognée. 

**  La  belle  édition  de  Orlando  furioso.  di  Lud.  Ariosto,  conle 
annotationi  di  <iir.  Ruscelli,  Venetia,  Yincenti  Valgrisi,  ir>(>l2, 
in-4*  à  2  colonnes,  dont  un  exemplaire  a  été  imprimé  sur  papier 
bleu,  se  compose  de  (iS7  pages  chiffrées  (le  verso  du  dernier 
feuillet  qui  contient  la  devise  de  Valgrisi  n'est  pas  chiffré),  plus 
lkJ  feuillets  préliminaires,  sans  numération,  partagés  en  trois 
cahiers  de  i  feuillets  chacun  avec  les  signatures  *,  **,  ***. 


A  UX  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIEME.      39 

signes  servent,  non  seulement  à  marquer  l'ordre  dans 
lequel  on  doit  assembler  les  cahiers  mais,  ainsi  que 
nous  l'avons  indiqué  précédemment,  à  déterminer  les 
formats.  Si  donc,  par  exemple,  on  veut  s'assurer  qu'un 
volume  est  in-8°,  on  n'a  qu'à  examiner  le  bas  de  la 
17'  page,  on  y  trouvera  B  (si  l'in-octavo  est  imprimé 
par  demi-feuille,  le  B  ou  le  chiffre  2  sera  quelquefois 
au  bas  de  la  9e  page)  ;  à  la  55e,  G  ;  à  la  49e,  D  ;  etc. 
Si  le  volume  est  in-lv2,  on  trouve  B  au  bas  de  la  page 
25,  G  à  la  page  49;  D  à  la  page  75,  etc.,  parce  que 
la  feuille  étant  pliée  en  douze,  ce  qui  forme  24  pages, 
la  pagination  de  la  seconde  feuille  commencera  par 
le  nombre  25,  et  le  bas  de  la  première  page  de  cette 
feuille  sera  marqué  de  la  lettre  B  ou  du  chiffre  2.  Si  un 
volume  a  plus  de  cahiers  ou  de  feuilles  que  le  nombre 
des  lettres  de  l'alphabet,  on  multiplie  l'alphabet  par  des 
minuscules  ajoutées  à  la  majuscule,  autant  de  fois 
qu'il  est  nécessaire,  c'est-à-dire  qu'après  la  25e  feuille 
on  recommence  l'alphabet  ou  signature  A  a;  à  la  47e, 
on  reprend  le  troisième  alphabet  ou  signature  A  Aa,  et 
ainsi  de  suite*.  Quelquefois,  les  quatre  premiers  feuillets 
sont  signatures  ai,  aii,  aiii,  aiiij,  ou  bien  marqués 
d'un  chiffre  arabe.  Nous  donnons  (fig.  57),  la  repro- 
duetioD  de  L'une  de  ces  signatures  tirée  d'une  édition 

*  L;i  rare  édition  des  Œuvra  de  F.  Vxiloni  reveues  et  remises 
■<■  r.  par  Clément  Marot:  valet  de  chambre  «lu  Roy.  On 
les  vent  ■>  il  la  rue  Sainct-Jacques,  à  leneeigne  de  l'Homme 

...inimn/e.  ehe»  Nieolcu  Qilles,  s.  d.  1540),  pet.  in-12,  est  chiffrée 
«lu  troisième  alphabet  A  Ut,  parce  qu'elle  a  été  imprimée  par 
Jehan  Bignon,  a  la  suite  de  son  édition  <lc  Marot  (1540).  Cette 
édition,  qui  fut  probablement  détachée  du  Marot  pour  être 
vendue  au  libraire  Nicolas  Gilles,  bc  rencontre  presque  tou- 
joui  -  sépai  i 


40  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

de  la  vie  de  Sainte  Catherine  de  Sienne,  la  plus  ancienne 
connue,  imprimée  par  Guy  Marchand  dont  elle  porte 
la  deuxième  adresse,  pour  Jehan  Petit,  le  3  avril  1505. 
Elle  est  ornée  de  25  curieuses  figures  gravées  sur  bois, 
la  plupart  à  deux  compartiments.  En  voici  le  titre  : 
La  Vie  de  madame  Saincte  Katherine  de  Siene.  A  la 
fin  :  Cy  finit  la  vie  madame  saïcte  Katherine  de  siene 
de  lordre  de  saïct  Dominique.  Laquelle  a  este  Imprimée 
en  beauregard  derrière  le  colliege  de  Bôcourt.  Lan 
mil  cinq  cens  et  trois.  Le  troisième  iour  de  auril  pour 
Jehan  Petit,  libraire  deniourât  a  la  Rue  Sainct  Jacques 
a  lenseigne  du  lyon  dargent  auprès  des  maturins.  In-4° 
goth.  de  82  fi",  chifl'.,  fig.  sur  bois. 

(  )n  présume,  ({n'en  imprimerie,  les  signatures  ont  paru 
pour  la  première  fois  dans  le  Johannis  Nyder  prœcepto- 
rium  divinse  legis,  Colonne,  per  J.  Koelhof,  de  Lubeck, 
1 172,  in-fol.  à  deux  colonnes.  Laire,  dans  son  Index 
librorum  ab  inventa,  etc.,  page  280  du  tome  I,  n°  52, 
cite  cet  ouvrage  ayant  pour  titre  :  Johannis  Nyder  pre- 
ceptorium  divinelegis,  in-folio,  avec  cette  souscription  : 
impressum  Colonir  per  magistrum  J.  Koelhof  de  Lubick 
anno  Dni  M.CCCC.LXXII.  Dans  la  notice  raisonnée 
de  cet  ouvrage,  il  dit  :  Folia signantur  ab  a.  ac/mmiiij, 
Iterato  alphabetico  progressu*.  Après  avoir  passé  en 
revue  la  plupart  des  éditions  de  dates  apocryphes, 
après    avoir    relevé     les     erreurs     de     Mcerman,    de 

*  Voyez  à  <«'  Bujel  la  lettre  écrite  d'Aix,  le  17  novembre  1788, 
par  Rive  à  Laire;  Index  libror.  tome  I,  page  281  ;  et  la  Chronique 
littéraire  des  ouvrages  de  Rive,  page  108;  voyez  aussi  le  Catalogue 
de  la  Serna,  Bruxelles,  1803,  tome  I,  n°  074.  On  peut  aussi 
consulter  L'intéressant  Mémoire  sur  V origine  et  h'  premier  usage 
des  signatures  et  des  chiffres  da>is  Fart  typographique,  du  même 
auteur. 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIÈME.       41 

Maittaire,  du  docteur  Middleton  dans  sa  dissertation: 
On  Ihe  origin  of  printing  in  England,  et  même  celle 
de  Marolles  sur  l'origine  des  signatures;  Laire  pense 
que  cette  origine  date  de  1472,  et  que  le  premier  ouvrage 

£5mt  par  feermd^s8c|aim^  hatfaim  ftfufcwé 
tmmcft&furmt  foi?  fur  m  ûme&8ce  tmîm* 

£(fa>fitt€.4&l 


Fig.  ."7.  —  Exemple  de  signature  (commencement  (J  t»U 

dii  xvi'  siècle;. 

portant  des  signatures  est  le  Jolia.  Nyder,  cité  plus 
haut.  Quant  aux  chiffres,  Marolles  croit  que  le  premier 
ouvrage  qui  en  ail  eu,  est  le  de  claris  mulieribus  de 
.1.  Bocace,  imprimé  à  Ulm  en  I  '»  7 r> ,  par  Jean  Zeiner  de 
Reutliugen.  Chevillieren  attribuait  le  premier  usage  à 
LFlric  Gering  el  à  Bes  associés,  en  1477  :  Meerman  ;i 
suivi  L'opinion  de  Chevillier;  mais  de  la  Sema  .-•  prouvé 
Il  e 


42  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

dans  son  Mémoire  que  ces  auteurs  sont  dans  l'erreur, 
et  que  dès  I  Ï7I  Arnoldus  Ter  Hoernen,  l'un  des  pre- 
miers et  des  plus  célèbres  imprimeurs  de  Cologne,  les 
employa  pour  la  première  fois  dans  un  ouvrage  peu 
connu  intitulé  :  Liber  de  remediis  utriusque  fortunée. 
Colonie,  Arnoldus  Ter  Hoernen,  1471,  in-4,  que  l'on 
croit  composé  par  un  nommé  Hadrianus  Carthusianus, 
qui  vivait  en  1 410  dans  la  Chartreuse,  près  de  Gertrui- 
denberg.  Il  ne  faut  pas  confondre  ce  livre  avec  celui  de 
Pétrarque,  portant  le  môme  titre,  ni  avec  un  petit 
fragment  connu  sous  le  titre  de  Remediis  fortuitorum, 
attribué  à  Sénèquc.  Quant  aux  réclames,  ajoute-t-il,  je 
ne  crois  pas  que  le  premier  usage  en  soit  dû  à  Jean  de 
Spire,  premier  imprimeur  de  Venise,  mais  bien  à 
Vindelin,  son  frère*.  De  nos  jours,  la  signature  par  lettre 
est  abandonnée  et  on  ne   se  sert  plus  que  de  chiffres. 

Il  existe  autant  d'impositions  qu'il  y  a  de  formats; 
le  nombre  indicatif  du  format  doit  toujours  être  double 
pour  faire  une  feuille  et,  quelles  que  soient  les  dimen- 
sions que  présente   une   feuille   de    papier    lorsqu'elle 

*  «  Je  m'étonne,  dit  Magré  de  Marottes  dans  ses  Recher- 
ches sur  l'origine  et  le  premier  usage  des  registres ,  des  signa- 
tures} des  réclames,  que  les  anciens  imprimeurs,  surtout  dans 
le  temps  que  Les  réclames  et  les  signatures  n'étaient  point 
encore  usitées,  no  se  soient  pas  servis  de  chiffres  qui  pou- 
vaient y  suppléer,  quoique  imparfaitement,  pour  l'assemblage 
et  la  reliure  des  livres  :  j'en  suis  d'autant  plus  surpris, 
que  très  souvent  on  trouve  dans  les  anciennes  éditions  des 
tables  qui  renvoient  aux  feuillets  indiqués  par  leurs  numé- 
ros, les  supposant  chiffrés  à  la  main:  et  cela  ne  se  rencontre 
pas  seulement  dans  les  plus  anciennes,  puisqu'il  y  a  une  pareille 
table  à  la  lin  des  Vies  des  Saints  de  Mombritius,  imprimées 
à  Milan,   sans    date,    mais    qu'on   sait  l'avoir  été   vers  1479. 


Typographus.  Stt^udjbmcfcr. 

AI{te  mea  reliquat  ilîuflro  Typographus  artest 
Imprtmo  dum  varias  are  muante  liaros. 
Qu*pnus  au8afitu:qua!  puluere  plena  iaceban'f, 
l'idimus  obfcura  noBt:  lepuîtapremi. 


H<tc  'veterum  renoua  negletïa  -volumtna  Fatrum 

lAtfyfcolu  curopubluafaBalegi. 
xArtem  prima  nouam  repenjje  Moguntiaferlur, 

Vrbsgrauv-ej-  muitu  ingcmofa  mod%i^ 
Ç>ua  nihit'vnlius'videtiaurprectoJîus.  afhUy 

VAX'melutf  quicquam  [cela futur  a  dabxnt. 
C    3 

i  i    •  •  pie  de  signature  (xvr siècle)  tiré  do  volume 

Dt  Artibtu  //('■'/•  i  ,  ■  '•     de  Jott  Amman.) 


CO  M  E  Dl  E.  15 

ALCESTE. 

Nous  verrons  bien 

ORONTE. 

L'ESboir  ..  le  ne  fçay  fi  le  ftile 
Pourra  vous  en  paroiitre  atfez  net,  &  facile, 
Et  ft,  du  chois  des  Mots,  vous  vous  contenterez. 

ALC  ESTE. 
Nous  allons  voir,  Moniieur. 

OR  ONT  E. 

Au  refte,  vous  fçaurez. 
Que  ie  n'ay  demeuré  qu'vn  quart-d'heure  à  le  faire. 

ALC  ESTE. 
Voyons,  Monfieur,  le  Temps  ne  fait  rien  à  l'affaire 

ORONTE. 

'Efpoiry  il  eji  i/ray,  nom  foulage, 
lEt  noiu  berce  vn  temps, nvjlre  ennWj: 
Maii,  Philis,  le  tnfte  auanta^e , 
Lors  que  rien  ne  marche  après  luyl 

PH  I  LfNT  E. 

le  fuis  déjà  charmé  de  ce  petit  morceau. 

ALCESTE. 
Quoy!  vousauezle  front  de  trouuercela  beau? 
ORONTE. 
Voim  euftei  de  la  Comptai fance, 
Ma»  -vous  en  deuie\  moins  anvir-, 
Et  ne  voui  pas  mettre  en  dèpenfe, 
Four  ne  me  donner  que  /'Elpoir. 

PHI  LI  NTE. 

Ah !  qu'en  termes galans, ces  chofes-li  font  mifes.' 

ALCESTEè^. 
Morbleu,  vil  Complaiiant,  vous  louez  des  Sottifes.» 

B  ij 

Fig.  39.  —  Exemple  de  signature  (xvir  siècle)  lire  du  volume 
Le  Mitontrope,  comédie  par  I.B.P.  De  Molière. 
A  Paris,  chez  Iean  Ribov,  M  DC.LXV1I. 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  DEUXIÈME.      45 

est  pliée,  chaque  format  prend  son  nom  du  nombre 
de  feuillets,  c'est-à-dire,  on  nomme  une  feuille  in-folio 
parce  qu'elle  offre  deux  feuillets  ou  quatre  côtés;  la 
feuille  in-4,  quatre  feuillets  ou  huit  côtés;  la  feuille  in-8, 
huit  feuillets  ou  seize  côtés,  etc.;  nous  répéterons  qu'une 
feuille  donne  le  double  de  pages  du  format  cité. 

«  Les  formats  doivent,  le  plus  souvent,  leur  nom 
aux  marques  de  fabrique  qu'ils  portaient  en  filigrane. 
Les  anciens  papetiers  s'en  servirent  aussi  pour  distin- 
guer les  formats  différents*. 

'«   Certaines  de  ces  désignations  ont  subsisté  : 

«  Par  exemple,  la  couronne  portait  une  couronne 
imprimée  dans  la  pâte  du  papier;  l'écu,  l'écu  de  France 
surmonté  d'une  couronne  avec  des  fleurs  de  lis;  le  jésus 
avait  comme  marque  les  initiales  du  Christ  :  IHS  ;  le 
soleil,  un  astre  rayonnant;  le  grand-monde,  une  mappe- 
monde; l'aigle,  un  grand  aigle;  le  raisin,  une  grappe 
de  raisin;  etc. 

«  Le  format  carré,  dont  le  nom  s'explique  de  lui- 
môme,  était  autrefois  le  plus  usité  pour  l'impression, 
m  sans  doute  le  périmètre  restreint  de  la  platine  des 
ancienne  presses. 

«  L'interdiction  de  vendre  les  papiers  et  les  parchemins 
n'ayant  pas  les  dimensions  prescrites  date  de  1548. 

«  L'in-plano  comprend  2  pages  ou  1  feuillet,  il  est 
destiné  à  ne  pas  être  plié. 

«  L'in-folio,  qui  est  La  feuille  pliée  sur  elle-même, 
comprend  \  pages  ou  -  feuillets. 

«  L 'in-4  esl  la  feuille  pliée  «h-u x  fois  Mir  elle-même, 

1      i  mile  I.i  <  u  i:<  .  Vouveau  Manuel  complet  de  Typographie. 
i  de  Pai  i-  Bu  i -i      Pai i-   Ifulo,  1807,  In  18. 


46  CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

elle  comprend  8  pages  ou  4  feuillets;  réunion  de  2  in- 
folio. 

«  L'in-0  comprend  12  pages  ou  6  feuillets,  réunion  de 
5  in-folio. 

«  L'in-8  est  la  feuille  pliée  trois  fois  sur  elle-même, 
16  pages  ou  8  feuillets,  réunion  de  4  in-folio. 

«  L'in-12,  24  pages  ou  12  feuillets,  réunion  de  6  in- 
folio. 

«  L"in-16,  feuille  pliée  quatre  fois  sur  elle-même, 
32  pages  ou  1(>  feuillets,  réunion  de  8  in-folio. 

«  L'in-18,  50  pages  ou  18  feuillets,  réunion  de  9  in- 
folio. 

«  Pour  les  formats  comportant  un  plus  grand  nombre 
de  pages,  on  en  trouvera  la  liste  aux  impositions 
multiples. 

«  L'in-plano  n'est  guère  employé  que  pour  les  affi- 
ches, les  placards,  les  textes  destinés  à  accompagner 
les  planches,  les  tables  chronologiques,  les  tableaux 
synoptiques,  les  imprimés  administratifs  et  autres 
ouvrages  du  même  genre,  certains  travaux  de  ville. 

«  L'in-folio  est  réservé  pour  les  impressions  de 
luxe,  pour  les  ouvrages  de  recherches,  que  l'on 
consulte  parfois  mais  dont  on  ne  se  sert  pas  habi- 
tuellement. 

«  L'in-i,  très  usité  autrefois,  s'emploie  pour  les  diction- 
naires, mémoires,  rapports,  ouvrages  scientifiques  et 
ceux  contenant  des  tableaux  ou  des  opérations  exigeant 
une  grande  justification. 

«  L'in-8  joint  l'élégance  à  la  beauté,  l'usage  en  est 
fort  commode  et  il  figure  agréablement  dans  une  biblio- 
thèque.  C'est  le  format  préféré  des  lecteurs  en  général 


A  UX  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIÈME.      47 

et  des  bibliophiles  en  particulier.  Il  convient  à  toutes 
sortes  d'ouvrages;  il  tient  le  milieu  pour  les  dimensions 
et  pour  les  caractères  entre  tous  les  autres  formats  : 
c'est  le  type  le  plus  répandu. 

«  L'in-12  est  généralement  adopté  pour  les  classiques, 
les  romans  et  autres  ouvrages  usuels,  qui  en  rendent 
l'emploi  assez  commun.  Quoique  format  dit  bâtard,  il 
est  assez  agréable  d'aspect  ;  il  tient  le  milieu  entre 
l'in-8  et  l'in-16. 

«  L'in-16  s'emploie  pour  les  livres  d'instruction  et  de 
récréation. 

«  L'in-18,  d'usage  fréquent,  est  surtout  le  format  des 
romans. 

«  La  double  couronne  en  in- 10  remplace  le  jésus  en 
in- 18,  la  grandeur  du  volume  est  la  même  et  l'impres- 
sion des  quarts,  demis  et  trois  quarts  se  fait  sans  perte 
de  papier. 

«  Le  format  des  premiers  livres  imprimés  est  l'in-folio. 

«  Le  premier  in-i  connu  est  le  Vocabularium  ex  quo... 
imprimé  en  I  167,  par  Henry  et  Nicolas  Bechtermuntze, 
«l  réimprimé  In-folio  deux  ans  plus  tard  dans  la  môme 
ville  par  le  second  de  ces  typographes;  car  c'est  à  tort 
qu'on  a  regardé  comme  in-i  le  Cicero  de  Officiis  édité 
en  1465,  à  Mayence,  par  Fust. 

«  L'in-8  daterait  de  1470....  Néanmoins,  l'invention 
de  ce  formai  esl  généralement  attribuée  à  Aide  Manuce, 
qui  -  en  Ben  il  pour  la  première  lois,  en  1500,  pour  une 
édition  des  (l  '•<■  Virgile.  Cette  innovation  était 

dea  plu-  intéressantes,  aussi  lui  elle  accueillie  nvoc 
empressement  par  l<-  public;  car  elle  permettail  <l<-  faire 
dea  livres  qui,  toul  en  renfermanl  autanl  <l«-  matières 


48  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

qu'un  in-folio  ou  un  în-4,  coûtaient  bien  moins  cher  et, 
précieux  avantage,  pouvaient  être  emportés  avec  soi, 
tandis  cpie  les  formats  en  usage  n'étaient  guère  mania- 
bles et  demandaient  l'appui  d'un  pupitre.  Le  sénat  de 
Venise  récompensa  Aide  Manuce  en  lui  octroyant  le 
privilège  d'employer  ce  format  pendant  dix  années 
(13  novembre  1502),  privilège  qui  n'empêcha  pas  d'ail- 
leurs des  imitateurs  de  s'en  emparer. 

«  L'in-12  paraît  avoir  été  créé  dès  1470  pour  les  livres 
de  piété.  11  était  très  en  vogue  en  France  à  cette  époque. 

«  L'in-16  et  l'in-24  furent  mis  à  la  mode  par  les 
Elzevier  au  xvne  siècle. 

«  Le  plus  ancien  in-32  est  YOfficium  D.  Mariœ  Vir- 
ginis  exécuté  à  Venise,  en  I  173,  par  Nicolas  Jenson. 

«  Si  l'on  en  croit  Baillet,  au  xvie  siècle,  les  livres  de 
petit  formai  étaient  plutôt  regardés  avec  mépris  par  les 
savants.  » 

Comme  conclusion  à  tout  ce  qui  précède,  nous  allons 
citer  et  reproduire  quelques-unes  des  impositions  les 
plus  usitées  *. 

IN-FOLIO 

Le  n°  1  représente  le  côté  de  première  d'une  feuille; 
le  n°  2,  celui  de  seconde. 

L'indication  des  biseaux**  est  marquée  par  les  points 

*  Cf.  L'Indicateur  des  formats  donnant  exactement  et  sans  cal- 
cul les  formai  el  genre  de  coupe  ou  de  pliage  auxquels  se  rappor- 
tent tous  livres  «>u  modèles  imprimés,  quelles  que  soient  leurs 
dimensions.  Complété  de  renseignements  utiles  pour  l'emploi 
judicieux  du  papier,  par  Lucien  Laynaud.  Montélimar,  lyp. 
Laynaud,  1893.  In-8. 

**  Réglette  de  l><»is  de  longueur  indéterminée  qui  s'élargit 
graduellement  d'une  extrémité  à  l'autre  et  qu'on  emploie  pour 
serrer  les  formes. 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE   DEUXIÈME.      49 


IMPOSITION   DE   LIN-FOLIO. 


1  If  ; 

i I      I ; 


3  X  ; 

; 

'       " I "' 


N'  1.  N*  2. 

IMPOSITION   DE    L'iN-QUARTO. 


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1 
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r~  1   I   ~  ■ 
i 


N*  3. 


N*  4. 


N»  5. 


IMPOSITION   DE    L  IN-OCTAVO. 


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3 

« 

V  6. 


N-  7. 


-  [mpotlUoni  dirertet.  (Voir  p  et  51.) 

7 


50 


CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

IMPOSITION    DE    L'iN-OCTAVO. 


S 

6 

J 

11 

16 

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"♦ 

N'  8.  V  9. 

IMPOSITION    DE   L'iN-DOUZE. 


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N°  10. 


N*  11. 


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12 

11 

2 

g 


£ 

9 

6 

7 

N*  12.  N*  13. 

Fig.  i7  à  52.  —  Impositions  diverses.  (Voir  jKige  51.) 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  DEUXIEME.       51 

qui  sont  tracés  et  qui  désignent  la  position  du  châssis 
devant  le  metteur  en  page. 

Il  est  essentiel  de  faire  observer  que  dans  toutes  les 
impositions  ordinaires,  la  première  page  est  placée,  sur 
le  marbre,  à  gauche  de  l'ouvrier,  et  dans  presque  toutes, 
la  dernière  à  côté  de  la  première. 

IN- QUARTO 

Le  n°  5  représente  le  côté  de  première  d'une  feuille. 
N°4,  le  côté  de  seconde.  N°  5,  une  forme  en  retiration* 
sur  elle-même. 

IN-OCTAVO 

N°  6,  une  forme  en  retiration  sur  elle-même.  N°  7, 
deux  cartons  in-8. 

IN-OCTAVO 

»  8,  le  côté  de  première  d'une  feuille.  N°  9,  celui 
de  seconde. 

IN-DOUZE 

N  10,  le  côté  de  première  d'une  feuille.  N°  11,  celui 
de  seconde.  N°  12,  une  forme  in-12  en  retiration  sur 
elle-même,  et  le  châssis  à  la  Lyonnaise.  N°  15,  une 
l'orme  in- 12  dont  le  carton  est  en  dehors. 

IN-DIX-IIUIT 

N  I  l,  le  côté  de  première  de  la  feuille,  imposée  en 
trois  cartons.  N°  15,  Le  côté  de  seconde. 

I    H'-  manière  d'imposer  par  trois  cartons  est  celle 

-  i  esl  l'impression  du  second  côté  <ie  la  feuille 

de  papier   Le  mol  retiration  peut  venir  du  verbe  retirer,  tirer 
de  nouveau,  ou  du  substantif  réitération,  corrompu  par  le  lan- 
■  hnique    il.  i  ournier. 


52  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

que  l'on  devrait  toujours  adopter.  Elle  est  plus  facile 
pour  le  compositeur,  le  relieur  et  le  lecteur. 

N°  16,  représente  une  forme  in-18  en  retiration  sui 
elle-même,  sans  transposer  de  pages. 

IN-TRENTE-DEUX 

N°  17.  Cette  imposition  représente  deux  feuilles  m-8. 

IN-SOIXANTE-QUATRE 

N°  18,  représente  une  forme  en  retiration  sur  elle- 
même,  contenant  4  cartons  in-8. 

Nous  donnons,  ci-après,  les  différents  noms  que 
prennent  les  papiers  suivant  leur  grandeur  : 


Pot  (papier  écolier).  .  31  x  40 
Telliere  pap.ministre).  33  x  44 

Couronne 57  x  47 

Écu 40  x  52 

Carré  (coquille).    .    •    .  45  x  56 

Cavalier 46  x  <>*2 

Double-couronne.    .   .  47  x  74 

Raisin 50  x  65 

Petit-jcsus 5k2  x  OS 


Jésus 55  X  70 

Grand-Jésus 56  x  7G 

Soleil,  ou  pittoresque.  00  x  80 

Colombier 65  x  90 

Journal 05  x  04 

Petit-aigle 70  x  04 

Grand-aigle 75x100 

Petit-monde 84x107 

Grand-monde 90x120 


De  nos  jours,  la  désignation  du  format  joue  un  rôle 
moindre  qu'aux  siècles  précédents.  Le  même  ouvrage 
est  souvent  tiré  on  deux  formats  différents,  le  papier  se 
trouve  coupé  mécaniquement  et  sans  appréciation  de 
format,  seule  la  signature,  utile  à  l'assemblage,  subsiste. 

Dans  la  majeure  partie  des  bibliothèques,  les  livres 
sont  aujourd'hui  rangés  suivant  leur  hauteur  et  non 
d'après  le  format  réel  ;  aussi  il  serait  à  désirer  qu'à 
l'avenir  les  libraires  annonçassent,  sur  leurs  cata- 
logues, la  hauteur  et  la  largeur  des  livres  en  centi- 
mètres, indépendamment  de  la  désignation  du  format 
qui  jouerait  ici  un  rôle  secondaire. 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIÈME.       53 


IMPOSITION  DE    L'iN-DIX-HUIT. 


V  14. 


N*  15. 


V  16. 


9 

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I  ',  |  ',">.  Imposition!  diverses.  (Voir  pages  51  cl  52. 


54 


CONNAISSANCES  NECESSAIRES 


IMPOSITION    DE  LTN-TRENTE-DEUX. 

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15 

5. 

L 

N'  17. 

IMPOSITION    DE   L'iN-SOIXANTE-QUATRE. 


N*  18. 
FJg.  56  et  57.  —  Impositions  diverses.  (Voir  page  52.) 


TABLEAUX   DES    DIMENSIONS 

DE 

QUATRE-VINGTS  FORMATS  DE  VOLUMES 

(Mesures  en  centimètres  et  en  millimètres) 

ET    DES 

PRINCIPAUX    FORMATS  ;DE   PAPIER 

PLIES    SELON" 
DIVERSES   IMPOSITIONS    COURANTES 


56 


CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 


PRINCIPAUX   FORMATS   DE   PAPIER   PLIES   SELON    DIVERSES   IMPOSITIONS 


FOKMATS 

PLIES    EN 

COURONNE 
37  x  47 

ECU 
40  x  52 

CARRÉ 
45  x  56 

CAVALIER 
40x62 

In-folio  .   .   . 

23.50x37.00 

26.00x40.00 

28.00x45.00 

51.00x46.00 

In-quarto. 

18.50x23.50 

20.00x20.00 

22.50x28.00 

23.00x51.00 

In-six.   .    .    . 

15.66x18.50 

17.53x20.00 

18.66x22.50 

20.66x23.00 

In-octavo  -   . 

11.75xlS.  50 

13.00x20.00 

14.00x22.50 

15.50X23.00 

In-douze.  .   . 

9.25X15.66 

10.00x17.33 

11.25X18.06 

11.50x20.06 

In-seize.   .   . 

9.25x11.75 

10.00x13.00 

11.25x14.00 

11.50x15.50 

In-dix-huit.  . 

7.85x12.33 

8.06x13." 

0.35x15.00 

10.33X13.55 

ln-ïingt-quatre .    . 

7.83X  9.25 

8.00x10.00 

9.33x11.25 

10.53x1150 

In-lrente-deui .    . 

Les    mes 
Exemple 

et  la  colon 

Les  papie 

cahiers  de  2 

5.87  X   0.23 

ures   indiquée 
On  veut   cor 
ne  verticale  m 
>rs  sont  dispo 
5  feuilles  chac 

6.50x10.00 

à    dans    chaqu 
maître  la  grar 
arquée  Raisin 
ses  ordinairen 
une. 

7.00x11.25 

e   colonne    de 
ideur  d'une  p 
jusqu'à  leur  i 
îcnt  par  rames 

7.75x11.50 

nnent  donc  la 
âge    provenanl 
riterscction.  La 
>.  La  rame  est 

A  ON  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIEME.       57 


COURANTES.    (MESURES    EN    CENTIMETRES    ET    EN    MILLIMETRES.) 


RAISIN 
50x65 


02.50x50.00 


25.00x32.50 


21.66x25.00 


16.25x25.00 


12.50x21.66 


JESUS 
55  x  70 


55.n0x55.00 


27.50x55.00 


23.33x27.50 


17.50x27.50 


13.75x23.33 


GRAND  JESUS 
5G  x  76 


PITTORESQUE 

ou 

SOLEIL 

60  x  80 


58.00x56.00 


28.00X58.00 


25.55x28.00 


19.00x28.00 


14.00x25.55 


>X16.25 


12.50 


8.125x12.50 


40.00x00.00 


50.00x40.00 


26. 00x50. 00 


COLOMBIER 
65x90 


45.00x65.00 


51.50x45.00 


50.00x51.50 


20.00x50.00    22.50x51.50 


15.00x26.66 


15.75x17.50     14.  00x19.00 


11.66x18. 33 


Il  .66x13.75 


8.75x13.75 


15.00x20.00 


12.6GX18/G6     15.55x20.00 


12.06x1  1.00 


'.1.511X1'..  "il 


15.75x50.00 


15.75X22.50 


15.00x21.00 


15.55X15.00     15.00x15.75 


II). IMIXl5.HO 


11.25x15.75 


dimension  exacte  d'une  page  au  formai  désiré, 
d'un   iri  H    Raisin  :  Suivre  la  colonne  horizontale  marquée  In-octavo 
met  00  qui   s'y   trouve  donne  la  dimension  cherchée. 

composée  de   500   feuilles,  lesquelles   son!   établies   par    mains   ou 


58  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

Par  l'examen  du  tableau  qui  précède  on  remarquera 
que  les  formats  offrent  do  très  grandes  différences  selon 
le  papier  employé,  et  que  les  mesures  sont  pour  un 
volume  de  même  format,  Tin-80  par  exemple  : 

En  couronne 11.75x18.50 

En  écu 13.00x20.00 

En  carré  (Format  du  présent  volume) .      li.OOx 22.50 

En  cavalier 15.50x23.00 

En  raisin 16.25x25.00 

En  jésus 17.50x27.50 

En  grand  jésus 19.00x28.00 

En  soleil 20.00x30.00 

En  colombier 22.50x31.50 

et  ainsi  de  suite  pour  tous  les  autres.  L'importance 
d'ajouter  le  nom  du  papier  employé  à  la  désignation 
du  format  est  indiscutable,  jusqu'à  ce  que  l'on  ait 
adopté  l'usage  d'indiquer  les  mesures  d'un  volume. 


FORMATS    MICROSCOPIQUES 

A  toute  époque  on  a  publié  des  ouvrages  en  très  petits 
formats,  ainsi  que  des  éditions  miniatures,  diamants  et 
microscopiques,  où  le  terme  s'applique  généralement 
au  caractère  employé.  Sans  en  discuter  ici  l'utilité,  nous 
pensons  qu'il  y  a  quelque  intérêt  pour  les  amateurs, 
de  passer  en  revue  ces  curiosités  et  ces  bijoux  biblio- 
graphiques, qui  font  plaisir  aux  amateurs  de  lart  lypo- 
graphique.  Le  format  des  livres  microscopiques,  en 
raison  du  procédé  d'impression,  est  quelquefois  difficile 
à  désigner.  (  les  livres  sont  généralement  tirés  en  in-04 
OU  en  in- 128,  mais  on  a  pris  l'habitude  de  les  définir 
d'après  leur  hauteur  el  leur  largeur.  On  dit  :  Ce  livre  à 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  DEUXIÈME.  59 
55mm  x  18,  pour  dire  qu'il  y  a  55  millimètres  en 
hauteur  sur  18  millimètres  en  largeur. 

La  très  curieuse  collection  de  M.  Georges  Salomon, 
dont  M.  Gaston  Tissandier  a  donné  un  compte  rendu  dans 
La  Nature,  est  ce  qu'il  y  a  déplus  original  en  ce  genre*. 

Nous  y  avons 
relevé  les  titres  des 
livres  suivants  : 

La  Constitution 
française,  Paris, 
imprimerie  de  la 
Société  littéraire 
typographique  de 
TEstrapade,   1792 


Fig.  58  à  61.  —  Le  plus  petit  livre  connu. 

Son  aspect  grandeur  d'exécution. 

Le  même  posé  sur  un  timbre  poste. 

Le  même  représenté  ouvert. 


(4imm  X  29). 

Étrennes    f rem- 
ises ou  la.  Charte 
constitutionnelle,  Paris,  E.  Jourdan,  1821  (54mm  x  50). 

Catechismus,  Allemagne,  1611  (42lum  x  25). 

Catechismus  Handlung,  Nurnberg,  1000  (31mm  x  3i). 

Le  Réveil  de  Vâme,  Annecy,  1784  (41,nm  x  29). 

London  Almanack,  printed  for  the  company  stalio- 
ners  (.>>'»  x  28). 

The  English  Bijou  Almanack,  London  ?  (i4mm  x  10). 

I  e  l    ni  des  livres  lilliputiens  existait  au  commenco- 
ment du  x\n   siècle,  comme  od  le  voit  parla  citation 

*  Notre  confrère  M.  E.  Flammarion,  un  des  éditeurs  auxquels 
la  librairie  française  esl  en  grande  partie  redevable  <l<'  8a  renom- 
mée el  de  son  extension,  a  publié  une  Bibliothèque  miniature^ 
reproductions  microscopiques  d'éditions  de  luxe,  et  dont  l'exé- 
cution esl  parfaite.  MM.  Pairault  el  Cie,  éditeurs,  ont  publié 
quelques  livres  minuscules,  imprimés  en  caractères  mobiles, 
mesurant  0,03!     0,021!   el  pesant  h  grammes. 


60  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

du  Catechismus.  Les  Aphorismes  d'Hippocrate  furent 
aussi  imprimés  dans  un  format  minuscule  (45m,D  X  50) 
à  Anvers,  chez  Plantin,  en  1617  ;:. 

Au  mois  de  février  18Ô2,  on  annonça  à  Londres,  en 
opposition  avec  les  éditions  minuscules  ou  en  carac- 
tères microscopiques,  l'apparition  d'un  livre  d'un 
format  et  de  caractères  gigantesques.  Plusieurs  jour- 
naux en  publièrent  la  réclame  suivante  : 

«  Livre  d'une  dimension  gigantesque.  Le  livre  de  la 
plus  grande  dimension  qui  ait  été  mis  sous  presse 
paraîtra  en  1832  à  Londres.  Il  aura  pour  titre  Panthéon 
des  Héros  anglais.  Chaque  page  aura  quatre  toises  de 
hauteur  et  deux  de  largeur,  et  les  lettres  auront  la 
dimension  d'un  demi-pied.  Il  a  fallu  confectionner  une 
mécanique  exprès  pour  la  fabrication  du  papier.  L'im- 
pression de  cette  œuvre  gigantesque  se  fait  au  moyen 
d'une  machine  à  vapeur;  et  au  lieu  d'encre  noire,  on 
emploie  un  vernis  d'or.  Il  n'en  sera  tiré  que  cent 
exemplaires  qui  ne  sont  destinés  qu'aux  principales 
bibliothèques  d'Angleterre.  » 

D'après  l'inventaire  de  la  bibliothèque  des  ducs  de 
Bourgogne,  on  voit  que  la  plupart  des  livres  étaient 
in-folio.  Les  bréviaires,  les  livres  d'heures  et  d'oraisons 
devaient  être  in-4°  ou  in-8°.   Quant  à   ceux   qui   sont 

*  Douze  volumes,  minuscules  gravés.  Calendrier  de  tous  les 
saints,  illustré  par  Michel  (ils  aîné,  gravé  par  Lcchard,  font 
partir  des  collections  de  M"1  Y*'  Vallerant.  Ces  volumes  qui 
mesurent  lK"mx  \'2mm.  ont  dû  être  imprimés  vers  le  milieu  de 
ce  siècle,  nous  les  croyons  d'une  grande   rareté.   Les  gravures 

les  C posant  sont  collées  dos  à  dos    et   montées    sur    onglet. 

Chaque  volume  contient  un  mois  de  l'année  et  est  relié  en 
chagrin,  avec  Heur  de  lys  à  chaque  angle  du  premier  plat.  Les 
douze  mois  sont  renfermés  dans  un  étui  divisé  en  douze  cases. 


\  _    1,1  .1  7  >.       M  iihwuIi-  français  reproduiti  en  vraie  grandeur, 
i       p|      p<   [|     livrei  <lu  monde  représentés  en  vraie  grandeur. 

Chemin  <!<•  le  croix  figuré  oui  ei  I 
1  d'argent  «lu  Chemin  de  la  croix  el  d'un  Paroissien. 


Y\'s.  76  à  B9.        Minuscules  allemands.  —  Minuscules  anglais. 

Almanach  allemand  <le   îs^T  avec  lithographies  <le  Senefelder 

Almanach  minuscule  allemand  «le  1818,  avec  son  étui. 


A  ON  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  DEUXIÈME.       63 

désignés  seulement  sous  le  titre  de  Un  petit  livre,  il  est 
probable  qu'ils  étaient  petit  in-8°  ou  in- 12. 

Au  xvie  siècle,  dans  le  principe,  on  regardait  avec 
mépris  les  livres  d'un  petit  format.  «  Scaliger,  dit 
Baillet,  raille  Drusius  pour  la  petitesse  de  ses  livres; 
et  J.  Morel,  l'un  des  plus  grands  imprimeurs  de  son 
temps,  se  plaignait  au  savant  Puteanus,  rival  de  Juste 
Lipse,  que  ses  livres  étaient  trop  petits  pour  la  vente, 
et  que  les  chalands  n'en  voulaient  pas.  » 

Au  collège  d'Edimbourg,  on  commença  à  imprimer 
les  Thèses  philosophiques  en  1596;  elles  avaient  d'abord 
le  format  in-8°;  en  1612,  elles  passèrent  à  l'in-4°;  en 
1641,  elles  devinrent  grand  in-folio.  Ce  dernier  format 
était  encore  adopté  pour  les  thèses  soutenues  dans  les 
Facultés  de  Paris  au  xvine  siècle.  On  connaît  les 
prouesses  du  chanoine  Fabri,  que  Boileau,  au  chant  v 
du  Lutrin,  nous  représente  terrassant  ses  adversaires 
au  moyen  d'un  vieil  Infortiat.  Nous  ne  savons  pas  si  le 
poète  avait  eu  l'intention  de  faire  allusion  à  l'exploit 
d'un  professeur  de  droit,  Christophe  de  Longueil,  qui 
avait  terrassé  ses  élèves  sous  le  poids  de  trois  énormes 
volumes  de  Vlnfortiat. 

Sous  Louis  XIV,  le  commerce  clandestin  des  livres 
se  faisait  sur  une  grande  échelle,  et  pour  mieux  en 
favoriser  l'introduction  en  France,  on  perfectionna  le 
genre  dea  petits  formats,  faciles  à  dérober  aux  regards 
des  argus  guettant  leur  passage  aux  frontières,  ou 
faciles  à  dissimuler  par  l<>  lecteur,  craignant  d'être 
Burpris  dana  sa  lecture,  nouveau  fruii  défendu.  La 
idence  dea  grands  formata  et  dea  formata  gigan- 
immença;  lea  volumes  grand  in-folio  furent 


64  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

détrônes.  Un  format  mixte  s'interposa  :  l'in-quarto  fut 
la  livrée  artistique  des  beaux  ouvrages  publiés  depuis 
en  France.  Au  xvmc  siècle,  le  format  in-4°  était  adopté 
pour  les  poésies  en  Hollande,  où  il  est  remplacé  aujour- 
d'hui par  l'in-8°.  Depuis  quelques  années,  on  a  essayé 
de  presque  tous  les  formats,  mais  c'est  l'in-8°,  auquel 
on  revient  de  préférence. 

A  la  Bibliothèque  de  Stuttgard,  se  trouve  un  manu- 
scrit d'une  grandeur  extraordinaire  et  d'une  proportion 
telle  que  le  vélin  sur  lequel  il  est  écrit  ne  peut  être 
que  de  peau  d'âne  :  il  est  composé  de  40  cahiers  de 
quatre  feuilles  chacun;  les  deux  feuillets  de  chaque 
feuille  étant  d'une  seule  pièce,  cela  fait  huit  feuillets, 
par  conséquent  16  pages,  et  en  tout  CiO  pages*. 

En  ce  qui  concerne  les  petits  formats  Cazin,  nous 
ne  pouvons  mieux  faire  que  de  signaler  les  intéressants 
travaux  de  M.  Corroënne,  le  bibliographe  des  petits 
formats  Cazin,  que  nous  avons  publiés**. 

IMPRESSIONS     MICROSCOPIQUES 

Les  livres  imprimés  avec  des  caractères  d'une  finesse 
extrême  sont  un  objet  de  curiosité  qui  séduit  quelques 

*  Nous  eu  donnerons  la  description  détaillée  au  Chapitre 
douzième  :  Des  Manuscrits  ci  de  lé  Peinture  des  livres. 

**  Cf.  Manuel  du  Casinophile.  Le  petit  format  à  figures,  eollec- 
tion  parisienne  in-18  (vraie  collection  de  Cazin).  Bibliographie 
historique,  en  cinq  périodes  triennales  distinctes,  indication  de 
gravures,  provenance  de  chaque  édition  des  ouvrages  suivant 
la  publication  de  cinq  séries  de  Catalogues  de  cette  précieuse 
collection.  Paris,  Edouard  Rouveyre,  1870,  in-r>_). 

Petits  formate)  dits  C<izin.  Bibliographie  générale.  Bulletin  du 
Cazinophile.  Années  1877,  1X78  et  1879.  Période  initiale  du 
petit  formai  à  vignettes  et  a  figures,  collection  Cazin,  par 
\.  CORROi  NNE.  Paris,  Edouard  Rouveyre,  1880,  in-5'2. 


A  UX  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIEME.       65 

amateurs  et,  parmi  les  volumes  que  leur  exiguïté  a 
rendu  fort  rares  ou  que  la  singularité  de  leur  exécution 
a  fait  rechercher,  il  convient  de  citer,  —  au  xvie  siècle  : 
M.  Tulii  Ciceronis  Officiorum.  libri.  ni  Lselius  seu  de 
Amicitia  liber,  i  Cato  maior  seu  de  Senectute.  liber,  i 
Paradoxa.  liber,  i  Somnium  Scipionis  ex.  vi  de  Re.  p. 
Venetiis.  in  a?dibus  Alexandri  Paganini,  1515,  —  au 
xvne  siècle,  à  Sedan,  il  a  été  créé  vers  1611  une  fonderie 
typographique  considérable;  en  1615,  Jean  Jannon  fit 
graver  un  petit  caractère  «  la  petite  sedanoise  ». 

'Le  premier  ouvrage  imprimé  avec  ce  caractère  est  un 

Virgile  in-52,  de  1625;  il  y  a  aussi  des  exemplaires  qui 

portent  la  date  de  1628;   c'est  la  môme  édition  avec 

un  titre  renouvelé,   comme  cela  se  pratiquait  à  cette 

époque.  Le  même  caractère  servit  à  l'ouvrage  suivant  : 

Quincti  (sic)  Horalii  Flacci  opéra  omnia.  Sedani,  ex 

typographia  et  typis  novissimis  Joannis  Jannoni.  1627, 

pet.  in-ij2,  ainsi  qu'à  la  Bible  en  français.  Sedan,  1653*. 

De    la    même     imprimerie    est    sorti    imprimé     en 

caractères   grecs  :    Novvm  Jesv  Christi  Domini  nostri 

amenlum,    ex    regiis   aliisque   optimis  editionibus 

cum   cuna  expressum.  In-64  (572  pages).  Sedani,  ex 

typographia  et  typis  novissimis  Joannis  Jannoni. 

Nous  devons  mentionner  aussi  le  Senecœ  opuscula 
selecta,  Lugd.  Batav.,  J.  Maire,  sans  date,  in-8;  le 
Rabelais,  sans  lieu,  1556,  in-12,  remarquable  par  la 
finesse  des  caractères;  la  Bible  de  Richelieu,  c'est  ainsi 
qu'on  appelle  un'-  petite  /////A-  exécutée  par  ordre  du  duc 
de  Richelieu,  format  in-12,  avec  des  caractères  très  lins 

•  (-f.  i>  piqua,  par  Loi  m  Mohr.  Pai is, 

Edouard  Rouvejn  e,  1870  In-t*. 


66  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

et  d'une  grande  netteté;  en  voici  le  titre  :  Biblia  sacra 
vulgatœ  Editionis  (minutissimis  characteribus  jussu 
ducis  de  Richelieu  édita).  Parisiis,  Martin,  1656,  in-12. 
Les  mêmes  caractères  ont  été  employés  aussi  pour  : 
Thomas  à  Kempis,  De  irnitalione  Christi,  libri  IV ^minu- 
tissimis characteribus  editi).  Parmi*,  Martin,  in-12; 
et  pour  :  Senita  paradisi  et  pugna  spiritualis  demum 
latine  redditus.  Ar.  D.  Jod.  Lorichio.  Parisiis,  Sebast. 
Martin,  1657,  in-12. 

Plusieurs  impressions  microscopiques  furent  exécu- 
tées à  Amsterdam  au  xvir  siècle.  Nous  citerons  :  Anicii 
Manlii  Torquati  Severini  Boelhii  de  consolalione  philo- 
;;opltin>.  libri  V.  Amstelodami,  Apud  Ioan.  Ianssonium. 
Anno  165Ô  (titre  gravé  à  la  Sphère)  in-6i,  207  pp.  et 
8  feuillets  (hauteur  de  la  page,  encadrée  60""";  lar- 
geur, 52mm);  le  Tite-Live  de  Daniel  Elzévier,  publié  à 
Amsterdam  en  1678,  offre  les  mômes  particularités. 

Au  xvinc  siècle  nous  mentionnerons  :  Phœdri  fabitlœ 
et  Publii  Syri  sentent  iœ.  Parisiis,  ex  typographia  Regia, 
IT'it),  in-24,  !2  feuillets,  86  pp.  avec  frontispice  gravé 
parPh.  Simonneau  (hauteur  de  la  composition  TA  lignes 
62nun,  reliure  originale  en  veau  rouge). 

De  la  môme  imprimerie  est  sorti  un  spécimen  de 
caractère  microscopique*,  sous  le  titre  :  Epreuve  du 
premier  alphabet,  droit  et  penché,  orné  de  cadres  et 
cartouches.  Gravé  par  ordre  du  roi  pour  l'imprimerie 

*  En  ITio.  Luce,  graveur  <lc  l'imprimerie  du  Louvre, 
grava  un  caractère  remarquablement  menu,  pouvant  porter 
."►  points  l/k2  romain  et  italique.  On  peut  juger  des  efforts  que 
Louis  Luce  ;i  faits  dans  l'art  de  la  gravure  en  voyant  son 
caractère  comme  la  perle,  le  plus  petit  caractère  qui  ait  jamais 
été  gravé  et  fondu,  et  dont  le  modèle  se  trouve  dans  l'ouvrage 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIÈME.       67 

royale,  par  Louis  Luce,  et  fini  en  1740,  8  feuillets, 
format  in-52  (grandeur  6  cent,  sur  10  cent.).  Il  contient 
une  introduction,  plusieurs  fables  de  la  Fontaine  et 
des  vignettes. 

Les  imprimeurs  de  Paris  et  d'Orléans  publièrent  : 
M.  Tulli  Ciceronis  Cato  major  ad  P.  Tomponium  atti- 
cum.  Lutetia,  typis  Josephi  Barbou,  1758.  In-G4,  portrait 
d'après  Rubens,  gravé  par  Huot.  —  Q.  Horatii  Flacci 
poemata,  scholiis  sive  annotât,  instar  commentarii 
illustr.  à  Joa.  Bond.  Aurelianis  typis  Couret  de  Ville- 
neuve, 17G7  (Jolie  édition  imprimée  avec  le  caractère 
microscopique  fondu  par  Fournier).  —  Phsedri  fabulœ, 
l'Annaei  Senecœ  ac  publii  Syri  sententiae.  Aureliœ, 
Couret  de  Villeneuve.  177."),  in-18. 

Au  commencement  du  xixe  siècle,  l'éditeur  Fournier 
commençait  la  publication  d'une  Bibliothèque  portative 
de  voyage,  format  in-48.  Composition  de  54  lignes 
par    page,    hauteur    C9mm    sur  45mm.    Nous    donnons 


ayanl  pour  titre  :  Essai  6! une  nouvelle  typographie  (c'est-à-dire, 
caractères    d'imprimerie),    ornre    de   vignettes,  de  fleurons,  etc., 

tés,  dessinés  et  exécutée  j»ir  Luce,  graveur  du  roi,  commencé 
en  1740  et  fini  en  1770.  Paris,  Barbou,  1771,  in-i.  M.  Didot, 
dans  son  Êpitre  fur  les  progrès  de  l'imprimerie^  a  critiqué  les 
productions  de  Luce  :  ■  Parmi  les  caractères  généralement 
mauvais  que  Luce  a  gravés,  dit-il,  et  don!   heureusement  on 

sert  point  ;i  l'Imprimerie  royale,  il  a  pris  plaisir  à  en  faire 
on  -i  petit  qu'il  échappe  ;'■  la  vue,  h  il  lui  a  donné  sou  nom.  A 
l.i  vérité  il  ;i  mieux  réussi  dans  un  grand  nombre  de  fleurons 
qui  cependant  oe  seront  jamais  adoptés  par  un  imprimeur  qui 
aura  véritablement  du  goût.  •■  Vers  L786,  F.-A.  Didot  l'atné 
forma  le  projet  d'une  collection  d'ouvrages  de  littérature  les 
plus  agréables,  imprimée  <-n  un  format  de  la  grandeur  d'une 
carte  h  puni-  avec  un  caractère  extrêmement  lin.  Cette  publi- 
cation, i»i<-ii  difficile  .i  exécuter  et  nuisible  pour  les  yeux  des 
lecteurs,  resta  à  l'état  de  projet. 


68  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

ci-après  le  titre  de  deux  de  ces  volumes  :  I.  Les 
amours  pastorales  de  Daphnis  et  Chîoé.  252  pages. 
Paris,  (1802). 

II.  Œuvres  du  Cardinal  de  Bernis.  184  pages.  (1802). 
Chez  J.-B.  Fournier,  père  et  fils. 

Dans  cette  catégorie,  trouve  place  une  publication  de 
la  même  grandeur  :  Lettres  à  Emile  sur  la  mythologie, 
par  C.-A.  Demoustier,  4  volumes  in-G4.  Paris,  chez 
Lemoine,  1826. 

L'éditeur  anglais,  Pickering,  a  commencé  en  1822  la 
publication  d'une  série  de  petites  éditions,  en  différentes 
langues,  avec  des  caractères  très  petits  et  pourtant  très 
lisibles,  dont  les  titres  suivent  :  Cicero  de  officiis,  de 
senectute  et  de  amicitia.  Londini,  1822,  in-64  av.  por- 
trait gravé.  — Publius  Virgilius,  Maro.  Londini,  1822, 
in-64  av.  portrait  gravé.  —  La  Gerusalemme  liberata  di 
Torquato  Tasso,  in-Oi,  405  pp.  portr.  d'après  Raphaël 
Morghen  et  titre  gravé.  Londra,  1822.  —  La  rime  del 
Petrarca,  in-64,  Londini,  1822.  —  Quintus  lloratius 
Flaccus,  in-64,  192  pp.  avec  front,  gravé,  2e  édit.  1824. 
Nouv.  édition,  1826.  —  Publius  Terenlius,Aîer,  in-64av. 
portrait.  1822.  Nouv.  édit.  1825.  —  La  divina  Comedia 
di  Dante,  2  vol.  in-64  avec  portrait,  titre  gravé,  1822. 

—  Cotullus,  Tibullus  et  Propertius,  in-64.  London,  1824. 

—  Novum  Testamentum  grœcum,  in-64,  front,  gravé, 
d'après  Léonard  de  Vinci,  4  feuil.  512  pp.  1828.  — 
Homère,  Iliade  et  Odyssée.  Texte  grec.  2  vol.  in-64, 1851 , 
Tom.  I,  2  feuillets,  551  pp.  av.  portr.  Tom.  II,  2  feuillets 
272  pp.  (Execudebat  Carolus  Whillingham,  London). 

Les  éditions  Pickering  sont  recherchées;  elles  portent 
la  marque  des  Aide  «  Ancre  avec  le  Dauphin  ».  Tous 


A  UN   BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIÈME.       69 

ces  volumes,  à  l'exception  de  Y  Iliade  et  Odyssée,  sortent 
de  la  typographie  C.  Corrall  de  Londres. 

Jules  Didot  aîné  avait  commencé  en  1825  la  publi- 
cation par  souscription  des  :  Œuvres  complètes  de 
Voltaire,  un  seul  vol.  in-8.  Édition  dédiée  aux  amateurs 
de  l'art  typographique  (70  livraisons  à  5  francs). 
Impression  in-8°,  des  deux  volumes  avec  caractères 
microscopiques;  titre  dessiné  par  Desenne  et  gravé 
par  Tompson  et  portrait. 

A  cette  publication  suivirent  plusieurs  du  même  genre, 
de  même  format  et  caractère  :  Molière,  œuvres  com- 
plètes, avec  des  notes  extraites  des  meilleurs  commen- 
tateurs, par  Simonin.  Paris,  1825,  gr.  in-8°  à  2  col.  av. 
portr.  —  Plutarque.  Hommes  illustres,  trad.  du  grec 
par  D.  Ricard.  Paris,  Brière,  1827.  In-8°  à  2  col.  — 
Collection  des  classiques  français  :  Première  partie. 
Poésie  :  cont.  Voltaire,  J.-B.  Rousseau,  La  Fontaine, 
Molière,  Boileau,  J.  Racine,  Corneille,  Malherbe, 
L.  Racine,  Gresset,  Regnard,  Destouches,  etc. ,  2 feuillets, 
l.Vi",  pages  à  2  col.  av.  frontisp.  Portraits  dessinés 
par  A.  Desenne,  gravés  par  Hopood.  —  Seconde  partie. 
Prose  :  cont.  Voltaire,  La  Rochefoucauld,  La  Bruyère, 
Fénelon,  Massillon,  Fléchier,  Bossuet,  Montesquieu, 
Pascal  et  Le  Sage.  2  feuillets,  p.  1549  à  2544,  avec 
frontispice.  Portrait  dessiné  par  J.  Bailly,  gravé  par 
A  Bailly.  Imprimé  par  Jules  Didot  aîné.  Paris,  Dufour 
et  Cie,  1828,  gr.  ïn-8°.  —  Voltaire,  œuvres  poétiques 
Édition  dédiée  aux  amateurs  <l<^  l'art  typographique, 
in  8    à  -  col.   Paris,  Lebigre,  1832. 

Pour  Les  deux  ouvrages  microscopiques  suivants,  1rs 
cara<  tères  on!  été  gravés  par  Henri  l)i<l<>i  :  Maximes  et 


70  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

Réflexions  morales  du  duc  de  La  Rochefoucauld,  in-64. 
Paris,  1827  (26  lignes  de  44  lettres  par  page).  —  Quinti 
Horatii  Flaccii,  Opéra  omnia  recensuit  Filon.  Parisiis, 
1828.  Imprimerie  de  Henri  Didot.  In-G4*. 

Ce  sont  des  chefs-d'œuvre  d'impression. 

Quelques  années  plus  tard,  la  fonderie  typographique 
de  Laurent  et  Deberny  gravait  les  caractères  de  deux 
volumes  microscopiques  : 

Fables  de  J.  de  La  Fontaine.  Édition  miniature  in-128 
de  25G  pages,  imprimée  par  Pion  frères,  à  Paris 
(Composition  par  page  50  lignes,  hauteur  52mm,  lar- 
geur 50"""). 

La  môme  fonderie  a  édité,  en  1855,  un  autre  volume 
dans  un  format  encore  plus  petit  :  Gresset,  Ver-Vert, 
suivi  de  la  Chartreuse,  V Abbaye  et  autres  pièces.  Édition 
Mignardise,  2  feuill.,  1G0  p.  et  table  (55  lignes,  hauteur 
58""",  largeur  22"im)  **.  Typ.  Ernest  Meyer,  rue  de 
l'Abbaye,  5,  à  Paris. 

Le  caractère  qui  a  servi  à  ces  deux  ouvrages  a  été 
gravé  par  Ramé  et  fondu  par  Laurent  et  Deberny,  sur 
quart  de  onze,  soit  2  points  5/4,  comme  le  précédent, 


*  Le  caractère  qui  a  servi  à  ces  deux  ouvrages  ainsi  qu'à 
celui  cité  page  7T»,  De  Imitatione  Christi,  18.">8,  a  été  gravé  par 
Henri  Didot  et  fondu  par  lui  sur  quart  </<•  onze  }><>int.<  (4  au  II. 
style  de  fondeur),  soit  2  points  3/4,  et  sur  la  hauteur  de  4X  points. 
Les  pages,  une  fois  composées,  étaient  placées  dans  une  boîte- 
châssis  de  cuivre,  dont  le  fond  portait  li  points  d'épaisseur:  en 
sorte  que  la  lettre  se  trouvait  exhaussée  à  la  hauteur  ordinaire 
des  caractères. 

L'Horace   est    composé   plein;  le  La  Rochefoucauld  est  inter- 
ligné de  1  point:  Y  Imitai  uni  <>st  interlignée  de  1/2  point. 

De  cette  édition  minuscule,  et  comme  caractère  et  comme 
format,  M.  Gustavc-Alf.  Rouveyre  possède  un  des  rares  exem- 
plaires imprimé  sur  papier  rose. 


l  pea  raneai,  **  K»*tter  le  trépas. 


Au   baat  d  um   certain   mur  attacher    lr   licou. 

La  murs. Ile,  rwiif  et  p^,  forte, 
S'Aranle  aux  premier-  coup».  l»oihe  a»ee  oa  troc* 
Votre   l*»e»prre   le  ramasxr.   es   |    -mporie. 
Laboe  b  le  1..M.  s  en  reiovrM  mcl  or. 
Saa»   compter  :    roodr   ou   *ou.   U  sooinv-   plut  ai   iir, 
Tandt*  uoe  l-   calant  a  k<u>b  pas  m-  relire. 
L  Lotaone  au  tres*>r  jm^,  ei  trouve  sou  arsent 

Manaat. 
Vaoi.  àat-O,  uu  «ostir  |a  perdrai  relie 
*e  ar.  aae  pendrai  pa»      E-  vr*iasmt  m  1er 

0«  de  corde  je  attesterai. 


rat   ;•  au  acu*  rat,  pour  lui.  L.n  les  fr 
4imi  b»ea  qoe  l  argent  le  luroo  trotira  i 


>a  tre-sor  qu  il  enserre, 

Poar  se»  parrain,  om  pour  U  terre. 
Bats  «ae  d»<e  da  troc  <|*e  la  fortune  nt  * 
Ce  sottt  Udf  Mi  irait»  ;  elle  »*et>  disertit  : 
Pin»  le  toar  est  fcirarrr,  et  p'u-  elle  est  i-jO tente 
Cette   deew   inroa>lanie 
Se  mu  alors  ea  I  e»f  ni 
lie  totr  aa  kunov  se  i-endre  j 

.M     JVjl     w    r—  Mlll 


\MI.  -  LE  SiNOE  ET  LE  CHAT 
Bertrand  ta«c  flatoa. 


•  ■  ea  p  eoatl  point  an*  ;eoi  du  »oisina-e  : 
d  <«tJ.*(  toat  :  Ratoa,  de  »■  côte, 
i  aiiemaf  aaa  soarts  qu'a»  frontale. 


Tool  eu  tout  est  diver»  ■  otei-rou*  de  I  espni 
t»u  aucun  être  ail  ete  compose  sur  le  voire. 
L'Einpedocle  de  e<re  M  bramer  se  fondit  : 
Il  'iri.ni  pat  plu»  fou  que  l'antre. 


XIII.  -  Jl  PITER  ET  LE  PASSAGER 

0*1  '  fombt-n  le  péril  enrichirait  lr5  rlleox. 

Si  nous  nous  soutenions  des  tœui  qu'il   duoi  f 

Mjis,  le  peni  passe.  1  on  ue  6e  sourient  guère 

On  compte  vruletneut  ce  qu'on  doit  a  la  terre 
Jupiter,  dit  l'impie,  est  uo  t>on  créancier; 

Il  ne  se  seil  jamais  J'huWsier. 

Et  'jo'esl-ee  donc  que  le  tonnerre* 
Comment  appclet-vou»  ces  atertissemenu* 

l'n  passager  pendant  l'ora*e 


Lasii 

m  ■  i 


enr  des  Titans, 
éléphant» 


rait  pa-,  rouit-  Jj^uUîf 
Il  hrâla  quelques  os  quand  il  fut  au  rivage  : 
Au  uct  de  Jupit.r  la  fumée  eu  monta. 
S.ro  Jupm.  d.l-,1.  pr.-nJs  mon  wu;  le  voila  - 
C'est  un  paifuin  de  b«ruf  que  t.i  grandeur  rrs^irv. 
L-i  fumée  rai  la  part:  j.-  n«  te  «luis  plus  rien*. 

Jupiter  fit  semblant  de  rire: 
Mais,  après  quoique»  jour»,  le  ilra  l  attrapa  bien. 


■sa  Un  i 


<  M 


lieu.  L'homme  au  i 


Il  trouva  d.»  voleurs;  et.  u'asaut  dans  sa  Iniur- 

Il  leur  promit  ceul  Uitcuts  d'or, 
Hien  compte»,  et  d'un  tel  hesor  : 
fil   Tarait  enlerrf   daaaaa   telle   houtgade.  ï 
1,'endroil   parut  IMPtCl   aux   solturs;  de   façon 
L'u  a  ■•«!.«  prometteur  I  un  dit  .    »on  camara.l-. 
Tu  le  tnoqu<-s  de  nous;  meurs,  et  va  ebet   Pluton 
Porter  tes  cent  laUiits  en  duo. 


ai  j*ar.  aa  rota  da  fea,  no*  aaaW  aialues  fnpca» 
Rexaraaieari  r*tir  4>s  «arroos. 
Le»  ewr.e,-*rr  était  a«*  rr-»-lso«oe  aCalre  : 
\~t  tal—t*   j   roraieot  doobU:  oroil   a   faire, 
Leor  l»f-a  prêta ie'rra>  al.  >t  pals  le  aial  d  autrui. 
KartraaW  du  a  llal'^o      frère,  d  faut  aojoord  bal 

0a*  ta  faw^s  aa  <  wop  d>  arullre  ; 
Tir*  lifre»  arurrom.  M  Utea  ta  i<nl  fait  aallre 
Propre  a  lire/  narroa*  da  fe«. 

Aaatatai  '*.i  -,•»  dit     halo*.  a*ec  u  palte. 

Ecarte  oa  je-o  Lj  aaaaaW,  -'  retire  lit  doirti 
Ki,  lr«  reporte  a  platarvrt  foi»  ; 

Tara  aa  arurroo.  mt»  d*»»,  et  mis  lrv«*  ea 
Il  r~«t**i»l  aVMraaHl  Les  rroaae. 

lae  w**»«»  .-m:  adiea  Ose*  cas  Kaloa 
al  paa  caalaaf,  ce  di'.-oa. 

AMat  aa  U  sa-rt  aaa  U  plupart  a>  cea  ariace* 

Oal.  ftaue*  lu  paertl  ei 

»-ot  .  wbtader  ea  aca  f 

**mt     t-      ,      .  .1        *    -,-e '^«e    I 


WUi   -  U  JULA1  ET  LE  KOaWGKOL- 

Aaer,  qo*  U  . 
roi    f9mmtm   I' 

-r    «or    lot    I 

I    :■  pttmê^mp*  lac  4eaua«>  I 
UaM  pia^M  au  rio< 
inrt  lr. 


IV.  -  LE  GLAM)  ET  LA  CiTROLTLLE. 
f>leo  fait  biéni  ce  qu'il  fait.  Sans  en  cherener  la  preuve 

°U  hàn>l'les'7.rr«ru.lleK  )'  la  tieure. 
lu  rttlat,eot«,  considérant 

■  fiuit  aal  cro*  •■!  va  nce  menue  : 
A  quoi  M-nceail,  dn-if.  Iaul.-ur  de  tout  ccU? 
Il   a   bir.,    Mal   pl^-   r-ttr   r.irouillc-la: 
Hi  pubien'  je  l'auru»  pen«toe 


A  l'un  de,  rben 


■lÉJ 


I  laffan 
Tel  Imit,  tel  art'n-,  pour  bien  faire 
C'est  d..  m  m -.ce.  Caro,  qae  ta  n'es  polnl  e. 
Au  routeil  <le  celui  que  proHhe  ton  cure  ; 
Ton!  en  eut  rie  mieux  I  rar  pourquoi,  par 
Le  gland.   ,,u\   n'e>l   pa»   gros   Comme   mon  petit 
I  l 'iroil  ? 
Im.'u  t'aal  mrprl*      plat  je  rontemple 
CM  fruits  alaai  plare*,  |.lus  II  m  mble  a  Garu 

U».e  I  on  a  f..lt  un  qulpruqoo. 
*^-tte   rrrleMun   embarrassant   nuire   h.  mrar   . 
Oa  ne  dort  pulnl,  dii-ll,  <|uan>1  i.n  a  faut  4'aaajrH 
Sous  an  (  hene  atiksiiot  il  fi  prendre  son  somme 
la  eland  locnbe      le  m  'lu  d'iimrur  m  nftlM 

M   Irouie   aaaaat    I-   clA"d   P'11   M   poHl    dl   mrnloa. 
fartai   a   .baii»er  de   lana-.it.-. 

n  -, 

Dira   nr   II   pal   voulu       mus  dont'   Il   eut   raison; 


fP>i  :   oh  ' 


lin  lo 


1)1- 


\     -   1   iTXLBat  U  PFJ'A\T,  ET  LE  »AlTHE 
li  I  V  JArtlilV 

ry-rta.n   e»(.nt   qui    srnia.l    aM  fftaafjBi 

1  ,->(  ■!  doaadaaaead  'ri|"*> 

.-   -«-  et   i.ar   I*  BTtl 

V«  ui.l    U>    prddMa    de    f  kler    la    lutul, 
Usrj  an  toitia  drroaait,  ce  dit  on. 


i  i  ioa  microscopique  (Caractères  mobiles). 

/    ■       oV   Lu  Fontaine. 

i      roduction  de  l'original  par  la  photogravure. 


»  m  Nmm 

M\    -  LE  OUI  ET  LE  REUBD. 

Ll  trtal  r(  lr  renard,  rnomi"  twaui  [>fiiu  *.->inli 
i  urblMtellao, 

n:itil   troui-ge, 
Iru», 

qwUfwl, 


CélilooJ  -1.-W 

Im-u»   franr»  pattaVMflM 

S  l(nJT»nlvan*nl  A  qut  mieux  i 


I.J.H, 


A. 

■M  LU  . 
1- 

rfïi 

rhal   -lll   . 

tapactel» 

1.. 



rlr.     f.,,1    It-Ulr  ; 

1 

■toi      1  *\ 

v. 

...   du    1 

M 

Mi 

.  I> 

«oiiliqns  gu  II  c 

o  oui  mille. 

>  i-  m 

r  l»  ilaaan 

i  l'ail. 

•  . 

"•'  ' 

i.i  Ma»!  ouai 

U    rhal  ,J 

1       toi/illr 

..l.rr.1, 

.1   rorirllr 

(  r, 

«râlas 

lll 

I".ur  mol, 

.olrl   If  ml.-n. 

I  uu»  dm.  coai  ionien,  mil  osai  foft  <>d  o«f^ut 

TMl   lr»  (imlii-r».  J«   Hr;fjul, 
Partout   il   Uni»  <1r„   ml,',, 

Ki  n  lut  i.-ii.tut  un  ■ 

l-i   fnm«f   »   ikh.oui,   bIm]   qM   le»  boOOOfe. 

Au   boiiir   o  tin   4-  ri   ..    0  -u»   .    .1  ni  aux   pi^dt  H1'» 

1.  flrjriKl.Triil  .Ju  ,.    n.|-r  bon-l 
1-e   trop  «J  ftSpedlMU   [.ni   gâta    unr  Rft«lra  : 
Oo  pvid  du  lempa  an  choix,  on  .ntle,  00  ve-il  tjul  lalr*. 

.N'en  -nom  qu'un;  tailla  qu'il  »uil  bvu, 


l.'.irtloo  exprima  il  bien 

U  caneton  ur  l'MoU, 

tu.  in  Irum*  <]u'll  tir  manquai  rt< 

A  Jup.tei    que   la  parole  : 

HAme  l'on  «lit  que  l'ouvrier 
Eol  a  polM  oehott  rnn»(îr, 

Îi'on  le  »11  frémir  lr  prm.lrr, 
l   rr.lonter  »oh  prupie  ouvrage. 

A  la  MMflM  du  tHiilpteur 
I*   poète.  HBlrcftitt   n'en  dut  (Dfr%?, 
I**»i  j>«n  .Uni  il  fut  riotnaUur 
daignant  Ij  bolM  t-l  U  colci». 

Il  rLiit  enfant  en  rrrl  ; 

Lot  eafboti  n'oul  I  lime  occupée 

(,'ue  Ju  «onlimii'l  \or»rl 

Uuon  M  ffcCM  point  leur  poOp'e 

!«•  cotât  ni)  Rboatmt  l'eaprlli 
l»e  eatu  Mureo  e»i  deaceodoo 

1    i  m  .  ni    j.  min  ne,   qtit   »r   \it 
Cfan  Uni  tli-  pru|.U*  répandue. 

Il*  MllîmiMllMl  »lol.'inm<>nl 

i .  -  Int.  - 1  -  il.-  ii'iu  -  ii m  i 

m   d-.-.lnt   amant 


,   pnipre-.   LWIÇCO 


\ll.-  LA  SOI  RIS  MÊTAMORPHOSSE  EX  FILLE. 


IL  KAAI,  U  ITMME,  ET  LE  YOLEl'ft. 

n   m  tri    fort  UDOinn, 

m   il.-  u  ftmmr, 

.  TOjnll    uiajlbeuretik. 


l'ne  aottri»  tomba  du  1er  d'ni 

S!-ni   Oi.    h 

Cbaque  p*\t    n   H   urn 

m-  CflUa   «ortr  dopr». 
Nul»  noua  a-.Hi.ju»  pou;  uiai 


rliat-tinant  r 


El   llrni^  r(   FfttlU. 
Dm     BlM  I.-....V    di 

a    ..t  (i  n.  ,..  i.- 


Mol  d'amllie,  ni  <lnUv 


!..  .    kl«   I.  .....    Jo*a    )Ur   n |.rT«rntr   I 

■    . 


HéMH  ll  ebn.ni  |H 


1    ■lul-ci   «Inl 

VoiU 

1  ne»  qu«  !«• 
Arttt 

la 

oral 
i  li 
|aai 

i  ... 

■nw 

,.r 
..,.1 

t  i.rircr  d'vnfanti 
plala  ■'■    .rn. 

n  anannl 

n..l  In.liulle  - 
|>our  Ijln-  un  (h 
1...   .1   M. .1,1   h. ni. 

•n  ,,i.l   !„■,..   la  J 

.   '    .1    .1,. .),... i.  r 

oa  ajoaala  plra 

.   | r  .....In,  > 

auiuocm,  m. 

Ll  lool,  *  rr 

0  ,i  pui   .... 

i  i-ovuai  II 

Kul  ■  l.-in|.» 

rua  Hrfl 

Il  i  

• lac, 

l.rr,  .1   ,, 

.    plalnll 

nrrati.e 
„J.o. 

Jr  lu 
II....  «■ 

II  .. 
OM    1  r,  . 

1  'dr  (In 

-  Mol      il    I  miour  n'a*aaUonne 
i   pUUtn   <i<li'   l'Iumni   DOW   'l.x , 


Noire"-  i  i, ..tic, 

II   00  fji--*il    *j   i-ljinlr   iiiic   niill.    I  u   \olenr 

lui.  r rooaoJl  I  i  iiilÉmm 

I   |   |.in\.r    [omiM  rnl   .1   Rrand'peiir 

Oa'ello  edorebo  ijdcIi|M  j^-ur^n».- 

I  DlN    1*1    I"  "   d«   ■ 
Ami  Tolrur,  .lit-|l,  »an*  loi  o>  l.ieu  »1  doux 
Ha   MTOll    "  ...rt,-env 

Tout  ce  qui  (i-ut  ehoi  nou»  ctrr-  a  la  fcltoiOOOrQ ; 
r..ii.is   |«  la  "l    Hri   ne  »oat   [•;»» 

I lOO*.  m  fort  di'lL.ii.  : 

(-•■lul-tl    1.1    >-    OI...II. 

J'Infère  <1e  *-<•  fonle 

(.Jfl.      I.    i.l.i»    f..,l.      |.  ,,M,,r. 

r.'e*l  l.i  peiti  :  •  II.    I  .  i    n Pi   l"  ironlott. 

Ll  l'unou  qOMqUcfob      qoolqtiofoil  il  la  dompte; 

J  ■  »   n  i pn  no  "i   . "ii-ni 

Oui  brul.i  vi  injiMii)  puur  cinhravM'i    %.i  dam.', 


If    ST\TI   VIKP,   l.t    IV   MA  Ut  Dl   Jl  Pn»  H. 

I  n  hlor  éê  marbre  êlall  .1  t»e»u 
(/n  un  ».l»lu.iiir  rn  fil  l'eini.l.  Ile. 
Ou  rn    fa  ..    '1.1   il.    n    ri-    ...  • 

canaOi  I 

II  »rr»  dieu      mrn., 

Tr.-.n|.U-i.   bVOJOlnl   fuir*   -lr»   ty-ux 
X.oIj  !•-  nullfc  de  U  terre. 


XM.  -  LE  TRESOR  ET  LES  DEl A  HOMMES. 
In   liomiti.-   ■'noaN   plu»   ni   rredil   ni   nOJMMLKO, 


Fig.  00  6ks.  —  Impression  microscopique  (Caractères  mobiles). 

Fables  de  J.  de  La  Fontaine. 

Reproduction  de  l'original  par  la  photogravure. 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  DEUXIÈME.       73 

mais  sur  la  hauteur  ordinaire  des  caractères  de 
62  points  i/2.  A  cette  époque,  le  corps  de  11  points 
était  une  espèce  d'unité  de  mesure  typographique, 
comme  l'est  aujourd'hui  le  corps  de  12  points. 

Le  La  Fontaine  est  composé  plein  (il  a  été  composé 
par  M.  J.  Lecerf,  alors  employé  dans  la  fonderie  Laurent 
et  Debemy  et,  par  la  suite,  maître  imprimeur  à  Rouen)  ; 
le  Gresset  est  interligné  de  1/4  de  point. 

Les  deux  caractères  qui  précèdent,  gravés  par  H.  Didot 
et  Ramé,  sont  la  propriété  de  MM.  Deberny  et  Cie. 
'  Le  bibliographe-libraire  Edwin  Tross  publiait,  il  y  a 
quelques  années,  une  édition  :  De  Imitatione  Christi, 
Libri  Quatuor.  Paris,  1858.  Impressum  typis  Guiraudet 
et  Jouaust,  à  Paris,  avec  frontispice  Salvator  mundi, 
gravé  sur  bois.  Titre  et  155  pages  (38  lignes  par  page, 
hauteur  -47mm,  largeur  50mm). 

Une  impression  microscopique  remarquable  a  été 
faite  par  l'Oxford-Presse,  en  1876  :  The  Holy  Bible, 
containing  the  old  and  new  Testaments  :  translatée! 
out  of  the  Original  Tongues  and  with  the  former 
translations  diligently  compared  and  revised.  By  His 
Majesly  spécial  command.  Appointed  to  be  read  in 
churches.  Oxford  Printed  at  the  university  Press  (N°  26 
diamant,  2ï""j).  Chaque  page  2  col.  de  70  lignes,  hau- 
teur H6'"rn,  largeur  55mm,  et  épaisseur  du  vol.  relié 
I"  '".  Le  volume  pèse  95  grammes. 

Parmi  Les  produits  typographiques  qui  figuraient  en 
1878  ;i  L'Exposition  universelle  de  Paris,  la  section 
italienne    comprenait    une     édition     de     La    Divina 

I   <li    Dante  qui   est,   SOUS   l<'   rapport   <lu    formai 

et  du  caractère  typographique,  un  des  |>Iu<  petits  livres 
h  H) 


74  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

du  monde;  il  n'est  guère  plus  grand  qu'une  breloque  de 
montre,  et  on  ne  peut  le  lire  qu'en  employant  la  loupe. 

Déjà,  à  une  exposition  antérieure,  quelques  journaux 
mentionnaient  qu'une  fonderie  ou  imprimerie  de  Madrid 
exposerait  une  édition  complète  du  Don  Quichotte  de 
Cervantes,  formant  trois  volumes  de  l'épaisseur  de  trois 
cahiers  de  papier  à  cigarettes;  nous  n'avons  pu  décou- 
vrir cette  édition. 

Ce  cas  toutefois  ne  s'est  pas  présenté  pour  le  Dantino 
cité  plus  haut;  cette  œuvre  lilliputienne, qui  n'a  que  le 
quart  de  la  grandeur  de  l'édition  Diamant  de  Barbera, 
éditeur  à  Florence,  a  été  éditée  par  G.  Gnocchi,  à 
Milan,  et  imprimée  par  MM.   Salmin  frères  à  Padoue. 

Dans  sa  lettre  imprimée*,  M.  Liugi  Salmin  réclame 
pour  la  ville  de  Padoue  la  priorité  de  l'impression  des 
éditions  du  Dante  en  caractères  microscopiques.  M.  le 
Dr  Scartazzini  a  publié,  à  ce  sujet,  dans  la  Gazette 
d'Augsbourg,  un  travail  auquel  nous  empruntons  quel- 
ques détails. 

«  Le  caractère  fut  gravé  en  1854  par  Antonio  Farina, 
qui  lui  donna  le  nom  «  L'ochio  di  mosca  ».  La  fonderie 
Corbetta,  à  Milan,  acheta  les  poinçons  et  le  sieur  Gia- 
como  Gnocchi  en  commanda  une  fonte.  La  composition 
a  été  recommencée  à  plusieurs  reprises,  mais  aucun 
compositeur  ni  correcteur  ne  put  résistera  la  fatigue; 
presque  tous  furent  affectés  d'une  maladie  des  yeux 
après  y  avoir  travaillé.  Les  caractères  voyagèrent 
pendant  plus  de  vingt  ans,  d'une  imprimerie  à  l'autre, 
sans  pouvoir  arriver  à  un  résultat  d'exécution.  Après 
la  mort  du  sieur  G.  Gnocchi,  son  fils  Giovanni 
*  //  Dantino.  Rivcndichiamo  i  nostri  diritti.  Padova,  7  marzo  1895. 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIEME.       75 

reprit  le  projet,  et  fit,  le  1er  mars  1875,  un  traité 
avec  les  frères  Salmin,  imprimeurs  à  Padoue,  pour 
l'impression  de  cette  édition.  L'impression  dura 
cinq  ans,  ce  qui  prouve  les  énormes  difficultés  aux- 
quelles on  se  heurtait.  Le  sieur  Giuseppe  Geche  s'était 
chargé  de  la  composition,  il  s'est  attiré  également 
une  maladie  des  yeux;  le  sieur  Luigi  Busato  en  fut 
correcteur  et  le  sieur  Luigi  Baldan,  l'imprimeur.  Les 
caractères  ont  été  anéantis  après  le  tirage,  qui  a  été 
fait  à  1000  exemplaires*.  » 

'Comme  étant  la  plus  petite  édition  de  Dante  connue 
jusqu'alors,  M.  Scartazzini  cite  celle  de  Londres,  en 
-  volumes  de  574  pages,  parue  en  1822-1825.  Hauteur 
8  centimètres:  largeur  4  centimètres  1/2.  Chaque  page 
contient  52  versets.  La  lettre  de  Galilée  :  Galileo  a 
madama  Cristina  d%  Loreno,  1015,  composée  en  carac- 
tères   microscopiques,    mesure    10   millimètres  sur  G, 

■  En  comparant  entre  eux  les  caractères  microscopiques, 
_  ivés  par  Henri  Didot,  par  Laurent  et  Dcberny  et  par  Antonio 
l  arina,  on  reconnaît  : 

1    Que  l'œil  <ln  Dantino  est  l<k  plus  petil   des  trois,  quant  au 

-    I  tue  l'œil  du  La  Rochefoucauld  el   autres   est  plus  petit  que 
l'œil  du  La  Fontaine,  quant  au  bas  de  casse  : 
3    Que  les  capitales  -ont  de  la  même  dimension  dans  les  trois 

•  'ne  l;i  fonte  <ln  Dantino  étant  d'un  corps  pins  forl  que 
la  fonte  des  autres  livres,  tandis  que  l'œil  <l<i  la  lettre  est  plus 
petit,  le  texte  paraît  fortement  interligné,  quoique  plein. 

Non-  négligeons,  bien  entendu,  la  question  <lu  format,  dont 
l.i  notice  italienne  sur  !<•  Dantino  se  préoccupe  :  !«■  format 
•  l'un  livre  peut  être  d'une  exiguïté  excessive,  Bans  que  le 
carat  il  petit. 

Le  principal  mérite  de  l'exécution  de  ces  petits  caractères 
appartient  aui  graveurs,  h  leur  travail  est  d'autan!  mieux 
apprécié  que  !<•-.  fondeurs  ont  mis  plus  de  soin  à  la  fonte 
-I  aussi  petites  lettres. 


76  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

contient  9  lignes  et  environ  95  à  100  lettres.  Ainsi 
que  le  Dantino,  elle  a  été  éditée  par  G.  Gnocchi  et  sort 
des  presses  des  frères  Salmin  à  Padoue. 

Un  ouvrage  pratique  rentrant,  sous  tous  les  rapports, 
dans  la  catégorie  des  éditions  en  miniature,  c'est  :  Le 
vrai  Dictionnaire  de  poche  (français-anglais  et  anglais- 
français),  avec  les  deux  parties  imprimées  sur  la  môme 
page.  De  nombreux  conseils  de  prononciation  et  de 
tableaux  comparatifs  des  mesures  et  des  monnaies,  par 
John  Bellows  (de  Glocesler).  Revu  et  corrigé  par  Aug. 
et  Alex.  Beljame  et  John  Sibree.  Printed  by  John 
Bellows,  steam  Press,  Gloucester,  from  types  eut 
specially  for  the  work  by  Miller  et  Richard,  type- 
founders  to  the  Oueen,  Edinburgh,  1875.  6  feuilles, 
xvi  et  548  pp. 

Imprimé  à  2  colonnes  avec  encadrement  rouge; 
hauteur  de  la  composition,  99  millimètres,  largeur 
59  millimètres.  L'impression  de  cette  édition  a  duré 
huit  ans  ;  une  nouvelle  édition  vient  de  paraître  dans  un 
format  un  peu  agrandi  et  dans  laquelle  on  a  espacé  un 
peu  la  composition,  les  pages  sont  presque  de  1  centi- 
mètre plus  hautes  et  de  5  millimètres  plus  larges. 

La  photogravure  donne  aujourd'hui  le  moyen 
d'agrandir  ou  de  réduire  à  volonté  les  caractères;  de 
sorte  qu'on  peut  obtenir,  par  ce  moyen,  des  éditions 
microscopiques  du  type  le  plus  menu  qu'il  soit  possible. 
Pendant  l'Exposition  de  1889,  à  Paris,  M.  G.  Motteroz  a 
imprimé,  à  la  machine,  deux  Guides  Conti  en  format 
in-64.  L'un  d'eux,  Paris-Diamant,  est  une  composition 
typographique  en  A  et  en  5,  avec  quelques  pages  de 
photogravure;   l'autre,  Y  Exposition  en  miniature,   est 


A  ON  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  DEUXIÈME.      77 

la  réduction,  toute  en  photogravure,  d'un  volume  in-18 
carré  en  in-64  raisin.  Sans  doute  un  livre  obtenu  par 
ce  procédé  mécanique  n'aura  jamais  la  valeur  d'une 
composition  typographique  originale,  qui  se  recom- 
mande par  la  difficulté  vaincue;  mais  il  lui  faut 
reconnaître  un  mérite,  bien  précieux  à  notre  époque, 
celui  d'être  accessible  à  toutes  les  bourses. 

En  Angleterre,  outre  les  éditions  de  Pickering  que 
nous  avons  citées  précédemment,  on  a  aussi  publié 
des  éditions  de  la  Bible  et  de  quelques  auteurs  classiques 
en  caractères  extrêmement  fins.  La  plus  ancienne 
édition  des  Primer  or  Prymer,  en  petits  caractères, 
est  celle  que  cite  Lowndes  sous  ce  titre  :  The  Prymer 
of  Salysbury  use,  Paris,  1490,  in-64,  with  the  fifteen 
Oo's  and  other  prayers  in  english  *. 

Quelques  Bibles  anglaises,  in-24  et  in-52,  exécutées 
avec  des  types  très  fins  et  très  nets,  sont  mention- 
nées par  J.-Ch.  Brunet  dans  son  Manuel  du  libraire. 

Ajoutons  que,  pour  la  Grande-Bretagne,  le  Shakes- 
peare a  été  le  prototype  des  Éditions  Diamant  et 
Microscopiques. 

Le  plus  petit  journal  du  monde  est  le  Little  Sttni- 
dard,de  Torquay  (Angleterre).  Il  mesure  75  millimètres 
«le  large  sur  un  peu  moins  de  hauteur.  Il  est  écrit, 
imprimé,  par  M.  II.  Tockelt,  sous  les  auspices  du  Dexon 

'  <  .f  Lowndes  (W.  T.).  -  The  Bibliographers'  Manual  <>(* 
English  Literature,  containing  an  account  of  rare,  curious,  and 
useful  books,  publisbed  in,  or  relating  to,  Greal  Britain  and 
Ireland,  nroni  the  invention  of  printing;  witb  bibliographical 
.ni  "I  critical  notices,  collations  "i  Ui«-  rarer  articles,  and  1 1 1  *  *  |>ric<is 
.ii  v.iii<  h  they  bave  been  Bold.  New  édition,  with  an  appendix 
relating  t"  the  books  "i  literary  and  Bcientiflc  societies  by 
II.  *..  Bonn.  London  13  parts  m  6  \<»is.  s\<». 


78  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

County  Standard,  dont  il  est  l'abrégé.  On  ne  peut  le 
lire  qu'à  la  loupe*. 

Après  nous  être  occupé  des  impressions  micros- 
copiques, nous  allons  donner  quelques  notes  sur  la 
micrographie. 


MICROGRAPHIE   ANCIENNE   ET   MODERNE 

Claude  Elien  parle  d'un  homme  qui,  après  avoir  écrit 
un  distique  en  lettres  d'or,  pouvait  le  renfermer  dans 
l'écorce  d'un  grain  de  blé.  Un  autre  calligraphe  traçait 
des  vers  d'Homère  sur  un  grain  de  millet.  Cicéron,  dit 
Pline,  rapporte  avoir  vu  Y  Iliade  d'Homère  écrite  sur 
parchemin  et  pouvant  se  renfermer  dans  une  coquille 
de  noix.  «  In  nuce  inclusam  Iliada  Homeri  carmen, 
in  membrana  scriptum,  tradit  Cicero**.  »  Ce  dernier  fait 
a  trouvé  bien  des  incrédules  parmi  les  modernes,  malgré 
une  expérience  que  fit  un  jour  le  savant  Huet  devant  le 
dauphin  et  sa  cour,  auxquels  il  démontra  qu'un  morceau 
de  vélin,  assez  mince,  de  27  centimètres  de  haut  sur 
21  et  demi  de  large,  pouvait  des  deux  côtés  contenir 
environ  15000  vers  et  se  renfermer  facilement  dans  une 
coquille  de  noix  de  moyenne  grandeur.  Il  suffit 
d'admettre,  ce  que  certainement  personne  ne  songera 
à  contester,  que  l'on  puisse  donner  à  l'écriture  le  même 

*  On  pourra,  sur  les  éditions  on  petits  caractères,  consulter 
la  très  documenter  Bibliographie  des  éditions  microscopiques,  par 
Ch.  Nauroy,  Paris,  Charavay  frères,  petit  in-12.  Tiré  à 
218  exemplaires. 

**  Cf.  Histoire  naturelle,  §  xxi,  livre  VII.  où  Pline  traite  des 
phénomènes  incroyables  de  la  vue 


A  ON  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIÈME.       79 

degré  de  finesse  qu'aux  plus  petits  caractères  d'impri- 
merie. Or,  Y  Iliade  se  compose  de  15  210  vers,  et  chaque 
vers  d'environ  55  lettres:  ce  qui  donne  un  total  de 
501950  lettres  :  si  on  prend  un  carré  de  papier  de 
455  millimètres  de  côté,  c'est-à-dire  de  189  225  millimètres 
carrés,  le  verso  et  le  recto  en  contiendront  le  double, 
soit  578  450.  On  trouvera  par  un  calcul  très  simple 
que  cette  superficie  est  plus  que  suffisante  pour  renfer- 
mer Y  Iliade  entière  ;  et  rien  n'est  plus  facile  que  de  faire 
tenir  un  papier  de  pareille  dimension  dans  une  de  ces 
noix  où,  il  y  a  quelques  années,  les  femmes  mettaient 
leurs  gants  de  bal.  Il  est  bien  entendu  qu'il  n'est  pas 
nécessaire  de  faire  le  moindre  usage  d'abréviations. 

Les  calligraphes  des  temps  modernes  et  les  micro- 
graphes contemporains  ne  sont  point  inférieurs  à  ceux 
de  l'antiquité. 

On  a  montré,  et  l'on  montre  probablement  encore 
aujourd'hui,  au  collège  Saint-Jean  à  Oxford,  un  croquis 
de  la  tôte  de  Charles  Ier  composé  de  caractères  d'écri- 
ture qui,  vus  à  une  très  petite  distance,  ressemblent  à 
des  effets  de  burin:  les  traits  de  la  figure  et  de  la  fraise 
contiennent  les  Psa  urnes,  le  Credo  et  le  Pater. 

Au  British  Muséum  à  Londres,  il  y  a  un  dessin  de  la 
largeur  de  la  main  représentant  le  portrait  de  la  reine 
Anne  :  des  lignes  d'écriture  sont  tracées  sur  ce  dessin, 
et  'haque  fois  qu'on  le  montre  on  a  soin  de  faire  voir 
en  même  temps  un  fort  volume  in-folio  dont  il  renferme 
exactement  Le  contenu. 

l'ai  vu.  dit  Ménage,  des  ligures  et  des  portraits  au 
naturel,  faits  de  cette  manière,  comme  celui  de  feu 
madame  la   Dauphine,  tirée  sur  un  char,  couronnée 


80  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

par  une  Victoire.  Il  y  avait  aussi  d'autres  figures  hié- 
roglyphiques qui  avaient  rapport  à  madame  et  à 
monseigneur.  Tout  cela  formait  un  tableau  en  carré 
d'un  pied  et  demi  ;  et  ce  qui  paraissait  être  fait  de  traits 
et  de  linéaments  ordinaires,  ne  l'était  que  de  petites 
lettres  majuscules  d'une  délicatesse  si  surprenante, 
qu'il  n'y  avait  point  de  taille-douce  qui  fût  plus  belle, 
et  dans  les  figures  et  dans  le  visage  même  de  madame 
la  Dauphine,  qui  était  très  ressemblant.  Enfin,  toutes 
ces  lettres  composaient  un  poème  italien  de  plusieurs 
milliers  de  vers  à  la  louange  de  cette  princesse.  L'auteur 
était  un  officier  du  nonce,  le  cardinal  Ranucci.  » 

On  cite  un  grand  nombre  de  dessins  de  ce  genre. 
Tels  sont  le  portrait  du  général  Kœnigsmark,  portrait 
renfermant  en  latin  la  vie  de  ce  guerrier,  et  le  Christ, 
de  Pozzo,  où  on  lit  la  Passion  selon  saint  Jean. 

P.  Baies,  célèbre  calligraphe  anglais,  présenta  en 
1575,  à  la  reine  Elisabeth,  une  bague  dont  le  chaton, 
de  la  grandeur  d'un  demi-sou  anglais,  contenait  écrits 
d'une  manière  très  lisible  le  Pater,  le  Credo,  les  dix 
Commandements,  deux  courtes  prières  latines,  son 
nom,  une  devise,  le  jour  du  mois,  l'année  de  Jésus- 
Christ  et  celle  du  règne  d'Elisabeth. 

Il  existe  à  la  Bibliothèque  impériale  de  Vienne  un 
feuillet  manuscrit  d'environ  58  centimètres  de  hauteur 
sur  44  centimètres  de  largeur,  qui  contient  sur  un 
seul  côté  cinq  livres  de  l'Ancien  Testament,  savoir  : 
Rutli,  en  allemand  ;  YEcclésiaste,  en  hébreu  ;  le  Cantique 
des  Cantiques,  en  latin;  Esther,  en  syriaque,  et  le 
Deutéronome,  en  français. 

Parmi  les  manuscrits  orientaux  d'une  valeur  inesti- 


A  ON  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIÈME.      81 

niable,  qui  sont  à  la  Bibliothèque  Nationale,  se  trouve 
un  Coran  en  écriture  microscopique  du  xvue  siècle. 

Il  y  a  quelques  années  (en  1892),  le  journal  L'Éclair 
institua  un  concours  micrographique*. 

«  La  plupart  des  envois,  lit-on  dans  ce  journal,  sont 
des  cartes  postales  couvertes.  On  a  choisi  d'ordinaire  ce 
format  —  quoique  toute  latitude  fût  laissée  aux  concur- 
rents —  parce  que  tout  le  monde  sait  quelle  est  la 
grandeur  d'une  carte  postale.  Mais  à  l'exécution, 
beaucoup  furent  arrêtés  par  la  nature  du  papier,  qui 
met  au  -bout  des  fines  plumes  de  désagréables  fils. 
Certains,  cependant,  sont  parvenus  à  vaincre  cette 
difficulté,  sans  que  leur  écriture  —  qui  semble  à 
une  courte  distance  un  délicat  semis  brun  sur  fond 
chamois  —  en  soit  en  quoi  que  ce  soit  altérée. 

«  Des  paresseux  ont  eu  l'ingénieuse  idée  de  couvrir 
un  fragment  de  la  carte  et  de  faire  cette  petite  règle  de 
proportion  :  Etant  donné  que  j'ai  mis  tant  de  lettres  sur 
une  surface  de  tant,  j'en  eusse  mis  tant  sur  la  surface 
totale.  Ce  n'était  pas  de  la  micrographie,  c'était  de 
l'arithmétique  :  le  jury  l'a  pensé  ainsi,  et  il  a  écarté  ces 
:imens  un  peu  subtils.  On  se  demandera  comment 
Le  jury  a  pu  procéder  pour  rechercher  le  vainqueur 
d'un  concours  où  la  palme  revenait  à  celui  qui  écrirait 
le  plus  fin.  11  B'est  servi  d'instruments  d'une  grande 
précision,  que  la  maison  Mirand  fils  a  mis  gracieu- 
semenl  à  sa  disposil i<>u. 

«  Voyons  Le   concours  des  principaux  Lauréats.  La 

devons  à  l'obligeance  de  M.  Guillaume  Sabatier,  Direc- 
teur de  L'Éclair,  l'autorisation  de  présenter  à  nos  lecteurs  cinq 
g  micrographiques  choisies  parmi  celles  que  la  photogra- 
vure pouvait  reproduire   aussi  bien  qu'il  était  possible. 

i>  il 


82  CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

grande  médaille  d'or  est  échue  à  M.  Caille  (de  Paris). 
Sur  une  surface  plus  restreinte  que  celle  d'une  carte 
postale,  il  a  fait  tenir,  respectant  son  «  œil  »,  sa  forme 
typographique,  les  deux  pages  de  VËclair  (fig.  9C2), 
avec  le  portrait,  et,  comme  la  matière  de  ces  deux  pages 
ne  lui  suffisait  pas  pour  couvrir  ce  territoire  minuscule, 
il  a  emprunté  du  texte  à  la  troisième  page.  Ce  travail 
est  d'une  netteté  irréprochable  ;  malgré  son  extrême 
finesse,  il  se  lit  à  l'œil  nu.  C'est  l'une  des  tentatives  les 
plus  originales  et  les  plus  charmantes  que  le  concours 
ait  inspirées.  Six  médailles  de  vermeil  ont  été  distri- 
buées. Les  titulaires  sont  d'abord  M.  Carabeuf  (de 
Brest).  Sur  4  parallélogrammes  de  5  centimètres  1/2 
sur  9,  il  a  reproduit  la  délicieuse  nouvelle  d'About  : 
les  Jumeaux  de  V Hôtel  Corneille,  et  une  biographie  du 
conteur,  soit  16  258  mots  et  71  T>00  lettres. 

a  Mme  Camille  Chibrac  (de  Paris)  a  envoyé  une 
superbe  carte  postale;  M.  Gavois  (de  Paris)  a  imité, 
avec  des  encres  variées,  un  émail  de  Limoges.  Les 
lettres,  par  le  plus  ou  moins  de  leurs  pleins  et  déliés, 
forment  le  modelé  d'une  gracieuse  figurine.  Dans  la 
circonférence  d'une  pièce  de  cent  sous,  M.  Carapin  a 
fait  tenir  8  494  lettres  et  exécuté  aux  deux  encres  dans 
la  perfection  un  calendrier  grand  comme  le  pouce,  avec 
ses  douze  mois,  ses  saints,  ses  quanlièmes,  ses  chan- 
gements de  lune. 

«  Voici  une  belle  page  irréprochable  :  elle  a  le  format 
d'une  carte  postale.  Savez-vous  ce  qu'on  y  peut  lire? 
Le  roman  de  François  Coppée  :  Henriette,  soit  un 
volume  de  195  pages  comportant  19029  mots...  (fig.  93). 
M.  Albert   Gallois,  sur  une  carte  postale  a  fait   tenir 


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D    .  L'éekrtr,  micrographie  exécutée  par  M.  Caille. 

Médaille  d'or  <lu  concourt  micrographique  de  L'Éolair. 

(OU  \M>l  i  i:    Dl    i    ORIOIN  U  .1 

1  ployé*  par  le  micrographe  étanl   trei  pAle  A   de  certalni 

endroll  eproducUon  m   n     ent  de  ce  défaut  dans  l'original, 


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A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  DEUXIÈME.       85 

53  pages  in-18 jésus  extraites  des  œuvres  de  Bufîon, 
qui  représentent  19  500  mots—  ce  qui  revient  à  dire 
que  la  moyenne  en  lettres,  par  millimètre  carré,  est 
de  six  lettres  un  dixième.... 

«  On  n'avait  pas  assigné  aux  concurrents  une 
formule  et  une  copie  uniformes  pour  leur  permettre 
précisément  la  plus  libre  fantaisie.  Il  a  semblé  que  dans 
une  expérience  de  ce  genre  l'imprévu  avait  son  charme. 
On  lui  doit  des  travaux  ravissants  qui  sont  surtout  des 
petites  merveilles  dégoût,  comme  l'envoi  de  M.  Senne, 
dé  Bordeaux,  ou  de  cet  autre  qui  a  fait  tenir  dans  une 
pièce  de  deux  sous  60  proverbes  et  maximes  sur  la 
vanité  des  biens  de  ce  monde. 

«  Un  concurrent  des  plus  heureux  est  M.  Batteault, 
de  Bondy,  qui  dans  un  parallélogramme  de  18  milli- 
mètres sur  9  millimètres  a  fait  tenir  le  Credo,  le  Pater 
et  une  foule  d'explications,  «  car  il  avait  de  la  place  de 
reste  ». 

«  Les  idées  cocasses  foisonnent,  mais  l'étendue  nous 
manque  pour  en  parler  comme  nous  le  voudrions.  Les 
concurrents  ne  savaient  sur  quoi  écrire  pour  attester 
une  originalité  tranchée.  On  reçut  alors  des  œufs  sur 
lesquels  on  peut  lire,  par  exemple,  l'histoire  du  navi- 
gateur  qui  découvrit  l'Amérique,  —  l'œuf  de  Colomb, 
quoil  des  aoyaux  de  pêche  qui  racontent  des  légendes; 
des  noyaux  de  cerise  presque  aussi  lettrés.  Et  si  le 
moindre  grain  de  nul  faisait  mieux  votre  affaire,  vous 
n'auriez  plus  ik-ii  ;i  souhaiter,  car  il  y  en  a,  à  ce  concours, 
à  revendre,  qui  sont  savants  comme  <!<•-  livres.  Si. 
p.'uïoi-.  !'■-  concurrents  écrivenl  sur  les  noyaux, 
oVautres  fois    ils  insérenl    <l<'<l.-ms  «les  banderolles   — 


86  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

ainsi  en  sept  grains  de  millet  étaient  les  sept  eonplets 
de  la  Marseillaise.  «  Permettez-moi,  nous  dit  un  concur- 
rent, de  vous  adresser  copie  des  articles  ci-après  : 
un  de  Mme  Séverine,  un  de  Tolstoï,  deux  politiques, 
cinq  hommes  et  une  femme  du  jour;  les  noms  de  tous 
les  sénateurs  et  députés.  »  Et  il  ajoute  :  «  Toute  cette 
copie,  «71  088  lettres,  est  renfermée  dans  une  petite 
noisette  des  bois.  »  Un  des  concurrents  s'est  dit  qu'il 
était  banal  d'écrire  sur  le  champ  du  papier:  savez-vous 
ce  qu'il  a  fait?  Il  a  écrit  sur  la  tranche.  »  Et,  comble 
des  combles:  case  lit!  Mais  le  vertige  vous  vient  comme 
il  est  venu  au  jury.  A  certain  moment,  les  têtes  des 
membres  qui  le  composaient  menaçaient  de  se  révolter. 
Ce  fut  alors  que  sur  une  toute  petite  enveloppe,  tombée 
de  Lilliput,  on  trouva...  quoi?  Une  aile  de  mouche,  sur 
laquelle  un  patient  micrographe  avait  tracé  quelques 
mots  de  bienvenue!  Ils  ont  mérité,  ceux-là,  convenez- 
en,  les  très  belles  médailles  d'or,  de  vermeil,  d'argent, 
de  bronze,  et  les  superbes  diplômes  que  l'Eclair  leur  a 
largement  distribués.  Les  médailles  sont  aussi  des 
bijoux;  elles  pourront  se  porter  à  la  chaîne  de  montre. 
Elles  seront  pour  leurs  glorieux  possesseurs  un  témoi- 
gnage de  goût,  d'application  et  de  patience.  » 


Le  choix  des  formats,  leur  convenance,  leur  mise  en 
harmonie  avec  l'ouvrage  que  le  volume  renferme,  ont 
été  judicieusement  remarqués  par  Berlioud-Mermet  *. 

«  De  quoi  ne  s'est-on  pas  avisé,  écrivait-il,  pour  faire 
du  nouveau,  du  merveilleux,  et  pour  exciter  la  curiosité 

*  De  la  Bibliomanie.  A  la  Haye,  M.DCC.LXI,  in-12. 


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ig.  95.  —  Surface  d'une  cuir  postale.  8514  mois,  extraits  des  Misérables,  de  Victor  Hugo. 
Moyenne  par  centimètre  carré  :  68  mots  2/3. 

cre  employée  par  le  micrographe  étant  1res  pâle  à  de  certains  endroits,   notre7reproduclion 
se  ressent  de  ce  défaut  dans  l'original. 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  DEUXIÈME.       89 

publique?  On  a  imaginé  d'employer  à  l'impression  de 
quelques  livres  choisis  des  caractères  si  menus  que 
leur  aspect  offense  les  yeux,  et  qu'on  ne  sauroit  les  lire 
longtemps  sans  risquer  de  perdre  la  vue  :  caractères  si 
délicats  qu'ils  ne  peuvent  soutenir  l'effort  de  la  presse. 
Par  cette  raison,  les  éditions  ont  été  réduites  à  un  petit 
nombre  d'exemplaires  devenus  rares  et  chers*. 

«  Le  goût  des  extrêmes  s'est  jeté  du  petit  au  grand  **. 
On  imprime  en  plusieurs  tomes  in-folio  des  livres  que 
nous  avions  vu  de  tout  temps  sous  la  forme  d'un  seul 
volume  in-12  ou  in-2-i.  L'Imitation  de  Jésus-Christ, 
imprimée  au  Louvre  en  grand  format  et  en  gros 
caractères,  est  une  pure   curiosité  de   cabinet.  Je   ne 

*  Phœdri  Fabulœ  et  Pub.  Syrii  Sententix.  Parisiis,  e  Typogra- 
phia  Regia,  1729.  in-52.  Quint.  Horatii  Flac.  opéra.  E.  Typ.  Reg., 
17".  in-32.  M.  Tul.  Ciceronis  de  Amicitia  dialogus.  Parisiis, 
Bauche,  1750,  in-52.  M.  Tul.  Ciceronis  Cato  major,  Parisiis, 
Barbou,  1758,  in-32. 

**  Cf.  /.'-  (ivre  et  la  petite  bibliothèque  d'amateur,  par  Gustave 
Moup.avit.  Paris,  Auguste  Aubry,  1809,  in-12.  «  Il  serait  curieux 
de  suivre,  'lui-  les  variations  du  format  des  livres,  les  change- 
ments et  le  caractère  du  goût  du  public  bibliophile  à  diverses 
époques:  voilà  matière  à  un  chapitre  neuf  et  instructif  sur 
['amour  de-  livre-.  On  y  verrai!  le  petit  in-octavo,  plein  de  cette 
légance  qu'aime  l'étude  sérieuse,  régner,  sous  l'inspi- 
ration des  Aide  el  des  (  îryphe,  durant  le  xvie  siècle;  puis,  lorsque 
la  passion  cherche  dans  l'exiguïté  du  volume  la  possibilité  de 
multiplier  ses  richesses,  les  petits  formats  épuiser,  au  profit 
d'un  amour  encore  sincère,  toutes  ces  séductions  de  la 
coquetterie  el  de  la  grâce  dont,  le  tvit  siècle  vil  les  Efzevier 
Assurer  le  triomphe.  Le  wm  siècle,  frivole  et  blasé,  laissa 
nonchalamment  tramer  sur  ses  meubles  l'in-douze  agrandi  et 
alourdi,  trop  me-,  juin  pour  figurer  avec  honneur  dans  une  biblio- 
thèque] trop  disgracieux  el  incommode  pour  être  un  compagnon 
assidu  el  le  favori  de  l'intimité  :  piètre  produit,  dont  les  tranches 
rouges  el  la  livrée  uniforme  inspirent  l'ennui  et  le  dégoût  qui 
semblent  avoir  présidé  à   son  Invention.  ■ 

n  12 


90  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

crois  pas  que  personne  fasse  sa  lecture  de  piété  dans 
un  livre  si  monstrueusement  grossi,  et  qui,  pour  la 
commodité  des  lecteurs,  devoit  rester  dans  le  rang  des 
petits  manuels.  Le  recueil  des  fables  de  La  Fontaine, 
destiné  à  être  mis  entre  les  mains  de  la  jeunesse,  n'a- 
vait d'abord  paru  qu'en  un  volume  de  petit  format; 
mais  l'amour  de  la  singularité  et  de  la  magnificence  en 
a  fait  exécuter  une  nouvelle  édition  de  l'étendue  de 
quatre  grands  volumes  in-folio,  où  l'art  a  si  curieuse 
ment  travaillé  que  l'acquisition  en  est  interdite  à  beau- 
coup de  gens.  Le  mérite  de  cet  ouvrage  étoit  trop 
connu  ;  cette  métamorphose  gigantesque  n'a  rien 
ajouté  à  la  réputation  de  l'auteur,  ni  à  l'estime  que  ses 
écrits  lui  ont  justement  acquise. 


Fig.  96.  —  Micrographie.  La  Marseillaise. 

(GRANDEUR  DE   L'OMGINAL.) 


GXLTrtr 


ra*itifotftDlnttD*pam 
omtnpottd.î  unirait  *fpa 
.oimsIjonoîttnlDM 

omnia  fecula  feculoai  2lmcnOrcmi5i)itc€ptiô 

Fig.  97.  —  Exemple  de  Folio  (xve  siècle)  tiré  du  Liber  Missalis. 
In  civitate  Babenbergensi  impressus,  1481. 


DU    COLLATIONNEMENT    DES    LIVRES 

DE    LA    MANIÈRE    DE    PROCÉDER   A    CETTE   OPÉRATION 

SES    DIFFICULTÉS   —   SES    RÉSULTATS 

Les  libraires  et  les  bibliophiles  se  rendent  quel- 
quefois acquéreurs  d'un  ouvrage  dont  certaines  pages 
sont  transposées,  les  cahiers  ne  se  trouvent  plus  à  leur 
place,  c'est-à-dire  que  pour  un  in-4°,  les  périodes  de 
8  pages  ne  concordent  plus,  après  la  page  8  on  se 
trouve  en  présence  de  la  page  chiffrée  M  au  lieu  de 
la  page  9;  dans  l'in-80,  si  la  feuille  est  en  un  seul 
cahier,  cea  faits  se  reproduisenl  avec  une  périodicité 
de  16  pages.  Comment  pareille  chose  peut-elle  se  pro- 
duire?toul  simplement  par  une  distraction  de  l'ouvrier 
brocheur.  An  moment  de  l'assemblage,  ayant  1rs  feuilles 
étalées  les  unes  à  côté  des  autres,  par  paquets  égaux 
.•m   nombre  de  feuilles  devant    former  un  volume,  il 


92  CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

suffit  que  la  personne  chargée  de  ce  travail  oublie  un 
paquet  et  prenne  deux  feuilles  sur  le  paquet  suivant; 
il  en  résultera  qu'un  exemplaire  aura  deux  fois  la  même 
feuille  et  sera  incomplet  d'une  autre.  Pour  les  ouvrages 
récents,  l'erreur  est  réparable  ;  l'acquéreur  n'aura  qu'à 
faire  demander  par  son  libraire  la  feuille  manquante 
(en  spécifiant  bien  la  signature  ou  les  pages  extrêmes), 
et  quelques  jours  après  il  recevra  le  défet,  ainsi  s'ap- 
pelle toute  feuille  remplacée  après  coup. 

En  parcourant  un  exemplaire,  en  le  vérifiant  et  en 
constatant  qu'il  y  manquait  des  pages,  l'amateur  ou  le 
libraire  auront  simplement  collationné  ce  livre,  dans 
le  sens  le  plus  large  du  mot*.  Ainsi  donc,  le  collation- 
nement  consiste  à  vérifier  un  ouvrage  pour  savoir  s'il 
est  absolument  complet  et  en  bon  état  de  propreté.  Il 
doit  être  examiné  cahier  par  cahier,  feuille  par  feuille 
et  môme  page  par  page.  On  s'assurera  si  les  cahiers 
suivent  bien  l'ordre  des  signatures,  si  les  planches, 
lorsque  l'ouvrage  doit  en  avoir,  ne  manquent  pas,  sont 
en  bon  état  de  tirage  et  bien  à  leur  place**. 

Cette  opération  est  d'une  importance  plus  grande  pour 

*  L'Harmonie  étymologique  des  langues,  où  se  démonstre  évi- 
demment, par  plusieurs  antiquitez  curieusement  recherchées, 
que  toutes  les  langues  sont  descendues  de  l'hébraïque,  par 
Estienne  Guichart,  Paris,  1618,  petit  in-8,  est  un  livre  curieux 
et  raie,  offrant  une  particularité  assez  singulière  dans  sa  pagi- 
nation, qui  saute  sans  motif  et  sans  qu'il  manque  rien  à 
l'ouvrage,  <1<*  la  page  480  à  la  page  600. 

Dans  l'édition  du  Traité  de  la  Peinture,  par  Léonard  de 
Vinci,  Paris,  P. -F.  Giffart,  1716,  in-12,  on  remarque,  entre  la 
page  vin  et  la  page  xi\',une  lacune  qui  ne  peut  être  qu'une  im- 
perfection de  l'édition;  car  elle  existe  dans  tous  les  exemplaires, 
du  moins  dans  tous  ceux  que  nous  avons  collationnés. 

**  Un  volume  fort  rare:  (lent  cinquante-sept  estampes  repré- 
sentant les  troubles  et  massacres  occasionnés  par  les  guerres 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  TROISIÈME.      93 

le  relieur;  il  importe  que  ce  travail  soit  bien  fait,  qu'il 
ne  manque  ni  planches,  ni  tables  à  un  volume,  que  les 
titres  soient  bien  ceux  du  livre,  que  tous  les  fascicules 
d'un  ouvrage  s'y  trouvent.  Généralement,  le  relieur 
procède  deux  fois  au  collationnement  des  ouvrages, 
d'abord  lorsqu'il  les  découd  et  en  second  lieu  lorsque 
les  cahiers  ont  été  battus,  les  planches  mises  à  leurs 
places  et  le  livre  prêt  à  être  cousu. 

En  ce  qui  concerne  les  livres  anciens,  le  libraire 
doit  les  collationner;  non  seulement  afin  de  pouvoir 
garantir  leur  état  complet,  mais  encore  pour  être  cer- 
tain qu'ils  sont  en  bon  état  *. 

Par  la  collation  on  s'assure  que  l'ouvrage  est  com- 
plet, et  qu'il  n'a  ni  transposition,  ni  taches,  ni  piqûres 
de  vers,   ni  déchirures,  enfin   qu'il  n'y  existe  aucune 

de  religion  dans  le  xvie  siècle  tant  en  France  qu'en  Belgique 
et  t-n  Hollande,  in-fol.  oblong,  se  compose  de  plus  ou  moins 
d'estampes.  Ce  recueil  doit  être  de  380  planches,  et  les  numéros 
d'ordre  de  1  à  580  que  portent  les  estampes  indiquent  un  tirage 
inférieur,  tandis  que  dans  les  exemplaires  du  premier  tirage, 
qui  a  été  publié  par  séries,  les  numéros  recommencent  plu- 
sieurs fois  comme    pour   des  publications  séparées. 

*  Un  livre  est  en  mauvais  état  :  1°  lorsque  le  titre  ou 
quelques  feuillets  manquent;  2°  lorsqu'un  feuillet  est  en  partie 
déchiré,  de  manière  qu'une  portion  de  l'impression,  quelque 
■  qu'elle  soit,  .-iii  été  emportée;  3°  Lorsqu'il  a  été  tellement 
rogné  m1"'  '''  texte  esl  endommagé;  ■'«•"  lorsqu'il  est  piqué  de 
vers,  surtout  dans  le  texte;  5  lorsqu'il  s'y  trouve  des  taches 
d'huile,  de  graisse,  de  tabac,  etc.;  ft*  Lorsqu'il  est  mouillé  <>u 
attaqué  de  moisissui  il  y    a  une   transposition   dans  les 

cahiers,  quoique  ii *•  r i  ne  manque,  parce  qu'on  est  obligé  de 
sacrifier  la  reliure  pour  la  rétablir,  ce  qui  diminue  la  grandeur 
marges;  v  lorsque  dans  un  exemplaire  en  grand  papier, 
on  trouve  quelques  feuillets  en  petil  papier,  ou  bien  un  cahier 
de  papier  ordinaire;  '•'-  lorsque  Les  notes  marginales  el  Les 
soulignures,  soit  au  crajpn,  soit  à  l'encre]  onl  été  atteintes  par 
le  couteau  du  relieur. 


94  CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

imperfection  qui  puisse  en  diminuer  la  valeur.  Il  y  a 
lieu  d'examiner  aussi  s'il  n'y  a  pas  de  feuilles  déplacées, 
si  toutes  les  gravures  s'y  trouvent,  si  les  cartes  et  les 
grandes  feuilles  sont  toutes  montées  sur  onglets  et 
pliées  de  manière  que  l'on  puisse  les  développer  avec 
facilité  et  sans  risquer  de  les  déchirer*. 

Parmi  les  différentes  manières  de  collationner  un 
livre,  la  plus  usitée  est  celle  qui  se  fait  par  le  moyen 
des  signatures  et  des  chiffres  de  pagination**.  Mais 
pour  éviter  toute  méprise,  surtout  en  ce  qui  concerne 
les  livres  anciens,  on  doit  consulter  la  réclame***. 

Pour  ce  genre  de  collationnement,  on  le  fait  plus 
commodément  en  mettant  le  livre  à  plat  sur  une  table, 

•  Les  Soupes  drolatujves  de  Pautagrvel,  ou  sont  contenues 
plusieurs  figures  de  l'inuention  de  maistre  François  Rabelais, 
et  dernière  œuurc  d'iceluy,  pour  la  récréation  des  bons  esprits. 
A  Paris,  par  Richard  Breton,  m.o.lxv,  pet.  in-8,  est  fort  difficile 
à  trouver  complet.  Ce  petit  volume  a  des  signatures  de  A  à  G 
par  S.  La  signature  G  est  double;  mais  dans  l'exemplaire  de  la 
Bibliothèque  nationale,  ce  dernier  cahier  n'a  que  7  feuillets, 
ce  qui  réduit  le  nombre  des  planches  à  118  au  lieu  de  1*20  que 
contiennent  les  exemplaires  complets.  Ces  planches  grotesques 
gravées  sur  bois  sont  imprimées  des  deux  côté-  des  feuillets, 
et  sans  texte.  Les  trois  premiers  feuillets  sont  occupés  par  le 
titre  et  par  l'épitre  Au  lecteur  salut.  Rabelais,  dont  ce  livre  porte 
le  nom,  n'y  a  aucune  part,  mais  ses  ouvrages  en  ont  donné  l'idée. 

**  Selon  La  Serna  Santander,  les  chiffres  de  pagination  ne 
datent  que  de  1471,  puisqu'ils  se  voient  pour  la  première  fois, 
disait-il.  dans  le  Liber  de  rcmediis  utriusque  fortuuœ  (non  pas 
celui  de  Pétrarque,  mais  celui  d'Adrien  le  Chartreux).  Colonise, 
Arn.  Thcrlwernen,  1471,  die  octava  Februari,  in-4°.  Malgré  cette 
assertion,  cet  ouvrage  n'a  plus  l'autorité  pour  les  chiffres  puis- 
qu'on en  a  trouvé  un  autre  du  même  imprimeur,  également 
chiffré  et  publié  à  Cologne  en  1470,  intitulé  Sermo  prsedicabilis 
in  festo  prxscntationis  beatissimx  Marix,  Per  inipressionem  mul- 
tiplicatus,  sub  hoc  currente  armo  M°CCCC°  LXX°,  petit  in-4°  com- 
posé de  lk2  feuillets  et  de  27  lignes  à  la  page. 

***  L'une  et  l'autre  de  ces  deux  méthodes  ne  sont  pas  toujours 
suffisantes  pour  s'assurer  si  un  ouvrage  qui  a  paru   complet, 


*tf?<û 


ftitu  îtnoUtrff  angrhieîmi 
jym  l?  ctlo^jM'uir  ■  îïircô  M 
Rffîtaç  iwuiu  tua  Uiu_put^ 
ai)re])R  jxtf  orfrfï?  ûwquL 

fiiiû  rmi-r-mthia»  tmooïb? 

ta  rfc  unolftinf  t)f5i)0ûui 
cmjf^ainociepatçcHt- 


é 


:l:ï:   ,'v  ,„,  >-,rv/li'^zâ 


tre  momo£b'fatt  œXtqittm 
b9  hbtrûtf- VOT^  rçtfpfcot 
fefrt<  ffpplttm  eut*  £b  ai 
Tfag?  ûdçetfryt  qmlp  lUata 
feiffîi:  ir  £m»hft9UbtratfflR 
urpSk  &iEjêCihnt9  ©  a^tt» 
en  team  crua  ûgr*  3»  ûu)r9 
ïrtet  ois  fiîrteo  quïafèrurfcf 


!   -     -        Exemple  de  l'ordi  0  planches  <!<■  la  Bibita  l'uui^ftin 

établi  par  une  Lel Ira  mise  enl ré 

1  entablement  <iu  type  e(  les  figures  supérieures. 

1  tes  de  II  A  11  après  quoi  l'alphabet  recommence! 

ilemenl  les  lettres  dais  seconde  série 

sonl  comprises  entre  deui  points. 

La  .  •  produite  1 1  dessus    t-  esl  donc  la  ! 


GJ&m  fcgfmnttl?  t£  fooft  of  ti*  fùbtpl  Ijiftaka 
anD  jjfabkô  of  €Cbjx  toljtd?  vocte  ttanttateD  ont 
cf  ^œnfffc  in  to  £nglptti*  bp  ttipUtam  Cayûm 
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a     i* 

Fig.  99.  —  Exemple  de  Folio  (xv*  siècle),  tiré  de  JEsops  Fables. 
Imprimé  par  Caxton,  1483. 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  TROISIÈME.      97 

et  on  se  sert  de  la  pointe  d'une  aiguille,  d'un  canif  ou 
d'un  poinçon.  On  tient  la  pointe  de  la  main  droite  et  le 
livre  sous  la  gauche;  et,  piquant  très  légèrement  le 
coin  du  bas  et  à  droite  d'une  feuille,  on  lève  chaque 
fois  les  feuillets  de  chaque  cahier  qui  portent  des 
signatures  commençant  par  la  lettre  A  ou  le  chiffre  1. 
Quand  on  ne  voit  plus  de  signature,  on  tourne  les 
feuillets,  on  renverse  le  cahier  à  gauche,  mettant 
toujours  la  bonne  lettre  contre  la  table  et  la  dernière 
page  de  la  feuille  à  découvert.  On  fait  la  même 
opération  sur  la  feuille  suivante  qui  est  signaturée  B 
ou  2,  et  on  continue  ainsi  jusqu'à  la  dernière  feuille. 
On  vérifie  le  collationnement  au  moyen  des  chiffres  qui 
se  trouvent  en  haut  des  pages*.  Cette  façon  de  colla- 
tionner  un  livre,  au  moyen  d'une  pointe  quelconque, 
est  la  plus  expéditive;  et,  avec  un  peu  d'habitude,  on 
peut  arriver  au  collationnement  d'un  ouvrage  de  plu- 
sieurs feuilles  en  peu  de  temps.  Le  collationnement 
d'un    ouvrage   exige   plus  que   des  notions  générales 

l'est  réellement.  Dans  un  ouvrage  de  plusieurs  tomes,  dans  l'in- 
quarto,  par  exemple,  la  signature  A  ou  1  finit  à  la  page  8,  celle 
Fi  ou  2  commence  à  la  page  9,  et  ainsi  de  suite  jusqu'à  la  fin; 
or,  la  môme  signature  porte  aussi  les  mêmes  chiffres  de  pagina- 
tion dans  lefl  tomes  suivants,  et  si,  par  hasard,  un  relieur  a  mis 
un  cahier  d'un  tome  dans  un  autre,  et  que  ce  soit  la  même  lettre 
paraissant  devoir  occuper  cette  place,  alors  il  devient  difficile 
ollationner.  Pour  obviera  cet  inconvénient,  les  imprimeurs 
contemporains  ajoutent,  vis-à-vis  la  signature  de  la  feuille,  le 
numéro  du  tome,  ai  l'ouvrage  est  divisé  en  plusieurs  tomes. 

*  En  consultant  l'ouvrage  de  Lairb,  Index  librorum  ah  inventa 

typograptda  adatmum  1500,  que  non-  avons  cité  dans  le  cha- 

précédent,  non-  avons  remarqué  que  le  cahier  P  était  pa- 

par  erreur  585  ;■  540  au  lieu  de  225  à  240,  el  les  pages  242 

el  243,  240  el  247,  250  el  257,  254  et  255  du  cahier  Q  sent  aussi 

par  erreur,  542,  543,  etc.  On  voit  que  le  collationnement, 

pai  i  itures  el  par  les  folios,  est  nécessaire. 

Il  17, 


98  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

sur  le  livre  ;  il  faut  avoir  de  grandes  connaissances  en 
bibliographie,  et  dans  la  technique  du  livre,  pour  juger 
une  bonne  collation  ou  la  faire  soi-même. 

La  connaissance  du  livre  à  toutes  les  époques  est 
indispensable;  la  forme  des  caractères  employés  à 
l'origine  de  l'imprimerie  doit  être  bien  étudiée,  pour 
contrôler  les  erreurs  qui  se  commettraient  en  intercalant 
dans  un  exemplaire  des  cahiers  d'un  autre,  et  aussi  pour 
se  mettre  en  garde  contre  des  exemplaires  complétés 
au  moyen  de  reproductions  artificielles  par  les  procédés 
héliographiques  ou  anastasiques*. 

Dans  la  collation  des  livres  modernes,  c'est-à-dire 
pour  ceux  compris  depuis  le  xvie  siècle  jusqu'à  nos  jours, 
on  s'attachera  plus  particulièrement  aux  signes  suivants  : 
1°  la  signature;  2°  la  réclame  ;  3°  la  pagination  et  enfin 
la  tomaison  et  les  tables  de  matières. 

Pour  les  incunables,  dont  la  difficulté  de  collation 
est  réelle,  il  faut  consulter  soigneusement  le  registre 
ainsi  que  les  catalogues  spéciaux,  s'assurer  de  la 
description  du  môme  ouvrage  et  alors  seulement  pro- 
céder à  une  vérification  plus  complète.  Si  l'on  peut  se 
procurer  un  autre  exemplaire  dont  le  collationnement 

*  La  reproduction  de  feuillets  anciens,  manuscrits  ou  impri- 
més, se  l'ait  de  nos  jours,  avec  une  habileté  extrême.  On  pourra 
juger  du  résultat  obtenu  en  examinant  le  fac-similé  d'un  cahier 
original  de  Léonard  de  Vinci  que  nous  avons  reproduit  dans 
la  publication  que  nous  en  avons  faite  sous  ce  titre  :  /  ma- 
noscritli  di  Leonardo  da  Vinci.  Codice  sul  volo  degli  uccelli  e 
varie  altre  materie.  Publicato  da  Teodoro  Sabaciinikoff 
Trascrizionc  e  note  di  Giovanni  Piumati.  Traduzione  in  lingua 
franccse  di  Carlo  Ràvàisson-Mollien.  Parigi,  Edoardo 
Rouveyre,  editore.  MDCCCXCIII.  Accompagné  de  la  reproduction 
fac-similé  du  manuscrit  original. 

Nous  ne  croyons  pas  qu'un  semblable  résultat  de  reproduc- 
tion en  fac-similé  ait  été  obtenu  jusqu'à  ce  jour. 


oemertt 


23lat   xxxix 


Carys  bie  romglicb  vttô  bobbertimbt  fiât  ber  ©allier  m  f>em.@cnom|cl)eîdaîiî>  gelegcn  t)f.t  nacb  ber  <Ero' 
yanifct>ai  mbcrlag  irn  r.nf.ing  rççbabt.bann  t>o  pana  ber  troyaner  mit  JÏnca  aug  «troya  roictye  rnnb  mit' 
f  împt  J  rancone  bccto.'is  fiin  in  (gafltâm  ;<jbc  60  |cn,ct|cr  ficb  bey  bem  rlufs  Qcquane  gâtant  mber  rnb  macbet 
bafclb|ï  cm  rolcf  rnnb  nennet  6<*s  nacb  im  pan|lcr.2ll|o  bas  bie  $ ranrjofcn  rom  rrfpmng  Croyance  (mb.bie 
nacb  ber  jerftomnet  «Eroye  aug  bclayrÇag  1rs  barrbtmane  prami.bcs  ^rogen  ptiarni  emer" lan  bureb  bas  fëup' 
niflb  meer  rn  01c  ttlcotbibifcbcn  pfattfcbcn  ober  fee  m  ©atbiam foin  en.  rnb  baben bafelbfï cm  fîat(bie  fit  @i' 
cambnam  ncrmtetfgeparren.rnb  ïrucb|]en  5"  emem  groffen  rolct.rnnb  bnbenben  ré*mcrn  jmfper  rcie  dnbte 
fatbier  bis  an  bie  $ctt  Palcnnroam  bes  faifers.bo  begunben  bic  2Iam  bas  romtfcb  rcicb  anjefecbtcn.mb  auffbj 
mr  ber  farjer  bic  graufamE at  ber  2Ua7itcr  gcfcbtr  aigcn  môcbt. fo  rcrbief;  cr  txn  ifocncabie  me  roibcrftanb  tetten 
freyungauff  t.  uw.SlfoaagfolicbcrbcgabungTrarbcnbicflcambngerayçtbcsncpcbmitwcct  rnnb  xraffcn 
triôcrbie  2llamcr  fcçtcn  vnb  fie  mitrncg  rbenvimben  »nc"*abtilgten.barrfmb  warben  fîemîtfteyung  begabet 
rnb  bcghalb  nacb  rcrrranbcltcm  namen  genant  j'câa.bao  fotnlïfî  nacb."fnap=bcm  gcjring als:fcayjam  gtaro 
f.:m  eber  cbcl  rnb  nacb  tvelfcber  jungen  ftcv.2lls  mr  nacb  vcc|cbemuog  ber.r.iar  bic  tèmzt  bit  geroonhebe  jms 
rnb  tribut  tribcrfo:bertcrvbo  trarben  bic  j'raitci  ron  |olcbct  fTeyunjfrrcgeu  nyCeripennig  rroiben  rnb  tribn 
fcçtcn  |r:b  gebotfam  ufc-n-Do  ntD  bifs  ctcflccbrber  jfranacr  aufs  farrjia  m  tcûrfcbc  la*ib  tome  vnb  bafclbft  lan' 
çt«cir  gerconet  bet  b*  rvarbt  es  tcdrfcb  Jbci  bo  bas  comifcb  rcicb  trucbfè-bo  nome  -*ucb  ^ranaa  ju.  2l!lep-bas 
(cbiec  boa  ganrj  (Baika  vnb  an  grofler  tcyl  tcûtfcbcr  lanb  von  ban  pirrem|cbcn  gçpirg  bis  $h  cnb  bes  pannora' 
feben  Umbs  ^'ranaa  gênant  tracbt. ban  ailes  bas  bas  rntibcrbcn>francicrnTPas.ba8  warb  ^rartaa  gem*nt. 
vii  bafjelb  jrâcia  iras  m  jircy  teyl  gctftlt.batî  (Sallia  hicg  ôas  ocaôcnti|cb  08  bmberfrancf  rcicb- X>n  (Scrmatna 
èas  o:;crtn|cb  oàa  rorber  ftancf rcicb  Cfecr  Jrcancf cnlaiO.Gifs  rolct  b^t  rnber  >em  groffen  Karl  6as  rémifclj 
rreb  rcr^icm.  8  ban  ben  bab|t!ictxn  (rtiU>cc  mit  bem  S.ampcrti|cbcn  tncg  lang  bcEUmcrt  warbt,  getr«J(let  bat. 
X)l  \~:nb  bic  u'JUtn  ùas*aUem  bi/bu  rmb  pairs  troncn  J'cana  feyen.rnb  ôcnfclben  bas  r^mtfcb  rcicb  gegeben 
firy  n?ot^rn  2lba  btefelbcrrbapî  man  billicber  j'ranagcnas.als  ^rançofen  m  ^rancfreicb  gepom.  3"  bifcr  |îatt 
l)abcn  b:c  f onig  vd  $ot  irfï u ojtvno  rcoramg  gebaiteit  rnb  fie  bamit grofj  rnb  mccbtig  gemacbt.  X)nb  Karolns 
ber  grog  bat  nacb  cmpfagung  femer  Eoiferlicben  fron  bcrfclbcn  fiât  ron  irer  ïpolgclcgenbeit  tpegen  an  gememe 
bob<rc^u'  c"tt  rômifcbmautTgmcbtet.rnronbiomfio2lnopagtt«6cm23iftbof7.bcrroruî>êapo(teIn6afèlb|ï 
bm  mifampt  Bai(tico  rnb  l£laîtcno  ron  pjebigens  u'egen  gefenbet  rt?ai;b}<>a3  bcAg  nvangeliu  Cnfîi  cmpfan-' 
gen  bat.  5>a|*db|t  bat  aucb  fanb  î>iomCus  biehïonber  martet  er(rnttê.î?ifèaUerbcrumb(î  pati|îgcjio  etmir  b< 
^cilligrhu?  Barhilfciô  ber  t imgm.rnb  2ln'ea  Ça:  tuncffraTPtn  rnb  anexr rtl-martret. Parya 


!        ■  '         Exemple  de  Folio  (xv  slècU  i,  tiré  de  le  Chronique 
<!■:  fifvrenberg.  (Édition  allemande.) 


maeloeclgoeta 
beeftomtnné'befie 
lempngbefellebÊ 
fettenoubÊgeleert 
tjoermibocgbiuà 
buten  leucnfcltoo 
benmèTcbenjoi 
€  ne  n  goeben  ejreriïjiel  te  geuen  tfc& 
ter  tch  feuenbe  oubc  roil  o  mmnenbe 
Gel  leren  Die  contt  Die  o  in  roc  nbicb  efi 
mt roebic h  mit  en  nootruf  neb  10  baet 
gbi  mebe  gbeQoert  moecbt  roerben 
oat  oleuen  ben  gulben  tbîcenmacb 
ébienenbeoeroigbenleuena  feant 
note  mael  oc  cl  goeto  efi  oeel  quaetf 
ontfpmigbct  enbe  gegeuenroert  oâ 
quabengbcbacbtenefiroocrben.erî 
bat  baer  toe  bo:et  oat  fe  er  ceci  io  foe 
rmf 


tominncnbefleUeet  noorrnfticbbs 
gbi  gb  cclMiUe  Dingc  baer  m  roc l  be 
Cet  baer  o m  bat  gbi  toecomenbe  fea* 
bebeo  tebet  ontlopenenbeontuliè" 
mogbet  ïatfeptteojiimuototter 
ionctrouroenbcmctriabco  jlforoat 
gbi  o  feamet  te  teggê"  bat  felbi  o  oc  eu 
feamen  te  beneben  eH een  Met  e fi  il 
coleomen  gberoocntbeit  boubê  bat 
uroe  moet  oliticb  6  eH  roafcenbc  eîi  be 
fcoebicb  boegbinjelbebeiiuen  mo- 
gbet alfulcHe  gbebacbten .rock  men 
bebouben  fel  .of  roelcU  men  oerroer* 
penfel  JÉ>f  ceb  terbatgbi  quabegbe 
oacbten  ocrb:  iuet  en  goebe  gebacb* 
cen  natte  bel; eut  roant  be  nch  en  10  ce" 
ocrfp:ôc  enbe  begbinfel  aire  baben 
enbe  oec  bo  fer  fonben .  <£n  roat  goeti 
of  qu  abc  r  mer  Va  en  pm  me  r  me  er  g  be 
oaen  roerben  bat  roerr  nocr  omfan* 
gben  mrj  beco:ingben  ber  gbebacb' 
t c  n . 2la e r 0 m  raet  0 us  cefanug  rua-» 
nngbe  eH  fpieect  flDi  (eîlen  acnuaen 
goebe  gc  bac  b  t'en  tcbebbcn  en  te  mi 
nenfoe  roerben  roi  oerlebicbtoanbi 
bofen  gbebacbten  bieono  aen  rooet 
tien  enbe  aen  roereben  aen  fiel  en  aen 
Ipf  gbefeaben  mogben  roant no  ope 
gbebacbten  fnn  een  ocrfp?oncb  enbe 
een  faecb  oan  oele  goeto  eH  quaeto. 
rti  boer  npemât  in  befer  tnt  can  notb 
enmacblebicbttaen  #oeleeticfeui 
De  oubr  0  minnëbe  fiel  boe  gbi  in  al- 
len  gbebacbten  boubê  felt  efi  roelc  0 
goct  fpn  of  feabelic  û)n  wèt  te  10  gbe 
ne  bine  foe  goet  gbi  en  moecbt  baer 
quaetrotDencbeneff  fonbelibegbe- 
oacbten  baer  rot  trec'i?  efi  mahen  en 
oe  \)w  roife  comen  oâ  bec  roifeben  5* 


Fig.  101.  —  Exemple  de  Folio  (xv  siècle),  placé  au  bas  de  la  page 

en  regard  de  la  signature,  tiré  de  :  De  Boec  des  Gulden  Throens. 

Imprime  à  Ilaarlem,  en  148i. 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  TROISIÈME.    101 

a  été  fait,  on  possédera  une  garantie  plus  grande  de 
sécurité  après  avoir  vérifié  sur  le  texte  même.  La  colla- 
tion  des   ouvrages   porte  sur  les   cas   suivants  : 

1°  COLLATIONNEMENT    O'UN   OUVRAGE    SIMPLE    EN    UN   SEUL   VOLUME. 

Il  n'existe  aucune  difficulté  si  l'ouvrage  est  moderne  ; 
on  peut  voir  par  les  folios  et  les  signatures  si  les  pages 
et  les  cahiers  se  suivent  bien,  et  si  le  titre  et  les  tables 
se  trouvent  à  leur  place. 

2°  COLLATIONNEMENT  DES  OUVRAGES  EN  DEUX 
OU  PLUSIEURS  VOLUMES. 

Les  anciens  ouvrages  en  deux  ou  plusieurs  volumes 
doivent  être  examinés  au  point  de  vue  de  la  signature 
d'abord,  de  la  pagination  ensuite;  enfin,  pour  les  livres 
rares  et  précieux,  au  bas  de  chaque  cahier  il  faut 
s'assurer  si  la  réclame  concorde  avec  le  premier  mot, 
ou  avec  la  fin  d'un  mot,  commençant  à  la  page  suivante. 

De  nos  jours,  ainsi  que  nous  l'avons  mentionné  plus 
haut,  les  imprimeurs  mettent  en  ligne  de  queue  à  la 
première  page  d'un  cahier  et  à  côté  de  la  signature,  un 
chiffre  désignant  la  tomaison.  Exemples  :  Tome  1(1...  1). 
Tome  II  (II...  1). 

5°  COLLATIONNEMENT   DES   OUVRAGES   EN    FASCICULES- 

La  difficulté  de  vérifier  ces  sortes  d'ouvrages  est 
presque  la  même  que  pour  ceux  du  précédent  para- 
graphe*. Comme  ces  sortes  d'ouvrages  sont  de  publi- 
cation  récente,  L'imprimeur  ajoute   presque  toujours 

■  La  collection  complète  <!<•  La  Caricature,  par  exemple,  n'est 

complète  qu'avec  251  numéro*,  i  novembre  1830,  21  aoùt1N7>5; 

li   Bibliographie    det  livret   illuitréi  du   xix-  siècle,    par    .Ii  les 

Brivois,  Parte;  Librairie  L.  Conquet,  1883,  in— 8,  en  donne  la  liste, 

gravures,  et  contient  de  longs  détails  Bur  cette  publication. 


102  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

l'indication  du  fascicule  dans  l'angle  gauche,  en  haut 
ou  en  bas,  de  la  première  page  du  cahier. 

4*  COLLATIONNEMENT  DES  OUVRAGES  A  GRAVURES. 

Les  ouvrages  qui  doivent  être  ornés  de  figures  deman- 
dent une  grande  attention,  parce  que  ces  figures  sont 
susceptibles  de  diverses  modifications,  soit  quant  au 
nombre,  soit  quant  à  la  qualité*.  Quant  au  nombre, 
parce  qu'il  serait  possible  qu'on  en  eût  égaré  quel- 
ques-unes qui  n'auraient  paru  qu'après  l'ouvrage  ter- 
miné et  livré;  quant  à  la  qualité,  parce  qu'elle  consiste 
dans  des  épreuves  qui  sont  avant  la  lettre,  sur  chine  ou 
sur  autre  papier,  ou  du  moins  en  premières  épreuves, 
avec  les  remarques  qui  servent  à  les  distinguer.  Ces 
remarques  feront  l'objet  du  chapitre  neuvième  de  notre 
travail  :  De  la  gravure  et  de  ses  états. 

Il  est  nécessaire  de  connaître  le  nombre  de  figures 
qui  enrichissent  un  ouvrage,  ainsi  que  l'endroit  où  elles 
doivent  être  placées  **  ;  il  faut  les  examiner  et  les 
compter;   il   faut  surtout  prendre  garde  qu'il  ne  s'en 

*  Comme  exemple  de  la  difficulté  du  collationnement  des 
ouvrages  à  gravures,  nous  citerons  le  Recueil  de  285  estampes, 
gravées  à  l'eau-forte  par  les  plus  habiles  artistes  du  temps, 
d'après  les  dessins  des  grands  maîtres,  que  possédait  autrefois 
M.  Jabach.  et  qui  sont  au  cabinet  du  roi  (sans  date),  in-fol.  obi. 
Ce  recueil  est  formé  de  la  réunion  des  planches  qu'avait  fait 
graver  M.  Jabach,  il  a  d'abord  paru  en  5  cahiers  de  49  estampes 
chacun,  suivis  d'un  Gp.  composé  de  51  estampes.  Les  épreuves 
distribuées  du  vivant  de  Jabach  sont  sans  numéros  et  sans 
lettres. 

**  Par  exemple  :  VOrJando  furioso  adornato  di  fig.  di  rame  da 
Gir.  Porro,  de  l'Arioste,  Venetia,  1584,  où  la  figure  du  54'  chant 
manque  presque  toujours;  mais,  pour  masquer  ce  défaut,  on  a 
mis  à  sa  place  celle  d'un  autre  chant.  Dans  d'autres  ouvrages, 
il  y  a  des  figures  qui  doivent  être  doubles,  ou  du  moins,  porter 
les  remarques  qui  indiquent  que  ce  sont  des  premières  épreuves. 


Itbef   gecumïus 


LXl 


Acte 


njtaruo 
I  ruœ'ït  ; 

8.   Mirt 

.îttrajird 
jlum  va> 
*if  ¥Hd»^>\^^  lu .  ^u)  d 
ftcat  Ipa*  :tgrtn  c  quo 
fydor  rcna/n'Ir.  hoc  aât 
lawcauanrur  cuiruram 
»gn  conhaq  oini  arbon 
CMMRntn   «Jcfocdû 
*V»plra.  vitt»  quoc«  ar 
bof»  dicar  vt  n«  Sa» 
©mi»  in  vnguè  jjbonb* 
pofeti  fec'to  va  limier 
J    IÉM  A  ^ -'H'fjuorj 
Ircundi  vaaimmi»  arpji 
IMCMn  eanntrnbuipacrr  Vdrur  po«a  abagrorum 
ccrprni.poftea  v>oum.dr*xorrtw  fcnbm»  a  p. 
panin  vbioVvinum  arborumq,  culrura»  Eroolphum 
^WtimKnranpnnxjmociiff.  JniniDrrfamtttdocuii. 
•Wl^aotuïpowirft  curarrrvr  frQnrn  luîn  imnp 


fa 


pubbï  Virgflfj  Maronis 
G  cor.Libcr  Sccundus, 


•Ait  laduyar*nt  ;  Hic  vtt 

ro  vi  i don  p i cet  vht  colo  ' 
te  Rheronco  :  quâ  cranfta 
Boncmappc3anti  quo  fa 
ak  hn  qujdi&a  funr:  ea 
qufdsaidï  rrfcamadnc 
ctunrur.  In  pccdcnci  t%i 
tur  Libre.  &  amorti  eut' 
tu  :  cVa  c*j  ad  raoonrm 
fydtnmi  pnnerêt  dderu 

Pvunctcbacchecanam.'qcc    pferaL  Nunc  quod  ftcun 

do  loto  dix  propof tient 

non  (ylucftria  cecum  aptk«  :  fente  vimuq» 


actenusaruop 

cultuS  :ct  fydera  cedù 


id/ungrte  vue»  xc. . 
m  Ha<ftm».  S-  vtmuld 
vohit  eft  vnaparfoiôrm 
et  ertadaerbiu  fignihcî» 
h jrufqj-a.'i/  dea»  £*e»  rf  Voltït.et  adwxbiîrvt  fit  •  «nu» 
haclîcut  Ourutn'arncropakar*  poidêt:fedmcbveft 
vni  accipx-gwoiat6nl«,hacVnuJ.  A.tUrten'.ctclni.f.dt 
rrum  Mrfozeugm». 

b  tydera  codi.S.ptconafmoi.necentm  funeaiibicnn 
corlo  fydrra.A.  Wonnafmm.eft  '"  dj(Tj6ecorU:(d  dtfta 
pralnldannadequa  latcfrabius  libre  ix.  <  t~eb»c« 
Ck.  It  K.iiiuctott^)  viwb''  pofuicdcqmbui  Girrxodtai 
1     V 


1  -'        Exemple  de  ]  olio  (commencement  du  xvr  siècle),  lire  de 

Fuetfi   i  tfaronii  6«or.  Liber  Secandus, 

Imprimi  i  Btratboarg,  en  1o02. 


tffo.e*pf. 

PB 


e 


flmepitflanvfixebieuteeQMtïes  s—jErbamcaau* 

fce&ffea  ententiwa  ma  pfainte  et  dament    CA  rit>«w  perape 

m. u. 

Fi#.  103.—  Exemple  de  Folio  (x\T  siècle),  tiré  des  Heures  de  Notre-Dame, 
traduites  en  vers  par  Pierre  Gringoire,  1525. 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  TROISIÈME.     105 

trouve  quelqu'une  répétée  à  la  place  de  celle  qui  doit 
s'y  trouver,  ce  qui  arrive  quelquefois. 

Ces  figures  peuvent  encore  être  tirées  en  couleur,  ou 
bien  coloriées  à  la  main,  comme  dans  la  plupart  des 
ouvrages  sur  l'histoire  naturelle  :  dans  tous  ces  cas,  il 
est  nécessaire  d'apporter  une  grande  attention,  pour 
éviter  toute  surprise,  soit  dans  la  défectuosité  des 
gravures,  soit  dans  leur  absence. 

5°  COLLATIONNEMENT  DES  OUVRAGES   NON  ACHEVÉS. 

On  a  deux  ressources  dans  ce  cas  ;  l'une,  de  colla- 
tionner  avec  un  exemplaire,  qui  a  été  reconnu  complet, 
renfermant  bien  exactement  tout  ce  qui  a  paru  de  l'ou- 
vrage; et  l'autre,  au  moyen  des  bibliographies  spéciales 
dans  lesquelles  on  peut  en  trouver  une  description. 

6°  COLLATIONNEMENT   DES  OUVRAGES  DÉTACHÉS 
OU   DE   MONOGRAPHIES   DONT  L'ENSEMBLE   FORME   UN  TOUT. 

Il  y  a  des  ouvrages  composés  de  pièces  différentes, 
de  monographies  partielles  imprimées  dans  un  format 
identique,  sur  môme  papier,  mais  avec  une  pagination 
et  des  signatures  différentes*;  ces  ouvrages  sont  très 
difficiles  à  collationner,  à  moins  que  l'on  ait  des  rensei- 

*  Parmi  ces  ouvrages,  on  peut  citer  :  Historiœ  sive  synopsis 
meth  mchyliorum,  quorum  omnium  pictura  ad  vivum  deli- 

'  exhibetur,  Libri  IV,  cum  appendicibus,  auct.  (Martinus)  Lister. 
Londini,  1685-1605, petit  in-fol.  —  Harmonie  universelle,  contenant 
la  théorie  et  la  pratique  de  la  musique,  où  il  est  traité  de  la 
nature  dea  Bona  et  des  mouvements,  des  consonnances,  des 
diaaonancefl  des  _<nres,  des  modes,  de  la  composition,  de  la 
voix,  dea  chanta  et  de  toutea  aortes  d'instruments  harmoniques, 
pai  Marin  Ifaraenne.  Paria,  Sébastien  Cramoisy,  ou  Richard 
Chariemagne  ou  Pierre  Baltard,  ] »;">»)- 1657,  'i  tomes  in-fol.,  fig.,  etc. 

La  dénomination  dea  grandi  c\.  des  petite  voyaget  dont  voici 
la  titre     I  peregrinationum  m  [ndiam   orientalem  et 

m  Indiam  occidentalem,  xxv  partibua  comprenons®,  etc.  cum 
Qgurifl  eeneia  fratrum  de  Bryet  Iferiani.  i  rancofurti  ad  Mœnum, 

..  14 


106  CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

gnements  positifs  sur  l'ordre  d'assemblage  par  rapport 
au  temps  où  ils  ont  été  composés  ou  aux  matières  dont 
ils  traitent  ;  ou  ce  qui  vaut  mieux,  un  exemplaire  com- 
plet du  même  livre.  Cependant,  comme  il  n'est  pas 
toujours  possible  de  vérifier  sur  un  second  exemplaire, 
on  peut  consulter  une  bibliographie  détaillée  de  ces 
sortes  d'ouvrages  :  J.-Ch.  Brune t  et  Graese  pour  les 
ouvrages  anciens,  Lorenz,  Louandre  et  Bourquelot  pour 
les  ouvrages  récents.  Il  existe  des  bibliographies 
étrangères  qui  peuvent  rendre  les  mêmes  services. 

Il  n'est  pas  très  facile  de  collationner  les  ouvrages 
de  certains  auteurs,  qui  ont  composé  un  grand  nombre 
de  pièces  peu  volumineuses  sur  diverses  matières, 
lesquelles  ont  été  imprimées  à  des  époques  éloi- 
gnées l'une  de  l'autre*. 

7°  COLLATIONNEMENT  DES  OUVRAGES  CARTONNÉS. 

Une  autre  espèce  d'ouvrages,  bien  plus  difficile  à 
collationner,  est  celle  dans  laquelle  se  trouvent  des 
cartons,**  et  qui  doivent,  pour  être  complets,  contenir 

typis  Jo.Wecheli,  sumptibus  veroTheod.  deBry,  1590-1634,  25  par- 
ties in-fol.  fig.,  ne  consiste  que  dans  la  différence  du  format  qui 
est  plus  grand  pour  les  Indes  occidentales  et  plus  petit  pour 
les  Indes  orientales. 

*  Tels  sont  ceux  de  Catharinot,  de  Bernard,  de  Bluet  d'Ar- 
beres,  qui  prenait  le  titre  de  Comte  de  Permission,  et  de  quel- 
ques autres  originaux  ejusdem  farinse,  dont  les  productions  sont 
difficiles  à  trouver  complètes.  Nous  citerons  encore  comme 
exemple,  le  volume  :  Opère  di  Giulio  Cesare  Cortese  in  lingua 
napoletana.  Napoli,  16GG,  in-ll2.  Édition  la  plus  complète  des 
oeuvres  de  ce  poète,  qui  sont  écrites  en  dialecte  napolitain  et 
dans  laquelle  on  trouve  :  la  Rosa,  favola,  une  des  meilleures 
pièces  de  ce  genre  qu'ait  produites  l'Italie;  la  Vaiasseide,  poema 
hcroïco,  et  plusieurs  autres  petits  poèmes  qui  ont  chacun  un 
titre  spécial  et  une  pagination  séparée 

**  Les  cartons  sont  des  feuillets  qu'on  veut  substituer  à  quel- 
ques   autres,    soit  en   vue   de   remédier  à    quelques    erreurs 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  TROISIÈME.    107 

des  feuillets  supprimés  ou  ajoutés,  des  gravures  dont 
les  planches  ont  été,  ou  modifiées,  ou  détruites  après 
un  premier  tirage,  etc. 

8°  COLLATION'NEMENT   DES  OUVRAGES   DEVANT  AVOIR  UNE   SUITE. 

Il  existe  d'autres  ouvrages  dont  la  collation  présente 
aussi  de  grandes  difficultés;  ce  sont  ceux  qui,  étant 
terminés  et  n'ayant  rien  pour  indiquer  qu'ils  doivent 
avoir  une  suite,  passent  néanmoins  pour  imparfaits 
lorsqu'on  n'y  a  pas  joint  un  traité,  une  dissertation  ou 
quelques  autres  pièces  données  après  coup  et  que  l'on  a 
l'habitude  d'y  joindre.  Tels  sont,  par  exemple,  le  Lib.  V, 
qui  est  de  serpentum  natura;  adjecta  est  ad  calcem  scor- 
pionis  insecti  historia,  qui  est  la  suite  de  l'ouvrage  de 
Conr.  Gesnerus  :  Historia  animalium.  Tigurini,  Fros- 
chover,  1551-87,  in-fol. —  La  Dissertation  historique  sur 
quelques  monnoyes  de  Charlemagne,  de  Louis  le  Débon- 
naire, etc.,  frappées  dans  Rome.  Paris,  J.-B.  Coignard, 
1689,  in-4°,  fig.,  qui  doit  être  jointe  au  Traité  historique 
des  monnoyes  de  France  avec  leurs  figures,  par  Fr.  le 
Blanc.  Paris,  J.  Boudot,  1090,  in-4°,  fig.,  etc. 

0°   COLLATIONNEMENT    DES   INCUNABLES. 

C'est  là  réellement  que  réside  toute  la  difficulté  du 
collationnement*.  A  l'origine  on  ne  trouve  ni  titre,  ni 

typographiques,  trop  considérables  pour  pouvoir  être  renvoyées 
,i  ['errata  qui  se  met  à  la  lin  de  l'ouvrage,  pour  obéir  aux 
exigences  de  In  censure  ou  pour  des  considérations  analogues. 
D'autres  cartons,  au  contraire,  Bervenl  dans  quelques  ouvrages 
pour  l'impression  de  passages  libres,  et  qui  ne  se  rendent 
que  sous  le  manteau.  Nous  parlerons  plus  longuement  des 
eartoni   dans  on  prochain   chapitre. 

m  peul  avoir  recours,  pour  la  collation  de  ces  livres,  au 

in-  qui  se  trouve  .)  la  fin  dei  ouvrages  du  \\r  siècle.  Le 

tre  (registrum  chartarum    consistai!  a  rappeler,  dans  une 

table,  lea  premiers  mois  des  feuilles.   Malheureusement  peu 


108  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

signature,  ni  réclame,  ni  registre,  et  souvent  ni  le 
nom  de  l'imprimeur  et  le  lieu  d'impression.  De  plus,  le 
format  n'est  jamais  régulier,  les  cahiers  variant  beau- 
coup d'épaisseur;  et  quelquefois  le  caractère  typogra- 
phique est  de  grosseur  différente*.  On  s'attachera  donc, 
pour  les  plus  anciens  monuments  typographiques,  et  en 
dehors  des  détails  bibliographiques**,  à  lire  les  der- 
nières lignes  des  cahiers  et  les  premières  des  autres  afin 
de  les  rassembler  selon  le  sens  de  la  phrase.  On  pourra 
les  grouper  dans  l'ordre  du  registrum,  et,  lorsque  les 
signatures  paraissent,  la  difficulté  sera  déjà  moindre. 


Les  notes  des  catalogues  mentionnent  quelquefois 
les  feuillets  blancs  pour  établir  un  principe  qui  paraît 
incontestable,  savoir  :  qu'un  livre  qui  ne  contient  pas 
tous  les  feuillets  (blancs  ou  imprimés)  qu'il  avait  lors- 
qu'il est  sorti  de  l'imprimerie,  est  plus  ou  moins 
incomplet.  Depuis    longtemps,  on   s'est   accoutumé  à 

d'ouvrages,  pour  lesquels  avaient  été  imprimés  ces  registres, 
les  possèdent.  Le  feuillet  sur  lequel  ils  étaient  imprimés  se 
trouvait  à  la  fin  du  livre;  et,  une  fois  que  le  relieur  s'en  était 
servi,  il  était  le  plus  souvent  exposé  à  être  déchiré.  Cf.  Cha- 
pitre deuxième.  Du  Format  des  livres. 

*  La  pagination  du  Psaltorium  latine  imprimé  par  Schoifler 
en  1502,  in-folio,  est  imprimée  jusqu'au  folio  cxxxvij,  et  cesse 
ensuite.  Dans  l'exemplaire  qui  se  trouve  à  la  Bibliothèque 
nationale,  et  qui  provient  de  la  collection  du  duc  de  La  Vallière, 
une  note  manuscrite,  détachée,  dit  que  le  texte  des  seize  pre- 
miers feuillets  est  pareil  à  celui  de  la  première  édition  de  4457. 
Le  gros  caractère  s'arrête  au  folio  155,  où  le  texte  finit  tout  à 
coup  par  le  mot  qui.  Le  verso  de  ce  feuillet  et  le  suivant  sont 
blancs.  Le  petit  caractère  occupe  ensuite  vingt-et-un  feuillets. 

**  Cette  ressource,  lorsqu'il  est  encore  possible  de  se  la  pro- 
curer, est  infiniment  précieuse;  et  il  est  bon  de  consulter  en 
pareil  cas  les  ouvrages  de  Maittaire,  Panzer,  La  Serna,  Hain,  etc., 
sur  les  ouvrages  des  xve  et  xvi°  siècles. 


défila  TrelTacrce  Impaialc  et  cathohcque  magcfleluy  cftant  en 
^ffa  are  de  Paiâce  en  Cafhlle  cuit  nouuelles  dès  marches  yfles 
==b  et  terre  ferme  occeanes,  que  Ion  appellcrt  RÔme\ailgaircmét 
les  Indes,  pourceqvne  partie  djcellescft  et  confronte  cnuerslef6indes» 
Lefquelles  Indes  et  tetres  fontefle  nagairesconqucfteesdefcouenesct 
rrouuees  au  parauant  incongneues  et  lans  dénomination.  Car  les  Çoù 
mogr3phes  et  géographes  anciens  nen  ont  fait  aucunemenrion  lafoit 
ce  q  bien  le  mentaflent  et  ne  fait  adoubter  quille  lcufTcnt  patte  en  obly 
et  taciturnite  Çilj  en  euiïent  en  la  congnoilTancc  et  nonce.  Commit  na; 
uoient  en  uigant  et  pfum3nt  du  chnat  on  lefo  yfles  lont  auttement  q  la 
verite.Laqlle  lexpenâce  pfente  dcmôfrrc  et  donne  a  congnoiftre  a  ceulx 
de  ce  temps  queft  auec  la  grâce  impériale  que  dien  le  tout  puiiïant  fait  a 
fadicictrefracrcemageucetalanaciôDefpaignequeen  leur  temps  et 
par  eulx  cette  tant  admirable  ouuerture  et  accroiiTance  du  mode  foit  ad 
uenue  les  rurbes  et  multitudes  infinies  dames  des  peregrinans  cf6  mar; 
ches  et  contrées  a  pardicion  par  ydolatne  et  befhalitc  en  doctrine  et  r& 
duiA^alalumiaecôgnoifiance  etcreicedel3  foyxpiennevraye  voye 
defalut.  Etlesefpaignesvoyrelagrâgneurpartiedèla  xpiennite  pour 
nehues  et  enrichies  côme  de  bien  en  mieulx  inceiïanment  elles  ennchiG 
fent  et  beaucop  plus  enrichiront  cy  après  de  lor;  efpicrnes  /  auec  autres 
maintes  effranges  etpacufes  chofes  de  diueries'qualire*  etgendres  ve» 
nâs  dicelles  yfles  que  Ion  dit  apporte  efô  efpaignes  qucft  auiTi  lenûagnc 
etimprefliô  lnduifantatout  mains  maintes  de  croyredefo  yfles  ce  qui 
en  eft  autremét  a  ramais  ne  leconfeiTeroiér  pour  la  mcrueille,  et  comme 
tefà  nouuelles  difoient  leftanduedefà  terres  et  yfles  poptilaciôs  et  richef 
fes  dicelles  font  fi  grandes  quelles  paflent  celles  dalle  anaennem et  de£ 
couuertes  Europe  et  Aphrique  anciennement  dcicouuertes  auflj.  Dont 
maitoiremét  fa  dide  trefîacree  magefre  fen  pouuoir  intituler  Empereur 
et  grant  monarque  par  auflî  bône  raifon  et  meilleure  raifon  que  de  Ko-. 
me^erGermanicEt  de  tout  et  q  Lempereur  Romain  pcult  côprandre  et 
a  coprins  des  tares  et  prouinces  cogneucs, 

C  La  fubfhmcc  defô  nouuelles  clr  que  Fernande  cortes  lung  des  cappi 
rames  defatf  trciïaaee  magefte  es  pâmes  et  marches  de  la  mer  occeanc/ 
qui  auparauant  auoit  dcfcouuert  vneregion  et  terre  que  Ion  nôme  Ov 
oucatan  de  prît  intitulée  et  nommec  la  neufuc  efpaignc.  Et  au  cômâct 
met  dicellc  terre  a  la  cofle  de  la  mer  du  cofle  ou  il  entra  auec  fes  gés  gaig 
navncvillcalaquellcilauoitimpolenom  La  ville  de  la  vraye croix,  ou 
d  a  faitcdifncr  a  corWmjirc  vnc  forterefleet  habita  aulcungsefpaignol> 
ou  fcmblablcmét  il  refeda  pluifrs  ioumecs  attirant  et  reduifant  par  bôs 

moyens  les  fubgeâj  et  payions  dillcc  a  de  toute  la^mnce  a  lobeiiïancc 

Au 

I      '.   101.  —  ('.<■   feuillet   d'un  opuscule,   p  „i  ,-.,:■,,  ijduirt-  OOnnii , 

étant  lignatoré  Aij,  un  feuillet  Ai 
Ua06|  soit  Imprimé,  dertlt  le  précéder  (Voir  Note*,   page  111). 


110  CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

regarder  comme  faisant  partie  intégrante  d'un  volume 
les  feuillets  'blancs  situés  au  milieu  d'autres  feuillets 
imprimés;  les  feuillets  blancs  placés  au  commencement 
ou  à  la  fin  du  volume  n'en  font  pas  moins  partie. 
Sans  parler  des  feuillets  blancs  qui  complètent  des 
livres  tels  que  Homère  de  1488*  et  le  Décor  Puellarum** 
et  donnent  un  prix  inestimable  aux  exemplaires 
uniques  ou  très  rares  dans  lesquels  on  les  rencontre 
encore,  comment  pourra-t-on  s'assurer  qu'un  ancien 
livre  dont  le  premier  feuillet  du  texte  porte,  par  exemple, 
la  signature  An  ou  même  Ain  est  complet*** et  qu'il  ne 

*  Homeri  opéra,  grsece.  Florentia,  sumptibus  Bern.  et  Nerii 
Nerliorum,  1488,  2  vol.  in-fol.  A  la  fin  de  cette  édition,  on  trouve 
un  feuillet  blanc  qui  complète  le  cahier  de  G  feuillets  portant  la 
signature   et  et,  et  qui  manque  presque  toujours. 

**  Le  neuvième  feuillet  d'un  livre  précieux,  qu'une  faute 
d'impression  a  rendu  célèbre  :  Décor  Puellarum,  questa  sie  una 
opéra  la  quale  se  chiama  décor  puellarum  :  zoe  honore  délie  donzelle . 
Venetia,  Nicolas  Jenson,  in-4,  manque  souvent.  Ce  défaut  tient 
principalement  à  ce  que  ce  neuvième  feuillet,  étant  le  corres- 
pondant d'un  feuillet  blanc  qui  doit  se  trouver  au  commence- 
ment, il  arrive  que  lorsque  celui-ci  est  enlevé  dans  un  exemplaire, 
le  neuvième  feuillet  n'a  plus  rien  qui  le  maintienne  et  se  perd 
facilement. 

La  première  signature  ai  de  la  Biblia  Bo/iemica,  imprimée 
en  1488,  in-folio,  une  des  plus  rares  versions  imprimées  du  texte 
de  l'Écriture,  est  en  blanc  ;  sur  le  feuillet  aij  commence  un 
prologue  ou  préface.  Les  signatures  sont  placées  comme  il  suit  : 
a  à  g  inclusivement,  par  <li\  feuillets;  h  huit;  i  h  z  compris,  par 
dix  {t,  vy  x  se  suivant  ainsi).  Ensuite  A,  dix  feuillets;  B,  quatre; 
C  à  Z  inclusivement,  par  dix.  Puis  AA,  BB,  par  dix;  CC,  huit; 
plus  loin  aa  hmm,  par  dix;  nn,  huit;  et  enfin  iavec  huit  feuillets. 
Les  huit  derniers  feuillets  sont  imprimés  en  rouge  et  noir  alter- 
nativement pour  chaque  ligne,  et  forment  une  espèce  d'Index. 
La  souscription  en  dix-neuf  lignes  est  placée  au  bas  de  la 
seconde  colonne  sur  le  verso  du  feuillet  mm  viij. 

***  Les  bibliographes  donnent  85  feuillets  seulementau  volume 
M.  T.  Ciccronis  orationes  philippicœ.  Venetiis.  Joh.  de  Colonia,  etc., 
1474,  in-4,  qui  réellement  en  a  88.  A  la  vérité,  les  trois  feuillets 
supplémentaires  sont  blancs,  mais   ils   n'en    sont  pas  moins 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  TROISIÈME      111 

devrait  pas  être  précédé  d'un  titre,  si  les  feuillets, 
blancs  ou  imprimés,  qui  se  trouvaient  au  commence- 
ment ont  été  enlevés*?  Il  est  souvent  arrivé  que, 
supposant  le  premier  feuillet  qui  manquait  devoir  être 
blanc,  des  bibliographes  ont  été  amenés  à  donner  un 
titre  qui  n'avait  rien  de  commun  avec  le  véritable  titre 
placé  sur  le  feuillet  qu'on  croyait  être  blanc  ;  d'autres 
ont  remarqué  que  des  ouvrages  très  rares,  tels  que 
ce  même  Décor  Puellarum  que  nous  venons  de 
citer,  manquaient  souvent  à  l'intérieur  d'un  feuillet 
déterminé.  Or,  l'explication  de  cette  singularité  se 
trouve  précisément  dans  le  feuillet  blanc  qui  devait  être 

nécessaires,  les  deux  premiers  pour  compléter  le  cahier  a,  dont 
le  texte  commence  avec  a  5,  et  le  dernier  pour  compléter  les 
8  feuillets  que  doit  avoir  le  cahier  /. 

*  L'opuscule  Des  Marches,  îles  et  pays  trouvés  et  conquits  par 
les  capitaines  du  très  illustre  et  très  puissant  Charles  Ve  de  ce 
nom  et  principalement  la  prise  et  conquête  de  la  cité  de  Ternis- 
titan  située  en  la  nouvelle  terre  de  Yucatan,  maintenant  appelée 
Nouvelle  Espagne,  estimée  plus  grande  que  Espagne,  France  et 
Allemagne,  sans  les  îles.  Imprimé  en  Anvers,  par  Michiel  de 
Hoocstraten,  s.  d.  (vers  4552),  in-4  de  15  fi".,  qui  traite  surtout  de 
Temistitan  (Mexico)  et  de  sa  conquête  par  Cortès,  parait  être  le 
premior  ouvrage  de  Cortès  qui  ait  été  publié.  Il  a  dû  être  rédigé 
à  l'aide  des  deui  premières  lettres  de  ce  capitaine.  On  ne  le 
connaît  .lujourdhui  que  par  deux  versions,  celle  en  français 
lie  en  hollandais  citée  par  M.  Harrisse  (Bibl.  Amcricana, 
■  d",  u-  'ri.  L'exemplaire  en  français  qui  se  trouvait  en 
rente  chez  MM.  Damascène  Morgand  et  Fatout,  et  que  nous  dé- 
crivons est  le  teul  connu;  il  a  été  cité  par  MM.  Harrisse  et 
Deschamps  d'après  le  catalogue  de  M.  Tross  de  1866. 

Le  texte   i  ommence  au   feuillet  Ai j  que  nous    reproduisons 

f\oirfii_'.  104  par  :  /."  i'in  1523  ou  mois  daoust,  la  Tressacree 
itholicque  magesU  luy  estant  eu  sacite  de  Palace  en 
marchas  ysles  et  terre  ferme  occeanes.... 
Le  titre  donné  plu-  haut  esl  la  copie  d'une  ancienne  inscription 
manuscrite  qui  se  trouve  but  un  feuillet  blanc  <-t  remplace  i«- 
titre  qui  a  <-\i-t«-  peut*  ire  pas  autrement,  le  papier  de  ce  feuillet 
étant  le  même  que  «'lui  «lu  restant  de  cet  exemplaire. 


112  CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

placé  au  commencement  et  qui,  une  fois  enlevé  par 
quelque  relieur  inhabile,  laissait  sans  appui  le  feuillet 
correspondant,  lequel  ne  tardait  pas  à  se  détacher 
et  à  se  perdre.  Règle  générale,  le  libraire  et  l'amateur 
devront  vérifier,  avec  une  attention  toute  particu- 
lière, les  volumes  dans  lesquels  se  trouveront  des 
cahiers  composés  d'un  nombre  impair  de  feuillets. 

Le  collationnement  d'un  livre  est,  comme  on  vient  de 
le  voir  par  tout  ce  qui  précède,  une  garantie,  une 
preuve  de  l'état  complet  de  l'œuvre  ;  il  est  indispen- 
sable, et  les  amateurs  devront  collationner  leurs  livres 
avant  de  les  envoyer  à  la  reliure;  surtout,  nous  le 
répétons,  en  ce  qui  concerne  les  incunables  et  les  livres 
publiés  au  xvie  siècle. 


iffodxx  Iptaç*  Cafparlni  fini^ 

d^ft  fol  lumen 'f te  doftnnarh  fundif  in  otbem 

Mufatum  nutax^tegta  patifiuf  ;    . 
^Ninc  ptope  diuinarpjtu  qua  gctmania  nouit 

iVttem  foribendi/fufape  ptometita; 
(pPumos  cccc  hbtdf ?quos  bzc  inçluftria  finxit 

Irancorum  in  tcmf*acdibuf  atq?  tuîf ; 
{pSkcbâel  VyalricufyMattinufcf  magiftcc 

ftfof  impreffetunt-ac  6actet>t  aliof; 

Fig.  105.  —  Signature  de  :  Gasparini  Pcrgamensis....  epistolarum. 
"Premier  livre  imprimé  à  Paris,  1470  (Atelier  de  la  Sorbonne). 


jSroçtf  t  iriplu  ?  tnûUriâ  ^îumitur  îta 
£>ûs  mi  î  canîela  lum§  ttginê  (t  cera 
§>ici  jço  caro  aîa  s  Dirômtasr  ocra 
13  pc  canota  #  tjûauo  01?  é  teo  obfota 
per  9  no|  tmebraru  urâru  ?  ttluîata 

Fig.  106.  —  Exemple  des  abréviations  usitées  avant  l'invention 

de  l'imprimerie  tiré  d'un  monument  xylographique  : 

Spéculum    humanee    Salvationis    (Sans    date.) 


ABREVIATIONS    USITÉES    EN    BIBLIOGRAPHIE 
AINSI  QUE  DANS  LES  MANUSCRITS  ET  LES  IMPRIMÉS 


Par  économie  de  temps  et  d'espace,  on  a  réduit  à 
leur  plus  simple  expression,  les  termes  courants  usités 
en  bibliographie,  dans  les  manuscrits  et  les  imprimés. 
Ces  abréviations  se  trouvent  dans  toutes  les  langues, 
mais  modifiées  comme  formes.  Elles  servent  surtout 
lors  de  la  rédaction  des  catalogues,  soit  de  biblio- 
Lhèques,  soit  de  librairies,  soit  encore  pour  le  détail  des 
conditions  de  reliure.  On  juge  généralement  la  bonne 
rédaction  du  catalogue  d'une  bibliothèque,  non  seulc- 
menl  par  la  transcription  précise  du  titre  <■(  de  l'adresse 
bibliographique,  mais  aussi  par  un  emploi  judicieux 
formulée  abréj  Les  abréviations  onl  porté  sur 

m  15 


114  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

les  dates,  sur  les  reliures,  sur  les  formats,  sur  les 
gravures,  sur  les  papiers,  sur  les  caractères  d'impri- 
merie, sur  les  impressions,  et  enfin  sur  tous  les  termes 
qui  se  retrouvent  fréquemment  et  d'une  manière 
constante  dans  les  catalogues. 

Il  y  a  quelques  avantages  pour  l'amateur  de  con- 
naître ces  abréviations  ;  bien  souvent  il  démêlera  dans 
leur  lecture  quelque  remarque  intéressante  pour  la 
détermination  d'un  ouvrage,  et  quelques  variantes 
d'édition  pourront  l'intéresser. 

Comme  ces  abréviations  ne  sont  pas  assez  connues 
et  qu'un  grand  nombre  de  bibliophiles  et  de  libraires 
pourraient  se  trouver  embarrassés  pour  les  distinguer, 
nous  allons  les  indiquer  ci-dessous  : 

TABLEAU    DES    ABREVIATIONS    BIBLIOGRAPHIQUES 
USITÉES    EN    FRANCE. 

A pour    anno  ou  année. 

à  comp à  compartiments. 

à  fr —      à  froid. 

A.  L -  -      avant-lettre. 

Av.  let avec-lettre. 

anc.  rel ancienne  reliure. 

anc.  rel.  à  nerf  .    .  —      ancienne  reliure  à  nerf. 

ant —      antique. 

app —      appendice. 

aquar .  aquarelles. 

atl —      atlas. 

aut —      auteur. 

auto autographe 


A  UN  BIBLIOPHILE.   — 

autog pour 

autogr — 

av.  rem — 

bas — 

bas.  gran — 

bl — 

blas — 

br — 

bro — 

broc.    .......  — 

c — 

Ca — 

car.  elz — 

car.  goth — 

car.   ital — 

car.  micros — 

car.  rom — 

cart — 

carton.  Brad.    .    .    . 

carto 

carto.  n.  r — 

>■.  d.  i: 

c.  et  fer  m — 

Cf - 

et - 

chag — 

— 

Ch.  M 

Mff 

chromolith 


CHAPITRE  QUATRIÈME.    115 

autographes, 
autographié. 
avec  remarque, 
basane. 

basane  granitée, 
blanc, 
blason, 
brun, 
broché, 
brochure, 
coins, 
circa. 

caractères  elzévieriens. 
caractères  gothiques, 
caractères  italiques, 
caractèresmicroscopiques. 
caractères  romains, 
carton. 

cartonnage  Bradel. 
cartonné. 

cartonné  non  rogné, 
cuir  de  Russie, 
coins  et  fermoirs, 
confer,  c'est-à-dire 
consultez,  voyez, 
cum  figuris 
chagrin, 
chine. 

charta  magna. 
chiffré. 
chromolillioL'T.'ipliir. 


116  CONNAISSANCES 

colon pour 

comp — 

coul — 

couv — 

cplt — 

Cus — 

d 

d.-b 

d.-ch — 

déd.  aut — 

déd.  imp — 

dent 

dent,  int — 

des 

d.-m — 

dou 

d.-r.  ou  dem.-rel   .    .  — 

dor.  s.  tr — 

Dup — 

d.-v — 

éb 

éc — 

éd — 

édit 

E.  F 

encad — 

ent — 

env.  d'aut — 

épr — 

est — 

esta — 


NÉCESSAIRES 

colonnes. 

compartiments. 

couleur. 

couverture. 

complet. 

custodes. 

de. 

demi-basane. 

demi-chagrin. 

dédicace  autographe. 

dédicace  imprimée. 

dentelles. 

dentelle  intérieure. 

dessins. 

demi-maroquin. 

doublé. 

demi-reliure. 

doré  sur  tranches. 

duplicata. 

demi-veau. 

ébarbé. 

écaille. 

édition. 

éditeur. 

eau-forte. 

encadrement. 

entrelacs. 

envoi  d'auteur. 

épreuves. 

estampé. 

estampe. 


A  ON  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  QUATRIÈME.    117 

ex pour    exemplaire. 

extr —      extrait. 

F.,fasc —      fascicule. 

facs fac-similé. 

fr —      fers. 

fr.  a —      fers  azurés. 

fr.  à  fr fer  à  froid. 

fr.  d fers  dorés. 

feu —      feuillage. 

ferra —      fermoirs. 

f —      feuille. 

fe —      feuillet. 

ff. —      feuillets. 

ff,chiff feuillets  chiffrés. 

fe,  nchiff —      feuillet  non  chiffré. 

ff,  nchiff —      feuillets  non  chiffrés. 

fy —      figure. 

figg —      figures. 

figg.  col figures  coloriées. 

figg.  s.  b figures  sur  bois. 

fil —      filets. 

fil.  à  ' filets  à  compartiments. 

fil.  comp filet  composés. 

fil.  dor filets  dorés. 

fil.  dor.  s.  I.  p. .   .   .  filets  d'or  sur  les  plats. 

fr.  d filets,  tranches  dorées. 

p.  d.  I fleurs  de  lis. 

for —      format. 

for.  obi formai  eblong. 

for.  a.tl format  atlantique. 

-fol formai  in-folio. 


118  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

4°  ou  in-A° pour    format  in-quarto. 

8°  ou  m-8° format  in-octavo. 

12  ou  tn-12 format  in-douze. 

d6oum-16 format  in-seize. 

18oum-18 format  in-dix-huit. 

m-24 format  in-vingt-quatre. 

in-52 —      format  in-trente-deux. 

zn-64 format  in-soixante-quatre. 

fro —       froid. 

front,  gra —      frontispice  gravé. 

fx.  lit —      faux  titre. 

gf.,gauf gaufré. 

goth gothique. 

gr —       grand. 

gra —       gravé. 

grav gravure. 

gr.  marg —      grandes  marges. 

gr.  p.  ou  gr.  pap.    .  grand  papier. 

héliogr —      héliogravure. 

Mus —      illustré. 

iliustr —       illustration. 

imp imprimeur. 

impr —       imprimé,  imprimerie. 

impr.-édit imprimeur-éditeur. 

Impr.  nat Imprimerie  nationale. 

inc incomplet. 

Incun incunable. 

int intérieur. 

jans —      janséniste. 

/ lavé. 

larg.  dent —      large  dentelle. 


À  UN  BIBLIOPHILE 

La  Val 

libr 

libre. 

libr.-édif 

fy 

lim 

lithog 

liv 

livr 

//£..  ou  mar 

m.  ant 

marb 

m.  b 

m.  bl 

m.  citr 

m.  du  L 

d.  ou  d.  m.  .    .    . 

.    i.  ou  d.  t .    ... 


/•    • 
m.  jans. 

ut.    I.       . 

m.  a.  . 
m.  o.    . 

m.,  pi.  . 
m.  r.    . 

m.  < 

mil. 


.  —  CHAPITRE  QUATRIEME.    119 

pour    La  Vallière. 

—  libraire. 

—  librairie. 

—  libraire-éditeur. 

—  ligne. 

—  liminaires  (feuillets). 

—  lithographie. 

—  livre. 

—  livraison, 
maroquin. 

—  maroquin  antique. 

—  marbré, 
maroquin  bleu. 

—  maroquin  blanc, 
maroquin  citron, 
maroquin  du  Levant, 
maroquin  doublé   de 

maroquin, 
maroquin   doublé  de 

tabis. 
maroquin  jaune, 
maroquin  janséniste, 
maroquin  lilas. 
maroquin  noir, 
maroquin  olive, 
maroquin  plein, 
maroquin  rouge, 
maroquin  vert, 
maroqu'n  violet, 
microscopique, 
milieux. 


120  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

rnin pour    miniature. 

minu minuscule. 

mosaï —      mosaïque. 

mouill mouillures. 

mouill.  et  piq.  .    .    .  mouillures  et  piqûres. 

Ms —      manuscrit. 

Mss —      manuscrits. 

n° numéro. 

not.   mss notes  manuscrites. 

n.  rog —      non  rogné. 

obi —      oblong. 

or.    .        —      or. 

orig original. 

orn —      orné. 

orne ornement. 

V —     PaSe- 

pp —      pages. 

pap — ■      papier. 

pap.  méd —       papier  médium 

pap.  moy papier  moyen. 

pap.  v papier  vergé. 

pap.  vél papier  vélin. 

pap.  de  Ch —      papier  de  Chine. 

pap.  de  Holl.    .    .    .  papier  de  Hollande. 

pap.  du  Jap —      papier  du  Japon. 

pap.  Wh papier  Whatmann. 

parch parchemin. 

part partie. 

pe.  de  tr peau  de  truie. 

père percaline. 

pet petit. 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE   QUATRIEME. 
pet.  fr pour 


121 


pet.  for.  .  . 
pet.  pap.  . 
piq.  cl.  v.    . 

pi 

pla 

pla.  enl. .  . 
plaq.  .  .  . 
point.  .    .    . 

ptr 

portr.  .    .    . 

m 

qq.  rnouill. . 

mtO 

réel  .... 

régi 

rel 

rel.  anc.  .  . 
rel.  ang.  .  . 
rel.  à  ii.  .  . 
rel.  en  bois, 
rel.  en  ch.  . 
rel.  jans.  . 
rel.  pe.  <le  tr 
rel.  pie.  ■  . 
relié.  .  .  . 
rem  .... 

/  ép 

pé.    .    .    . 
reprod.    ,    . 
/  ,  et  n.    .    . 
Il 


petits  fers. 

petit  format. 

petit  papier. 

piqûres  de  vers. 

plats. 

planche. 

planches  enluminées. 

plaquette. 

pointillé. 

portrait. 

portraits. 

quelques. 

quelques  mouillures. 

recto. 

réclames. 

réglé. 

reliure. 

reliure  ancienne. 

reliure  anglaise. 

reliure  à  nerfs. 

reliure  en  bois. 

relié  en  chagrin. 

reliure  janséniste. 

reliure  en  peau  de  truie. 

reliure  pleine. 

relié. 

remarque. 

réparé. 

répétition. 

reproduction. 

rOUge  et  noir. 

Ki 


122  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

rog pour    rogné 

s.  d —      sans  indication  de  date. 

sig —      signé. 

sign —      signet. 

signa —      signature. 

s.  I —       sans  indication  de  lieu. 

s.  I,  n.  d —       sans  lieu,  ni  date. 

s.  /,  n.  d,  n.  typ.  .    .  sans    indication    de  lieu, 

ni  de  date,  ni  de  typo- 
graphe. 

s.l^n.d^n.typ^n.libr.       —      sans    indication   de  lieu, 

ni  de  date,  ni  de  typo- 
graphe, ni  de  libraire. 

s.  I,  n.  typ.  (oun.  t.).  sans  indication  de  lieu,  ni 

de  typographe. 

s.  typ sans  indication  de  typo- 

graphe. 

supp supplément. 

tabl.  généalog.  ...       —      tableau  généalogique. 

tête  dor —      tête  dorée. 

tète  jasp —      tête  jaspée. 

tit.  gr —      titre  gravé. 

tit.  r.  et  n titre  rouge  et  noir. 

T.  ou  to —      tome. 

To.  ou  torn — ■      tomes. 

trad — ■      traduit. 

tradu —      traduction. 

tr.  cis .        —      tranches  ciselées. 

tr.  dor —      tranches  dorées. 

tr.  j —      tranches  jaspées. 

tr.marb —      tranches  marbrées. 


A  UX  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  QUATRIÈME.    123 

tr.  p pour    tranches  peignées. 

tr.  r —      tranches  rouges. 

tr.  s.  d tranche  supérieure  dorée. 

typ typographe. 

typo —       typographie. 

typog typographique. 

v —      veau. 

v.   ant veau  antique. 

v.  b veau  bleu. 

v.  br —      veau  brun. 

v.  éc veau  écaille. 

v.  esta.    ......  —      veau  estampé. 

v.  f —      veau  fauve. 

v.  f.  ant —      veau  fauve  antique. 

v.  fil —      veau,  avec  filets. 

v.  j —      veau  jaspé. 

v.  rnarb veau  marbré. 

v.  p veau  porphyre. 

v.  rac veau  racine. 

v.  v veau  vert. 

v.  viol veau  violet. 

v° —      verso. 

vél —      vélin. 

vél.  de  Holl vélin  de  Hollande. 

vifjn —      vignettes. 

V.  ou  vol volume. 

117/ Whatmann. 

Q|  i  i  Ql  ES   BZEMP1  ES  : 

1563.  1   vol.  in-8°,  ancienne  reliure,  maroquin  rouge 

«loiiLh-  de  maroquin  noir,  dentelle  intérieure,  filets  à 


124  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

compartiments  sur  les  plats,  tranches  dorées,  reliure 
janséniste  (Bel  exemplaire). 

1565.  8°.  anc.  rel.,  m.  r.  dou.  d.  m.  n.,  dent,  int.,  fil. 
à  comp.  sur  les  pi.,  tr.  dor.,  rel.  jans.  (Bel  ex.). 


1855.  4  vol.  in-12,  demi-reliure  maroquin  bleu,  tran- 
ches peignées  (Quelques  mouillures). 

1855.  4  vol.  in-12,  dem.-rel.  m.  b.,  tr.  p.  (qq.  mouill.). 


1855  à  1867.  12  vol.  in-4°,  demi-reliure  et  coins  maro- 
quin rouge,  tôte  dorée,  non  rogné. 

1855  à  1867,  12  vol.  4°,  d.  r.  et  c.  m.  r.,  tôte  d.  n.  rog. 

Nous  devons  aussi  mentionner  quelques-unes  des 
abrévations  usitées  dans  les  manuscrits,  et  dans  les 
imprimés  du  xve  siècle. 

Pour  les  abréviations  hébraïques,  on  devra  consulter 
les  planches  des  ouvrages  de  Mercerus,  David  de 
Pomis,  Schindler,  Buxtorf,  etc. 

Pour  les  abréviations  des  manuscrits  grecs,  consulter 
les  planches  du  Lexicon  diplomaticon  de  Jos.  Walther, 
in-folio,  1745  à  1747,  ouvrage  très  estimé. 

Pour  les  abréviations  des  manuscrits  latins,  et  avoir 
une  idée  de  celles  en  usage  au  ixe  siècle,  consulter  les 
planches  gravées  dans  les  Traités  de  diplomatique  de 
dom  Mabillon  et  des  bénédictins  :  Verbo  Abréviations, 
et  la  planche  publiée*  dans  les  Annales  de  philosophie 

*  Tome  XIV,  p.  353-354. 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  QUATRIÈME.   125 

chrétienne.  On  trouvera  trente  tableaux  d'abréviations 
latines,  rangées  par  ordre  alphabétique,  dans  l'ouvrage 
de  Baringius,  intitulé  :  Clavis  diplomatica,  in-4°,  vers  le 
milieu  du  volume. 

Ces  abréviations  sont  extraites  des  manuscrits  des 
auteurs  latins  et  des  diplômes  du  xve  et  du  xvie  siècle. 

On  pourra  également  consulter  les  ouvrages  de 
Sertorius  Ursatus,  Valprobus,  Mango,  Manutius,  etc.; 
et,  pour  les  abréviations  plus  récentes  dans  les  manu- 
scrits et  dans  les  titres,  les  ouvrages  de  La-Curne-de- 
Sainte-Palaye,  Ducange,  Lacombe,  D.  Toustaint  et 
D.  Tassin,  D.  Devaines,  Lemoine,  Batteney,  etc.* 

Dans  les  abréviations  les  plus  communes,  on  con- 
servait une  partie  des  lettres  d'un  mot,  et  on  substituait 
certains  signes  à  celles  que  l'on  supprimait;  ainsi 
Dms  ou  Dns  était  écrit  pour  Dominus.  Dans  les 
manuscrits  les  plus  anciens,  Y  m  ou  Yn,  à  la  fin  de  la 
ligne,  est  désignée  par  une  petite  barre  horizontale  — 
ou  par  une  s  couchée  <w  ,  seule  ou  accompagnée  de  deux 
points,  l'un  supérieur,  et  l'autre  inférieur.  Le  mot  est 
(du  verbe  esse),  rendu  par  ce  signe  ^- ,  désigne  une 
antiquité  de  sept  à  huit  cents  ans.  La  lettre  n,  servant 
d'abréviation  pour  un  nom  d'homme  inconnu,  a  lieu, 
selon  IfabillOD,  dès  le  ixe  siècle.  C'est  dans  le  même 
temps  qu'on  abrégeait  Me  par  M.  Les  abréviations 
étaient  déjà  communes  après  le  vr3  siècle  :  elles  le  furent 
davantage  au  vur.  encore  plus  au  ix'1;  elles  se  multi- 
plièrent à  l'infini  au  v  ;  dans  le  xr  il  n'y  a  pas  de  ligne 
ou  il  n'v  ail  jusqu'à  huit  et  dis  abrévations;  enfin,  dans 
h  .  \in  .  m\    el  v-    siècles,  l'usage  des  abréviations 

*  Voyez  Act  88.  Bened.,  tome  V,  i».'il"'  21M. 


126  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

fut  porté  à  l'excès,  môme  dans  les  manuscrits  en  langue 
vulgaire,  et  dans  les  premiers  ouvrages  imprimés.  Dès 
le  xive  siècle  (en  1304),  Philippe  le  Bel  rendit  une 
ordonnance  pour  bannir  des  minutes  des  notaires,  et 
surtout  des  actes  juridiques,  toutes  les  abréviations 
qui  exposaient  les  actes  à  être  mal  interprétés  ou  à 
être  falsifiés. 

Le  parlement,  par  arrêt  de  1552,  bannit  également 
les  etcœtera  qui  avaient  été  jusqu'alors  en  usage,  et 
qui  étaient  également  sujets  à  de  grands  abus. 

Les  abréviations  de  per,  de  pro  et  de  prœ  sont 
sujettes  à  être  confondues,  voici  comme  on  les  dis- 
tingue :  Per  est  abrégé  par  p,  dont  la  queue  est  coupée 
par  un  trait;  pro,  par  p,  dont  un  trait  courbe  sort  de 
la  tête  de  ce  p  ;  et  prœ,  par  un  trait  supérieur  qui  ne 
touche   point  à   la   lettre. 

INDICATION    DE    QUELQUES   ABRÉVIATIONS    LATINES. 

AB.  Abdicavit. 

AB.  AUGUSTOB.  M.    P.   X.    Ab  augustobriga  milita 

passuum  decem. 
ABN.  Abnepos. 
AB.  U.  C.  Ab.  urbe  condita. 
A.  C.  P.  VI.  A  capite  vel  ad  caput  pedes  sex. 
A.  D.  Ante  diem. 

ADJEGT.  II-S.  IX.  oc.  Adjectis  sestertiis  novem  mille. 
7ED.  II.  II.  VI R.  II.  jEdilis  iterum,  duumvir  iterum. 
A.  K.  Ante  kalendas. 
ANN.  LUI.  H.  S.  E.  Annorum  quinquagesima  trium 

hîc  situs  est. 
ANN.  PL.  M.  X.  Annos  vel  annis  plus  minus  decem. 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE   QUATRIÈME.    127 

ANN.  0  XVI.  Anno  defunclus  decimo  sexto. 

ANN.  V.  XX.  Annos  vixit  vigenti. 

A.  P.  M.  Amico  posuit  monumentum. 

A.  RET.  P.  III  S.  Antè  rétro  pedes  très  semis. 

AR.  P.  Ararn  posuit. 

ARG.  P.  X.  Argenti  pondo  decem. 

A.  R.  S.  H.  Anno  reparatœ  salutis  humanœ. 

B.  A.  Bixit  annis,  id  est  vixit  annis. 
B.  M.  P.  Benè  merito posuit. 

B.  M.  P.  G.  Benè  merito  ponendum  curavit. 
B.  M.  S.  C.  Benè  merito  sepulcrum  condidit. 
BX.  H.  I.  Bona  lue  invenies. 

B.  RP.  N.  Bono  republicœ  natus. 

BX.  ANVS.  VII.  ME.  VI.  DI.  XVII.  Vixit  annos  septem, 
menses  sex.  Dies  septem  decim. 

C.  D.  Comitialibus  diebus. 
CC.  W.  Clarissimi  viri. 

GERTA.  QUIXQ.  ROM.  CO.  Certamen  quinquennale 

romœ  conditum. 
COSS.  Consules. 
COST.  CUM.  LOC.  IIS   x>    D.   Custodiam  cum   loco 

sestertii  mille  quingenlis. 
C.  V.  Centurn  viri. 
G  n  IX.  Nongenti  novem. 

\).  B.  I.  Dus  benè  juvantibu8. 

I).  D.  I).  I).  Dignum  Deo  domum  dedicavit. 
\)  \)   Q.  o.  II.  L.   s.  B.  V.  Dits  Dcabusque  omnibus , 
hune  locum   acrum  esse  volait. 


128  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

D.  M.  S.  Diis  manibus  sacrum. 

D.  0.  M.  JE.  PP.  Deo  optimo  maximo  œterno  perpetuo. 
D.  S.  P.  F.  C.  De  sua  pecunia  faciendum  curavit. 
D.  V.  C.  Dicat,  vovet,  consecrat. 

EX.  A.  D.  K.  Ex  ante  diem  kalendas. 

EX.  H- S.  X.  P.   F.  I.  Ex  sestertiis  decem  parvis  fîeri 

jussit. 
EX.  H- S.  N.  CC.  L.  oo  D.  XL.  Ex  sestertiis  nummorum 

ducentis  quinquaginta  millibus  quingentis  quadra- 

ginta. 

F.  F.  F.  Ferro,  fla/mmâ,  famé,  fortior,  fortunâ,  fato. 
F.  R.  Forum  romanum. 

H.  M.  E.  H-S.  CCIOO-  CCIOOIOO-  M.  N.  Hoc  monu- 
rnentum  erexit  sestertiis  vigenti  quinque  mille 
nummûm. 

I.  D.  Inferis  diis,  jovi  dedicatum,  isidi  deœ,  jussu  Dei. 

I.  M.  CT.  Inmedio  civitatis. 

IN.  V.  I.  S.  Inlustris  vir  infra  scriplus. 

K.  Cœso,  Caïus,  Cœlius,  Carolus,  Cohors,  Carthago,  etc. 

L.  AP.  Ludi,  Apollinares. 
L.  L.  Sestertius  magnus. 

MES.  VII.  DIEB.  XI.  Mensibusseptem,  diebus  undecim . 

N.  V.  N.  D.  N.  P.  0.  Neque  vendetur,  neque  donabitur, 
neque  pignori  obligabitur. 


A   UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  QUATRIÈME.    129 

OB.  C.  S.  Ob  cives  servatos. 

0.  E.  B.  0.  C.  Ossa  ejus  benè  quiescant  condita. 

P.  A.  F.  A.  Postulo  an  fias  auctor. 

PAT.  PAT.  Pater  patriœ. 

PED.  CXV.  S.  Pecles  centum  quindecim  serais. 

P.  II.  x  .  L.  Pondo  du  arum  semis  librarum. 

P.  II.  S.  :  :  Pondo  duo  semis  et  triente. 

P.  P.  P.  C.  Propriâ  pecuniâ  ponendum  curavit. 

P.  R.  V.  X.  Populi  romani  vota  decennalia. 

PS.  Passus,  plebestitum . 

0.  B.  vel  Y.  AN  XXX.   Qui  vel  quœ  Bixit,  id  est,  vixit 

annos  trigenta. 
Q.  Q.  Quinquennalis. 
Q.  R.  Quœstor  reipublicœ. 

ROB.  Robirjalia,  Robigo. 

S.  EQ.  Q.  OD.  ET.  P.  R.  Se^aJws,  equesterque  ordo,  et 

pop*  Ii'">>. 

>.  P.  Q.  R.  Sonata <[><![, ulusqueromanus. 
S.  E.  T.  L.  Si/  et  /<-/•/•"  levis. 
SSTVP.  WTIII.  Stipi '"'/ iia  novem-decim. 
ST.  XXXV.  Stipendiis  triginta-quinque. 

TR.  I J(  >    Tribunitia  potestas. 

<-)   TH.  AN.  \    III.  Mortits  annis  viginti  tribus. 

V.  \\.  A    Pm  '  bo%  '  arbUratu. 

M  17 


130  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

VI.    V.    VII.    V.    VIII.    VIR.    Sextum-vir,    septem-vir, 
octum-vir. 

X.  V.  Decemvir. 

XV.  V.  Qnindecim-vir. 

Xp.  Chris  tus. 

Xpiani.  Christiani. 
Xposor.9  Cltrislophorus. 

Nous  ajouterons,  à  cette  nomenclature,  un  exemple 
d'autres  abréviations  latines*  tirées  des  trois  premières 
lignes  d'un  monument  de  l'église  de  Saint-Martin  de 
Tours  (1575).  Dans  les  soixante-quatorze  mots  qui 
composent  ces  trois  lignes,  il  n'y  en  a  que  treize  qui 
sont  écrits  tout  au  long,  dont  la  moitié  est  composée 
de  monosyllabes;  tout  le  reste  est  en  abrégé. 

In     noie.       dm.       am.    anno  incarnatois.9  eidem. 
In  nomine  Domini  amen  anno  incamationis  ejusdem 

dmj.  m.0  ccc  lxx  v 

Domini    millesimo    trecentesimo    septuagesimo    quinto 

ind.  x  iij       die        xx  j.  mes. 

indictione   décima    tertiâ    die   vigesimâ   prima    mensis 

api.      horâ    ipsi.9    diei    cca.      tciam.  pont. 

aprilis,    Jiorâ    ipsius    diei    circa    tertiam  ;   pontificatus 

S.  in       x°  P.      et       d.  n.  dni. 

sanctissimi  in  Christo  patris  et  Domini  nostri  Domini 

*  Un  éditeur  italien,  bien  connu  par  son  érudition,  M.  Ulrico 
Hoepli.  vient  de  publier  dans  sa  collection  de  manuels,  un 
Diiionario  di  abbreviature  lutine  ed  ital'mnc,  dû  au  savant  archi- 
rôste  M.  Adii.uio  Cappelli,  et  illustré  de  13  000  reproductions 
documentaires. 


A   UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  QUATRIÈME.    131 

Gre.        di.  P.  ppe.        xj.       anno     qnto. 

Gregorii  divinâ  Providentiel  papœ  nndecimi  anno  quinto 


C1S 


in     captlo.       ecc.e  Tur.s  plibs.         can.( 

in    capiiulo    ecclesiœ    Turonensis,    phiribus    canonicis 

ipi.s     ecclie.     xmo  qi.      os.       can.ci     tue.    i.     Tur. 
ipsius  ecclesiœ;  ymo  qui  omnes  canonici  tune  in  Turone 

resid.  plit.a      in  ipo.     cap.0     ad  sonu.     capan. 

residebant plural iter  in  ipso  capitulo  ad  sonum  campanœ 

p.  ut  mor.    est  ad     capit.m  facien.         cg'gatx. 

pro  ut  moris  est  ad  capitulum  faciendum   congregati, 

vid.  Dns.  jo. 

videlicet  Dominus  Johannes....     etc. 

D'autres  abréviations  ont  été  très  usitées,  dans  les 
bulles  et  autres  actes  émanés  de  la  chancellerie  romaine, 
depuis  le  xvc  jusqu'au  xixe  siècle*,  nous  allons  en  donner 
l'explication  : 

Air.        als.  auct.  cen.         effus.        exit. 

Aliter,   alias,   auçtoritate.   censuris.   effectus.   existit. 

lies.       frum.        gnli.  infraptum.        intropta. 

.  frai rinn.  gênerait,  infra  scriplum.  intro scripta. 

lia.  lia?.       lilè.  mir.  ordio  |>p. 

.in),  litterse.  licite,  misericorditer.  ordinario.  i><i\><\. 

I  e  qui  augmente  la  difficulté  des  écritures  romaines,  c'est 
que  k-  secrétaires  de  la  chancellerie  —  *  •  1 1 1  dans  l'usage  <i<%  oe 
marquer  l'abréviation  d'aucun  signe  ou  trait  qui  fasse  soup- 
çonner que  le  mol  est  abrévié;  <■(!  -<.rir  que  ces  écritures,  i »i us 
<|u<-  barbares,  demandent  une  «  •  1 1 1  <  l  «  *  particulière,  fondée  sur 
d'autres  principes  que  ceui  <!<■  l'étude  du  gothique  ordinaire. 


132  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

pr.        pontus.  ptus.  pntium.  pror. 

pater.  pontificatus.  prœdiclus.  prœsentium.  procurator. 

prœfatus. 

qmlibet.  tm.  thia.         tli. 

tjuomodolibet.  tantum.  theologia.  tituli. 
tamen. 

En  outre  des  notes  qui  précèdent,  et  que  M.  Gustave 
Brunet  nous  avait  communiquées,  Gabriel  Peignot,  dans 
son  Dictionnaire  raisonné  de  bibliologie,  a  donné  des 
renseignements  intéressants  sur  les  espèces  de  signes 
sténographiques,  par  le  moyen  desquels  les  Latins  écri- 
vaient   d'une   manière    très    rapide    et    très    abrégée. 
«  Chaque  note  était  ordinairement  composée  de  deux  ou 
de  plusieurs  lettres  qui,  réunies  dans  un  seul  signe,  et 
ne  ressemblant  à  aucune  des  lettres  qui  le  composaient, 
exprimaient  un  mot,   et   même  quelquefois  plusieurs 
mots.  Rien  de  plus  difficile  à  déchiffrer  que  les  notes 
tironiennes,  soit  parce  que  des  traits  semblables  signi- 
fient des  lettres  différentes,  soit  parce  qu'un  point,  placé 
d'une  façon  ou  d'une    autre,    change   entièrement  la 
nature  des  mots;  par  exemple,  la  Note  de  Tiron  figurée 
par  un  U  et   un   B,  dépourvu   de  son  jambage   droit, 
Lequel  B  est  attaché  dans  l'intérieur  de  l'U  au  jambage 
à  gauche,  cette  note,  dis-je,  signifie  vobis;  en  plaçant 
un  point  au  haut  du  côté  droit  de  la  note,  elle  signifie 
vobis  videntibus;  le  point  mis  au  côté  gauche  sur  le  pre- 
mier jambage,  marque  vobis  audie?itibus;  au  milieu,  du 
côté  droit,  il  signifie  vobis  prœsentibus ;  au  milieu,  du 
côté  gauche,  vobis  absentibns ;  sur  le  milieu  de  la  note, 
vobis  superius;  sous  la  note,  vobis  inferius.  Il  se  trouve 


A   UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  QUATRIÈME.    133 

aussi  des  enclaves  dans  les  notes  de  Tiron,  connues 
.  dans  les  anciennes  écritures  ;  dès  lors  une  lettre  presque 
défigurée  ou  tronquée  emporte  quelquefois  avec  elle 
d'autres  lettres  précédentes  ou  subséquentes;  il  arrive 
aussi  que  la  première  ou  même  les  premières  lettres 
d'un  mot  se  trouvent  souvent  transposées  dans  le  corps 
du  mot,  pour  la  facilité  des  conjonctions.  Ces  diffi- 
cultés, qu'il  est  impossible  de  surmonter,  rendront 
toujours  les  recherches  sur  les  Notes  de  Tiron,  sinon 
infructueuses,  du  moins  incomplètes.  L'alphabet  tiro- 
nien  de  dom  Carpentier  est  un  très  bel  ouvrage;  mais  il 
est  insuffisant,  parce  qu'il  lui  a  été  impossible  de  le 
compléter,  et  que  l'explication  des  notes  qu'il  rapporte 
ne  peut  servir  à  rien  pour  l'explication  de  celles  qui  ne 
se  trouvent  pas  dans  son  alphabet.  Selon  saint  Isidore, 
c'est  Ennius  qui  inventa,  le  premier,  onze  cents  notes  ; 
Tiron,  affranchi  de  Cicéron,  en  inventa  un  plus  grand 
nombre,  et  régla  le  premier  comment  les  écrivains  en 
notes  devaient  se  partager,  et  quel  ordre  ils  devaient 
observer  pour  écrire  les  discours  qu'on  prononçait  en 
public.  Persannius  fut  le  troisième  inventeur  dénotes, 
mm'-  seulement  de  celles  qui  exprimaient  les  préposi- 
tion^ Philargirus  ei  Aquila,  affranchi  de  Mécène,  en 
augmentèrent  le  nombre;  Sénèque  en  ajouta  d'autres; 
en  sorte  qu  il  en  forma  un  recueil  en  ordre  de  cinq 
mille.  Sain!  Cyprien  miten  notes  les  expressions  par- 
ticulières  aux  chrétiens.  Si  l'on  en  croit  Diogène 
Laerce,  l'invention  des  notes  tironienncs  doit  (Hrc 
attribuée  aux  Grecs;  il  atteste  que  Xénophon  fut 
1'-  premier  des  Grecs  qui  s'en  Boit  Bervi,  -il  n'en  esl 
pas  lui  même  L'inventeur.  Cicéron  est  le  premier  qui 


134  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

en  ait  fait  usage  à  Rome,  lorsque  Caton  prononça 
son  discours  pour  combattre  l'avis  de  Jules  César  au 
sujet  de  la  conjuration  de  Catilina.  Cicéron,  alors 
consul,  posta,  en  divers  endroits  du  Sénat,  des  notaires, 
c'est-à-dire,  des  écrivains  en  notes*,  pour  copier  la 
harangue.  Suétone  dit  que  Tibère  écrivait  par  abré- 
viation aussi  vite  que  l'on  pouvait  parler.  Les  notes 
tironiennes  furent  d'un  usage  très  étendu  en  Occi- 
dent; les  empereurs  s'en  servirent,  ainsi  que  les  derniers 
de  leurs  sujets  :  on  les  enseignait  dans  les  écoles  pu- 
bliques; on  s'en  servait  dans  les  interrogatoires  des  cri- 
minels et  dans  les  sentences  des  juges;  c'est  de  là  que 
nous  sont  venus  les  actes  sincères  des  martyrs.  Dans  la 
suite  on  s'en  servit,  sans  besoin,  à  transcrire  des  ma- 
nuscrits tout  entiers  ou  en  partie,  comme  on  le  voit  par 
le  grand  nombre  qui  se  trouve  dans  les  bibliothèques 
publiques.  On  usa  également  de  ces  signes  pour 
former  des  diplômes  ou  plutôt  des  protocoles  ou  for- 
mules, comme  l'attestent  les  cinquante-quatre  que  dom 
Carpentier  a  publiés**,  et  qui  appartiennent  au  règne  de 
Louis  le  Débonnaire.  L'usage  des  Notes  de  Tiron  cessa 
en  France  vers  la  fin  du  ix'  siècle,  et  en  Allemagne 
vers  la  fin  du  xe  :  il  n'en  reste  presque  plus  de  vestiges 


*  Quelques  autours  attribuent  l'invention  dos  notos  tiro- 
niennes  ;mx  Égyptiens  qui,  les  premiers,  se  servirent  de  figures 
symboliques  pour  exprimer  leurs  pensées;  cel  usage  passa  des 
Égyptiens  aux  Grecs,  et  des  Grecs  aui  Romains. 

**Alphabetum  tironianum,  seu  notas  Tironis explicandi  methodu»  : 
cvm  pluribus  Ludovici  pii  char  Us }  quae  notis  iisdem  exaratie  sunt 
et  hactenus  inédit»,  ad  historiam  et  jurUdictionem  cum  ecclesias- 
ticam  tu/m  civilem  pertinenlibus.  Labore  et  Studio  I).  P.  Carpen- 
tier. Lutetiœ  Parisiorum, Guerin,  1747,  in-fol.  Cet  ouvrage  est 
très  bien  gravé  et  bien  imprimé. 


A   UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE   QUATRIÈME.    135 

dans  les  monuments  depuis  le  commencement  du  xe 
siècle,  si  ce  n'est  l'abréviation  d'et  par  7,  et  d'us  par  9 
à  la  fin  des  mots.  Les  Notes  de  Tiron  ont  donné  l'idée 
de  la  Sténographie  que  l'on  pratique  aujourd'hui  en 
Angleterre  et  en  France.  » 

L'usage  des  abréviations  est  très  commun  dans  un 
grand  nombre  d'éditions  du  XVe  siècle  ou  du  commen- 
cement du  xvie*. 

Dans  le  premier  siècle  qui  suivit  l'invention  de  la  typo- 
graphie, les  abréviations  furent  extrêmement  multi- 
pliées: elles  devinrent  telles,  dans  les  livres  de  droit 
spécialement,  qu'elles  rendaient  les  textes  fort  énigma- 
tiques  pour  la  presque  totalité  des  lecteurs.  Il  fallut 
venir  à  leur  secours  en  composant  un  petit  traité  qui, 
sous  le  titre  de  Modus  legendi  scripturas  in  iitroquejure, 
eut  un  succès  attesté  par  des  éditions  nombreuses. 

Les  premiers  imprimeurs  ne  firent  d'ailleurs  que 
reproduire  à  cet  égard  ce  que  leur  offraient  les 
manuscrits.  Un  des  exemples  les  plus  singuliers  que 
nous  ayons  rencontrés  de  ces  abréviations  se  trouve 
à  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris,  dans  un  manuscrit 
grec  des  Scholies  de  Basile  de  Césarée  sur  saint  Gré- 
goire de  Nazianze,  cité  par  M.  Boissonade**  :  le  mot 
si  représenté  par  deux  a  surmontés  de  deux./. 

Le  bibliographe  Chevillier  cite  une  édition  de  la 
Logica  d'Ockham,  imprimée  ;'i  Paris,  en  1488,  en  beaux 
caractères,  mais  où  il  n\  ,-i  peut-être  pas  un  seul  mot 

*  Les  divers  oui  urla  diplomatique,  notamment  Le  Traité 

liplomaliqut    rédigé   par  deux  Bavants  Bénédictins,  Paris, 

I    entrent  ird  dans  des  détails  étendus. 

il  manu  la  bibliothèque  du 

Rot,  t.  \i    h   pai lie,  i'- 1 


136  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

qui  ne  soit  abrégé  Voici  un  exemple  pris  dans  le  texte 
de  la  page  121  :  Sic  hic  e  fui  im  qcl  ad  simplr  a  e  pdu- 
cibile  a  Deo  g  a  e  et  silr  lac  a  n  e  g  a  n  e  pducibile  a 
Deo.  Ecrit  tout  au  long,  ceci  se  traduit  de  la  sorte  : 
Sicuthic  est  fallacia  secundum  qaid  ad  simpliciter.  A  est 
producibile  a  Deo.  Ergo  A  est.  Et  similiter  hic  A  non  est. 
Ergo  A  non  est  producibile  a  Deo. 

A  l'origine  de  l'imprimerie,  et  même  pendant  la  pre- 
mière moitié  du  xvic  siècle,  le  désir  des  typographes 
était  de  mettre  le  plus  de  matière  possible  dans  un 
espace  resserré;  pour  atteindre  ce  but,  ils  supprimaient 
souvent  les  voyelles,  qui  étaient  remplacées  par  des 
accents. 


actes  tt  aîtare  j&dîpïo  fatum- 
quoi*  ijabtbît  nuîtp  rutame  in 
io  ngitumm  :*  imité  ttt  tantuDim  to 
tfr  quûîmtttttea  cubtîos  in  aîtîruDi 
ne.  fZomua  a  wf  ç  n  ttatum  autrui  09 
t^ptroûr.ct  ogn&iUuîï  tce.  ffandrç 

Fig.  107.  —  Exemple  des  abréviations  usitées  à  l'origine  de  l'imprimerie. 
Tiré  «le  la  Bible  de  Gutcnbcrg.  (Sans  date.) 


ad  sfum  cekberrime  eccle(ie<£bo:acen(ie 


optimis  catacteaîniB  recêtec  3mp«îUni aita  pcnafftliimnnia©  Iucutya* 
tionemntius  <ppluntwsemcnDaîum.é>uwpnbus  serpenûs  Jopanme  ga 
dKt  macaioys  Ub:aru  benc  tnenrrama  pietaiam  ecddiam  commewnftg. 
3nno  Dfuoeamoferto  (up#  mmefaimn  a  qumffftcûm&£>Kfccn)Quatt3 
jfcbjuâauomptttum  ms  pafcaum. 

Fig.  10S. —  Titre  du  Missale  Ad  usum  celcberrime  ecclesie  Eboracensis  (York). 


DES   SIGNES    DISTINCTIFS    DES    ANCIENNES    ÉDITIONS 


Pour  déterminer  un  incunable,  affirmer  son  authen- 
ticité et  sa  date,  on  admet,  en  bibliographie,  une  série 
de   règles,    que    non-    indiquerons   plus    loin,    et   qui 
•  ut  de  bases  à  ces  déterminations.  Nous  nous  occu- 
perons, en  premier  lieu,  des  divers  caractères  employés 
pour  l'impression.  On  B  prétendu,  et  cette  assertion  se 
trouve  dans  1»--  Ètudeê  9ur  la  Typographie  de  Crapelel, 
que  lea  noms  de  Cicero  et  de  Saint-Augustin  venaient 
ce  que  les  introducteurs  de  l'imprimerie  en  Italie, 
nli'vni  el  Pannartz,  avaient  fait,  pour  la  première 
iractères  dans  des  éditions  de  ces 

n  18 


138  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

deux  auteurs  publiées  à  Rome  eu  1467.  Dans  ses 
Origines  de  l'imprimerie,  A.  Bernard  a  combattu  cette 
assertion  ;  et  voici  quelle  est  son  opinion  à  ce  sujet  : 
a  II  est  fort  possible  que  le  nom  de  Saint-Augustin 
vienne  à  la  rigueur  du  caractère  qui  a  servi  à  imprimer 
la  Cité  de  Dieu,  quoiqu'il  eût  près  de  seize  points  au 
lieu  de  treize,  mais  il  n'est  pas  possible  d'admettre  que 
celui  de  ciccro  ait  été  emprunté  au  caractère  qui  a 
servi  à  imprimer  les  Epîtres  de  Cicéron  données  la 
même  année  par  ces  imprimeurs:  ce  caractère  a  près 
de  quinze  points  au  lieu  de  onze.  D'ailleurs  il  semble 
que  ces  dénominations  techniques,  qui  sont  évidem- 
ment empruntées  à  la  langue  des  ouvriers,  n'ont  pu 
avoir  cours  dans  l'atelier  de  Sweynheym  et  Pannartz 
par  la  raison  que  le  caractère  qui  avait  servi  dans  la 
Cité  de  Dieu  n'a  plus  été  employé  par  eux  à  partir  de 
leur  installation  à  Rome  où  il  ne  fut  probablement  pas 
apporté;  il  était  donc  inutile  d'établir  une  distinction, 
puisque  cette  imprimerie  n'avait  qu'un  caractère.  Au 
contraire,  Ulrich  Han  avait  deux  caractères  romains 
parfaitement  appropriés  à  ces  deux  dénominations;  l'un 
qui  lui  servit  à  imprimer,  en  14G8,  une  édition  de 
(Cicéron  et  qui  n'avait  que  douze  points  typogra- 
phiques; l'autre  avec  lequel  il  imprima,  en  1474,  la 
Cité  de  Dieu,  et  ayant  treize  points.  Il  est  naturel 
de  penser  que,  suivant  un  usage  encore  pratiqué 
aujourd'hui  dans  les  imprimeries  pour  des  cas  analo- 
gues, les  ouvriers  donnèrent  à  chacun  de  ces  caractères 
le  nom  de  l'auteur  le  plus  célèbre  qui  l'avait  mis  en 
lumière,  que  ces  noms  se  transmirent  traditionnelle- 
ment dans  les  ateliers  aux  caractères  de  môme  force, 


tioniô  ipif  ppoûfâ  m&  pat* 
titofô  Dîatôiô  ûgnificanoiv 
waurcmttjrter,  autittufar 
autininuif^îepofttioiïiuotamDnr 
^ro&^tiatffiiûtô  tiMSuor  caûts 
^uo:0inffimîô  iaïJÏriîo.Bappa" 
fjttonf0artîraru0:t^aD.ajpuîi.antr 
Sîwf  rfum,rt0.nfra.rttrô.rirca.  romi. 
f^ra.frtra.inrer4nîta.infm.pta  û+» 
pompait  ,^Mtr.fi0m.pott»t mm 

pnw&w  tfuttmt*  r  m?  îto  pan* m 
apufc  mManrt  rîïf $.atmtrfum  tittnif 
to$M  xt  nn.atrafdm.  nrrilutimo* 
firfafeiîîplfi.fontraljoïlrô.fraa^u»- 

ij«00.0rratfrmmo^mtfr«aiir0.jii* 
traramtaànfra  ttttûaw  ramafdfotr 
3fcau0nnû4îi)M  mbimatparifîrm 
43?c  fouOrâ^tcr  îîiCr tpïtftâ  frômfo 

i   .    109,      Caractères  d'un  Donat  d'après  une  épreuve  tirée  sur 
un  w  iographe  original, 

(-,,,-.  i ••. .   ,,  i.-i  Bibliothèque  nationale. 


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Français. 


Fig.  110.  —  Alphabets  comparatifs  pour  les  caractères  employés 
de  l'origine  de  l'imprimerie  à  la  lin  du  xvnr  siècle. 


A    i'\   BIBLIOPHILE.         CHAPITRE  CINQUIÈME,    1  .1 

et  qu'ils  passèrent  plus  tard  de  la  langue  technique 
dans  celle  des  érudits.  » 

Lea  caractères  gothiques  employés  dès  l'origine  de 
l'imprimerie  et  dans  les  «Millions  du  \v  siècle,  dit 
I*.  Lambinet*,  a'ont  rien  de  commun  avec  ceux  que 
les  Gotha  apportèrent  en  Italie  et  en  Espagne.  Celui 
dont  l  Iphilas,  évêque  arien,  Goth  de  nation,  est 
réputé  l'auteur,  se  nomme  gothique  ancien,  composé 
du  grec  ci  du  latin.  Le  gothique  moderne  est  la 
consommation  de  la  décadence  «le  l'écriture  dans  1rs 
mu  .  m\   et  w   siècles. 

Se  dans  le  moyen  âge,  avec  la  scolastique,  époque 

de  la  décadence  des  arts  et  des  l oes  éludes,  il  est 

1«-  fruil  de  la  bizarrerie;  c'est  l'écriture  latine  dégé- 
nérée ei  chargée  de  traits  superflus.  Ce  gothique, 
qui  avait  déjà  paru  dans  le  mt  Biècle,  s'étendit  dans 
tous  les  Etats  de  I  Europe  dès  le  commencement 
du  mu.  Les  monnaies,  lea  Bceaux,  les  médailles,  lea 
monuments  lapidaires,  lea  cloches  en  furent  empreints; 
les  Etats  du  Nord  en  conaervent  encore  aujourd'hui 
1  u-.i 

■  ni  d  écriture  se  multiplia  et  fut  diversifié  selon 

énie  dee  peuples  et  le  caprice  des  copistes  dans 

manuscrits   et    les    abréviations.   Ces  caractères, 

dam   l'imprimerie**,    sont    connus  sous   le    nom    de 

(i    /.     /  dition  i  du  \ \    tiiolê  <-i   iur  lo  modo  di 
•  ni,. .ii  Réimprimé  dan    le    \ii    ellanée   BibliograpMquei, 
i*ii  i  -    Edouai  'i  Roui  03  i  «•   1871    In 

•  i:  •  il  ;•  quclq ravurc    'i111  pein ont  donnei 

une  idée  de  la  marche   |>i"-  rc     i\<-  <!<•  col  •ni  célèbre     Mouo 

■  un  m   du    docteur   Dibdin       Antiquitia  typoyrapliical, 

't  vol.  m  •  iphicai  Uecatneron,  3  \<>\    I  bliotheca 

ipp    ■     ol   In     .  de  Eloinoi  i> <  o ,  fdi  t  gt  m  i  aie 


142  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

lettres  de  forme  à  cause  des  traits  angulaires,  pointus, 
qui  rendent  la  forme  de  ces  lettres  plus  composée. 
Ils  étaient  d'abord  destinés  en  Allemagne,  en  France, 
en  Angleterre,  en  Italie,  en  Flandre,  pour  les  inscrip- 
tions publiques,  pour  les  livres  d'église,  les  livres 
d'images.  La  Bible  des  pauvres,  YHisloire  de  Saint- 
Jean,  le  Donat  (fig.  109),  et  plusieurs  autres  ouvrages 
ont  été  exécutés  avec  cette  espèce  de  caractères, 
avant     l'invention    de   la    typographie*.     Gutenberg, 

d'une  collection  complelte  d'estampes,  in-8°;  celui  de  Jensen,  Essai 
sur  l'origine  de  la  gravure  sur  bois,  etc.,  12  vol.  in-8";  celui  de 
Langlois,  du  Pont-dc-1'Archc,  Essai  sur  la  calligraphie  au  moyen 
âge,  Rouen,  1834,  in-8°. 

Nouvelles  recherches  sur  l'origine  de  l'imprimerie,  par  le  comte 
Léon  de  Laborde,  fac-similé;  Paris,  1840,  in-4°.  rempli  d'écriture, 
vignettes  gravées  en  bois,  de  belles  lettres  majuscules,  etc.  On 
y  trouve  une  dissertation  sur  la  célèbre  gravure  du  saint  Chris- 
tophe de  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris  (voir  flg.  129)  com- 
parée avec  celle  du  British  Muséum  à  Londres,  etc.  Les  plan- 
ches sont  dessinées  et  gravées  par  l'auteur  même  du  Mémoire. 

Vue  intérieure  d'une  imprimerie,  gravure  en  bois  tirée  d'une 
Danse  macabre;  Lvon,  1499,  petit  in-folio,  cité  dans  le  catalogue 
de  Mac-Carthy,  n'  2841. 

Diverses  gravures  en  bois  publiées  par  Dibdin,  Dibliographical 
Decameron,  t.  II,  p.  118,  119,  120  et  124,  d'après  des  titres  de 
livres  de  1500  à  1520. 

Dans  le  livre  de  Schopperus  et  Jost  Amman,  Panoplia  sive 
de  artibus  mechanicis,  in-12,  pi.  xix  (voir  fig.  38). 

Intérieur  d'une  imprimerie  à  gravures,  planche  de  la  suite, 
intitulée  :  Nova  reperla...,  composée  par  Jacques  Stradan,  et 
gravée  par  lui-même,  Philippe  Galle  et  quelques  autres. 
Cf.  l'œuvre  de  Stradan  (et  voir  fig.  121). 

Autre  intérieur  d'imprimerie,  dans  l'œuvre  d'Abraham  Bosse, 
taisant  partie  de  la  suite  intitulée  :  Essai  de  lu  gravure  sur  bois. 

*  Jeté  en  molle,  fondu  dans  un  moule.  On  s'exprimait  ainsi 
pour  désigner  d'abord  le  moule,  puis  les  pièces  fondues,  et  plus 
tard  l'impression  el  les  livres  imprimés  sur  caractères  fondus. 
On  dit  encore  en  province  d'une  belle  écriture,  se  rapprochant 
de  la  régularité  de  l'impression  :  c'est  moulé  et  d'un  enfant  qu'il 
ne  lit  pas  encore  l'écriture,  mais  qu'il  lit  le  moule.  On  remarquera 
que  les  fondeurs  avaient  le  droit  de  fondre  des  lettres  isolées, 


A   UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE   CINQUIÈME.    143 

Fust,  Schoiffer  et  la  plupart  des  imprimeurs  du 
xve  siècle,  ont  employé,  dans  leurs  éditions,  les  lettres 
de  somme,  moins  chargées  d'angles  et  de  pointes  que 
les  lettres  de  forme.  Les  Anglais  les  désignent  sous 
celui  de  black-letter  :  les  Flamands  sous  celui  de  lettres 


et  cela  en    1260  :    c'est  une  preuve   de  l'usage  des  caractères 
mobiles    de   l'imprimerie  avant  la  découverte  de  l'impression. 

12*27.  Item  molle  ferreum,   cum  quo  fiunt  ostie.   (Inventaire  de 
Saint-Martial  de  Limoges.) 

1*260.  Nus  lormiers  ne  puet   ne  ne  doit  mètre  en  œvre  nule 
manière  d'œvre  gelée  en  molle, 
quar  èle  est  fausse.   (Livre  des 
rs.) 

1269.  Nus  molères  ne  puet 
moler  ne  fondre  chose  là  où  il 
i  ait  leitres  et  se  il  le  fesoit, 
il  seroit  en  la  merci  le  Roi  de 
cors  e  t  d'avoir,hors  mise  leitres . 
chascune  par  li,  mes  en  scel 
ne  en  deniers,  ne  en  chose  qui 
porte  soupeçon,  ne  puent  il 
moler  ne  fondre. 

1445.    Item   pour  j   doctrinal 

getté  en  molle,  envoyet  quérir 

i  Bruges,  par  Marquât,  écrip- 

vain   à   Vallenciennes.  (  Mémo- 

i  /■  de  Jean  le  Robert.) 

1460.    ij    grands  molles    de 
cuivre  à  faire  plombets    pour 
grandes   coulevrines  et  iv 
petits     pour    les    petites.     I  hambre  des  comptes  de   Nantes.) 

\\'\.     [.<•-  lettres  de    naturalisation   des    trois  fondateurs  de 
l'imprimerie  à  Paris  leursonl  données)  pour  l'exercice  de  leurs 
!  mestiers  de  faire  livres  de  plusieurs  manières  d'escrip- 
lures  en  mosle  el  aultrement. 

I  iTt>.  Item  plut  "Hum.  molle  fusti,  cum  quo  tel  assuelum  facere 

pi    Inventaire  ap.  Du  Cange.) 

Pour  cenl  boIs  unes  heures  en  parchemin  escriptes  en 

moule.    \  Estienne  Joudelle  ci  sols  pour  unes  autres  heures 

en  parchemin  escriptes  en  moulle  qu'il  a  baillées  pour  MDS. 

Plusieurs  livres,  tanl  en  parchemin  que  en  papiers,  à  is 


Fig.  111.  —  Moules  employés 

par  les  Romains 

pour  la  fonte  des  monnaies, 

conservés  au  cabinet  des  antiques 

de  la  Bibliothèque  nationale. 


144  CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

Saint-Pierre;  et  la  plupart  des  autres  peuples  sous  celui 
de  caractères  Flamands  ou  Allemands.  La  bâtarde 
ancienne,  en  usage  en  France  dans  les  XIVe  et  xve 
siècles,  dérive  des  lettres  de  forme,  dont  on  a  retranché 
les  angles  et  quelques  traits  ;  la  ronde  financière,  dont 
on  ne  s'est  point  encore  défait,  en  conserve  quelques 
traces.  On   les   remarque  plus  particulièrement   dans 

^rVurcet  cinamitAb)  ecctiafunt  laico^i 
iccïxo  \  fcripture.Srngreg^AUuîfeft 
pi  dura  atroareÀliufcp  pichireJnftcms 
it  adcnâdû  adcfcc  ./12dm  q£  le#ênlrç  Ivc 
^  Iléons  ccn?cnrib3pOatp\durd<ïit>iipai8m<natc5' 

Fig.  112.—  Caractères  du  Durand i  Hationale  Dit*,  off.  1459. 

le  livre  de  la  Civilité  que  l'on  donne  aux  enfants  pour 
les  [préparer  à  la  lecture  des  vieilles  écritures  ;  nous 
mentionnerons  quelques-uns  de  ces  ouvrages  dans  un 

main  et  en  mosle,  tant  d'églises  que  autres,  qui  estoient  audit 
•château  d'Amboise.  {Inventaire  d'Anne  de  Bretagne.) 

1  WS.  Il  (Savonarolc)  les  a  faict  mettre  en  molle  et  se  vendent. 
(Philippe  de  Commines.) 

1500.  Le  petit  roole  ay  voulu  concepvoir 

Sur  vostre  cas,  afin  qu'on  le  recolle 
Enprainte  en  mosle,  en  note,  en  prothocolle, 
A  vostre  escolle.  (J.  G.  Alione.) 

1502.  Priez  pour  celui  qui  a  translaté  ce  présent  traicté  de 
latin  en  françois  et  la  faict  mettre  en  moule  pour  le  salut  des 
âmes.  (Imprimé  au  verso  du  titre  d'un  livre  de  morale  intitulé  : 
Livret  de  consolation.  Paris,  12°,  1502,  pour  Geoffroy  de  Marnef.) 

1523.  La  I )estruction  de  Troyes  la  grande,  rythmée,  historiée  en 
molle  et  parchemin.  (Inventaire  des  livres  du  chasteau  de  Molins.) 

1555.  Ils  ont  (les  Turcs)  une  forme  taillée  en  bois,  où  il  y  a 
•quelque  belle  fleurette,  laquelle  forme  ils  frottent  de  couleurs, 
comme  quand   l'on   imprime  quelque  chose  en  moule.  (Bclon.) 

1566.  Cinq  livres  escriptz  à  la  main  —  sept  autres  petits 
livres  en  mole.  {Inventaire  du  chasteau  de  Nevers.)  Cf.  Glossaire 
français  du  moyen  àye,  par  Léon  Dclaborde. 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  CINQUIÈME.    145 

prochain  chapitre.  L'italique  tire  son  origine  des  lettres 
cursives,  employées  dans  la  chancellerie  romaine;  on 
les  appelle  aussi  lettres  vénitiennes,  les  premiers  poin- 
çons en  ayant  été  gravés  à  Venise  ;  aldines,  parce  que 
Aide  Manuce  en  est  l'inventeur;  mais  le  nom  d'italique 
a  prévalu,  ce  caractère  ayant  été  d'abord  usité  en 
Italie  :  presque  toutes  les  nations  l'ont  adopté. 

Le  pape  Jules  II,  dans  son  privilège  du  27  janvier 
1515,  accordé  au  premier  Aide  Manuce,  relativement 
à  son  invention  des  caractères  cursifs  ou  de  chancel- 

ELLEMmibi  cjuoniam  u  cri  tas  inobfcunjlatere  adbuc 
mlhmar  :,u«l  errore  aupimpitia  uulgi  uariis  et  inrptis 
fuperftitiôibus  feruiaxhSTuelpHItffopbispratutate  Vn« 
œmoy. turbantidus e atn  pocius  cpUulhantïbus .  et  fi  nô 
quali  m  A\ara?TulKofinr  :  quia  pdpua  &i  actoiirabilis 

Fig.  113.  —  Caractères  du   Laclance  imprimé  à  Rome  en  1465. 

lerie,  dit  que  dans  l'impression  on  les  prendrait  pour 
1  écriture.  Cum  tu...  grœcorum  et  latinorum  auctorum 
volumina  summa  cura  et  diligentia  castigata  a  paucis 
annis  ad  communem  omnium  literatorum  utililatem, 
characteribu8,  quos  vulgus  cursivos  seu  cancellarios 
appellat,  imprimi  tara  diligenter  et  pulchre  curaveris, 
ut  cala/mo  conscripta  c^e  videantur.  Ange  Roccha, 
dans  sa  Bibliotheca  vaticana,  dit  qu'Aide  Manuce 
donnait  tant  de  soins  à  la  correction  des  épreuves  qu'il 
[l'imprimait  que  deux  feuilles  par  semaine. 
[je caractère  romain  fui  renouvelé, en  Italie,  dans  les 
iux  des  papes  i  ers  l'an  1 130  ;  L'empereur  Frédéric  1 1 1 
fit  graver  le  Bien  en  Allemagne,  en  1470,  en  même 
caractère;  en  France,  sous  Louis  XI.  on  employa  dans 
ii  I1.» 


146  CONNAISSANCES   NÉCESSAIRES 

les  fabriques  de  monnaies.  Bientôt  ces  caractères 
furent  imités  dans  les  autres  Etats....  Gunther  Zayner 
est  le  premier  qui,  dans  l'imprimerie,  ait  introduit 
l'usage  de  ce  caractère  en  Allemagne,  vers  H7C2*. 

Un  Français,  Nicolas  Jenson,  graveur  de  la  Monnaie 
royale  de  France,  fut  envoyé,  en  1462,  à  Mayence  par 
Louis  XI,  pour  y  apprendre  les  secrets  de  l'art  naissant 
de  l'imprimerie.  Les  troubles  civils  l'ayant  empêché 
d'exercer  cet  art  en  France,  ce  fut  à  Venise  qu'il 
grava,    pour  l'imprimerie  qu'il   y   établit,    les    beaux 

Altéra  ê  hccdt  qua  queri  fepe  fotco.-quod  ccteTaru  hermines 
amum  fpectatv  &  jpbati  :  fi  quando  altquvd  minus  bnfeemm 
quam  (oient  aut  noluiiïê  :  aut  uautudine  vmpeditcs  uô  potu' 
ifft  confeqm  id  quod  feirét  putantur.  Noliut  vnquiunt  hcdxe 
agere  rofous  :  aut  crudior  fuit  .Oràlons  peccatum  fi  quod  C- 

Fig.  114.  —  Caractères  du  De  officiis  de  Cicéron, 
imprimé  à  Rome  en  146t>. 

types  de  caractères  romains  que  Garamond  prit  ensuite 
pour  modèles  sous  le  règne  de  François  Ier,  et  dont  on 
ne  saurait  s'écarter  sans  tomber  dans  le  bizarre  ou  le 
mauvais  goût;  les  matrices  de  ces  beaux  types  existent 
encore  à  notre  Imprimerie  nationale. 

Ce  furent  Friburger,  Guering,  Crantz  et,  après  eux, 
Simon  de  Coline,  Robert  Estienne  et  Michel  Vascosan 
qui  contribuèrent  le  plus  à  l'abolition  du  gothique  en 
France.  Il  fut  toujours  usité  en  Allemagne,  en  Hollande, 
en  Flandre,  et  n'y  différait  que  par  ses  formes  plus  ou 
moins  grossières,  plus  ou  moins  carrées  ou  angulaires, 

*  On  trouve  dans  quelques  ouvrages  la  représentation  de 
tailleurs  de  lettres  ou  caractères  d'imprimerie.  Voir  le  livre  de 
.lost  Amman,  intitulé  :  de  Artibus  mechanicis  et  illiberatibus, 
autore  Hartmannô  Schopero,  etc.,  in-12  (Cf.  Fig.  38). 


i       115  à  Itl.  -    [mprimerlei  ii.uk  aise    i  I  hollande 
dei  i  •  i   •'  kvii    ilèclei 


oîrrût  terfnmtDiofoIrnitatiQ  tut» 

vofuerOt  ftgnafua  figtmnocû 
gnouerflt  Ocuc  in  t|ttu  fupct  fômfl 

uaft  tn  filua  lignom$  fecunbus 
mitrrflt  ianuas  dus  in  topftjj:  (n 
fccuri  *  afcia  tciecerflt  cam  njf« 
trrOt  fgm  fanmiariO  tuflnn  frajut 
Inerunt  talrrnarulG  nominis  tui* 

ifdt  in  f  oztr  fuo  tognatio  cog 
f imr:  quiefccre  fartamus  ors  Dits 
f tOos  Dri  a  ïra  igna  nottta  non 
oiormus  tam  non  cl!  pzoptma  ?  % 
nos  no  pgnofm  âpliuo  fçpquo 
Deus  impzopcrabît  îimitusj  irritât 
aoucrfariiis  nomen  tnum  in  fine; 

t  quiD  auertis  manum  tuam  ? 
txf tf ram  ttianurr  mroto  Onu  tuo 
in  fines    tue  aût  rei  nottet  an  Ce 

Fig.  122.  —  Exemple  de  la  place  laissée  en  blanc,  à  l'origine  de 
L'imprimerie,  pour  les  lettres  capitales. 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  CINQUIÈME.    149 

dans  les  majuscules,  les  minuscules  et  les  cursives.  Les 
pointes  et  les  angles  multipliés,  les  jambages  rompus 
en  angles  saillants  et  rentrants,  caractérisent  le  gothique 
majuscule.  Les  angles,  les  pointes  et  les  carrés  consti- 
tuent le  minuscule.  La  cursive,  composée  de  ces  deux 
éléments,  est  formée  de  lettres  liées  et  jointes  avec  la 
précédente,  ou  avec  la  suivante,  ou  avec  les  deux 
ensemble,    et   chargée    d'abréviations   qui   la    rendent 

e  VSEBIVM  Pamphih  de  euangeh'ca  praparatione 
latinum  ex  qvzco  beatifïimepacer  îuflu  tuo  effeci 
Nam  quom  eum  uiium  cum  eloquétia.:  tû  multaiy 
rerum  peritia:etïgenn  mirabili  flumineexhis  quae 
tam  traducta,funt  praftâtiffimum  fandtitas  rua  îuy 
dicec:  atq?  ideo  quaxûq?  apud  graecos  îpfïus  opéra 
extét  lanna  facere  ffh  tuent:  euangehcâ  pnepatione 
quae  tn  urbe  forte  reperta  eft:  pnmurn  aggreffi  tra/ 

Fig.  123.  —  Caractères  de  VEusèbe  de  Jenson.  (Venise,  1470.) 

presque  indéchiffrable.  En  un  mot,  le  gothique  majus- 
cule répond  au  parangon  flamand,  le  gothique  minus- 
cule répond  au  saint-' nigustin  flamand,  le  gothique 
cursif  répond  au  cicéro  et  philosophie  flamands.  Les 
figures  de  ces  caractères  n'ont  point  pris  naissance  si 
précisément  avec  un  siècle,  qu'on  ne  les  trouve  dans  le 
précédent.  Elles  n'ont  point  non  plus  fini  tout  à  coup 
avec  le  même  Biècle:  elles  se  sont  perdues  insensiblement, 
au  commencement  ou  au  milieu  du  siècle  suivant. 

En  Angleterre,  Caxton  adopta  un  genre  de  caractères 
imitant  récriture  du  \\  siècle,  pour  L'impression  «les 
ouvrages  de  chevalerie.  Antoine  Vérard  employait  en 


150  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

Fiance,  à  la  même  époque,  des  caractères  à  peu  près 
semblables,  mais  mieux  gravés  et  mieux  fondus.  L'un 
et  l'autre  semblent  avoir  voulu  donner  des  fac-similés 
de  manuscrits  du  temps. 

Les  formes  romaines,  adoptées  par  les  Aide  et  par  les 
Estienne,  firent  tomber  en  désuétude  ces  formes  semi- 
gothiques,  et  ce  fut  Aide  l'ancien  qui  créa  le  caractère 
italique,  gravé  par  François  de  Bologne  d'après  la  belle 
écriture  de  Pétrarque.  Les  Elzévier  et  les  Plantin  se 
servirent,  pour  leurs  éditions,  des  caractères  gravés 
par  Garamond,  par  Sanlecque  et  Le  Bé.  Ibarra  en 
Espagne,  Baskerville  en  Angleterre  el  Enschédé  à 
Harlem,  modifièrent  la  forme  des  types  d'après  le  goût 
de  l'époque.  Les  caractères  gravés  par  Fleischmann,  à 
Harlem,  pour  la  fonderie  d'Enschédé  sont  très  remar- 
quables. Baskerville  gravait  lui-même  ses  caractères. 

A  l'origine  de  l'imprimerie,  les  lettres  initiales  furent 
laissées  en  blanc  dans  les  livres;  des  copistes  les 
dessinaient  à  la  main,  les  ornaient  de  figures  et  d'ara- 
besques, comme  on  avait  eu  longtemps  l'usage  de  le 
faire  pour  les  manuscrits.  (Voir  fig.  122.) 

Les  Psautiers  de  1 457, 1 459  et  1490  offrent  de  très  belles 
lettres  imprimées  et  ornées.  (Voir  fig.  124  ,1 46  et  147.) 

Erhard  Ratdolt,  imprimeur  à  Venise  (vers  1477),  est 
le  premier  typographe  qui  ait  fait  des  lettres  capitales 
ornées  un  emploi  fréquent;  cet  usage  se  répandit 
ensuite  de  plus  en  plus.  Des  incidents  empruntés  à 
l'histoire  sacrée  et  profane,  des  animaux  de  tout  genre, 
des  images  grotesques  constituèrent  habituellement  la 
décoration  donnée  aux  majuscules  ;  la  Danse  des  Morts 
fournit  en  ce  genre  de  nombreux  types.   Parfois    ces 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE   CINQUIÈME.    151 

lettres  capitales  furent  introduites  dans  des  ouvrages 
dont  aurait  dû  les  exclure  la  nature  des  sujets  qu'elles 
représentaient.  Une  majuscule,  ornée  d'une  vignette 
représentant  le  mythe  de  Léda,  fut,  par  une  étrange 
inadvertance,  placée  au  commencement  de  l'Epître 
de  saint  Paul  aux  Hébreux,  dans  une  Bible  anglaise 
imprimée    à   Londres   par   Richard    Jugge    en    1572; 

if  dû  nûr  crlcbrr  magnag*  çauDia  fôjxliût 


±Xtzlft 


*  ♦  t      — 


animoa  ratmma^nurerrii  crittua  fallu  frandit 

;«  rj  J»i  B  \  ï   ï  -f  f  ^(JonfrenHûtubi 
au  arDuû  rr loiûpius  arbitre,  lâ$  letuç  aD  «tjer a 


Fig.  124.  —  Fragment  du  troisième  Psal/morum,  imprimé  à  Mayence 
en  1 49<J,  par  Pierre  SchoifTei.  (Voir  fig.  l&et  UT.) 

la  môme  lettre  se  trouve  dans  un  livre  de  Prières 
sorti  des  presses  du  môme  imprimeur.  Parfois,  dans 
des  livres  du  xve  siècle,  les  lettres  initiales  sont  d'une 
très  forte  dimension  et  ornées  de  figures  bizarres,  de 
têtes  humaines,  d'animaux. 

Depuis  le  w  siècle,  on  a  fait  usage  et  avec  succès, 
en  Angleterre  surtout,  des  lettres  ornées  et  historiées. 
UHistory  of  urines  par  Hcnderson,  1828,  in-4°,  offre  de 
fori  jolies  majuscules  avec  des  suj<  ta  analogues  au 
contenu  du  volume.  Quelques  imprimeurs  et  éditeurs 
contemporains  font  usage  de  Lettres  ornées,  mai;-  avec 


152  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

beaucoup  de  goût  et  de  sobriété.  A  côté  des  caractères 
généraux,  qui  permettent  de  reconnaître  les  incunables, 
il  faut  citer  aussi  les  ornements  dont  ils  étaient  chargés. 
De  superbes  lettres  initiales  étaient  dessinées  et  minia- 
turées  dans  les  tètes  de  chapitre.  Des  scènes  animées, 
des  personnages  se  jouant  dans  un  fond  d'or  au  milieu 
des  grandes  capitales  dont  les  volutes  gracieuses, 
allaient  s'enrouler  en  multiples  nœuds  dans  le  bas  de 
la  page.  Ceci  pour  les  très  beaux  exemplaires  sur  vélin 
ou  papier  de  choix  :  on  se  contentait,  dans  les  exem- 
plaires plus  ordinaires,  de  peindre  la  lettre  en  rouge, 
modestement  et  sans  prétentions.  Les  lettres  tourneures, 
ainsi  nommées  à  cause  de  leurs  figures  rondes  et 
tournantes,  servirent  dans  les  premières  impressions, 
comme  elles  avaient  été  en  usage  dans  les  manuscrits*. 
(Voir.  fig.  125  et  125*.) 

Les  lettres  grises  sont  de  grandes  lettres  initiales  à  la 
tête  des  chapitres  et  des  livres,  travaillées  en  marqueterie, 
en  broderie,  en  points,  en  perles;  historiées  ou  repré- 
sentant des  figures  d'homme,  d'animaux,  d'oiseaux,  de 

*  Alopa,  imprimeur  vénitien  du  xv°  siècle,  possédait  très  bien 
les  langues  grecque  et  latine.  Le  célèbre  Jean-André  Lascaris, 
critique  et  poète  renommé  de  ce  temps,  qui  avait  à  cœur  de 
faire  revivre  ces  deux  langues,  le  choisit  pour  son  imprimeur, 
et  corrigea  lui-même  ses  éditions.  On  a  remarqué  que  toutes 
les  éditions  sorties  des  presses  de  Laurent-François  de  Alopa 
ont  partout  des  lettres  capitales  fort  belles,  ce  qui  était  inconnu 
jusqu'alors;  car  on  laissait  ordinairement  en  blanc  la  place  où 
devaient  se  trouver  les  capitales,  et  on  les  faisait  à  la  main,  soit 
en  couleur,  soit  relevées  en  or.  Maittaire  a  parlé  des  éditions 
de  Alopa  dans  ses  Annales  ly)>ographiques,  surtout  de  la  pre- 
mière de  ses  éditions,  avec  une  préface  de  Lascaris,  toute  en 
lettres  capitales,  mêlée  de  mots  grecs.  On  a  de  cet  imprimeur 
cinq  éditions  toutes  en  grec  :  la  première  est  de  1494;  la 
deuxième  est  de  14%,  et  les  trois  autres  sont  sans  date. 


firojdi* 
115:  béni 
uolctii 
captas 


no. 
ra  indu 
cens, 


fâcipit  cpiflola  beeti 

J^lÔ^rmni  ad  *pattlinum  pzefbyterum 
oeornnïPTre  Diurne  btftone  lib^ie* 

bzofttienia 

mibtmunufculaper 

iTeneîDctulitfïmul 

le  fuauiflitnae  literae 

qucapzinapioamta 

a£fidemp?obateia 

neamici/ 

iprereo^t^eraent  ariNtfflïtu 

"utino  copulata:qinuîô 

vtilitO6jîrfFamiliari0:nô  pzcfcntia 

inxmô  fubdula  z  palpas  adulatio 

moziDiuinaç  fcnptua^ftudia 

•gimuemvetenbua  (conciliât* 

biftonjetquofdâ  luftrafleptuntt 

astnquos  adijfc  populos  :mana 

quos  ce  litote  notierant: 

q5  vidèrent  é  SicDitbagozaemem/ 


a 


câûïtàuce 


[moyfen:?  locutus  eft  ei 

pominue  oc  tabernacu 

'lo  teftimonij:Dué0.io> 

quere  filtjô  ifrael:et  Di  ♦ 

ccaadcos..  Iteomoqui 

)tulerite]tvobi9bo[ti 

am  Domino  De  pccoïïBîuhd  eft  De  bobua 

i   a   1 1 ,.       Exemples  de  lettres  tournburea  tli 
,),.  ]  iq|  qooi  byodi  reproduit  !<■  titre  el  l'achevé  d  Imprimer. 

Voir  fli    152  el  : 

90 


a 


,ya 


£roIiar.pIo£ue  in  feptcepfae  canoni 
argumcntum  in  eafdcm. 
"  ipemis:iobânes/zi\xdasfe 
btcmcpfasediderunttam  mffti 
1e  q|  hxccinctae  z  bzenee  parirer 
in  verbisÀonçae  in  (en 
rame  uttj  n  î  eas  cecutiat  Icôc. 
£gphat  argumetû  î  feprê  eptas  >cano* 
nicaa^ncipit  argumentant  tn  cpFam  ca 
nonicambiaijuKubi  apoftoli. 

jacoto^pfe  fctm  infini  it  clerû  oc 
I  {culture  edeftiu  peeptop  et  régula 
catbolice  obferuantf  e  ?  te  muicte 
?  oe  raidard*  plurimom 
i  oc  mendacid^tu^ittronjm. 

£in)!icic'0î'gnrrrentnm.3ncipitepifto^ 
la  canonica  bcari  lacobi  apoftoli, 

£.S.£>ocetapferentatônih>  refitterc 
eftendene  t>cC\  nec  cfle  tempratoz?  ac  au* 
isatgcccari  arcftvcritart  acqufefcerc  cam 
ludicndo  ac  oj2ocMîeicdo.       £a*    I 

t>ni  noftri  iefu  rai  fera9 
tmodecim  tnbubtefur 
i     I  M  inoifpficnefalutctem 
udiû  enftimate  rrca 
ei  cfl  intcmpratônca 
variai  incidmtie.fipteit 
[dciveftre  patfam  ogarur 
;  l|"0atîa  aût  opnrïrôçtû  beat  vt  fuie  pfe 
cri  i  inteçri  z  in  nullo  otfMjcnrc^.Si  <!js 


atlt  vrm  indiçsct  fapîa  pofmtefc#  ôo  <!j  Qût 

Fig.  123'.  —  Exemples  de  lettres  tournei  res  tirés 

de  la  Bible  dont  nous  avons  reproduit  le  titre  et  l'achevé  d'imprimer. 
(Voir  flg.  loi  et  133.) 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  CINQUIÈME.    155 

fleurs,  de  feuillages,  etc.  Ainsi  que  nous  l'avons  dit 
précédemment,  les  copistes  dans  les  manuscrits,  les 
imprimeurs  dans  leurs  ouvrages,  laissaient  en  blanc  les 
capitales  des  livres,  ou  y  mettaient  seulement  une 
minuscule  afin  que  l'enlumineur  eût  la  latitude  et  la 
liberté  d'orner  ce  cartouche  selon  son  goût.  Les  impri- 
meurs, dès  l'origine  de  la  typographie,  avaient  des 
moules  particuliers  pour  les  lettres  grises.  On  remar- 
quera ces  lettres  dans  le  Psautier  de  1457.  (Voir  fig.  HO.) 

Les  Grecs  et  les  Romains  ont  séparé  chaque  mot  par 
un  point,  quelquefois  par  deux,  dans  les  inscriptions  et 
les  monnaies.  Ils  ont  distingué  les  pauses  et  le  sens 
complet  ou  incomplet  du  discours  de  la  même  manière, 
et  dans  l'origine,  par  un  espace  en  blanc. 

On  croit  que  la  ponctuation  des  manuscrits  est  aussi 
ancienne  qu'Aristophane;  on  accorde  môme  à  ce  gram- 
mairien l'invention  des  signes  distinctifs  des  parties  du 
discours.  Le  point  seul,  placé  tantôt  en  haut,  tantôt 
en  bas,  tantôt  au  milieu  de  l'espace,  qui  suivait  la 
dernière  lettre,  marquait  ces  trois  sortes  de  distinction. 
L'une  n'était  qu'une  petite  pause,  nommé  komma  chez 
les  Grecs,  incisum  chez  les  Latins,  virgule  en  France. 

Dans  les  édition-  «lu  \\  siècle,  die  est  désignée  par 
une  ligne  oblique.  La  seconde  était  une  pause  un  peu 
plus  grande,  mais  qui  laissait  encore  l'esprit  en  suspens; 
on  l'appelait  kolon  chez  les  Grecs,  mçmbrurn  chez  les 
Latins:  on  la  note  par  deux  points  perpendiculaires.  Le 
demi  membrène  ou  semi-kolon  est  désigné  par  un  point 
ei  une  virgule.  La  dernière  pause  termine  le  sen^ 
complet  du  discours,  el  se  marque  par  un  point  mis  au 


156  CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

bas  du  mot  ;  dans  les  imprimés  du  xvc  siècle,  il  a  la  figure 
d'une  étoile.  Charlemagne  avait  si  bien  senti  la  néces- 
sité de  la  ponctuation  pour  l'intelligence  des  auteurs, 
qu'il  la  fit  rétablir  par  des  règles  tirées  de  la  version 
latine  de  la  Bible  par  saint  Jérôme;  il  en  fit  même  un 
des  points  les  plus  importants  de  ses  Capitulaires. 
Alcuin  les  fit  exécuter  à  la  lettre  dans  toutes  les  écoles 
des  métropoles  et  des  monastères,  en  plaçant  cette 
inscription  au-dessus  des  bancs  où  l'on  copiait  les  livres  : 

Hic  scdeant  sncnr  scribentes  flamina  logis... 
Per  cola  distinguant  proprios  et  commata  scnsus, 
Et  punctosa  ponant  online  quisque  suo. 

Démosthène,  Cicéron,  saint  Jérôme  ont  introduit  les 
s  tiques,  ou  divisions  en  versets  ou  demi-versets,  dans  les 
manuscrits  grecs  et  latins.  Les  alinéas  furent  désignés 
d'abord  par  un  vide  dans  le  corps  du  texte  ;  puis  par  une 
lettre  initiale  majuscule,  qui  indiquait  le  commence- 
ment du  discours;  enfin,  dans  le  même  discours,  on 
introduisit  trois  sortes  d'alinéas,  que  l'on  trouve  dans 
les  éditions  du  xve  siècle  et  des  suivants;  ce  sont  les 
alinéas  alignés,  qui  sont  de  niveau  avec  les  autres 
lignes  de  la  page;  les  alinéas  saillants,  qui  outrepassent 
de  quelques  lettres  les  autres  lignes;  les  alinéas  ren- 
trants, qui  laissent  un  espace  vide  au  commencement  de 
la  ligne,  comme  on  les  voit  dans  les  éditions  modernes. 

Les  traits  d'union  ont  été  inventés  par  les  anciens 
grammairiens  pour  marquer  la  jonction  des  lettres 
d'un  même  mot. 

On  les  a  rendus  par  un  simple  trait  horizontal  ou  par 
un  double  =,  quelquefois  par  une  espèce  de  c  cou- 
ché «  .  On  les  voit  dans  les  premiers  livres  d'images, 


A  ON  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  CINQUIÈME.    157 

dans  les  premières  impressions  de  Mayence,  et  géné- 
ralement dans  celles  du  xve  siècle,  désignés  par  deux 
petites  lignes  obliques  //,  quelquefois  par  une  seule. 
Il  en  est  de  même  des  guillemets,  qui  portent  le  nom 
de  leur  inventeur,  dont  on  se  servait  déjà  dans  les 
anciens  manuscrits,  pour  distinguer  les  citations  :  on 
les  connaissait  sous  la  dénomination  (Y anti-lambda. 
Leurs  signes  ressemblaient  assez  à  ceux  des  traits 
d'union.  Dans  l'imprimerie,  ils  sont  désignés  par  deux 
petits  oo  renversés,  ou  virgules  doubles  ".  On  les 
remarque  déjà  dans  les  premières  éditions  des  bibles. 
Les  anciens  se  servaient  des  mêmes  signes  que  les 
modernes  pour  exprimer  la  parenthèse.  Deux  c  (le  pre- 
mier en  sens  naturel,  le  second  en  contre-sens)  dési- 
gnaient des  propositions  incidentes  étrangères  au  sujet, 
ou  qui  n'y  étaient  pas  nécessairement  liées.  Jean  de 
Westphalie,  Veldener,  Gérard  Leeu,  Martens  d'Alosten 
on  fait  usage  dans  leurs  éditions. 

Lp-  isques   étaient  connus  du   temps   d'Aristo- 

phane, d'Origène,  de  saint  Jérôme  et  de  saint  Grégoire, 
dans  les  manuscrits  grecs  et  latins.  Ils  étaient  figurés, 
en  petite  étoile,  ou  en  X  cantonné  de  quatre  points. 
[la  servirent  à  différents  usages;  c'était,  tantôt  une 
marqu»'  <1  omission  ou  de  restitution  d'un  texte;  tantôt 
le  signe  d'un  sens  tronque  ou  de  phrases  dérangées; 
tantôt  un  indice  des  maximes,  des  sentences  les  plus 
remarquables  d'un  ouvrage, ou  celui  d'addition  au  texte. 
'  dans  ce  dernier  sens  qu'ils  onl  été  employés,  en 
l  175,  par  Jean  de  Westphalie  dans  le  Breviarium  <iom. 
Joan.  Fabi  -ii< ■•  m,  afin  de  distinguer  le  texte 

•  lu  codei  d'avec  le  commentaire.  Les  chiffres  appelés 


158  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

par  les  Latins  custodes  paginarum  sont  arabes  ou  ro- 
mains :  les  chiffres  arabes  étaient  usités  en  Europe, 
avant  le  milieu  du  xnr  siècle,  dans  les  manuscrits 
pour  marquer  leurs  dates. 

On  en  trouve  quelquefois  dans  les  imprimés  du 
xvc  siècle  qui  servent  au  môme  usage,  soit  dans  les 
souscriptions,  soit  dans  la  première  lettre  grise  de 
l'ouvrage  ;  mais  ils  sont  rares.  Les  figures  de  ces  chiffres 
ont  subi  le  sort  de  l'écriture  ;  elles  ont  varié  comme 
elle;  il  y  en  a  de  particulières  au  x\L  siècle  dont  les 
diplomatistes  ont  donné  la  forme.  Les  chiffres  romains 
ont  été  d'un  usage  presque  universel  dans  les  premières 
éditions,  soit  pour  numéroter  les  pages  au  haut  du 
recto,  ou  à  la  marge,  soit  pour  marquer  l'an,  le  mois,  le 
jour  où  elles  ont  été  achevées.  On  croit  que  le  nombre 
des  pages  a  paru  pour  la  première  fois  en  1469,  dans 
l'édition  de  Tarife,  faite  à  Venise  par  Jean  de  Spire. 
Elles  se  trouvent  dans  les  éditions  de  Ther  Hoernen, 
exécutées  à  Cologne  en  1 170  et  1471,  marquées  en 
marge;  et  dans  les  éditions  de  la  Belgique,  marquées  en 
haut  de  chaque  feuillet  au  recto  seulement.  Chevillier 
nous  apprend  que  Crantz,  Guering  et  Friburger  ont 
employé  pour  la  première  fois  les  chiffres  au  bord 
supérieur  des  pages  en  H77,  dans  Sermoncs  aures 
fratris  Leonardi  de  Utino,  ord.  prsedic. 

Chaque  page,  in-folio,  in-4°,  in-8°,  était  ordinairement 
divisée  en  deux  colonnes;  très  souvent  aussi  elle  était 
imprimée  à  longues  lignes.  Ces  lignes  variaient  de 
longueur  et  de  nombre  dans  les  pages,  parce  que  les 
anciens  artistes  ne  savaient  pas  encore  donner  à  toutes 
les  lettres  de  fonte  une  égalité  parfaite  de  corps  et  de 


A  UX  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  CINQUIÈME.    159 

proportion;  ils  ne  connaissaient  pas  assez  Y  approche, 
qui  consiste  à  donner  à  la  tige  qui  porte  les  lettres 
l'épaisseur  juste  qui  leur  convient,  afin  qu'elles  soient 
entre  elles  à  une  égale  distance  ;  ils  ignoraient 
l'usage  des  interlignes  de  fonte,  qui  sont  des  lames  de 
métal  justes  et  égales  d'épaisseur  que  l'on  emploie 
aujourd'hui  dans  l'imprimerie  pour  élaguer  les  lignes 
d'un  caractère,  et  donner  à  chaque  page  une  dimension 
géométrique:  enfin  ils  ont  employé  des  caractères  d'un 
œil  différent,  et  fondus  dans  diverses  matrices,  pour 
composer  une  même  forme. 

Les  marges  dans  les  principales  éditions  étaient  fort 
larges,  soit  afin  que  les  auteurs  ou  les  lecteurs  puissent 
y  ajouter  leurs  remarques  à  la  plume,  soit  afin  que  des 
possesseurs  eussent  la  faculté  de  les  faire  embellir 
d'ornements  de  diverses  couleurs,  comme  pour  les 
anciens  manuscrits  *. 

L'encre  à  écrire,  en  raison  de  sa  fluidité,  ne  pou- 
vant servir  à  imprimer,  il  fallut  en  imaginer  une  plus 
gluante  qui  put  tenir  sur  les  caractères;  celle  que  l'on 
employait  dans  l'imprimerie  tabellaire,  pour  la  confec- 
tion des  images,  était  claire  et  pâle.  Jean  et  Ifuher! 
Y;m  Eyck,  en  trouvant  l'ail  de  mêler  avec  les  couleurs 
l'huile  de  lin  ou  de  noix,  pour  en  faire  un  corps  solide 
'•i  éclatant,  onl  probablement  donné  lieu  à  l'invention 


siècle,  comme  à  la  fin  du  \iw  on  aimail  feuilleter 

un   livre  dont   les  marges,  ménagées   très  largement,  étaient 

ornées  <i  arabesques,  ou  quelquefois  de  dessins  appropriés  au 

me  douce  harmonie.  Loin  de  nuire  à  l'impression, 

ition  la  rehaussait  vigoureusement.  Dans  le  chapitre 

septième,  nous  parlerons  <lu  décordes  marges  d'un  livre  à  la 

lin  <lu  \i\    BÎ( 


160  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

de  l'encre  d'imprimerie  :  elle  s'est  perfectionnée  parti- 
culièrement à  Mayence,  en  Hollande,  en  Flandre,  où 
elle  a  atteint  un  noir  d'une  si  grande  perfection, 
qu'elle  n'a  éprouvé  aucune  altération,  depuis  plus  de 
trois  siècles,  comme  on  peut  s'en  convaincre  en  exa- 
minant les  premières  impressions. 

Les  ornements  typographiques  furent  employés  par 
les  premiers  artistes  allemands  ;  on  sait  aussi  que 
Jean  de  Westphalie  en  1475,  Jean  Veldener  en  1476, 
Golard  Mansion  en  1477,  Gérard  de  Leeu,  en  1480,  et 
presque  tous  les  imprimeurs  du  xve  siècle,  ont  enrichi 
leurs  éditions  de  portraits,  d'écussons,  d'images,  de 
lettres  grises  et  de  figures  gravées  sur  bois. 

Quant  au  nombre  d'exemplaires  que  les  premiers 
imprimeurs  tiraient  d'un  ouvrage,  généralement  il 
n'excédait  pas  trois  cents;  le  papier,  le  parchemin,  la 
presse,  les  enlumineurs,  les  traducteurs,  les  correcteurs 
nécessitaient  de  grandes  dépenses;  de  là  la  rareté,  la 
chertémômedeslivres  en  première  édition.  On  imprimait 
tout  au  plus  trois  cents  feuilles  par  jour;  ce  petit 
nombre  procédait  du  défaut  des  presses  anciennes  qui 
n'avaient  pas  le  roulement  des  modernes.  Il  est  pro- 
bable que  les  imprimeurs  du  xvc  siècle  en  employaient 
plusieurs  pour  l'impression  d'un  même  ouvrage;  cette 
conjecture  est  fondée  sur  le  récit  de  Braun  qui  nous 
apprend  qu'un  abbé,  Melchior  de  Stamham,  voulant 
établir  une  imprimerie  dans  l'abbaye  de  Saint-Ulric 
à  Augsbourg,  prit  en  1472  un  habile  ouvrier  de 
cette  ville,  nommé  Saurloch.  Cet  ouvrier  employa 
une  année  à  préparer  tous  les  instruments  nécessaires 
et   acheta  de  Jean    Schuessler  cinq   presses,   qui  lui 


A  ON  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  CINQUIÈME.    161 

coûtèrent  75  florins;  il  en  fit  construire  cinq  autres 
petites,  fit  fondre  des  caractères  d'étain,  et  commença 
à  imprimer  en  1475.  Après  avoir  donné  une  édition  du 
volumineux  Miroir  de  Vincent  de  Beauvais,  il  en  ache- 
vait la  troisième  partie  lorsqu'il  mourut.  Saurloch  avait 
dépensé  702  florins  à  fonder  son  imprimerie  et  à  la  faire 
mettre  en  œuvre;  son  successeur,  trouvant  sa  maison 
obérée,  vendit  les  trois  parties  du  Spéculum  pour  2  4  florins. 

Le  prix  des  livres  variait  dans  une  môme  ville  à 
raison  du  nombre  des  imprimeurs  et  des  imprimés. 
Souvent  un  typographe  réimprimait  dans  le  même 
endroit  l'ouvrage  mis  au  jour  par  un  de  ses  concitoyens. 
Les  premières  éditions  étaient  toujours  contrefaites 
dans  d'autres  États  et  circulaient  de  pays  en  pays; 
il  se  faisait  un  large  commerce  d'échange  entre  les 
principaux  imprimeurs. 

Le  Catholicon  de  Jean  de  Janua  fut  vendu  en  1465, 
au  monastère  de  Sainte-Marie  d'Altenbourg,  41  écus  ; 
le  môme,  dix  ans  après,  ne  coûta  que  15  florins  d'or. 
La  Bib/<;  de  Mayence  de  1402,  imprimée  sur  parchemin, 
fut  achetée  40  écus  d'or  par  Guillaume  Tourneville, 
évoque  d'Angers,  et  ce  fut  Ilerman  de  Stathoen,  fac- 
teur de  Fust  et  Schoiffer,  qui  la  lui  vendit  en  1470;  le 
Missel  de  Wurtzbourg,   imprimé    sur    membrane,   fut 

lé  .i  William  Kewstfa  pour  18  florins  d'or  en  1481.  On 
voit  que  le  prii  des  livres,  pour  les  particuliers,  variait 
selon  les  localités  el  les  circonstances. 

Les   signes   auxquels  on  reconnaît  les  éditions  du 
siècle  se  trouvent  dans  m»  ouvrage  de  Sébastien- 
Jacques  .lu rr_" -min-,  intitulé:  Disquisitio  in  notas  cha/rcu 
a   libroruma  typographies  incunablo  ad  cm .  M.  Ik 

n  21 


162  CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

impressorum,  etc.,  1740,  in-4°.  Tous  les  auteurs  qui  se 
sont  occupés  du  classement  des  incunables  ont  dû 
adopter  les  mômes  principes.  Voici,  en  résumé,  les 
signes  auxquels  on  peut  les  reconnaître  : 

1°  l'inégalité  et  la  grossièreté  des  types. 

Cette  inégalité  et  cette  grossièreté  ne  subsistèrent 
pas  longtemps  :  peu  à  peu,  les  caractères  se  perfection- 
nèrent, et  nous  voyons  sur  la  fin  du  xvc  siècle  des  éditions 
bien  préférables  à  celles  de  plusieurs  imprimeries 
modernes. 

2°   L'ABSENCE   DES  TITRES   SUR   UNE   FEUILLE   SÉPARÉE. 

Ce  signe  d'ancienneté  n'est  point  équivoque,  car  ce 
n'est  que  vers  1476  ou  1480  qu'on  a  commencé  à  impri- 
mer les  titres  des  livres  sur  un  feuillet  séparé  ;  et  les 
titres  des  chapitres  se  voyaient  déjà  dans  les  Êpîtresde 
Cicéron  datées  de  1470. 

•~°  L'ADSENCE    DES  LETTRES    CAPITALES  AU  COMMENCEMENT 
DES    DIVISIONS. 

Dans  les  premiers  temps  de  l'imprimerie,  ainsi  que 
nous  l'avons  déjà  mentionné,  les  imprimeurs  laissaient 
la  place  des  capitales  en  blanc.  Les  livres  étaient 
remis  à  des  rubricateurs  qui  y  miniaturaient  les  lettres. 
Des  calligraphies  habiles  y  plaçaient  la  lettre  initiale, 
accompagnée  de  quelques  miniatures  ou  d'ornements 
en  or  et  en  couleurs. 

4*  LA   COMPACITÉ    DU    TEXTE  SANS   INTERVALLES. 

b°     L'ABSENCE    DE    VIRGULES    ET    DE    POINTS    VIRGULES 
ET  DE  TOUTE  AUTRE  PONCTUATION. 

On  ne  peut  se  fier  absolument  à  ce  signe;  les  impri- 
meurs reproduisaient  généralement  la  ponctuation  des 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  CINQUIÈME.    163 

manuscrits  comme  elle  se  trouvait  transcrite.  Or,  la 
ponctuation  remonte  à  l'antiquité,  et  elle  a  toujours  été 
employée  depuis. 

La  virgule  est  très  ancienne  et  a  été  imitée  des  manu- 
scrits; on  la  distingue  dans  les  premières  éditions,  sou- 
vent figurée  par  une  ligne  oblique. 

Jungendre  a  voulu  probablement  parler  de  la  forme  de 
la  virgule  qui  a  varié  et  qui  ne  se  place  pas  de  même 
chez  les  différentes  nations.  Les  Allemands,  les  Anglais 
et  les  Suisses  la  mettent  sans  espace,  immédiatement 
après  le  mot.  Les  Espagnols  et  les  Italiens  la  fixent  entre 
deux  espaces  inégaux,  et  dont  le  premier  est  moins 
étendu  que  l'autre. 

6°  LE  MANQUE  DE   CHIFFRES  AU  HAUT    DES  FEUILLETS  OU  DES   PAGES 
ET  CELUI  DES  SIGNATURES  ET  DES  RÉCLAMES  AU  BAS. 

L'usage  des  chiffres,  signatures  et  réclames,  bien 
qu'étant  d'une  date  antérieure  à  la  découverte  de  l'im- 
primerie, ne  paraît  avoir  été  employé  dans  les  impres- 
sions qu'à  partir  de  1 470. 

7     I.v    SOLIDITÉ  ET  L'ÉPAISSEUR   DU  PAPIER. 

Il  ne  faut  pas  trop  s'attacher  au  caractère  du  papier; 
on  le  faisait  aussi  Bolide  au  xvie  siècle  que  dans  les 
dernières  années  du  \\  .  Les  marques  d'eau  peuvent 
servira  déterminer  le  lieu  d'impression,  quelquefois  le 
nom  de  l'imprimeur. 

i.   M  UfQUE  DO    nom  D'iMPRIMBI  R 
l»i      NOM    DE    LA    MLLE    ET    DE    LA    DATE. 

ci  esl  un  des  signes  les  plus  importants  pour  déter- 
miner les  incunables.  Les  m;in|iirsd'imprimcurniérilenl 
qu'on  s'y  arrête;  souvent,  ce  simple  élément,  à  défaut 


164  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

de  tout  autre,  sert  à  définir  un  livre*.  Certaines  de  ces 
marques  sont  admirablement  composées;  leur  dessin  et 
leur  conception  sont  d'un  goût  admirable.  Parmi  les 
plus  remarquables  nous  signalerons  celles  de  : 

Jehan  Herouf,  imprimeur  à  Paris,  1514-1525. 

Boucard,  imprimeur  à  Paris,  1496-1551. 

Josse   Bade,   libraire-imprimeur  à  Paris,  1501-1555. 

Berth.  Rembolt,  imprimeur  à  Paris,  1491-1518, 
ainsi  que  celles  des  Aide,  des    Estienne,  des   Colline, 
Vascosan,  Wechel,  etc.,  etc. 


Les  livres  imprimés  par  Gutenberg,  ou  qui  lui  ont  été 
attribués,  ont  fait  l'objet  d'un  travail  très  documenté 
publié  par  le  Bulletin  de  la  Chambre  des  imprimeurs 
typographes.  Nous  le  reproduisons  en  entier,  les  rensei- 
gnements qu'il  fournit  devant  intéresser  nos  lecteurs. 

«  Gutenberg  ne  s'étant  jamais  nommé  dans  ses  pro- 
ductions typographiques,  et  la  majeure  partie  de 
celles-ci  n'étant  pas  datée,  il  est  naturel  que  les  biblio- 
graphes ne  soient  pas  tous  d'accord  sur  celles  qu'il 
faudrait  lui  attribuer.  Cependant,  sauf  la  fameuse  Bible 
de  36  lignes,  aucun  ouvrage  considérable  n'était  le 
sujet  de  contestations  sérieuses.  Mais  A.  Bernard  a 
essayé  de  renverser  toutes  les  notions  que  l'on  avait 
sur  ce  sujet.  Il  refuse  à  Gutenberg  toutes  les  impres- 
sions exécutées  avec  ses  caractères  les  plus  anciens  de 
tous,  ceux  de  la  Bible  de  56  lignes;  il  lui  dénie  môme 

*  Deux  libraires  érudits,  M.  L.-C  SilvestreetM.  Paul  Delalain, 
ont  publia  des  documents  <lu  plus  haut  intérêt  sur  les  marques 
des  imprimeurs  el  des  libraires.  (Cf.  Chapitre  dixième.) 


A  UX  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  CINQUIÈME.    165 

le  Catholicon  de  1460  (Voir  fig.  156).  Selon  lui,  dès  les 
premiers  débuts  de  l'imprimerie  à  Mayence,  trois  ou 
quatre  ateliers  s'établirent  dans  cette  ville.  Chaque 
espèce  de  caractère  est  attribuée  par  lui  à  un  imprimeur 
différent,  et  parmi  ces  typographes,  il  est  tenté  de 
placer  le  fameux  Jean,  le  prétendu  voleur  de  Coster. 

«  Le  système  de  M.  Bernard  ne  semble  pas,  du  moins, 
avoir  été  appelé  à  faire  fortune  ;  il  ne  repose  sur  aucune 
base  solide,  mais  bien  sur  des  conjectures  qui  ne  sont 
pas  même  plausibles.  Il  est  à  regretter  que  A.  Bernard 
ne  se  soit  pas  cru  lié  par  la  promesse  faite  par  lui  en 
ces  termes  dans  l'avant-propos  de  son  grand  ouvrage  : 
«  Mon  livre  est  purement  historique.  »  Ce  livre,  dans 
lequel  se  trouvent  des  parties  réellement  fort  estima- 
bles, y  eût  beaucoup  gagné. 

«  Il  est  inutile  de  parler  ici  de  plusieurs  livres  sans 
nom  d'imprimeur  et  sans  date  que  l'on  attribuait  à 
Gutenberg,  à  une  époque  où  l'étude  des  incunables 
était  elle-même  encore  au  berceau.  Il  ne  peut  être 
question  non  plus  des  Confession/ (lia,  dont  on  a  tant 
parlé,  ni  du  Catholicon,  gravé  sur  bois,  dont  l'abbé 
Trithème  fait  mention.  De  plusieurs  petites  impressions 
de  Gutenberg,  on  ne  connaît  qu'un  seul  exemplaire, 
ou  de  simples  fragments.  Il  en  est  sans  doute  aussi 
plusieurs  de  ce  genre  qui  ont  disparu  complètement. 

«  Voici  d'abord  la  liste  des  impressions  que  l'on  peut 
attribuer  à  Gutenberg  avec  presque  certitude  : 

"  I.  Plusieurs  éditions  <lu  Donat,  imprimées  avec  le 
caractère  qui  servi!  plus  tard  à  la  Bible  de  36  lignes  <-i 
qui  peuvent  remontera  l'année  1450.  Quelques  Biblio- 
thèques en  conservenl  des  fragments.  Il  existe  aussi 


166  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

des  Donats  exécutés  avec  des  caractères  de  la  Bible 
de  42  lignes,  que  Gutenberg  peut  avoir  imprimés. 

«  II.  Les  Lettres  d'Indulgence,  de  1454  et  1455,  de 
50  et  51  lignes.  Dans  l'une  de  ces  compositions,  celle 
de  51  lignes,  on  voit  paraître  la  grosse  gothique  de  la 
Bible  de  56  lignes  (Voir  fîg.  126  et  127).  Dans  l'autre,  de 
50  lignes,  se  trouve  le  caractère  de  la  Bible  de  42  lignes 
(Voir  fig.  128).  Les  caractères  petits  et  cursifs,  employés 
dans  ces  Lettres,  ne  reparaissent  plus  nulle  part.  Sou- 
vent l'on  s'est  demandé  ce  que  ces  caractères  peuvent 
être  devenus.  Voici  une  conjecture  des  plus  plausibles  : 
La  fabrication  et  la  distribution  des  Lettres  d'Indulgence 
devaient  être  sévèrement  surveillées  et  contrôlées  pour 
empêcher  que  l'argent  à  en  provenir  ne  fût  détourné 
du  but  pieux  auquel  il  était  destiné.  Dès  lors,  qu'y 
aurait-il  d'étonnant  que  ceux  qui  furent  chargés  de 
cette  surveillance  eussent  exigé  des  imprimeurs  des 
caractères  spéciaux  et  la  destruction,  à  faire  sous  leurs 
yeux,  des  petits  caractères,  lettres  et  poinçons,  dès 
que  le  nombre  commandé  d'exemplaires  eut  été  tiré? 

«  Si  l'on  acceplait  cette  supposition,  elle  explique- 
rait à  la  fois,  et  la  disparition  des  petits  caractères 
employés,  et  les  éditions  si  différentes  de  ces  Lettres 
d  Indulgence,  exécutées  presque  simultanément. 

«  III.  Appel  de  lu  chrétienté  contre  les  Turcs  (en 
allemand),  in-4°  de  6  ff.,  exécuté  également  avec  les 
caractères  de  la  Bible  de  56  lignes.  C'est  une  espèce 
d'almanach  pour  l'année  1455  (qui  doit  avoir  paru,  par 
conséquent,  vers  la  fin  de  1454)  en  rimes  allemandes, 
et  le  plus  ancien  livre  imprimé  en  cette  langue. 

«  On  ne  connaît  qu'un  seul  exemplaire  de  ce  livret 


r  rviCyp» ttufci 'w:ïiut  spcUicVcMia )£&tS5i  rmeis  vpi  bofc&.Zhi\Kfôs* £>AMccnoîgrati»o>«fiii  omibjXPi/iScfibrVbidba 
i-'Wnitt-f  ipôs  p  olBGom-m  faguis  ô-m  n:f ibû  ïpi  pic  erfpn&d  qui  infra  tnciuu  a  p:imaoicOOaïta>ui<  aîït  CO*cciuwcn>tOiè'U> 
.      .  i&tatboiKc/àcj  i  Regm  p^icti  Scfaculutib;  fuiimagis-oel  min'pwut  ijv«'>oic<bvr2!cicijriK.p:oci"uit>i>>€rnjJîi)âX>{a> 
ÉS«^êcv«9*fa»"i  **  Confcflojcs  fèorici  Iceulaics'^ocl  ftcgiUws  pn  iplôscligcnof  sfcfliompî  coi;  oi«5io«.j>  ?nii  ni*«ri££tei 
■lin  f  tftun  liîfBiTniirtffl atq; X-Iictis quânïcuq; gtauits p^na^Oïc/  tâtû ocbuâabftludoiic  impcoac •* ftaiitâtîfjRtfa^ 
Etuïgflf  Açcn>"fi  i5  buîlitcr  pctic:it  ipôVaquibulcûqj  cvc'icatioiiu  fulpcnlioitû  iVttciMcti  aliilq;  (bitctiiscttuuft-»pciii«i'cdcftn; 
■ëo4*3u:e"*tactab b*îc ymulgaris quib? foikn innoMti otiltût  abfolucic . Iniûcuy ttioSo culpc  printâta talufan  -*d alii*  qjisf 
-îç3iiïfuJ5i'rti>iuïgirnîa  JrciT^co  pénitents  icoivvfli*.vcl  fi  foifan  pjoptct  amiflioncm  Icquclc  jfiVcTinanpcttcTmcfigitrîeî' 
e^feéftf!>^i>j;>kn(rmiâv"™pcn"2;fa0:"  plcanârcmiJlîinxiimcInODtcaa 

fcfla,wèiiï  jx.cjIo  ipi»  aûe*  3pt>ca  xcèscSalcâ't.SuiiffACtoc  g  cosfcût  fi  flrpuitcnm  aut  j>  coi}  bc:cc\-s  fi  tunctzô'fîcàitt  Sbla 
ÎLqfpoJi  ptoukû  3c«!i»m-^"t)inï  anû  fingufis  fouis  fcni»'V>'cl  quaSâulin  Sic  iauuét.IegitK>  tmpcoipirw  ce»-fcfic  fecpto  Rcçuilan 
eifcîuutïa.pnij  iniifctOoo»  ud alias  non  ob(tan.6t ipîsimpcoitis  in  ïncto  ano  uclcm*  para  <bmo  fcqucuti  ucl/i'NLS'quatn 
,   IMTJiO  !"'!  iriuii.-.buM.Gt  fi  Paliquc  ânoiTtoel  coi;  paètc  «MM  icivmu  cômooe  aoimplctc  ncquiucnnt  CcmfcllôcAS laclceao 
f:t  aKa-îïiàtaxpot.-rit  canons  opca  cpie  ipifaccc  ctuï  tcncâfDûmooo  tn  e%  MiJcntia  r<iflîciu«  bm-'i  qiccO  eibftt  pccotacnon 
;,"jcfumànt  alioqui"  èneta  pMrJlntpin  AS  ptoianâ  tanifTuJnfui  mom»  cuticuL'  a  tcrmjjw  que  uè-  pcfa<*  ?fiJ><nnVDt  fBttgT 
-.Mutt»  iwili?  fim  robccrt  ucl  mcmcHét  qina%cuo;iif  J\c«u»    0<î  V*«  Ç>)jG>qA    %>  >.*\»  .»■»»«♦■>»■»■*«  v  «y»*»-»»».' 
^irou Svcaî  wîultum Se  f.vuîutibu» fui*  pic  c»gai »r\,  .mérita  butufinboi  ïn^ulgenrii* gcuScx  oebet lrr\>oi»4t)Ç  fefamo 
«nJdi&içiJluoi  ailjoe'oîïinanirn  p;cf^rib}lutc:i»tv^mcmialib)cftaij.,Oî^«nOaJUii)  w.ve.>rsi(»"-j".M»ajino  5iû  CDocçhn) 

if «ràa  plrtiiCùmE  abf Qlutiants  irKmîflmmB  în  mia 

L'^.^M iClTij  ÎIIT  tU I  11  ^J\i  m  } t)cru4  jtp^  B  far(cti(TiTrâ"rt  piinimâiHiâ',  f c"ablôt>/af  €f  aûcfc  ipi?  bcatoifijt.^ffS  r»  panB 

.te  iptici  micbi  srmfia  et  «ibj'?ccfia  €gotc  abfeluc  ab  cnntu  pc6»  nu*  strats  sfcfTi*  ^  oblms  énâ  ab  omibj  cafl 

b;dtq^tefccbl  quStûcûqigwmbjSKSi  aprKcrc^îuan&rtccnc^aqwbBfcûqjcjiccKatK'hm  fufpcnfionctlntcjî'icD 

-  -,  t  prm«  tcÂiaftioi  a  jute  ■vcl  ab  boîe  pmulqaùi  fi  qua»  inourifii  SanSo  tibi  plâflima  o«n  pcfin^tuoi;  inairi  • 

CCnuâ'3  c'cjnùlioiu  3uquâu»cLm£j(aiicu-maUi«ccdic  in  bac  gtc  fe  c\;cnJût.}n  iwrauu  patrie  *  filuct  fpuitus  fanai  ^jncn  . 

fjù\  _îfoaiuplmaa£ccttîiifionîsminiRriôMwla 

^^    J  '  .CTTiTfUT IUI  Ut  Onfnoitc: uttirpu  G50  te  abtôluoa^ omibî pcfTî.frii»  3«!ti«  5^5  ■? c-bfitiç  rcffifuoiîo  te  Vnita  . 

~  j  fuNii.ii  iâcTatiXJia» Ccrîij  Rcrrnt(C)i>jMbT-poiaipu:gatoriiquasp!optcr  cul pa*  et  offoifaiinciuriftiSaiirvtibi  ploiatuim 

rfîayrfJlijwriî  Tcmi(?).ni~i3niTUfltû  cloues  (û  mj&ccîii ui  Ijoc  parte  le octtniût  .lu  noie  prU  et  filn  ci  fpûs  fanca  amo» . 

Fig.  126.  —  Lettre  d'Indulgence  de  l'édition  dite  de  51  lignes 
imprimée  à  Mayence  dans  le  courant  de  liai. 


mmtfte  pmilinus 

rfonna  plntîTfunt  abfolutîonfe  et  rmritfianfe  în  mm 
Mitaaturtuitf 

tfomici  plmiutt  rttîîtffiûnis  in  ramns  amtuto 
^ifoxaturtuuf 

res  de  la  Bible  de  56  lignes  employés  dans  la  Lettre 
cTIndulgmce  de  l'année  U5i,  édition  de  31  lignes. 


vJniurrfia  pnulîmra 

ÇT\  if  omia  plr  nîffimr  nbfolunonîo  r  t  remîffionïa  îa  uîta 

\0>4tffrraturtuiK 

Ç(\ï  If  omia  plrnanr  rrmiffionio  m  mouio  arnrulo 

3yx«rrrfarurtun: 

1       ;  "       Caractère»  de  la  Bible  de  U  lignei  employés  dam  la  Lettre 
,l'<    I  de  l'année  1455,  édition  de  30  llgni 


\\\  Mfr  -%  %  w 


m 


nftoftmfanemiïieouantuifpnifna-:-    njiUcfmio  crcc° 


Fig.  l"2(.i.  —  Fac-similé  réduil  «le  l'image  de  saint  Christopl 
avec  souscription  datée  de  1  l:T>  (inillesimo  cccc0  xx°  tertio). 
{Cabinet  des  têtampeê  de  la  Bibliothèque  nationale.) 


A   UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  CINQUIÈME.    169 

curieux  :    il    est   conservé    à    la    Bibliothèque   Royale 
de  Munich. 

«  IV.  La  Bible  latine,  si  connue,  de  42  lignes  en 
2  volumes  in-folio.  Elle  était  imprimée  en  1456,  comme 
le  prouve  la  souscription  manuscrite  de  Henri  Albech, 
dit  Cremer,  vicaire  de  l'église  de  Saint-Étienne  de 
Mayence,  qui  se  trouve  dans  l'exemplaire  conservé  à  la 
Bibliothèque  nationale  de  Paris  (V.  au  bas  de  la  fig*.  149). 

«  V.  Le  Calendrier  de  1457,  imprimé  avec  le  caractère 
de  la  Bible  de  56  lignes.  Le  seul  fragment  connu  se 
trouve  à  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris. 

«  VI.  La  Bible  latine  de  56  lignes,  ordinairement  reliée 
en  5  vol.  in-folio,  souvent,  mais  erronément  attribuée  à 
Pfister     de    Bamberg.       ^i^£~-^sm~z  *. 
M.  A.  Firmin-Didot  et      ipmînîb; bonc uoiûtatîa. 

d'autres    bibliographes    Fig.  130.  -  Caractères  de  la  deuxième 

pensent  que  cette  bible  nible  de  Ma>ence- 

parut  avant  celle  de  42  lignes.  Mais  ces  deux  éditions 
volumineuses  n'auraient  pu  être  achevées  en  si  peu  d'an- 
.  de  I  150a  I  156,  et  cela  dans  un  atelier  d'imprimerie 
nouvellement  monté.  Le  savant  M.  J.-Ch.  Brunet,  dans 
sa  dernière  édition  de  -on  Manuel,  admet  comme  très 
probable  que  cette  bible  a  été  imprimée  à  Mayence. 

«  VIL  Summa  quse  vocatur  Catiiolicon,  édita  a  fratre 
Johanne  deJanua  ordinièfr.  prsedicatorum.  Mogunli.r. 
I  MM),  in-folio  (Voir  fig.  136). 

«  Km  dépit  des  assertions  contraires  de  A.  Bernard, 
la  majeure  partie  des  bibliographes  continueront  à 
attribuer  cette  édition  à  Gutenberg.  La  souscription 
seule,  si  remarquable,  de  ce  livre,  ne  permet  guère  de 
i     corder  qu'au   digne  inventeur  de   la  typographie. 

h  22 


170  CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

Les  trois  impressions  qui  suivent  sont  exécutées  avec 
les    mêmes  caractères   : 

«  VIII.  Une  Lettre  d'Indulgence  de  1461.  Elle  fut 
accordée  par  le  pape  Pie  II,  pour  la  réparation  de 
l'église  de  Nuhusen  (Neuhausen).  Un  fragment  unique 
faisait  partie  de  la  bibliothèque  du  comte  Razomowski, 
à  Moscou.  On  ne  sait  ce  qu'il  est  devenu,  mais  il  est 
probablement  resté  en  Russie. 

«  IX.  Thomas  de  Aquino.  Summa  de  articulis  fidei, 
in-4°  de  12  feuillets  de  oO  lignes. 

«  X.  Matfiœi  de  Cracovia.  Tracta  tus  racionis  et  con- 
scienciœ,  in-4°,  de  22  ff.  de  7)0  lignes.  Un  exemplaire 
conservé  à  la  Bibliothèque  nationale  de  Paris  offre  une 
souscription  manuscrite  très  intéressante,  dans  laquelle 
il  est  question  de  Henri  Keffer  de  Mayence.  Celui-ci 
était  ouvrier  de  Gutenberg,  à  qui  il  était  demeuré 
fidèle  après  sa  séparation  de  Fust,  et  qui,  après  la 
mort  de  son  maître,  alla  s'établir  comme  typographe  à 

Nuremberg. 

«  En  1465,  l'électeurde Mayence,  Adolphe  II  de  Nassau, 
accorda  à  Gutenberg,  par  un  diplôme  qui  nous  a  été 
heureusement  conservé,  le  titre  de  gentilhomme  de  sa 
cour,  avec  tous  les  avantages  attachés  à  cet  emploi. 
Gutenberg  dut  alors  suivre  ce  prince,  qui  résidait 
habituellement  à  Elfeld,  petite  ville  située  sur  le  Rhin, 
à  quelques  lieues  en  aval  de  Mayence.  Ne  voulant  pas 
se  séparer  de  son  imprimerie,  acquise  aux  frais  du 
docteur  Homery,  syndic  de  Mayence,  et  probablement 
hypothéquée  à  celui-ci,  il  obtint  la  permission  de  la 
transporter  à  Elfeld.  Gutenberg,  déjà  fort  avancé  en  âge, 
ne  pratiqua  plus  alors  lui-même;  il  en  était  d'ailleurs 


cû  tacerafi  îocéiûi  toron  Bricaptfo  cûîod9ûmC£ufcï 
fis  t  fais  fit  t  fuit  îplt  cûœdi  fira9  f  futfotf  Gtkf  fotfc 
tteGcr  tuecît  lâritoprtcfptrôrû'  ïot^cfdfMfc  téeur 
fuîCCes  eêtf  foîffc  îpictû  lomeëiîtfC  fitltïattftêciorfijte 
feriseÉatf  fUÎOct  fuio  rûîortfcro  (  tuèrjfïsf  ftiistftf  ftt 
tft  uplt  tû  ïorri  £îm9f  fiuîm?  titra  f  fitcitis  ait  uf  fittfft 
Infiitîtô  mo  fn  nuîsïpfois  m  pmùptito  îpfcotoceC 
ptlto  pfco  upttçr  pftoïotlïi  ce  f  ftnff t  furo  lo  rlû  îw  E>uo 
ptttipîa  ftiût  a  ûbo  paffio  ptirû  otîortë  fiitue  uttorëù? 


I    _.  131. 


i£go  legîalcgit  *plf  legiro?  itgjtio  Itgût  pritu  ip 
jco  legebâ  legebaa  legebat  aplr  legtbautffegeba 
tis  iegtbât  15  tito  pfcct  legi  legjffi  legit  *plr  itgîra?  legif 
tîs  legetût  itf  légère  ptita  pucppfiQ  letjtcâ  legttas  ïtgt 
rat  iplr  iegtant9  iegéatis  legetât  ifutilo  legara  legesle 
gtt  *plr  legetaus  legme  legmt  Impariuo  raûïate'pDe 
pfeuti  au  Cecunùâ  itctaâpfanamlcgtltgat  *plf  lega* 
mus  legîte  legant  tf  utura  legito  tu  legita  îlle  aplr  Itga 
muslegitate  legantauf  leguntQte£)ptatiuamQ&a  te 


'te.  1: 


pore  pn  ti  i  ptâta  îpfca  ut  legerem  légères  legetet  etplr 
uf  legeramis  legeceti3legecmt  pretîm  pftb  *ptTcppfîa 
uf  legtffem  legîtfee  IcgiCCet  *plf  uf  legtff  émus  ItgitTetia 
legiïïent  tfatûo  uf  lemilegas  légat  *plf  ut  legamus  le 
gatîalegant  iTantûmnamotcpepûntû  legara  legas 
légat  *plr  cû  legara?  legans  legant  peetfta  ipfFa  tû  le 

i         [33. 

gcif  Icgeree  legatr  uplf  ai  legatmus  legttcne  Icgttmt 
pcetfto  pffo  ai  legeam  legeas  legeat  *plr  cû  legtnm? 
legcrmslecrcunt  prêtent  a  plurqmpfectocuni  legiflera 

134. 

I  l  -    M  '.i.M'i  -    .  i  i   s  CKH  FIGURES  HE  TROUVENT  A!     VERSO. 


LEGENDES   DES   FIGURES   OUI    SE  TROUVENT   AU   RECTO. 


Fig.  loi.  —  Types  fondus  en  plomb.  Leur  surface  est  écrasée 

par  le  tirage. 

Leurs  arêtes  sont  usées  par  le  frottement. 


Fig.  132.  —  Mêmes  types  ayant  moins  d'usage. 
Ils  sont  moins  écrasés,  moins  usés. 


Fig.  133.  —  Mêmes  types  avant  d'avoir  été  fatigués. 


Fig.  13L  —  Types  provenant  des  mêmes  poinçons, 

mais  fondus  en  matière  plus  dure, 
semblables  à  ceux  de  la  première  Bible  de  Mayence. 

COMPARAISON      DE      CARACTÈRES     PROVENANT      D'UN     MÊME     POINÇON 
SEMBLABLES  A   CEUX   DE    LA    PREMIÈRE    «•  BIBLE  »    DE   MAYENCE. 


A  UX  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  CINQUIÈME.    173 

empêché  par  son  emploi  à  la  cour.  Parmi  ses  élèves 
se  trouvaient  deux  de  ses  parents,  les  frères  Henri  et 
Nicolas  Bechtermùncze,  qui  avaient,  de  même  que 
beaucoup  d'autres  praticiens  de  Mayence,  des  biens 
à  Elfeld.  Gutenberg  leur  confia  son  imprimerie  ;  mais 
tant  qu'il  vécut,  il  est  probable  qu'il  continua  à  la  diriger. 

«  Cette  imprimerie  produisit,  du  vivant  de  l'inventeur, 
l'ouvrage  suivant  : 

«  Vocabularium  latino-teutonicum  (ex  quo),  AltaviUa 
per  Hertricum  Bechtermiincze  et  fratrem  ejusdem  Nico- 
faum,  etc.,  die  Leonardis  confessons,  quarto,  die  mensis 
novembris,  1467,  pet.  in-4°,  de  165  feuillets. 

«  Ce  dictionnaire  est  un  extrait  du  grand  ouvrage,  le 
Catholicon  de  Jean  de  Balbis  de  Janua,  imprimé  par 
Gutenberg,  à  Mayence,  en  1460.  On  l'a  nommé  Voca- 
bularium ex  quo,  parce  qu'il  commence  par  ces  deux 
mots.  Henri  Bechtermiincze  étant  mort  pendant  l'im- 
pression, celle-ci  fut  achevée  par  Nicolas  son  frère  et 
par  Wigand  Spiess.  L'unique  et  magnifique  exemplaire 
de  ce  livre  intéressant  est  conservé  à  la  Bibliothèque 
nationale  de  Paris.  Il  a  été  acquis,  en  1788,  par  M.  Van 
Praet,  avec  douze  autres  incunables,  du  baron  de 
Hûbsch,  amateur  ,i  Cologne,  pour  la  somme  modique 
de  720  livres.  Wigand  Spiess  d'Ortenberg,  autre  prati- 
cien à  Mayence,  est  nommé  dans  la  souscription  comme 
il  coopéré  ;i  L'impression.  Celui-ci  avait  pour  femme 
Anne  de  Bruxelles.  Nicolas  Bechtermùncze,  .-i|>rès  le 
mort  de  Gutenberg,  réimprima  ce  même  livre  «-n  1469, 
1472  et  I  «77.  L'édition  de  l  W9  est  exécutée  avec  le 
même  caractère,  el  dans  le  même  format  que  celle 
•  le  i  ]ff] .  lea  deux  autres  onl  on  caractère  très  semblable 


174  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

pour  la  forme,  mais  beaucoup  plus  fort.  En  1468,  après 
le  décès  de  Gutenberg,  Conrad  Homery  se  fit  restituer 
par  l'électeur  Adolphe  le  matériel  de  son  imprimerie, 
en  s'engageant  à  le  vendre  à  un  bourgeois  de  Mayencc, 
de  préférence  à  tout  autre,  à  prix  égal.  Il  le  céda  sans 
doute  à  Nicolas  Bechtermuncze  qui  en  était  déjà  déten- 
teur. M.  Bernard  nie  tout  cela.  Son  principal  argument 
est  «  que  Bechtermuncze  était  établi  à  Elfeld,  et  que 
dans  l'acte  déjà  invoqué  on  voit  qu'il  avait  été  prescrit 
à  Homery  de  vendre  cet  atelier  à  un  bourgeois  de 
Mayence  ».  Il  omet  d'ajouter  :  à  prix  égal.  Nicolas  peut 
avoir  offert  plus  qu'un  bourgeois  de  Mayence  ;  mais  il 
n'est  pas  môme  nécessaire  de  faire  cette  supposition, 
puisqu'il  est  prouvé  que  Nicolas  Bechtermuncze  était 
citoyen  de  Mayence  et  propriétaire  en  cette  ville.  » 


Qxoi  feras  t  fcfutnç  pnsuc  f erês  fttttu.  tit  latitr 
Ifgrnrfmaplr  fram  frnm  fentf  fDftti*  >  îpftô  têts 
barfetebaris  Ffetebârr  frobaf*plr  fmbrmferebam 
f erebanf  &xehto  pfrô  lût 2  fumf  fui  es  r.ntrn  e ft  Ffiut 
Wlrlatt&un2ftu;.ii2  eftis  r&iifusûft  fottûtttffuere 

Fig.  15,'j.  —  Caractères  d'un  Donai  conserve  à  la  Bibliothèque  nationale 
cl  attribué  à  Gutenberg. 


Ak\(ïim\  prcfioîo  oiius  mifH  ht&ntium  tfrrçtu  fi 
une  oi ferre. Qui  c$  mîofôpc  gttulie  reu«Ur  quoO 
ûpicnhbue  ctlaf .  Wc  liber  tKpt^uo.atbolicon. 
ofiiee  marnMoni*  annfe  00  ace  lx  /lima  Vn  ur 
bt  mafjmitinA  nariome  mdirs  germAtwct.QnAm 
Ofi  dernenda  ram  atro  mgsnif  lumin*«&>no  <$  § 
twttu.ctttris  terrait  nariombuo  prefrm.îllufVrarc 
cç  oisnartis  «ft  flon  raîami.fHB.Aur  ptrnia  fufFr& 
9o.f  mira  patronaç  formai;  cg  «ontoioia^or 
donc  «t  moculo.impnîfïue  Atq?  conftetuc  cft» 
îoi^c  tibi  ftrkt*  pator  nata  cfl  flamme  facro.îau* 
ce  hotio*  ono  trino  rribuami  «r  uno  €cdafit  Uti 
»  llbro boc  atbotior plan» Qui  Uuoat5JPî*a---cs? 
tomjpr  non  B»qu«  manam  (  3té0, <3  ftTJÎPî*^ 

Fig.  130.  —  Souscription  du  Catholicon,  imprimé  par  Gutenbergl?)  en  1160. 


DES    SOUSCRIPTIONS   ET  DE    LA    DATE 


Dans  la  composition  d'un  livre,  pendant  un  espace 
de  trente  ans  après  1  invention  de  l'imprimerie,  le  titre 
de  l'ouvrage  n'était  pas  imprimé  séparément.  Ce  titre, 
souvent  complété  par  l'adresse  bibliographique,  com- 
prenait le  nom  de  lieu  d'impression  et  le  nom  de 
l'imprimeur  :  la  date  d'impression,  ce  qu'on  appelle 
souscription  (écril  dessous)  ou  Coloplion,  se  trouvait 
généralement  indiqué  à  la  fin  du  dernier  feuillet 
imprimé.  Les  souscriptions  se  rencontrent  dans  les 
manuscrits,  avant  et  après  l'invention  de  l'imprimerie; 


176  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

nous  en  donnons  deux  exemples  :  A  la  fin  du  Livre 
historial  des  faits  de  feu  messire  Bertrand  du  Guesclin. 
manuscrit  du  XIVe  siècle  (1387),  exécuté  en  gros 
caractères  gothiques,  on  lit  ce  qui  suit  : 

en  vng  temps  qui  a  yuer  nom 
ou  chastcl  royal  de  Vernon 
qui  ist  aux  champs  et  a  la  ville 
fist  iehannet  destoutenville 
au  dit  chastel  lors  capitaine 
aussi  de  vernomel  sur  saine 
et  du  roi  escuier  de  corps 
mectre  en  prose  vne  men  recors 
ce  liure  cy  extraict  de  rime 
complet  en  mars  dix  et  neufuieme 
qui  de  lan  la  date  ne  sect 
mil  ccc.  quatre  vins  et  sept. 

Un  magnifique  manuscrit  du  commencement  du 
xv  siècle:  Les  Remèdes  de  Vune  et  de  Vautre  fortune; 
traduction  par  un  auteur  anonyme  du  De  Remediis 
utriusque  fortunœ  de  Pétrarque,  et  qui  fait  partie  des 
manuscrits  français  de  la  Bibliothèque  nationale,  est 
l'exemplaire  même  qui  fut  offert  par  le  traducteur  à 
Louis  XII,  auquel  il  est  dédié. 

Ce  manuscrit  est  décoré  de  miniatures,  parmi  les- 
quelles on  remarque  tout  d'abord  la  première,  con- 
sacrée à  représenter  l'offrande  du  livre;  les  portraits 
<lu  prince  et  du  traducteur  s'y  trouvent,  et  l'on  a  tout 
lieu  de  supposer  qu'ils  sont  exacts;  mais  la  plus  remar- 
quable, sans  contredit,  de  toutes  ces  peintures,  est 
celle  dont  on  a  extrait  les  figures  qui  ornent  la  planche 
que  nous  reproduisons  et  dans  laquelle  on  reconnaît 
Anne  de  Bretagne,  la  petite  Claude  et  Louis  XII.  La 
translation    de  l'ouvrage   de    Pétrarque  fui    exécutée 


(£Ui  mops  be  may  le  Joiwlixufmc. 
Jliillc cm cf  cctv>  et  le txoxfîcpnc. 
ApLit  acheuee  et  joaxfmctc . 
efefte  t  m  nft  an  on .  tft  fa  tetz . 
-iDeicns  ToucnUt  bomie  VUle- 
dtotts  tt/àns  Jôtf  die  */i«« . 


i       137.  —  Souscription  d'un  manuscrit  exécuté  à  Rouen  en  1503. 


•_'  » 


ta  feqw  3  Jgrt*  cdiamur'ltt'r^  cm  eft»  qtlom  tcpuu  g  le* 
coîdiâ  abicm'tûc  fcemû  JUud  reuocarc»quom  p«r  toolotê 
tiicb-l  Ht  amptuis  Vocatitx  redituru»  (tonctufio* 

(<Eo  t£(tur  que  opfama  cOc  rcbar'gtJm  «une  \©s 

idmomûïptim  omnî  vitXL^potc  admoncb'%03 

autsC^uom  tria  fin ttttoztop  gênera)  vtinâ  ne  vos  et  (tt 

rflticSpftcàfrqà  mfanabïïe  &t\iurtàmcritx  cgrotxtieî 

vt  pfcrûpfblct  co:p?îc  egfrotarc  )Pâ  M  qui  parua  \>ali£ 

ftidnic  atigutiijtfipt  ^fia'fcûntur  ad  medicos»  42«itert> 

£muï  Mi  m  a:  fco  prcmûtur'ad  fc'cuintitté  acccrfuVXt  bî 
qui  m  atram  bile"  mfonabiliter trafticcH  fuffne  Ycrrierws 

quidcmcdiœBrcapmt.KS^snôpacamim.rJÛcre^a 

cofilia  arpBr.Manff  8^ 

Ma^nus  taniîus&^cfat-ûw^fo^bift^tcîoîû^ac 
^b^ofophor?  legrendis  lîbris  Mog-ûdcmipv-GnTuGî'ct^ 
/Haranû  brenmn£ar.u(  quo  Catii  tue  meelJîjracur^ru* 
brins  dtulifcp  mterftm<ttus.  jfcUa'tçr  finie»  <\ï\no  l\ 

Fig.  138.  —  Exemple  de  souscription  à  laquelle  une  date  manuscrite 

a  été  ajoutée. 

Opvsculu  magni  Basilij  ad  iuuenes. 

Mogunt,  Fust  el  Schoiffer  (1457-1459),  imprimé  avec  les  types 

du  Psautier  de  1457. 

Les  caractères  ont  le  type  du  Durandi  Bationale  Div.off.  de  1459.  (V.  fig.  112.) 

A  la  fin,  le  rubricateur  a  ajouté  la  date  «  Anno  Ix  ». 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  SIXIÈME.       179 

à  Rouen,  en  1505,  ainsi  qu'on  peut  l'induire  du  sens 
de  ces  vers,  qui  sont  extraits  du  manuscrit  : 

Eu  moys  de  may  le  Jour  sixiesme, 
Mille  cinq  cens  et  le  troisiesme, 
Fut  acheuée  et  parfaicte 
Ceste  translation.  Et  faicte 
Dedens  Rouen  la  bonne  ville. 
A  tous  lisans  soit  elle  utile. 

Dans  les  œuvres  xylographiques,  il  n'y  a  ni  date  ni 
nom  de  graveur;  les  légendes  placées  au  bas  des  gra- 
vures, ou  sortant  de  la  bouche  des  personnages  dans 
une  volute  ou  un  rouleau,  ne  contiennent  aucun 
renseignement  à  ce  sujet. 

La    souscription  sur  le    dernier    feuillet    était  bien 
incomplète  au  début;  tantôt  on  y  lit  le  nom  de  l'impri- 
meur seul,  tantôt  la  date  et  le  nom  de  la  ville,  quelque 
fois   aussi    le  rubricateur  y   ajoutait   soit    une    date 
(Voir  fig.  158),  soit  une  invocation  pieuse. 

Nous  avons  dit  que  les  premiers  imprimeurs  n'avaient 
en  vue  que  d'imiter  le  plus  exactement  possible  les 
manuscrits  recherchés  et  dont  la  copie  était  longue 
et  dispendieuse.  Tous  leurs  efforts  portaient  à  la 
reproduction  du  texte  avec  les  caractères  identiques 
du  manuscrit  et  dans  la  môme  disposition  que  celui-ci. 

Dans  les  souscriptions  complètes,  on  doit  trouver  : 
I  le  nom  de  l'imprimeur;  2°  le  nom  de  la  ville  où  le 
livre  a  été  imprimé;  ?>■  la  date  de  l'achèvement  de  l'im- 
pression.  Quelquefois  la  marque  de  l'imprimeur  se 
trouve;  (huis  le  blanc  de  fin  de  page. 

Le  colophon  était  souvent  en  vers;  des  quatrains  ou 

sixains  touraéfl  axer  habileté  ou  conçus  dans  une 

forme  cryptographique  en  rendaient  la  lecture  difficile. 


180  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

Certaines  de  ces  souscriptions,  le  plus  grand  nombre, 
pourrions-nous  ajouter,  prêtent  à  des  sens  divers  et 
offrent  souvent  des  difficultés  de  déchiffrement  réelles. 
Voici  à  titre  de  curiosité,  quelques  colophons  parmi 
les  plus  remarquables  : 

A  lhôneur  et  à  la  louëge  de  nostre  seigneur 
hiesucrist  (sic)  &  de  sa  très  digne  mère  et  de  toute  la 
court  celestielle  de  paradis  a  este  fait  cestuy 
liure  appelle  lhomme  pécheur  nagueres  ioue 
en  la  ville  de  tours  Et  imprime  à  paris  Par 
Maistre  pierre  le  dru  imprimeur  demourant 
en  la  rue  des  maturins  a  l'enseigne  du  cornet 
Lan  Mil  ciuq  (sic)  ces  &  huyt  le.  IX.  iour  de  iuing. 

Qu^m  modo  tam  rarum  cupiens  riex  lector  haber  &  : 
Quiq;  etiam  fractus  pêne  legendus  eram  : 
Reshtuit  Venetis  me  nuper  Spira  Ioannes  : 
Exscripsitq;  libros  ère  notante  meos. 
Fessa  manus  quondam  moneo  :  Calamusq;  quiescat. 
Nanq;  labor  studio  cessit  :  &  ingenio. 

MCCCCLXVIIII 
(A  la  fin  d'un  Pline  imprimé  par  Jean  de  Spire  en  1469.) 

Bart.  Cremensis  et  J.  Colhof,  à  Venise. 
Ouem  legis  :  impressus  dum  stabit  in  œre  caracter. 
Dum  non  longua  dies  vel  fera  fata  prement 
Candida  perpétua?  non  deerit  fama  Basiliae 
Phidiacum  hinc  superat  Lehonhardus  ebur 
Cedite  calcographi,  millesima  vestra  figura  est 
Archetypas  fiugit  solus  at  iste  notas, 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  SIXIÈME.       181 

«  Stet  liber  hic,  donec  fluctus  formica  marinos 

Ebibat  et  totum  testudo  perambulet  orbem.  » 

(Pragmatique  sanction,  avec  Commentaire  de  Guy  Guinier, 
imprimé  par  André  Bocard.  à  Paris,  en  1507.) 

Dans  le  colophon  suivant  se  trouve,  en  même  temps 
que  le  nom  de  l'imprimeur,  celui  des  correcteurs  : 

«  Sixtus  hoc  impressit  :  sed  bis  tamen  ante  revisi, 

Egregius  doctor  Petrus  Oliverius 

At  tu  quisquis  émis,  lector  studiose,  libellum 

Lsetus  emas,  mendis  nam  caret  istud  opus.  » 

(Super  constitutionibus  Siciliae,  Commentaires  d'André  de  Ysernia, 

Naples,  1472.) 

Ant.  Zarot  à  Milan,  vers  1477. 
Antonii  patria,  Parmensis  gente  Zarotus 
Primus,  missales  imprimis  arte  libros 
Nemo  repretorum,  nimius  se  jactet  in  arte 
Addere  plus  tantum  quam  pepisse  valet,  etc. 

Dans  un  ouvrage  de  Gratian  Dupont,  imprimé  à  Tou- 
louse, en  1534  :  les  Controverses  des  sexes  masculin  et 
inin,  se  remarque  une  souscription  singulière  : 

Dedans  Tholose  :  imprime  entièrement 

Est-il  ce  liure  :  sachez  nouuellement 

Par  maistre  Jacques  :  Colonius  surnomme 

Rfafetre  imprimeur;  libraire  bien  famé, 

Lequel  se  tient  :  et  demeure  deuanl 

Les  Saturnines  :  Nonaina  dévot  conuent, 

Lan  mil  CCCCC  trente  et  quatre  a  bon  compte 

bu  mojfl  Januier  XXX,  sans  inescompte 


182  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

A  l'origine  de  l'imprimerie,  la  souscription  com- 
mençait par  la  formule  que  chaque  imprimeur  avait 
adoptée*;  elle  était  en  vers  ou  en  prose  :  on  en  trouve 
un  nombre  égal  des  unes  et  des  autres.  La  souscription 
était  presque  toujours  écrite  dans  la  môme  langue  que 
l'ouvrage  lui-môme.  Cependant  il  existe  des  exceptions 
dans  les  ouvrages  en  grec,  en  latin  et  en  hébreu. 
Sur  beaucoup  de  livres  du  xve  siècle  on  trouve  des 
souscriptions  manuscrites,  ce  qui  ne  doit  pas  peu 
contribuer  à  jeter  de  la  défiance  sur  certaines  dates; 
il  a  été  aussi  reconnu  que  les  souscriptions  impri- 
mées n'étaient  pas  exemptes  de  fraudes. 

Depuis  les  premiers  temps  de  l'imprimerie,  on  a  tou- 
jours eu  l'habitude  de  marquer  d'une  date  les  ouvrages 
que  l'on  imprime,  pour  bien  établir  l'époque  où  ils 
avaient  été  publiés.  Les  anciens  imprimeurs  avaient 
plusieurs  façons,  dont  quelques-unes  fort  étranges,  de 
dater  leurs  éditions.  Quelques  typographes  se  servaient 
des  chiffres  romains,  d'autres  des  chiffres  arabes, 
d'autres  enfin  imprimaient  le  millésime  en  toutes  lettres, 
ou  entremôlaient  les  lettres  et  les  chiffres.  On  ignore 
quel  est  l'inventeur  des  chiffres;  il  est  présumable  que 

*  Cette  formule,  à  quelques  modifications  près,  était  toujours 
la  même  : 

J.  Fust  et  P.  Schoiffer  terminaient  ainsi  : 

Prœsens  hoc  opus:  artificiosa  adinven  \\  tione  imprimendi,  seu 
caracterisandi  ||  absqae  calami  exaratione  incivitate\\Mogun 
tinà  sic  effîgiatum  et  ad  Elise  \\  biam. 

Jean  de  Spire  à  Venise  : 

Primus  in  Adriaca,  formis  impressit  œneis  \\  Urbe  libros, 
Spira  genitus  de  stirpe  Joannes  \\  In  reliquis  si  quanta 
vides,  etc. 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE   SIXIÈME.       183 

l'on  commença  à  compter  sur  ses  doigts,  puis  avec  des 
petits  cailloux,  d'où  sont  venus  les  termes  de  calcul, 
calculer;  ensuite  on  donna  aux  lettres  de  l'alphabet  une 
valeur  de  convention  :  c'est  ainsi  que  les  Grecs,  les 
Romains  et  les  Étrusques  agirent.  Quant  aux  chiffres 

C©£  tyiïm  petes  of  u>  tpi?  gfaaa  ®pituio        \mo) 

$tex  d? 
petiaotis 

i*  tcquef* 
fcs  ttjat 
feencon; 
frjnc&tntfrlplppafer 
Wftet ♦  us  bgtpuetf)  ta 
(pe^m-gafe  auercwe 
offoljçeamakteasof 
'tfcfplpgtffcs  oftfcip? 
IpgfcoftJKteasfcfygm 
CélC  of  fy?s  gtaté  fljalje 
cnfcpgne  anD  fccfc  vie . 
j^nD^ettjalfoEefprtte 
JYbl)£ri*  bn  tfc  ptf  tes  of 
_  u>  lui?  g^oft  4E  Wkt 
tDfcrfcw  fljpg  te  callpD  pefas  «anù  tofrrfta  t£p  fc  callpD  of 
rfr  iplp  gtpoCL  TCftcc  ïbtrr&tr  tt?p  b  CêuCn  pcftee  of  t^  tplp 

i   g.  139.        Exemple  de  pagination  en  chiffres, romains 
extrait  du  Royal  Book,  Imprimé  par  Caxlon  en  1484. 

arabes,  on  ne  connaît  ni  leur  origine,  ni  l'époque 
précise  de  leur  introduction.  Nous  parlons  seulement 
ici  des  chiffres  romains  ei  arabes.  A  l'origine  de 
les  anciens  ei  les  Romains  comptaient  les 
ann<  clous,  ei  la  manière  de  les  attacher 


184  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

devint  par  la  suite  une  cérémonie  religieuse  à  Rome; 
mais  l'écriture  étant  devenue  plus  commune,  les  lettres 
I,  V,  X,  L,  G,  D  et  M  furent  les  seuls  caractères  qu'ils 
destinèrent  à  marquer  les  nombres,  au  lieu  que  dans 
les  autres  langues  orientales,  toutes  les  lettres  étaient 
numérales.  Ces  sept  lettres  combinées  dans  leur  plus 
forte  valeur,  donnent,  en  les  plaçant  ainsi  DCLXVIM, 
six  cent  soixante-six  mille.  Les  Romains  ajoutèrent  une 
petite  barre  posée  horizontalement  sur  quelqu'un  de 
leurs  chiffres,  pour  en  augmenter  mille  fois  la  valeur; 
ainsi  une  petite  ligne  sur  I  valait  un  mille,  sur  X  valait 
dix  mille,  etc.  Les  chiffres  romains  ont  été  d'un  usage 
courant  dans  les  éditions  du  xve  siècle,  soit  pour  nu- 
méroter les  pages  en  haut  du  recto  ou  à  la  marge, 
soit  pour  marquer  l'an,  le  mois,  le  jour  où  elles  ont  été 
achevées.  On  croit  que  le  numéro  des  pages  a  paru 
pour  la  première  fois  en  1469,  dans  l'édition  de  Tacite, 
faite  à  Venise  par  Jean  de  Spire. 

Les  chiffres  arabes  étaient  connus  en  Europe  avant 
le  milieu  du  xmc  siècle;  d'abord  on  n'en  fit  usage  que 
dans  les  livres  de  mathématiques,  d'astronomie,  d'arith- 
métique et  de  géométrie;  ensuite  on  s'en  servit  pour  les 
chroniques,  les  calendriers  et  les  dates  des  manuscrits 
seulement. 

Ils  ne  furent  jamais  admis  dans  les  diplômes  ou 
chartes  avant  le  xvic  siècle  et  ne  parurent  sur  les 
monnaies  qu'après  la  mise  en  vigueur  de  l'ordonnance 
de  Henri  II,  en  1549. 

La  figure  de  ces  chiffres  n'était  pas  encore  uniforme 
en  1554,  bien  que  depuis  1500  l'usage  s'en  soit  répandu 
en  France,  encore  les  entremêlait-on  souvent  de  chiffres 


ticnhgc^jfflcrromm  tstmimflflgL 
^olunnmbug  contacta*  pzotntjfa; 
tfwl^mftmbug  (otoze  mqcntig 
fcdpto  de  ronscfa  Colonie  ff>r  me 
fltrnotbu  thn  borne  bUictetitiffime 
ttnpceiïa^mm  fub  ûnmg&mtim» 
jR2'CCCc«iyjct)ti«  bte  t?ltfmo  mcttftg 


tnotj*  dequocafto  motte  hijojie 

Jaïïô 


jâûgg:  3[o2iaccr  feraloaïïm  fccultt 


men».'» 


1       140.  —  Signatare  d'Arnold  Tbei  Hoernen.  Ifayence  1477). 
"  24 


^ttfittmwff 

feulé  *  tmttabfecapfemtneo  Ictttto  enuopees  De  par  0!mtu 
el  aôotgeefarteurDu  noble  âop  Depomnijol  en  ttfleOe  fiunrt 
mlfliid  pire  ît  te  grôDtcanarie  a  fon  antp  fefjjneur  pterebea 
aoi^tmnblemftDetcrr^^cfhimon/etl^mmirUlatr^ 
^o(^quti(bnta2menue0enlaDtopOe^tenâultte0plâce$ 
lacmnrcrtcfomr  fe.^îourDcjrfobteenlmîmUle^^.OT 
«CtencocreDaulftefi  tronbfcmenefce  trajet  auteeo  $ofe$ 
meruetlleufee  rjup  font  aftitcmtee  au  âopaubne  Dr  grataœ 
en  aSnrque/*  en  barbane.trâdate  De  potfW0alo& 


Fig.  lil.  -  Exemple  de  titre  avec  dale  singulière,  Mille.  V.  C.  et  XXIJ  (1522). 


A  UX  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  SIXIÈME.        187 

romains  :  on  prétend  même  que  ce  n'est  que  depuis  le 
règne  de  Henri  III  que  l'on  commença  à  se  servir, 
en  écrivant,  de  ces  chiffres  arabes.  Les  Russes  ne 
s'en  servent  que  depuis  les  voyages  du  tsar  Pierre  le 
Grand,  au  commencement  du  xvme  siècle;  ils  avaient 
été  introduits  en  Angleterre  vers  le  milieu  du  xme, 
en  12:25,  et  en  Italie  vers  la  même  époque.  L'Alle- 
magne ne  s'en  servit  qu'au  commencement  du  xive  siè- 
cle, vers  1506;  mais  en  général  la  figure  de  ces  chiffres 
n'est  devenue  uniforme  que  depuis  1551.  Ainsi  que 
nous  l'avons  dit  précédemment,  ou  en  rencontre  dans 
les  imprimés  du  xve  siècle,  qui  servent  pour  marquer 
les  dates,  soit  dans  les  souscriptions,  soit  dans  la 
première  lettre  grise  de  l'ouvrage;  mais  ils  sont  rares. 

TABLE    DES    CHIFFRES    ROMAINS    DE    UN    A    CENT    MILLE 
I  APPORTÉS    AUX    CHIFFRES    ARABES 


1 1 

n 2 

m 3 

mi    OU   IV i 

v 5 

vi 6 

vu 7 

VIII 

VIIII   ou    IX 9 

10 

D I! 

Ml 12 


xiii 15 

xini  ou  xiv 1  i 

xv 15 

xvi 16 

x\n 17 

xvjii 18 

xviiii  ou  xix 19 

\\ 20 

\\. 21 

wii 22 

wiii 23 

x  x  1 1 1 1  OU  XXIV 2  i 


188 

XXV. 


CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

.   .    25 


2G 
27 
28 
29 
50 
51 
32 

FTP» 

00 


XXVI 

XXVII 

XXVIII 

XXIX 

XXX 

XXXI 

XXXII 

XXXIII 

xxxiv 54 

XXXV 55 

xxxvi 56 

xxxvn 57 

xxxvm 58 

xxxix 59 

XL  ou  xxxx 40 

XLI 41 

xlii 42 

xliii 45 

xliv 44 

xlv 45 

xl  vi 40 

xlvii 47 

xlviii 48 

xlix 49 

l 50 

li 51 

lu 52 

lui 55 


LIV. 
LV. 


54 


56 

57 

58 

59 

60 

61 

62 

65 

64 

65 

66 

67 

68 

69 

70 

71 

lxxii 72 

l  xxiii 75 

lxxiv 74 

lxxv 75 

lxxvi 76 

lxxvii .  77 

lxxviii 78 

lxxix 79 

lxxx 80 

lxxxi 81 

lxxxii 82 

lxxxiii 85 

lxxxiv 84 

i.xxxv 85 

lxxxvi 86 


LVI  .  . 
LVII  . 
LVIII . 
LIX.  . 
LX.    . 
LXI. 
LXII . 
LXIII. 
LXIV . 
LXV. 
LXVI  . 
LXVII. 
LXVIII. 
I.XIX. 
LXX. 
LXXI. 


xc 

XCI 

XCII 

XCIII 

XCIV ,. 

XCY 

XCVI 

XCVII 

XCVIII 

XCIX 

c 

CL 

ce 

CCL 

ecc 

CCCL 

CCCC    OU  CD.     .     . 

CCCCL     

DOUD  ,  •  •  . 
I'»l.  OU  I)F.  .  .  . 
IOC  OU  DC  .  .  .  . 
I  > <L  OU  DGL  •  • 
OU  DCC.    •     • 

i  on  i"  i  cl  . 

EOCCC  "H  D  i 
OU  i"  l 
OU   i"  CGC. 


A  UN  BIBLIOPHILE.   — 

lxxxvii 87 

lxxxviii 88 

lxxxix 89 

90 

91 

92 

95 

94 

95 

96 

97 

98 

99 

100 

150 

200 

250 

300 

350 

400 

450 

500 

550 

600 

650 

T. m 

750 
600 
650 

'..ou 

m   «ou  m,  1000 


CHAPITRE   SIXIEME.        189 

MM  OU  CIO  CIO  OU  c»  oo       2000 
MMM     OU    CIO    CIO    CIO 

OU    oo  oo  oc      ...       3000 
MMMM    OU  CIO    CIO  CIO 

CIO    OU    oo  oo  oo   oo         4000 
MMMMM      OU     100      OU 

v  oo 5000 

ioo  oo  ou  vi  oo    .    .     6000 

IOO  oo  oo    ou  VII  oo    .      7000 

IOO  oo  oo  oo   OU    VIII  oo       8000 
IOO  oo  oo  oo  oo  OU  IX  oo 

ou  oo  ccioo   .    .    .     9000 

CCIOO    OU   OMC  OU  IMI 

OU  X  oo  OU  XM    .    .    10000 
cciocccioo  ou  xx  oo  20000 

CCIOOCCIOOCCIOO       ou 

xxx  oo 50000 

CCIOOIOOO     OU     CCIOO 
CCIOOCCIOOCCIOO  ou 

xxxx  oo 40000 

iooo  ou  l  oo .    .    .    .  50000 
ioooccioo  ou  lx  oo    .  60000 

IOOOCCIOOCCIOO  ou 

lxxoo 70000 

ioooccioocciooccioo 
ou  lxxx  oo.   .    .    .   80000 

CCIOOCCCIOOO  OU  IOOO 
CCIOOCCK)0(  'IOO 
I  I  IOO    OU   F.XWX    oo 

OU  x<:   ao   .    .    .    .   90000 
'  ■ ou  cm  ou  i  x  100000 


190 


CONNAISSANCES  NECESSAIRES 


Après  le  nombre  cent  mille,  on  a  employé  les  adverbes 
marqués  dans  la  table  ci-dessous,  pour  multiplier  les 
supputations  jusqu'à  l'infini. 


TABLE 

Des  nombres  ordinaux  Des 

latins. 

Primus 1 . 

Secundus 2. 

Tertius 5. 

Quartus 4. 

Quintus 5. 

Sextus 6. 

Septimus 7. 

Octavus 8. 

Nonus 9 . 

Décimas 10. 

Undecimus 11. 

Duodecimus    ....  12. 

Decimus-tertius  ...  15. 

Decimus- quartus    .    .  I  ». 

Decimus- quintus    .    .  15. 

Decimus-sextus  ...  16. 

Decimus-septimus  .    .  47. 

Decimus-octavus.  .    .  18. 

Decimus-nonus  ...  19. 

Vigesimus  vel  viccsi- 

mus 20. 

Trigesimus  vel  trice- 

simus 50. 

Quadragesimus .    .    .  40. 


adverbes  des  nombres 
latins. 

Semel . 

Bis. 

Ter. 

Quater. 

Quinquies. 

Sexies. 

Septies. 

Octies. 

Novies . 

Decies. 

Undecies. 

Duodecies. 

Tredecies. 

Quaterdecies. 

Quindecies. 

Sedecies.} 

Decies-septies. 

Decies-octies. 

Decies-novies. 

Vigecies  vel  vicies. 

Trigecies  veltricies. 
Quadragies. 


DELLA  NVOVA 


DISCIPLINA 


& 

VERA    ARTE    MILITARE 

DEL 

B    R    A    N    C    A    T    I 

L  I  B  R  I      VIII. 


O 


NYquali  oltre  la  piena  informatione  di  cal  arre,  con  breuircgolc,  per  commodità  de* 

Soldati  ;  fecondo  i  prccerti  di  C  E  S  A  R  E  -,  chiaramente  G  dimoftra ,  con 

quanta  facilita  ,  &  poca  fpefa,  pofla  ogoi  Prencipc  difenderfî, 

combattcndo  in  campagna  con  le  foie  fue  forze  da 

quai  fivogliapotentifsimoefTercito. 

Con  la  maniera  facile  d'affalire,  Çfvincere  con  le  proprie  mïlitie 
tutte  le  naiiom 

CON       PRIVILEGI. 


IN     VENETIA,        CD     DXXCV 

Prcflo  Aldo. 

i       :.        Exemple  de  titre  arec  date  sioguliè    .  <:d  D.  XXCV.  (1585). 


Fig.  1  i3.  —   Exemple  de  litre  avec  date  singulière.  M.  VI  .  IX.  (1609.) 


A  UN  BIBLIOPHILE.   — 

Quinquagesimus    . 

.       50. 

Sexagesimus  .    .    . 

.       60. 

Septuagesimus   .    . 

.       70. 

Octogesimus    .    .    . 

.       80, 

Nonagesimus  .    .    . 

.       90. 

Centesimus .    .    .    . 

100. 

Ducentesimus  vel  d 

u- 

200. 

Trecentesimusvel  tr 

e- 

cesimus 

500. 

Quadringentesunus 

vel  quadringesimu 

s, 

400. 

Millesimus  .... 

.    1000. 

Bis  millesimus   .    . 

.   2000. 

Decies  millesimus  . 

10,000. 

Vicies  millesimus, 

etc 

20,000. 

CHAPITRE  SIXIÈME.      193 

Quinquagies. 

Sexagies . 

Septuagies. 

Octogies. 

Nonagies. 

Centies. 

Ducenties. 

Trecenties. 


Quadringenties,etc . 
Mil  lies. 
Bis  millies. 
Decies  millies. 


Vicies  millies,  etc 


La  connaissance  des  chiffres  romains  n'étant  pas 
seule  nécessaire  pour  se  prononcer  avec  certitude  sur 
certaines  dates,  et  les  personnes  les  plus  versées  dans 
cette  connaissance  étant  quelquefois  embarrassées  et 
forcées  d'examiner  avec  attention  la  position  de  ces 
signe-  avant  de  -<•  prononcer,  nous  avons  cru  devoir 
donner  une  Table  des  <-h;/f,-es  romains  et  y  joindre 
des  exemples  qui  mettront  à  même  de-  connaître  les 
diverses  combinaisons  employées  par  les  imprimeurs 
pour  augmenter  et  modifier  la  valeur  de  <-<;s  signes 
oumériques.  On  a  mi  par  '•••u<-  table  (pages  181  à  180), 
que  1'-  chiffre  moindre,  lorsqu'il  précède  un  chiffre  plus 


194  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

fort  en  diminue  la  valeur  de  la  même  quantité  dont  il 
l'augmenterait  s'il  se  trouvait  placé  après. 

Ainsi  :  V  vaut  5,  s'il  est  seul;  il  vaut  6  s'il  est  suivi 
de  I  (VI  =  G),  au  lieu  que  si  l'I  le  précède,  il  ne  vaut 
que4(ÎV  =  4). 

C'est  comme  si  l'on  disait  :  cinq  moins  un  ;  cinq 
plus  un.  Il  en  est  de  môme  de  l'X  précédé  ou  suivi  de 
I  (IX  vaut  9,  tandis  que  XI  vaut  11),  de  L  précédé  ou 
suivi  de  X  (XL  vaut  40,  tandis  que  LX  vaut  00),  du  G 
également  précédé  ou  suivi  de  X  (XC  vaut  90,  tandis 
que  CX  vaut  110);  et  ainsi  de  suite  pour  toutes  les 
autres  combinaisons  de  chiffres  romains. 

S'il  est  facile,  d'après  la  connaissance  de  la  valeur  de 
ces  chiffres,  de  savoir  quelle  est  la  date  ou  la  quantité 
qu'on  a  voulu  désigner,  lorsque  la  marche  ordinaire  a 
été  suivie,  il  n'en  est  pas  de  môme  pour  certains  ou- 
vrages du  xvc  siècle  et  môme  des  siècles  suivants,  prin- 
cipalement parmi  ceux  imprimés  en  Hollande,  dans 
lesquels  la  méthode  ordinaire  a  été  intervertie,  et  dont 
les  dates  demandent  un  examen  attentif. 

Nous  allons  reproduire  quelques-unes  de  ces  dates, 
choisies  parmi  les  plus  singulières  ou  les  plus  difficiles 
à  deviner  : 

VIIII  ou  IX 9 

XXXX  ou  XL 40 

XXG  ou  LXXX. 80 

XG  ou  LXXXX 90 

GGCC  ou  CD 400 

D  ou  10 500 

DC 600 

DCGCC  ou  CM 900 


i    •  mple  de  titre  trec  date  lingnlière.  ».  loc.  ni.  (1618.) 


DISCOURS 

DE    LA    METHODE 

Pour  bien  conduire  fa  raifon,6c  chercher 

la  vérité  dans  les  fciences, 
r  l  u  s 

L  A    DIOPTR1QVL 
LES  MET  EOREi 

ET 

LA   GEOMETRIE. 

Qui  font  des  ejfais  de  ecte  Méthode. 


A      L   E   Y   D   E 

De  l'Imprimerie  delAN    Maire. 

cId    I  3    C    XXXVII. 

Auec  Tnuilcgc. 

Fig.  1 1*>.  —  Exemple  de  titre  avec  date  singulière,  clo  Id  c xxxvii.  (1i>"7.) 
Première  édition  du  plus  célèbre  ouvrage  de  René  Descartes. 


A   UX  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE   SIXIÈME.  197 

Mcccclxjij 1465 

MccccLxxz 1472 

Mccccj-z 1472 

Mcccc.II  et  LXX 1472 

Mccccxxc 1480 

MCCCCinjXXVIII 1488 

Miiiic  iiii  x  Vlij 1488 

MCD  XCV 1495 

M.  VD 1495 

MiiijD 1496 

MjjjD 1497 

MIII.D 1497 

MCCCCXCviii 1498 

MID 1499 

McdXciX 1499 

MccccID 1499 

lICCCCXCViiij 1499 

MCDXCIX 1499 

M     ccc  îCi 1500 

MI) 1500 

MCDCI1 1502 

Mille.  V.  C.  <&.  XXij (Voir  Fig.  141).  1522 

MIOL  ou  MDL 1550 

MI). VIL 1554 

*  DLXV1 1566 

x  DLXX 1570 

CIO  IOL  \\vi 1576 

cbfoLXXX L580 

CIO  10  XXC 1580 

Cl  »  10  XXC1 1581 

^   DXXCI1 1582 


198  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

MCCCCCLXXXIII 1583 

CIO  D.  XXCV (VoirFig.  142).  1585 

cio  io  xxcvl 1586 

oo  D  XXCIIX 1588 

CIO  10  XX  CIIX 1588 

M.  VIe  IX (VoirFig.  143).  1009 

oo.   IOC.XII (Voir  Fig.  144).  1612 

CIO  10  C  XXXVII (VoirFig.  145).  1637 

CIOIOCCL.  —  CIODCCL 1750 

CIO.IOCCIXGI 1791 

CIOIOCCC 1800 

MDCCC 1800 

clo.Io  ecc 1800 


Le  premier  livre  paru  avec  une  date  certaine  est  le 
Psalmorum  de  1457;  la  première  Bible  datée  est  de 
1 462  ;  le  premier  volume  classique  est  le  Cicero,  De 
OfficiiSj  \\6h;  trois  ouvrages  imprimés  à  Mayence. 

Il  n'est  pas  sans  exemple  que  la  date  placée  sur  le 
titre  ou  sur  le  frontispice  diffère  de  celle  qui  est  à  la 
souscription,  et  il  advient  quelquefois  que  des  feuillets 
appartiennent  à  un  même  ouvrage,  et  portent  des 
dates  différentes,  ce  qui  peut  faire  supposer  l'existence 
de  deux  éditions. 

C'est  ainsi  que  dans  l'édition  des  Œuvres  de  Cicérort, 
publiée  par  les  Junte,  le  premier  volume  porte  la  date 
de  1537.  le  deuxième  celle  de  1554,  et  le  troisième 
celle  de  1556.  Il  est  à  supposer  que  le  premier  volume 
n'a  été    publié   qu'après   les  deux   autres   ou    que  le 


omuwfcumnoftr 


°<\j»> 


f=x 


r  t  t 


j^ntateticmil 

rjuîamîrabiii 

bttfibiteitera 

taudumcai9 

falutarr  fuunun  confpr 

mtiufttoamfuam,51f 

urotDieûifrcnjmtatlsf 

; jttrut  ontnro  tcrmïm 

noftrLjrubJlaîctomfo 

tare  et  mdtatr  ft  pfallttr, 

«  m  rptljata  m  tptbara  rt  v 

F\%.  i  i*>.       Pragmeol  du  premier  Piafenonifn 
imprimé  ;•  Mayence,  en  1467,  par  Futl  e(  Schoiffèr. 


CR 


P 


f  *ds*"$f*rïï=*==t 


Tlmitf  raiirmuis  tnmtuo, 
g[rrrnf  rrrû'înpmo  flottur- 

Xultate  in 


fttinûtto:rr 

[  ôfitrmtD 

jrfaltmo  Dm 


or 


_  antatearafimnoitu: 
frracôf  Qmamtû  cùbû 
tnftte^  ihgttmtlfùiam 

Dniplenarfhra,lJ[ecbo 
ftfptrituoztsriusonuB 

greffas  finit  in  wr  aijua 

Fïg.  1  i7.  —  Fragment  du  deuxième  Psalmorum 
imprimé  à  Mayence  en  1159,  par  Fust  et  Schoiffer. 


A   UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE   SIXIÈME.      201 

chiffre   1557  est  erroné.  Certaines  éditions  offrent  des 
dates  inintelligibles;  en  voici  un  exemple  : 

Vegetius  et  alii,  De  re  militari,  impressum  Venetiis 
per  Joannem  de  Tridino,  alias  Tancinus.  Anno  Domini 
M.  CCCC.  IC.  VIIIIL  Die  XX  Aprilis.  Régnante  illustris- 
simo  Do.  Augustino  Barbadico. 

La  même  date,  précisément  en  autant  de  mots  et  de 
lettres,  se  trouve  à  la  fin  d'un  Valerius  Probus,  De  litteris 
Romanorum.  Maittaire  explique  ces  chiffres  par  1509, 
mais  ce  n'est  pas  exact,  car  le  doge  Barbadigo  a  régné 
de  1496  à  1501.  Ne  faut-il  pas  lire  M. CCCC.  XC.VIIIII, 
un  I  ayant  pris  la  place  d'un  X  ?  Cette  double  faute 
serait  d'autant  moins  surprenante  que  Jean  de  Cereto 
de  Tridino,  qui  se  faisait  appeler  Tancinus,  était  un 
imprimeur  très  inexact,  s'il  faut  en  croire  les  plaintes 
de  Mancinellus  qui,  à  la  fin  de  ses  Opuscules  (Rome, 
1505,  in-4),  qualifie  de  très  corrompues  et  d'indignes  de 
foi  les  éditions  données  par  ce  typographe. 

Le  Missale  secundum  usurn  venerabilU  abbatie  sancti 
Raphaelis,  in-folio,  un  des-  plus  anciens  livres  que 
Ton  connaisse  comme  ayant  été  imprimé  à  Valence,  en 
Dauphiné,  renferme  au  verso  du  l'r  folio  une  légende 
en  26  vers  latins,  parfois  peu  intelligibles,  qui  fait  con- 
nattre  la  date  et  le  lieu  de  l'impression,  les  noms  des 
«'■diteurs  ef  de  I  imprimeur  et  qui  donne  los  détails 
sur  la  distribution  de  L'ouvrage. 

La  date  esl  formulée  ainsi  :  M.I).  Vqz  ter  1,  ce  qui 

doit   <<•  traduire  par  mil  cinq   cent  cinq  h  trois  fois 

un.  1508.   I  ii  bibliophile,   M.  Jules  OUivier,  a   donné 

détails  sur  ce  missel  h  transcrit  Les  26  vers  dont 

non-    parlons.    Us    sonl    remplis    d'abréviations;   Les 

n 


202  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

lettres  majuscules  y  sont  prodiguées  sans  méthode  et 
contrairement  aux  règles  orthographiques*. 

Parfois,  des  dates  ont  été  énoncées  d'une  façon 
inexacte  par  suite  de  la  négligence  d'un  typographe. 
Nous  indiquerons  comme  offrant  cette  particularité  les 
Sermones  aurei  de  sanctis,  Patris  Leonardi  de  Utino, 
i  416,  date  de  la  réunion  de  ces  sermons  et  non  de  leur 
impression  dans  un  volume  in-folio,  absqxie  nota,  où 

2S  i&eat  %  pulfet lafctua  fcccfrtua  etaa 

finis 

jrmp:cfltim  cat>omi  pcr  majfftrosjfacobum, 
twranbas  et  £a;tt>tû  qui  icuc  anno  &omuu 
2mllef»nio  quatmngenteftmo  octogdim» 
mente  Junio  Oie  vero  fetta  eiufocm  mentit 

Fig.  1 18.  —  Souscription  du  Horatii  epistolarum,  imprimé  à  Caen,  1 480. 

l'on  reconnaît  les  caractères  de  l'imprimeur  J.Veldener, 
qui  travaillait  à  Cologne  vers  1474.  Cette  môme  date 
est  aussi  à  la  fin  d'autres  éditions  qui  portent  au  fron- 
tispice celle  de  1475,  de  1474,  etc. 

L'Expositio  in  symbolum  Apostolorum,  imprimée  à 
Oxford,  est  datée  de  MCCCCLXVIII  (1468,  au  lieu  de 
1478).  Divers  motifs,  qu'il  serait  trop  long  de  signaler 

*  CL  Bulletin  du  Bibliophile  et  du  Bibliothécaire,  lw  série,  n°  16. 


EXEMPLES    DE    DATE 


Biblia  latina  (présumée  de  U56).  Edition  dite  Bible  Mazanne,  parce 
que  le  premier  exemplaire  connu  a  été  découvert  dans  la 
Bibliothèque  du  cardinal  Mazarin. 

Oatccûra  trmpmto  *  tdototiauîia 
tccûttuœîtte  et  oîîrano^yauîïatc 
m  m  MîtbaUa  trcncfonânte  :  lauta 
tt  tùnrtelta  tnbrtawnùî  :  oÏb  fpmt? 
lau&ct  &ùm.JUCalMki]â-  — -^ 


Se  CtrcH-Rmc  fzmt  ymiebûAxe 

feu  r  iilmcata  tt\\$m  p  fatmtnmt 
*lbrjj  dme  Renier  âmw  fcttt  ttjW 
un  frfto  iSa*tT)ûlotuo  apli  -  <-^_ 


MtGftv  i(Tnnnn«t\rf  L(t*md  !cpt\^ificru6  «p-Ai  ijtnnniirç  <£cwer  *ir»nu  «frC-/"»«  ro/fcnn»-» 
]  fanai  3k^h«\^  o^4rn\i«tTT)î)['nS  «mioîiH  ov^'ttW^iuvh-itwjViiKpn^^iiiininaq^înioftvtj» 

Fi£.'.  149.  —  Dam  le  premier  volume,  le  milléeime  esl  écril  en  chiffres 
româini  m  * .  ^  «  <  i  %  i    el  dam  le  second  en  toute»  lettrei 
Uesimoçuadri  i  oquitufuagetimotexto). 

Souscription  ri  ir  l'exemplaire  qui  m  trouve  •<  le 

Bibliothèque  nationale. 


i:\i:.m!m. es  iif:  date 


impmcr^di  feu  caraclerijand\»ablcp  ralauri 
exaracôrvrn  duxtateA\og\uitî)  lie  effigtatii* 
<iad  eufetnà  ten^ufhne^r^Jofre^fuft  ciuc 
ex  £etrû  fcboiffber  &  g-crnfbeymclencû  x>û 
otcf  eiufdemft  cortfuTnatuvAmwfc™  Q)- 
cccc  lxîi]nvig-ihaalTuTTipa3isv\rg.maTie- 

Fig.  150.  —  Signature  de  la  Bible  imprimée  par  J.  Fust  et  P.  Schoiffer, 

en  146% 

PREMIÈRE   ÉDITION 


£nsboeopuïculu$fim'ttïae  copient  et  ad 
eufcbiaj  în  mduftnc  m  aiutatc  (paguntt) 
pc/Jobanné  fiift  aucet  (Setrû  fcboifflxr  te 
gerafbepm  clencii  toion^  ciufdc3  cfl-  confus 
matii.Ânno  incarnacoiô  tonicc*  AV»cccc»lxtî- 
Hnvigilia  aflumpcôis  gfofevirgTiîis  mane. 


Fig.  151.—  Signature  de  la  Bible,  imprimée  par  J.  Fust  et  P.  Schoiffer, 

en  1462. 

SECONDE   ÉDITION. 


A   UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE   SIXIÈME.      205 

ici,  donnent  tout  lieu  de  conjecturer  que  le  chiffre  X  a 
été  omis  dans  la  souscription.  Le  Décor  Puellarum,  que 
nous  avons  mentionné  précédemment  au  chapitre  troi- 
sième, livre  de  morale  qui  est  en  italien  malgré  son 
titre  latin,  a  été  imprimé  à  Venise  par  Nicolas  Jenson 
avec  la  date  de  1461,  in-4°.  Nous  pensons  qu'il  faut 
lire  1471*,  cependant  plusieurs  bibliographes  ont  cru 
pouvoir  en  conclure  que,  dès  l'an  1461,  l'art  typogra- 
phique était  en  usage  à  Venise. 

La  première  édition  du  traité  de  L.  B.  Alberti  :  De  re 
aedifîcatoria,  parut  à  Florence  en  1485,  in-folio,  mais,  par 
suite  dune  omission,  la  souscription  porte  seulement  : 
Milesimo    octuagesimo  quinto. 

Un  ouvrage  de  J.  Ph.  de  Liguamine  :  Inclyti  Ferdi- 
nandi  régis  Vita  et  laudes,  est  daté  de  MCCCCLXII, 
Pont.  Max.  Sixti  quarti,  anno  ejas  primo;  ce  pontife  ne 
fut  élu  que  le  9  août  1471  :  ce  qui  démontre  qu'un  X  a 
été  oublié  dans  la  date,  MCCCCLXXII,  et  qu'elle  est 
de  l'an  1 172. 

Lue  faute  singulière  est  dans  la  date  du  Libro  de  la 
Nativitate,  Vita  e  Morte  de  Alessandro  Magno,  Venetia, 
del  15001    sic)  permaestro  Baptista  Sessa. 

Le    titre    particulier    de    cinq    comédies    de   Pierre 

Larivey,  imprimées   à    Rouen,  en  1611,  porte  la  date 

de    16011.    Le    Philonium,    ouvrage   de   médecine   de 

Valesius  de  Tarenle  imprimé  à  Lyon  chez  Jean  Clcyn 

porte  la  date  :  anno  milleêimo  quadringentesimo  primo 

decimo  octavo  kal.  decembris.   Quelques   écrivains   <mi 

•  Sardini,  dans  le  livre  -i  curieux  qu'il  a  consacrée  Jenson 
BOUfl  le  titre  :    i  •        ipi  délia  francese  td  italiana  ii/"> 

graflatow6i  i  •  coloo  Jen  on   Lucques,  1796-1798, 

i  prouvé  que  le  Décor  Puellarum  était  de  ii"i  et  non  <l«'  1461. 


206  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

ont  conclu  que  l'invention  de  la  typographie  était  plus 
ancienne  d'un  demi-siècle  qu'on  ne  le  croit  communé- 
ment; mais  il  est  évident  qu'il  y  a  ici  une  simple  erreur 
de  date  ;  et  qu'au  lieu  de  MOI,  il  faut  lire  1501;  plu- 
sieurs bibliographes  ont  pensé  qu'il  était  plus  rationnel 
d'assigner  la  date  de  1 10 1  à  la  publication  du  Philonium. 

Il  existe  quelques  éditions  dont  les  dates  ont  été 
falsifiées  à  dessein,  soit  pour  les  faire  passer  comme 
des  volumes  jusqu'alors  ignorés  des  bibliographes  et 
ayant,  en  raison  de  cette  circonstance,  une  haute  valeur; 
soit  pour  les  faire  admettre  comme  appartenant  à  des 
éditions  plus  anciennes  et  plus  précieuses.  Des  volumes 
imprimés  par  les  Aide  et  par  les  Elzévier  ont  été  parfois 
l'objet  de  ces  erreurs*. 

Prosper  Marchand,  dans  son  Histoire  de  Vorig rue  et 
des  premiers  progrès  de  V imprimerie,  dit  avoir  examiné 
un  exemplaire  de  la  Somme  de  saint  Thomas  de  1471, 
sur  la  souscription  duquel  on  avait  adroitement 
gratté  les  premières  lettres  du  mot  septuagesimo,  et  sub- 
stitué quinquagesimo ,  pour  faire  croire  que  c'était 
une  édition  inconnue  de  1451.  Schelhorn,  dans  son 
Amœnit.  litterar.,  indique  un  exemplaire  du  Cicéron, 
De  Of/ïciis,  1465,  dont  la  date  avait  été  altérée;  on 
avait  habilement  changé  le  xv  en  xi**.  Le  caprice  des 

*  Cf.  Ohlandi  :  Origine  délia stampa,  §  7  :  La  Malizia  o  l'Intéresse 
degli  huomini  vi  abbiano  fatto  aggiungere  a  mano,  con  la  penna, 
cerli  millessimi  (t]>ocrifi.  nei  <juali  la  stampa  non  era  pur  anro 
8tata  sognata. 

**  Renouard,  dans  son  Catalogue  d'un  amateur,  IV,  92,  signale 
un  César,  édition  aldine  de  1518  formée  des  éditions  de  1M3  et 
de  1519,  et  que  le  libraire  Molini,  de  Florence,  lui  vendit  comme 
un  volume  d'une  édition  presque  inconnue.  «  Il  me  l'avait 
garanti  comme  une  insigne  rareté:  je  l'ai  longtemps  considéré 
comme  tel  et  peut-être  le  croyait-il  aussi  lui-même.  » 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE  SIXIÈME.      207 

auteurs  ou  des  libraires  a  parfois  donné  à  des  ou- 
vrages pour  la  plupart  facétieux  ou  bizarres  des  dates 
inventées  à  plaisir.  M.  Gustave  Brunet,  l'érudit  biblio- 
graphe, s'est  attaché  à  en  réunir  quelques  exemples; 
c'est  un  chapitre  qui  nous  semble  avoir  été  oublié  dans 
l'histoire  des  Singularités   typographiques. 

Abdeker  ou  l'art  de  conserver  la  beauté  (par  Le 
Camus),  l'an  de  l'hégire  1168  (Paris,  1748).  —  Almanach 
des  honnêtes  gens  (par  Sylvain  Maréchal),  l'an  premier 
du  règne  de  la  Raison  (1708).  —  L'Adoption  ou  la 
Maçonnerie  des  femmes,  en  trois  grades.  A  la  Fidélité, 
chez  le  Silence  (La  Haye,  P.  Gosse)  100070075.  — 
L'Assiatique  (sic)  tolérant,  ouvrage  traduit  de  l'arabe 
(composé  par  Crébillon  fils),  l'an  24  du  traducteur 
(  17i8).  —  Asiniana  ou  Recueil  de  naïvetés  et  aneries,  à 
Montmartre,  l'an  d'Arcadie  (Lille,  vers  1802).  —  Calen- 
drier des  fous  (par  Coquelet),  à  Stultomanie,  l'an  depuis 
qu'il  y  a  des  fous  (Paris,  1757).  —  Catéchisme  des 
francs-maçons  par  Gabanon  (Travenol),  Jérusalem, 
l'an  1  \\\  depuis  le  déluge  (Limoges,  1740).  —  Chansons 
mises  au  jour  par  un  une  onyin  (Collé),  Paris  et  Ispahan, 
VXL.CCD.M.  (1765).  —  Chute  de  la  médecine  et  de 
la  chirurgie  par  le  bonze  Luc  Esiab  (par  Caron),  à 
Emeluogna  Angoulême  écrit  au  rebours)  l'an  du 
monde  00000000.  —  Essai  sur  Martial  (par  Anl. 
Péricaud  .  l'an  de  Rome  2569  (Lyon,  1816).  —  Estrennes 
,-'i  la  noblesse  par  Dulaure,  Londres)  l'an  troisième  de 
la  liberté  Pari  1791).  —  Plat  (le)  de  carnaval,  ou  les 
Beignets  apprêtés  par  Guillaume  Bonnepâte  (par 
Caron  à  Bonne-huile,  l'an  dix-huit-cent*d'œufs  (1802). 
—  Œuvres   du  sieur  Hadoux,    Criticopolis,  l'an   des 


208  CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

Muses  1 0 i 0 1  (1785)  *.  —  Le  coq-à-l'âne  ou  Eloge 
de  Martin  Zèbre,  Asnières,  100070060  (1760).  — 
Procédures  curieuses  de  l'inquisition  de  Portugal  contre 
les  francs-maçons,  à  la  Vallée  de  Josaphat,  l'an  2805  du 
Temple  de  Salomon.  —  L'Astucieuse  pythonisse  ou 
la  Fourbe  magicienne,  petite  comédie  (par  Dutrésor),  à 
Diabolicolis,  l'an  de  l'hégire  1182  (Caen,  1804).  — 
Recueil  général  des  caquets  de  l'accouchée,  imprimé 
au  temps  de  ne  se  plus  fâcher  (Paris,  1625).  —  Les 
comédiens,  comédie  en  un  acte  représentée  à  Paris,  le 
5 janvier 2 140.  Paris,  MMCCCCXL  (1777).  —La seconda 
Gêna,  novelle  (di  A.  F.  Grazzini,  delto  il  Lasca),  in 
Stambul,  dell'  Egira  122  (Florence,  1743).  —  Stanze  del 
poeta  Sciarra  Florentino(Pietro  Strozzi),  sopre  la  rabbia 
di  Macone,  Constantinopoli,  1550  (Pariyu  1809).  —  Il 
Zibaldone,  poemetto  burlesco  (di  Batacchi),  l'anno  che 
si  spera  il  piu  felice  (Parigi,  1805).  —  Le  livre  à  la 
mode  (par  Caraccioli),  en  Europe,  chez  les  libraires 
100070060**.  —  Le  livre  des  quatre  couleurs  (par 
Caraccioli),  aux  quatre  éléments,  de  l'imprimerie  des 
quatre  saisons,  4444.  —  Dialogue  intéressant  entre  le 
Maire,  le  Procureur  syndic  d'une  province,  le  Curé,  un 
Bourgeois,  etc.,  En  France,  de  l'imprimerie  des  Amis 
de  la  Vérité,  l'an  deux  du  désordre  et  de  l'anarchie. 
—  L'intérieur  du  Directoire,  vaudeville,  an  VIII  du 
Repentir  (1799).  —  La  Targétade,  parodie  d'Athalie 
(par  Des  Fontenelles),  l'an  second  de  la  liberté  de  la 

Ces  œuvres  se  composent  de  pièces  de  théâtre  et  de 
poésies  1res  mal  écrites;  Cf.  Catalogue  de  la  bibliothèque  drama- 
tique  de  Soleinne,  n.  2296. 

**  Il    en    existe   une   autre    édition,   à   Verte  feuille,   de  l'im- 
primerie du  Printemps,  l'année  nouvelle. 


A  UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE   SIXIEME.      209 

presse.  —  Changement  de  décorations  ou  Vue  perspec- 
tive de  l'Assemblée  nationale,  au  Champ-de-Mars,  l'an 
deux  des  horreurs  populaires.  —  Tout  coule  ou  la 
Galimafrée  nationale,  Versailles,  an  deux  de  l'inquisition 
clementino-jacobite.  —  Art  de  désopiler  la  rate  (par 
Panckoucke),  Venise,  178875  (en  France,  1785).  —  Les 
vieilles  Lanternes,  allégorie,  Pneumatopolis  5871, 
(Pans,  1785). 

Quelquefois  on  a  intercalé  des  zéros  :  100070052  pour 
1732.  Dans  un  catalogue,  nous  avons  trouvé  indiquée 
une  brochure  datée  Van  de  la  destruction  du  Colosse  de 
Rhodes,  9999. 

En  fait  de  dates  fictives,  il  convient  de  signaler  ici 
une  fantaisie  d'Alfîeri;  nous  ne  croyons  pas  qu'on  en 
trouvât  d'autres  exemples.  Ce  poète  célèbre  et  bizarre 
fit  imprimer  à  Kehl,  dans  l'atelier  qu'avait  établi  Beau- 
marchais, trois  ouvrages  qui  furent  exécutés  en  1789, 
mais  auxquels  il  voulut  donner  des  dates  anticipées  ;  voici 
les  titres  de  ces  trois  volumes  et  l'indication  des  années 
qu'il  fit  mettre  en  chiffres  romains  sur  les  frontispices  : 

Del  principe  e  délie  lettere,  MDCCCXY. 

L'Etruria  vindicata,  MDCCC. 

Délia  Tirannide,  MDCCCIX. 

Noua  terminerons  en  mentionnant,  d'après  les  notes 
de  Gabriel  Peignot,  quelques  dates  bizarres,  singulières 
«t  énigmatiques,  qui  se  rencontrent  dans  les  souscrip- 
tion- d'anciens  ouvrages  et  ailleurs.  L'explication  de 
ces  <l;ii<-^  pouvanl  être  de  quelque  nlilil<;,  nous  les 
tenterons  avec  La  clef  de  l'énigme  de  chacune  d'elles. 

1    Gramaticse  methodus  rhythmica^  in  fol.  de  II  feuil- 
lets; ce  volume  rare  porte  sa  date,  le  li<-u  d'impression 


210  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

et  le  nom  d'imprimeur  dans  les  quatre  vers  suivants, 
placés  à  la  fin  du  volume  : 

Aclis  terdeni  iubilaminis  octo  bis  annis. 

Moguncia  reni  me  condit  et  imprimit  amnis. 

Ilinc  nazareni  sonet  oda  per  ora  Johannis 

Nanque  sereni  luminus  est  scaturigo  permis  (Perennis). 

Il  n'est  pas  facile  de  trouver  dans  ce. quatrain,  une 
date  précise,  le  nom  de  la  ville,  celui  de  l'imprimeur. 
Cependant,  en  y  réfléchissant,  on  peut  voir  que 
dans  le  premier  vers,  seize  ans  du  trentième  jubilé 
étaient  accomplis,  quand  on  a  imprimé  ce  livre. 
Or,  chaque  jubilé  étant  de  cinquante  ans,  vingt-neuf 
jubilés  font  bien  quatorze  cent  cinquante;  ajoutons  à  ce 
nombre  les  seize  ans,  nous  aurons  quatorze  cent 
soixante-six,  date  cherchée. 

Le  second  vers  nous  apprend  que  l'impression  a  eu 
lieu  à  Mayence,  sur  le  Rhin;  et  les  deux  derniers 
indiquent  que  Jean  (Fust)  a  publié  cet  ouvrage  en  vers 
sous  l'invocation  de  J.-C,  source  éternelle  d'une 
pure  lumière.  Ainsi,  cette  grammaire  a  été  imprimée 
à  Mayence,   par  J.   Fust,  en  1406. 

L'exemplaire  de  ce  livret  in-folio  de  2L2  pages,  qui 
existait  dans  la  bibliothèque  du  cardinal  de  Brienne, 
a  été  adjugé,  lors  de  la  vente  de  cette  bibliothèque, 
pour  la  somme  de  3,300  livres;  il  a  été  acheté  pour  la 
Bibliothèque  nationale*. 

2°  Le  doctrinal  du  temps  présent,  compilé  par  maistre 
Pierre  Michaut,  secrétaire  du  très  puissant  duc  Charles 

*  Cf.  Index  librorum  ab  inventa  typographia,  etc.  Ilunc  disposuit 
F.  X.  Laire.  Senonis,  1791,  2  vol.  in-8°,  t.  I*r;  p.  62,  n°  1. 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE  SIXIÈME.      211 

de  Bourgogne,  etc.,  petit  in-fol.  de  108  feuillets.  Le 
Doctrinal  du  temps,  imprimé  à  Bruges  par  Colard 
Mansion,  en  1466,  avec  cette  inscription  sur  le  dernier  : 

Vn  trépied  et  quatre  eroissans 

Par  syx  croix  auec  syx  nains  faire 

Vous  feront  estre  congnoissans 

Sans  faillir  de  mon  miliaire. 

Cy  fine  le  Doctrinal  du  temps, 

Imprimé  à  Bruges,  par  Colard  Mansion. 

Nous  allons  trouver  dans  ce  quatrain  la  môme  date 
que  celle  qui  est  mentionnée  dans  la  notice  précédente, 
c'est-à-dire  1466;  mais  cette  date  n'est  point  celle  de 
l'impression  de  l'ouvrage,  c'est  celle  de  l'année  où  la 
rédaction  en  a  été  achevée  par  l'auteur.  L'explication 
de  ce  quatrain  est  toute  simple.  Le  trépied  signifie  un 
M;  les  quatre  eroissans,  quatre  C;  les  six  croix,  sixX, 
et  les  six  nains,  six  I;  réunissez  toutes  ces  lettres 
numérales  selon  les  nombres  prescrits,  vous  aurez 
MCCCCXXXXXXIIIIII,  ou  1466. 

5  Le  livre  de  Matholus, 

Oui  dous  monstre  sans  varier 
Les  Iti'-n-  et  nussi  les  vertus 
Oui  vieignenl  pour  soi  marier, 
i  i   i  tous  t.iici/  considérer, 
Il  dit  que  l'homme  n'esl  pas  Baigc 

se  tourne  remarier 
Quand  prins  a  esté  au  passaige. 

Traduit  du  latin  par  Jehan  Lefebvre  de  Therouane. 

A  Paris,  Anthoine  Verard,  in-fol.  goth.  de  67  feuillets, 

figures.  La  date  de  l'impression  de  cette  édition 


212  CONNAISSANCES  NECESSAIRES 

d'un  poème  singulier  se  trouve  exprimée  dans  les  vers 
suivants,  imprimés  sur  le  dernier  feuillet  : 

Pour  l'an  que  je  fus  mis  en  sens, 
Retenez  M  et  cinq  cens; 
Je  uous  pris  ostez  en  huyt, 
Mettez  octobre  le  tiers  iour 
Et  prenez  plaisir  et  seiour 
Tout  ainsy  comme  il  sensuyt. 
Explicit. 

Rien  de  plus  facile  que  l'explication  de  ce  quatrain, 
qui  nous  apprend  que  l'impression  du  Matheolus  a  été 
terminée  le  5  octobre  1492. 

4°  La  première  partie  d'un  recueil  très  rare,  dont  le 
titre  commence  ainsi  : 

Sensieult  une  œuvre  nouuelle,  contenant  plusieurs 
materes  et  premiers  :  l'an  des  Sept-Dames,  etc.  Petit 
in-4°  goth.,  de  96  feuillets  (pour  cette  première  partie), 
porte  la  souscription  suivante,  exprimant  la  date  : 

Trois  et  C.  V.  X.  escriton, 
Crois  le  bien  sy  aras  nombre  bon, 
Tout  motz  retournez  promptement, 
Vous  sarez  l'an  incontinent. 

Retournez  ainsi  la  partie  numérale  du  premier  vers, 
X.  V.  C.  et  trois,  vous  aurez  1515,  et  non  pas  1505, 
comme  le  dit  l'abbé  Gouget*.  Le  lieu  d'impression  de 
ce  recueil  est  pareillement  indiqué,  d'une  manière  énig- 
matique,  au  verso  du  dernier  feuillet;  c'est  une  gra- 
vure en  bois  représentant  un  château,  au  haut  duquel 
sont  un  aigle,  deux  bannières  aux  armes  de  Bourgogne, 

*  Cf.  Bibliothèque  française,  t.  XI,  p.  28  des  additions  et 
corrections,  au  commencement  du  volume. 


^tblia  cû  Conco:daîitii0 
Oetems  er^Roui  tefamén 

Sanctus  Ikieroninws  interpzes  biblte 


Simacbue  iar<&  iTbcodorïcn  'vcl  fcptuaçinra: 

3ddo  aqnilûm.cr  quo?û  noia  (ara  ptfrcnr. 
finoe  pfr  jb  bcb:cio  ad  çrfcoe  i txmde lattc-j 

^ib(iannpau!f.fi2cr2Q?Df(;nafrc<ffl 
£cn  ffdtinrncbio.mcnd'jqginrcrprcfoio 

lôiblia  abbetocoforueUarinafluif. 
jConr i^ir  bmc  rrfepi  p  rot mô  ft'cula  ifofumî 

(Dicronf  mû  .et  cunctoo  laud<  p;e»  rc  virée* 

■  I        i  temple  d'une  BibU  dont  le  lieu  d'impression  el  la  date  sont 
Voir  an  verso  flg.  153  >t  les  figures  1X5  et  ÎW 


finit  iSiblia  cfi  cocozdStijs  vc 
taie  %  riqui  teftamcrf.  3rgcnr( 
ne  f  pffu  3ftno  Pru£j>.cccc.rcvu« 


Fig.  153.  —  Achevé  d'imprimer  de  la  Z?t'6te  dont  le  titre  est  reproduit 

au  verso.  (Voir  fig.  152.) 

Voir  aussi  les  figures  125  et  125'. 


A   UN  BIBLIOPHILE.   —  CHAPITRE   SIXIÈME.      215 

et  deux  autres  avec  chacune  une  main,  ce  qui  blasonne 
les  armoiries  de  la  ville  d'Anvers  et  dénote  que  dans 
cette  ville  était  le  domicile  de  l'imprimeur.  On  présume 
que  cet  imprimeur  est  Gérard  de  Leeu,  qui  imprimait  à 
Anvers  vers  la  fin  du  xve siècle,  ou  bien  son  successeur; 
mais  quel  qu'il  soit,  l'auteur  n'était  pas  content  de  lui, 
car,  à  la  fin  du  volume,  est  un  errata  raisonné  de 
21  feuillets,  annoncé  ainsi  sur  le  grand  titre  :  et  tout  en 
la  fin  seront  mises  aulcunes  corrections  des  faultes  des 
impresseurs  par  ordre,  car  lecteur  ne  veut  souffrir  quon 
die  qu'il  aye  fait  le  Hure  ainsy  qu'il  est  impressé  chés 
eux,  dont  pora  corrigier  son  Hure,  sil  lui  plaist. 

Ce  volume,  in-4°  goth.,  est  divisé  en  trois  parties, 
dont  nous  ne  citerons  que  la  première,  parce  qu'elle 
est  la  seule  qui  ait  rapport  à  notre  travail;  la  seconde 
a  108  feuillets:  la  troisième,  12,  et  l'errata,  21. 

5°  Voici  enfin  une  date  exprimée  singulièrement; 
quoiqu'elle  ne  tienne  pas  à  un  livre,  sa  bizarrerie  nous 
la  fait  mentionner  ici  : 

Charles  do  Bovelles,  chanoine  de  Saint-Quentin,  au 
xvie  siècle,  a  ainsi  marqué  la  date  de  la  construction  de 
l'hôtel  de  ville  de  cette  cité: 

I)'un  mouton  et  de  cinq  chevaux 
Tout*'-  Les  testes  prendrez, 
j.i  a  icelles  Bans  nul-  travaulz 

I    i  queue  «I  un  Uea\  joindrez, 

i  ■   m  bout  vous  ajouterez 
'I  ous  les  quatre  i>k«I-  d'une  chatte 
Rassemblez  h  \  ous  apprendrez 
L'an  de  ma  façon  et  ma  dafc  . 

La  tête  'lu  mol  mouton  est  la  lettre  M;  Les  têtes  des 
cinq  chevaux  donnenl  cinq  C  :  la  queue  du  veau  est 


216  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

un  U,  qu'alors  on  écrivait  V;  et  les  quatre  pattes  d'une 
chatte  sont  droites  comme  un  I.  Réunissant  toutes  ces 
lettres  numérales,  vous  aurez  M.CCCCC.V.IIIL,  qui 
font  exactement  1509,  date  de  la  construction  de  l'Hôtel 
de  Ville  de  Saint-Quentin.  Toutes  ces  énigmes  tiennent 
à  la  chronographie,  elles  révèlent  des  dates  précises, 
et  il  est  utile  de  pouvoir  arriver  à  les  comprendre. 

La  chronographie  est  la  réunion  de  plusieurs  mots 
qui  forment  un  sens,  dans  lesquels  les  lettres  numé- 
rales désignent  la  date  d'un  événement.  Nous  avons 
dit  plus  haut  que  les  lettres  numérales  ou  chiffres 
romains  sont  M,  C,  L,  D,  X,  V  et  I  :  on  les  écrit 
ordinairement  dans  les  chronogrammes  en  caractères 
plus  gros  que  le  reste  du  texte,  et  on  classe  les  lettres 
selon  l'ordre  du  nombre  qu'elles  signifient;  ainsi  dans 
ce  vers  phaleuque*  : 

stVLtVM  est  DlfflCILes  habere  nVgas. 

On  trouve  VLVMDIICILV,  qui,  mis  par  ordre  de 
nombre,  donne  MDCLLVVVIII,  c'est-à-dire:  M  mille, 
D  cinq  cents,  C  cent,  L  cinquante,  L  cinquante,  ce 
qui  fait  cent  pour  les  deux,  V  cinq,  répété  trois  fois 
qui  fait  quinze,  I  un,  répété  trois  fois  fait  trois.  On  a 
donc  dans  stultum  est  difficiles  habere  nugas,  1718. 
Desaccords  a  fait  des  recherches  sur  les  chronogram- 
mes :  on  les  a  employés,  dit-il,  de  deux  manières  :  la 

*  Le  vers  phaleuque,  en  usage  chez  les  Grecs  et  les  Latins,  est 
composé,  comme  le  saphique,  de  cinq  pieds  dont  le  spondée  est 
le  premier,  le  dactyle  le  second,  et  les  trois  autres  sont  rédigés 
comme  dans  celui-ci  : 

Xumquam  divitias  Deos  rogavi. 
-  sortes  de  vers  conviennent  ordinairement  à  l'épigramme. 
Phaleucus  les  inventa,  et  Catulle  s'en  est  servi  avec  succès. 


A  UN  BIBLIOPHILE.  —  CHAPITRE   SIXIEME.       217 

première  consistait  à  se  servir  simplement  des  lettres 
numérales  pour  marquer  l'année  d'un  événement,  après 
quoi  chacun  donnait  à  ces  lettres  le  sens  qu'il  voulait, 
comme  dans  l'interprétation  de  ce  nombre  MCCCGLX, 
inscrit  sur  une  table  d'attente  par  Léon  X,  pour  mar- 
quer l'année  de  son  pontificat*;  la  seconde  est  celle  qui 
est  renfermée  dans  une  sentence  dont  les  lettres  numé- 
rales marquent  une  année.  Desaccords  ne  fait  remonter 
les  chronogrammes  qu'aux  derniers  ducs  de  Bourgogne  ; 
mais  dans  l'église  de  Saint-Pierre  à  Aire,  on  lisait  sur 
un  vitrail  :  bis  septe  M  prœbendas,  vbaLdVIne,  dedisti; 
ce  qui  marque  l'année  1062.  Le  D  n'était  point  encore 
lettre  numérale;  il  ne  l'était  point  encore  en  1465,  ni 
môme  en  1485.  Le  mot  chronogramme  vient  de 
chronos  qui  signifie  temps,  et  gramma,  qui  veut  dire 
caractère,  c'est-à-dire  caractère  qui  indique  le  temps. 
La  première  fois  que  l'on  s'est  servi  du  mot  chrono- 
graphe  employé  dans  ce  sens,  ce  fut  lors  de  l'élection 
d'Etienne,  roi  de  Pologne,  en  1574.  Avant  cette  époque 
et  même  après,  on  appelait  les  chronogrammes  ou 
chronographes,  vers  numéraux  ou  numéraires.  Il  y  a 
une  dissertation  analytique  sur  les  chronographes, 
imprimée  à  Bruxelles  en  1718.  Le  mot  chronographe 
pris  adjectivement  se  donne  à  tout  auteur  qui  a  écrit 
sur  la  chronologie  :  Eratosthèncs,  Eusèbe,  Syncelle, 
sont  d'anciens  chronographes  ;  Scaliger,  Petau,  etc. 
sont.  <!«'<  Bavants  chronographes.  Les  titres  et  Les 
adresses   bibliographiques  demandent  à  être  vérifiés 

*  Muki  CarcUnalet  Caei  Crearunl  Cœcum  Leonem  Decimum  ■. 
interprétation  peu  flatteuse  et  que  ni-  méritai!  point  ce  célèbre 
pontife,  'i"iit  i<:  Dom  est  attaché  à  l'un  des  quatre  beaux  siècles 
littéraires,  n  se  lit  donner  la  tiare  en  IM3,  a  L'âge  de  "><<  ans. 

.i  28 


218  CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES 

soigneusement  ;  la  souscription  placée  à  la  fin  des 
ouvrages  des  xve  et  xvic  siècles  manque  souvent,  est 
incomplète,  ou  il  s'y  est  glissé  des  erreurs. 

Enfin,  lorsqu'il  n'y  a  ni  date,  ni  nom  de  ville  ou 
d'imprimeur  au  bas  du  titre  ou  en  colophon,  on  doit 
s'attacher  d'abord  à  vérifier  les  caractères  d'impression, 
à  les  comparer  avec  des  ouvrages  de  même  genre  ;  il 
faut  encore  examiner  l'apparence  du  papier,  le  format 
du  livre,  la  reliure  si  elle  est  restée  dans  son  état 
primitif.  De  déductions  en  déductions,  on  peut  arriver 
à  définir  une  date  ou  un  nom  d'imprimeur;  mais  il  ne 
faut  jamais  être  affirmatif,  les  types,  ainsi  que  nous  en 
avons  déjà  fait  la  remarque,  ayant  servi  à  tel  impri- 
meur, ont  pu  être  revendus  et  servir  à  nouveau. 

.FINIS. 

Hiftonas.ueteres  peregrinaqj  gefta  reuouio 
Iufhnus.legeme:fum  trogus  ipfebreuis. 

Me  gallus  ueneta  Ienfon  Nicolaus  in  utbe 
Formauic:Mauro  principe  Chnftophoro. 

IVSTINIHISTORICICLARISSIMIIN 
TROGI  POMPEII  HISTORIAS  LIBER 
XLIIII.  FELICITER  EXPLICIT. 

.M.CCCC  LXX. 

Fig.  154.  —  Signature  de  Nicolas  Jenson.  (Venise  H70.) 


Çfûs  fotft  krryrurgtc  oc  maiftrc  Ëx&Xl bcfâctt&tephcc* 
taparteyiwtiâaca  bolôgnc  Tact^ct  compareront  la  oc 
Imcaraikooeiîf  cfhgncnr  i  z  7  6k4Sv*iour  ot  msfsaxc  fhr  le 
tetot£&cmo?at>te  borne  maiftirTUcole  p^noft  ooetew  ot  mcdicïc 
^tmp2imaat?ôparmaifbx£I>a^ 
Icjrw  4ottr  0  c  itouemtec 

Fig.  155.  —  Achevé  d'imprimer  d'un  livre  dont  le  titre 

est  reproduit  fig.  156. 

(Lyon.  1492,  xvr  jour  de  novembre.) 


CHAPITRES    DU    TOME    DEUXIEME 

Pages. 
Du  format  des  livres  anciens  et  modernes.  —  Les 
livres  les  plus  petits. —  Les  livres  les  plus  grands. 
—  Les  livres  imprimés  ou  calligraphiés  en  carac- 
tères microscopiques 1 

Du  collationnement  des  livres.  —  De  la  manière  de 
procéder  à  cette  opération.  —  Ses  difficultés.  — 
Ses   résultats 91 

Abréviations  usitées  en  bibliographie,  ainsi  que 
dans  les  manuscrits  et  les  imprimés 115 

Des  signes  distinctifs  des  anciennes  éditions.   ...       137 

Des  souscriptions  et  de  la  date 175 

%a  arurgïcoc  mafftre 
guillaume  oe  fait  cet 

i   g  156       Exemple  d'un  litre  de  livre  de  la  fin  <lu  tv  siècle. 
niri  d<  l'oarrage  dont  l'achevé  d'imprimer  est  reproduit  fig.  158 


CE    VOLUME    A    ETE   ACHEVE    D  IMPRIMER   A    PARIS 

PAR   LES    SOINS   ET  AUX   FRAIS   DE 

EDOUARD    ROUVEYRE,    LIBRAIRE    A    PARIS 

EN    LA  MAISON    LAHURE    (IMPRIMERIE  GÉNÉRALE    DE    PARIS) 

LE      XXXe      JOUR      DE      MARS 

DE    L'ANNÉE    M.D.CCC.XCIX 


CONNAISSANCES  NÉCESSAIRES  A  UN  BIBLIOPHILE 

Accompagnées  de  1600  figures 

SOMMAIRE     DES     DIX     VOLUMES 

Premier  volume  :  §  1,  Origine  du  livre.  —  Les  amateurs, 
les  bibliophiles,  les  bibliomanes.  —  Établissement  d'une  bibliothèque. 

—  Conservation  et  entrelien  des  livres Prix    6  francs. 

Deuxième  volume  :  §  2.  Du  format  des  livres.  —  Les  livres 

les  plus  petits.  —  Les  livres  les  plus  grands.  —  Les  livres  imprimés 
ou  calligraphiés  en  caractères  microscopiques.  —  §  5.  Du  collation- 
nement  des  livres.  —  De  la  manière  de  procéder  à  cette  opération. 

—  Ses  difficultés.  —  Ses  résultats.  —  §  A.  Abréviations  usitées  en 
bibliographie,  ainsi  que  dans  les  manuscrits  et  les  imprimés.  — 
§  5.  Signes  distinctifs  des  anciennes  éditions.  —  §  0.  Des  sous- 
criptions et  de  la  date Prix    6  francs. 

Troisième  volume  :  §  7.  Du  choix  des  livres.  —  De  la  lecture. 

—  De  la  connaissance  des  livres.  —  Leurs  définitions.  —  Caractères 
auxquels  on  distingue  un  livre  rare,  précieux  ou  curieux.  —  Ce  qui 
en  fait  le  prix.  —  La  chasse  aux  livres Prix    8  francs. 

Quatrième  volume  :  §  8.  De  la  reliure  ancienne  et  moderne. 

—  Petit  musée  de  la  reliure  ancienne.  —  Du  goût  et  des  styles  dans 
la  reliure Prix  12  francs. 

Cinquième  volume  :  §  9.  De  la  gravure  et  de  ses  états.  —  De 
l'illustration  et  de  la  décoration  intérieure  des  livres.  —  Les  éditions 
d'art  et  les  beaux  livres  modernes.  —  Des  papiers,  Chine,  Japon, 
vélin,  vergé,  etc Prix    6  francs. 

Sixième  volume  :  §  10.  Les  Reliures  aux  Chiffres  et  aux  Armes. 

—  Les  Ex-Libris.  —  §  11.  Les  Affiches,  Cartes  de  visite,  Invitations, 
Menus,  Diplômes,  Cartes  à  jouer,  etc Prix  12  francs. 

Septième  volume  :  §  12.  Les  Manuscrits  et  la  Peinture 
des  livres Prix  10  francs. 

Huitième  volume  :  §15.  Les  ennemis  du  livre.  —  Moyens 
de  préserver  les  livres  des  insectes.  —  Destruction  des  livres  et  falsi- 
fication des  gravures.  —  Les  voleurs  et  les  équarrisseurs  de  livres. 

—  §  14.  Altérations  et  fraudes.  —  Nettoyage  et  encollage  des  livres 
et  des  gravures.  —  Du  dédoublage  des  gravures.  —  Réparation  des 
manuscrits,  des  piqûres  de  vers,  des  déchirures  et  des  cassures  du 
papier.  —  Restauration  des  estampes  et  des  reliures.    Prix  8  francs. 

Neuvième  et  Dixième  volumes  :  §  15.  De  la  classification 
systématique  des  livres,  des  autographes  et  des  gravures.  —  Les 
outils  de  l'amateur  de  livres.  —  §  16.  Lexique  des  termes  relatifs 
à  la  Bibliographie,  à  l'Art  typographique,  etc.,  employés  dans  le  cours 
des  Connaissances  nécessaires  à  un  Bibliophile,  avec  renvois  aux  tomes 
et  aux  pages  de  cette  publication.  Prix  des  deux  volumes  :  12  francs. 


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670 

R68 

1899 
t.2 


Rouveyre,  Edouard 

Connaissances  nécessaires 
a  un  biblio      Lie  5.   ea. 


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